Merci à ceux qui ont laissé une review ou qui ont ajouté cette fanfiction dans leurs follows ou favoris. Avoir des retours motive à écrire, donc n'hésitez pas à me laisser un commentaire. J'espère sincèrement que cette suite vous plaira.


Troisième chapitre

Les maisons défilaient à toute allure sous ses yeux. Leurs silhouettes sombres se détachaient du ciel étoilé. Souvent, quelques fenêtres étaient toujours éclairées et observaient une fraction de seconde, de leurs grands yeux jaunes, les SUV noirs qui filaient dans la nuit.

Sa tête tournait légèrement. Son corps se trouvait dans un état paradoxal. A moitié détendu, à moitié crispé. Il glissa ses longs doigts fins sur le creux de son bras. La morsure de l'aiguille diffusait encore une vague douleur. Electrisé à ce souvenir, il éloigna sa main de son bras et jeta un regard paniqué et honteux à ses collègues qui se trouvaient à l'avant du véhicule. JJ lisait consciencieusement le dossier posé sur sa jupe stricte, tandis que Morgan avait le regard rivé sur la route relativement déserte à cette heure un peu avancée.

Reid se mordit la lèvre et observa de nouveau les quartiers qu'ils traversaient. Il avait peur et honte. Il avait envie de hurler à l'injustice, de se flageller et de tout avouer. Si Hotch avait appelé plus tôt… S'il n'était pas sorti pour se changer les idées…

Il ne serait pas dans cet état.

Il jeta un regard inquiet au rétroviseur, mais Derek qui hochait vaguement la tête sur la chanson que diffusait la radio, était trop concentré sur la route pour faire attention à lui. Il ne pouvait pas leur en parler. Il risquait de perdre son boulot. Les autres allaient le prendre pour quelqu'un de faible. Demander de l'aide était bien trop difficile… Il arrêterait de nouveau seul, grâce à des groupes de soutien.

Une rechute ne pouvait le tuer.

En soi, il n'avait pris qu'une dose, quelques gouttes de Dilaudid. Ce n'était presque rien, juste une brève fuite, une courte échappée chimique. Il eut un frisson de plaisir et de désir, en repensant à la sensation qu'il avait ressentie. La drogue avait phagocyté un instant tous ses doutes, toutes ses peines. Toute la réalité. Il avait quitté le monde pendant de longues minutes. Sa vie s'était réécrite dans son esprit. Il avait revu Maeve, avait dansé avec elle, avait pu toucher ses mains délicates, lui parler de littérature…

Tout avait semblé si réel.

Jusqu'au réveil frissonnant et désagréable dans son appartement vide, froid et sombre. Il avait émergé, couché sur le sol, l'aiguille négligemment abandonnée à côté de son bras transpercé et toujours garrotté. Ce bonheur illusoire avait été si puissant et si pitoyable à la fois. Reid se mit à suivre nerveusement les coutures de son sac, posé sur ses genoux. Il sentait que les effets de la drogue se dissipaient de plus en plus. Il se sentait dangereusement vidé de sa substance : la vitalité et la concentration le quittaient. Chacune de ses cellules commençaient à se déchirer douloureusement dans tout son corps.

Le manque se ferait bientôt sentir violemment.

Cependant, en gérant sa consommation, il pourrait suivre cette enquête. Il l'avait bien fait, après Tobias. Il avait suivi des enquêtes en étant sous influence… Il pouvait se gérer seul, sans compromettre cette affaire. De toute manière, l'équipe avait besoin de lui. Et puis, s'écarter du boulot ne ferait qu'aggraver ce besoin insatiable, tapi sous chaque pore de sa peau frémissante.

La voix de Morgan le sortit brusquement de ses pensées et le fit sursauter :

-Tout va bien, Reid ? Tu sembles préoccupé, lui demanda-t-il, tout en l'observant dans le rétroviseur.

Spencer rougit un peu et jeta un regard un peu paniqué à JJ qui le fixait également :

-Je… euh… Je n'aime pas cette enquête. Lorsque ça touche des enfants, je me sens toujours un peu mal à l'aise. Je n'arrive pas à m'habituer à ce genre d'affaires, bafouilla-t-il en essayant de reprendre possession de ses moyens.

Il soutint ensuite le regard de Morgan, priant pour que celui-ci ne détecte pas ce qui se cachait réellement derrière son trouble. La trace de piqûre sur son bras sembla s'enflammer durant ce bref contact visuel, comme si son corps tentait de trahir son état pitoyable. Une voix en lui-même ne cessait de hurler son désarroi et son dégoût. Son collègue détourna enfin les yeux et les posa de nouveau sur la route.

-Je comprends. Ces enquêtes sont les plus difficiles. J'espère que nous arriverons à coincer ce type avant qu'il n'ait trouvé une nouvelle victime, soupira Morgan.

JJ prit à son tour la parole, la voix serrée par l'émotion :

-A chaque fois que je me trouve face à ce genre d'affaires, je ne peux pas m'empêcher de penser à Henry. Interroger les parents est une épreuve difficile… Je me vois à leur place et ne peux imaginer leur douleur.

Morgan posa un moment sa main sur l'épaule de JJ, pour lui montrer son soutien, puis reporta toute son attention sur la route.

Reid se détendit légèrement, tout en s'étonnant de voir son mensonge passer aussi facilement. Il regarda de nouveau par la vitre et aperçut un panneau portant le nom « Dale City ». Ils arriveraient dans quelques minutes. Ses doigts glissèrent sur l'avant de son sac et pressèrent la petite bosse formée par le flacon de Dilaudid, placé dans la poche avant. Il se sentait à la fois rassuré par sa proximité et incroyablement attiré par lui. Il était grisé par son propre égarement et la tension revigorante que cette drogue lui apportait.

Il se sentait vivifié et anesthésié à la fois.

Dans quelques jours, il se forcerait à arrêter cette folie. A cette pensée, il se sentit plus détendu et rassuré. Ses doutes et sa honte se dissipèrent un peu.

Il savait qu'il était capable d'arrêter.


Il fixait le SUV sombre qui les suivait dans le rétroviseur, tout en caressant sa barbe et sa moustache, préoccupé. Silencieux, il hésitait à briser le silence qui pesait dans l'habitacle. Sa conversation avec Garcia l'avait légèrement fait douter. Reid avait effectivement l'air assez fatigué et tendu.

Était-il vraiment prêt ? N'aurait-il pas dû passer les tests de réhabilitation avant de revenir dans l'équipe ?

Il tourna les yeux vers Hotch qui conduisait, avec une mine fermée et concentrée. Sans vraiment être surpris, il le vit prendre la parole :

-Je sais ce que tu penses, Dave.

Rossi haussa un sourcil, attendant la suite, tout en observant les traits tirés de son ami.

-Reid n'a pas l'air en forme. Son retour est sans doute un peu prématuré, poursuivit-il d'une voix grave.

Il fit une pause, tout en prenant la sortie de la nationale pour s'engager dans une route plus étroite, menant à Dale City qui brillait de mille feux dans la nuit.

-Je n'ai pas d'autre choix : nous manquons d'effectifs et nous avons besoin de lui, affirma-t-il, tout en passant une main sur son visage las.

Rossi détourna enfin les yeux et laissa son regard vagabonder sur la route :

-Il faudra le surveiller. Garcia était très inquiète à son sujet, répondit-il avec flegme.

David restait toujours très calme et maître de lui-même, presque indifférent, même lorsque l'inquiétude le rongeait et le faisait bouillonner intérieurement. Reid était un peu comme le fils qu'il avait perdu et il sentait qu'il était de son devoir de veiller sur lui. Il se doutait que Blake avait ressenti la même chose envers ce jeune homme un peu gourd et fragile.

Rossi avait une connexion particulière avec le jeune homme et aimait énormément discuter avec lui. Après le travail, il l'emmenait parfois dans un café et lui parlait de tout et de rien. Reid l'écoutait toujours avec beaucoup d'attention et d'amusement. David appréciait ces moments de complicité qu'il n'avait pu connaître avec James, son fils mort en bas-âge.

La voix d'Hotch le tira de ses pensées :

-Garcia sent rapidement ce genre de choses. Nous ferons attention à ne pas le surmener. Tu pourrais aussi lui parler un peu, fit le chef d'équipe, en jetant un bref regard à Rossi.

David acquiesça doucement en frottant la barbe qui surplombait sa lèvre supérieure d'un mouvement régulier et pensif. Un silence gêné pesa dans le véhicule qui fendait la nuit. Rossi savait pertinemment que Hotch pensait exactement à la même chose que lui. Tous deux craignaient la même chose pour Reid, sans pour autant oser prononcer le mot qui les tourmentait.

Rechute.

Tout était resté un peu tabou dans l'équipe, même s'ils savaient tous par quoi était passé Reid. Rossi n'était pas encore présent dans l'équipe lorsque Tobias Hankel avait enlevé, torturé et drogué Spencer. Il ne l'avait pas connu dans cette période sombre qui avait suivi et n'avait jamais osé aborder le sujet avec lui. Il avait énormément de mal à l'imaginer s'infliger une telle horreur. Le garçon était si intelligent, si honnête. Il était presque impensable qu'il ait pu tomber dans la drogue.

A l'idée du jeune homme avec une aiguille plantée dans le bras, Rossi eut un frisson désagréable. Il secoua vaguement la tête pour chasser ces pensées terrifiantes.

Il observa de nouveau le SUV qui suivait dans le rétroviseur, mais détourna rapidement les yeux, ébloui par le reflet des phares. En soi, ses inquiétudes étaient pour le moment totalement infondées. Spencer venait de se faire tirer dessus et avait perdu une collègue et amie. Il était normal qu'il soit bouleversé et désorienté.

Rien ne prouvait qu'il ait fait une rechute. Il était insensé de directement soupçonner le pire, sans la moindre preuve.

Son comportement durant l'enquête les aiderait à comprendre exactement ce qui le rendait aussi tendu. Le véhicule ralentit et monta sur une bordure. Rossi jeta un coup d'œil à travers la vitre et aperçut le poste de police : ils étaient arrivés.

Il détacha sa ceinture de sécurité et ouvrit la portière. L'humidité et la fraîcheur de la nuit le frappèrent de plein fouet et le firent frissonner. Il soupira un peu et prit sa serviette en cuir sous son bras, puis referma la portière. Il devait arrêter de penser à Reid et se concentrer sur l'enquête.

La vie de plusieurs enfants était en jeu.


La jeune femme monta les marches en pierre grises du poste de police, entourée de ses collègues. Des journalistes les pressèrent et tentèrent de leur soutirer quelques informations, mais aucun membre de l'équipe ne prit la peine de répondre.

Ils n'avaient de toute façon aucune réponse à fournir pour l'instant.

Jennifer Jareau ressentait une sorte de rage qui électrisait tous ses sens et la poussait à avancer d'un pas ferme. Sans hésiter, elle se fraya un passage au milieu des journalistes, cameramans et curieux. Les images des enfants morts dansaient encore devant ses yeux quand les portes du commissariat s'ouvrirent et qu'elle pénétra dans un vaste hall fourmillant de policiers.

Malgré l'heure tardive, tout le monde était sur le pied de guerre. Des sonneries de téléphone fusaient de toute part et les agents semblaient totalement débordés par cette situation inédite. Cette petite ville n'était pas habituée à des meurtres aussi violents.

Un homme d'une cinquantaine d'années s'avança aussitôt vers eux, la mine décomposée, les cheveux en bataille. Il portait une chemise froissée au col défait. Malgré sa visible agitation, il sourit faiblement et tendit la main vers Aaron Hotchner :

-John Spitser. Nous nous sommes parlé au téléphone. Merci d'être venu aussi rapidement.

Le chef d'équipe serra rapidement la main de l'homme et présenta prestement ses collègues :

-Hotchner. Voici les agents Rossi, Jareau, Morgan et le docteur Reid, fit-il, désignant chaque agent d'un signe de la main.

L'homme s'empressa de saluer tous les membres de l'équipe, tout en les remerciant de nouveau. JJ nota que sa paume était moite et que ses doigts tremblaient. D'un geste de la main, Spitser les invita à le suivre et les emmena dans un bureau un peu à l'écart du brouhaha du hall :

-Nous venons de recevoir un nouvel avis de disparition. Mike Garison, neuf ans. Il a disparu, il y a une vingtaines de minutes, dit-il d'une voix serrée, une fois qu'ils furent entrés dans la pièce spacieuse et calme.

JJ sentit son cœur battre plus fort et eut un léger vertige. L'unsub avait déposé sa dernière victime, quelques heures plus tôt. Cet enlèvement était très rapide et signifiait que le rythme de ses meurtres s'intensifiait.

Leur homme perdait-il pied ?

Reid prit la parole avant qu'elle n'ait pu le faire :

-Le temps entre les enlèvements s'est fortement réduit. Il faut espérer qu'il garde bien l'enfant six heures… Mais s'il se sent oppressé par la presse ou perd simplement le contrôle, rien n'est moins sûr, exposa calmement le jeune homme, en regardant tour à tour ses collègues, comme s'il cherchait leur assentiment.

JJ se tourna vers le policier qui faisait nerveusement craquer ses articulations :

-Il vient d'être enlevé ? A une heure aussi tardive ? demanda-t-elle, les sourcils légèrement froncés.

L'homme acquiesça vivement :

-Le tueur est entré par effraction dans la maison. Les parents dormaient déjà. Ils ont été réveillés par le bruit de la fenêtre de la chambre de leur fils qui claquait sous l'effet du vent. Le lit de l'enfant était encore chaud.

Rossi, la mine grave, secoua la tête songeusement :

-Il est entré par effraction ? C'est nouveau… Il a pris énormément de risques pour avoir cet enfant. Pourquoi ne pas avoir attendu une meilleure opportunité, comme lors des premiers enlèvements ?

Morgan haussa les épaules :

-Peut-être la présence massive de la presse l'a fait paniquer ? Ou alors, il utilise peut-être cette nouvelle médiatisation pour faire parler de lui… Pour le moment, il est très difficile de comprendre ce qui motive notre homme.

JJ remarqua du coin de l'œil que Reid s'était approché d'un tableau qui se trouvait dans le fond de la pièce et sur lequel étaient accrochées les photos des trois garçons. Le jeune homme se tourna vers ses collègues :

-Il est étrange que les victimes aient toutes le même âge. S'il s'agissait de victimes d'opportunité, leur âge varierait sans doute un peu. Le tueur s'est sans doute informé sur ses victimes au préalable. De plus, s'il s'agissait d'un prédateur sexuel, la plage d'âge serait sans doute un peu plus étendue, dit-il pensivement, tout en laissant ses doigts glisser sur le tableau.

Hotch hocha lentement la tête :

-Un prédateur sexuel ou un sadique impulsif choisirait sans doute des victimes moins méthodiquement. Cet âge précis doit forcément représenter quelque chose pour l'unsub, continua-t-il.

Jennifer se mordit la lèvre inférieure puis s'aventura à son tour :

-Le fait que le dernier enfant enlevé ait le même âge que les autres indique qu'il avait sans doute été choisi à l'avance. Le tueur n'a pas agi au hasard ou sur le coup d'une impulsion, affirma-t-elle, tout en croisant les bras.

Rossi tira une chaise à lui et s'assit tranquillement :

-Si l'unsub a traqué ses victimes avant de passer à l'acte, nous devrions interroger les parents et le voisinage pour savoir s'ils n'ont rien remarqué de suspect, dit-il calmement tout en ouvrant sa serviette en cuir pour en sortir le dossier.

Hotchner hocha la tête et désigna Morgan et JJ :

-Allez tous les deux interroger les parents et le voisinage de la dernière victime, ordonna-t-il.

Puis, il se tourna vers Rossi et Reid :

-Allez trouver le médecin légiste pour examiner les corps. Reid, occupe-toi également de définir la zone de confort de l'unsub. Moi-même, j'interrogerai les parents des deux premières victimes, poursuivit-il.

Jennifer regarda nerveusement sa montre. Ils n'avaient que quelques heures pour retrouver cet enfant. Et vu le changement de mode opératoire, ils pouvaient craindre que ce temps soit encore plus réduit. Soudain, la porte s'ouvrit sur une policière assez jeune, au visage rouge et rond :

-Excusez-moi de vous déranger, mais une lettre adressée aux parents vient d'arriver, dit-elle avec empressement, légèrement essoufflée.

Elle tendit alors un papier blanc emballé dans une chemise en plastique. JJ le saisit, le cœur battant, et laissa ses yeux parcourir le bout de papier :

-« Chers Mary et Howard Garison, je suis désolé de devoir tuer votre enfant. Je n'ai pas d'autre choix. Par contre, je laisse à d'autres le choix d'intervenir ou non. Eux seuls peuvent changer le cours des choses. La vie de votre fils est entre leurs mains. Espérons qu'ils fassent de meilleurs choix. D'avance, toutes mes condoléances pour votre perte. », lut-elle d'une voix relativement posée, en essayant de cacher l'émotion qui l'étreignait.

Un frisson parcourut tout son dos et se répandit dans ses mains qui tremblèrent légèrement. Avertir à l'avance les parents de la mort de leur enfant était particulièrement atroce. La voix de Morgan la sortit de sa torpeur :

-De qui parle-t-il ? Qui sont ces personnes qui doivent choisir à sa place ? La police ? Tente-t-il de jouer avec les autorités ? demanda-t-il en se penchant sur la lettre que JJ tenait toujours entre ses mains.

Reid prit à son tour le bout de papier recouvert d'une écriture élégante et posée et l'examina :

-Il a envoyé la lettre non aux parents, mais directement à la police… Il veut clairement jouer avec nous. Son écriture ne tremble pas et ne révèle pas de stress ou d'empressement. Chaque lettre a été tracée avec application. Notre homme a pris son temps pour écrire ceci : il est visiblement calme et précis, fit-il, tout en détaillant le mot, s'arrêtant sur chaque lettre, sur chaque tracé.

Il hésita un instant, puis releva la tête :

-Il semble parfaitement maître de lui-même, conclut-il en fronçant légèrement les sourcils.

Jennifer sentit un profond malaise s'immiscer en elle. Elle ne pouvait expliquer pourquoi, mais la dernière phrase de Spencer lui laissait une mauvaise impression. Elle observa le jeune homme qui avait de nouveau baissé les yeux sur la lettre, les dents serrées, puis se retourna vers la femme qui avait apporté la lettre et qui se tenait toujours dans l'embrasure de la porte.

-Comment cette lettre est-elle parvenue au commissariat ? demanda-t-elle.

La femme, un peu surprise qu'on s'adresse à elle sursauta légèrement, puis répondit en bafouillant :

-Elle est arrivée par un coursier d'une entreprise privée qui délivre des colis et des lettres.

Hotch l'interrogea à son tour avec une mine sévère :

-Et quand cette lettre a-t-elle été postée ?

La femme secoua la tête et lança un regard un peu paniqué vers les agents :

-Je n'en sais rien… Mais… euh… Le livreur est toujours là. Vous pouvez lui demander, balbutia-t-elle embarrassée de ne pas pouvoir répondre.

D'un accord tacite, toute l'équipe sortit du bureau et retourna dans le hall. Ils aperçurent rapidement le jeune livreur, entiché d'un uniforme rouge éclatant et d'une casquette bleue. Il se faisait interroger par deux policiers qui notaient consciencieusement ses réponses. Rossi s'avança vers lui et prit aussitôt la parole :

-Bonjour monsieur. Je suis l'agent Rossi, je travaille pour le FBI. C'est assez important… Pouvez-vous me dire qui vous a donné cette lettre et quand ?

L'homme au visage juvénile, couvert d'acné, haussa les épaules, tout en affichant un visage inquiet :

-Je ne sais pas du tout qui a posté cette lettre. Notre entreprise fait dans la discrétion. Les clients commandent par internet le service qu'ils souhaitent puis déposent leur colis ou leur lettre dans une de nos boîtes de dépôt, expliqua-t-il en triturant nerveusement un pli de son uniforme.

Il sortit un petit carnet de son sac à dos et jeta un rapide coup d'œil :

-La commande a été passée hier soir et la lettre a été déposée ce matin. Le client a demandé que la lettre soit livrée ici, à minuit, pour l'agent Hotchner. Mais aucun policier ne portait ce nom, donc je l'ai remise à un autre agent, poursuivit-il.

Il fit une pause et sa voix se mit à trembler fortement :

-Je ne savais pas du tout ce que contenait cette lettre ni qu'elle était liée à des meurtres d'enfants, se défendit-il, paniqué.

Jennifer sentit tous ses membres se raidir et son sang se glacer. Elle lança un regard affolé aux autres membres de l'équipe qui se tenaient à ses côtés, silencieux et inquiets. Le tueur suivait un plan méticuleux et avait tout calculé. Il avait même deviné leur arrivée. Ils se trouvaient au milieu d'un jeu pervers dont ils ne connaissaient pour le moment aucune règle.

Ils n'étaient que des pions.

A suivre…


Merci d'avoir lu ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu. Le prochain arrivera bientôt, sans doute dans moins d'une semaine. Tout dépendra du temps libre que je vais pouvoir dégager la semaine prochaine.

N'hésitez pas à me laisser une review.

PS : Si vous postez une question en tant que visiteur (et non membre du site), je répondrai à vos questions sur mon profil. Si je trouve votre question très intéressante et utile à la compréhension de ma fanfiction, j'y répondrai sans doute également au début du chapitre suivant.