Titre : The Wasting Game
Auteur : Polomonkey
Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY
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Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas
Avertissements : Vulgarité, discussion non explicite d'une agression sexuelle.
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« Dry priest at the shrine
of nothing. Maid-saint
fierce against the flash
(burn it, burn it) denouncing
the which in himself, see,
he's mounting the stake,
no, becoming it and
the tinder and heartless
blaze you might mistake
for holiness."
Quand Arthur avait 12 ans, un associé d'Uther était venu passé la nuit dans leur maison. Son père avait clôturé un marché lucratif avec l'homme de la compagnie et ils étaient d'humeur à fêter ça. Simon Soot était son nom, Arthur s'en rappelait encore après toutes ces années. Il se demandait parfois si ce nom allait brûler à jamais dans son esprit.
La plupart des souvenirs de cette nuit étaient épars. Il se rappelait du repas, durant lequel Uther et Simon avaient descendu deux bouteilles de vin. Alors qu'Uther avait quitté la pièce, Morgane avait réussi à persuader Simon de lui servir un verre et elle l'avait siroté en le charmant. Arthur en avait été ennuyé, et quelque part un peu frustré pour des raisons qu'il ignorait. C'était une sorte d'insatisfaction qu'il ressentait souvent étant enfant – le sentiment prenant que quelque chose se passait et qu'il ne comprenait pas, quelque chose du monde des adultes et des secrets. Quelque chose à voir avec la façon dont Morgane agissait et la manière que Simon avait de la regarder. Arthur n'aimait pas ça.
Puis il avait été excusé de table et il était parti jouer à des jeux vidéo, les rires venant de la salle à manger traversant toute la maison. Il était parti se coucher une heure, ou plus, plus tard. Et puis…
Il s'était réveillé dans le nuit, dérangé dans son sommeil par un bruit. Pas bruyant mais persistant, une faible cri de lamentation venant du corridor. Il était sorti de son lit et il avait marché à pas de velours dans le hall, la tête encore embrumée par le sommeil.
Ca venait de la chambre de Morgane.
Même à 12 ans, Arthur savait que ce n'était pas normal. Morgane avait des cauchemars au moins une fois par semaine, et ce fait était moins alarmant que troublant. Il avait l'habitude de se glisser dans sa chambre et de s'asseoir près d'elle, cependant elle devenait plus veille et elle était devenue une adolescente, secrète et vigilante à propos de sa vie privée. Alors, elle le chassait.
Donc, il s'était arrêté dans le hall, pas certain de ce qu'il devait faire. Ca n'avait pas l'air d'aller, alors est ce qu'elle allait le remercier d'entrer ? Il avait réfléchi un moment, puis il avait entendu une sorte de sanglot étranglé et il prit sa décision.
La chambre était très sombre quand il avait ouvert la porte alors il avait allumé automatiquement.
Morgane était étendue sur le dos dans le lit mais elle ne dormait pas, elle était réveillée, et elle se débattait car il y avait un homme assis sur son estomac, recouvrant sa bouche de ses mains.
« Morgane ? » Avait dit Arthur alors qu'il essayait de comprendre la scène en face de lui, alors l'homme s'était retourné pour le regarder, c'était Simon.
« Hé Arthur, » avait-il dit. « Hé. Ta sœur et moi sommes en train de jouer à un jeu. »
Il avait l'air très calme et posé, pourtant Arthur avait toujours cette sensation, ce qui était en train de se passer était un secret, quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir.
« Retourne au lit, » Avait dit Simon rassurant alors Arthur avait acquiescé, parceque Morgane faisait beaucoup de chose qui lui semblait étrange, et il se disait que c'était juste l'une de ces choses.
Une chose seulement. Morgane pleurait.
Et c'était bizarre parcequ'elle ne pleurait jamais vraiment. Uther l'appelait souvent 'ma petite reine de glace' le ton plein d'admiration, car il disait que Morgane ne pleurait jamais et qu'elle pouvait en être fière. Alors, dés lors qu'il avait remarqué ça, Arthur essayait durement de ne plus pleurer non plus, même lorsqu'il avait glissé sur la neige et qu'il s'était brisé le bras et que ça faisait mal. Il avait lutté pour garder les yeux secs durant tout le trajet vers l'hôpital et quand les infirmières avait raconté à Uther à quel point il avait été brave et qu'il n'avait pas fait d'histoires, son père avait répondu « c'est mon fils, » alors Arthur s'était senti fier, malgré la douleur.
Arthur oscillait son regard entre Simon et Morgane dont les larmes coulaient toujours sur son visage.
Il avait reculé dans le hall.
« Gentil garçon, » l'avait encouragé Simon.
Arthur avait cessé de respirer durant quelques secondes. Puis :
« Papa ! PAPA ! »
L'intensité de son hurlement l'avait surpris lui-même et presque aussi rapidement il avait entendu du bruit à l'étage, où Uther dormait.
Simon avait sauté hors du lit comme si on lui tirait dessus. Il était toujours en train de remettre le bouton de son pantalon et son t-shirt quand Uther s'était précipité dans la chambre, puis mortifié.
Il avait jeté un bref coup d'œil à la scène, Morgane en pleurs dans le lit, puis le visage pâle d'Arthur à la porte, ensuite Simon essayant désespérément de se rhabiller.
Arthur n'avait encore jamais entendu un cri comme celui de son père à ce moment.
C'était inhumain, animal.
Et puis il y avait eu une bagarre, des cris, puis les voisins et la police, et finalement Arthur avait rampé jusqu'au lit de Morgane et il s'était serré contre elle comme lorsqu'ils étaient petits. Elle avait très froid et elle ne pouvait pas s'arrêter de trembler. Après le docteur Gaius était venu et il l'avait emmené dans une autre chambre et Arthur ne savait pas quoi faire alors il s'était simplement recroquevillé dans son lit, en l'attendant.
Il y eut beaucoup de conversation d'adultes les jours suivants, des fragments de murmures dans les couloirs et des appels téléphoniques, tard le soir. Arthur n'en comprenait pas la plupart mais il se rappelait que son père répétait encore et encore « Il n'a rien fait. Nous sommes arrivés à temps. Il n'a rien fait. »
Et c'était la vérité mais il fallut quelques années à Arthur pour comprendre que ça n'avait pas vraiment d'importance que Simon n'ait pas réussi à aller au bout de son agression parceque Morgane avait quand même changée, irrévocablement. Elle parlait moins et souriait rarement, errant dans la maison comme un fantôme. Plus tard, elle avait commencé à rentrer tard et à boire, alors les disputes qu'elle avait avec Uther prenaient des proportions énormes, surtout quand elle revenait à 3h du matin un soir d'école. Durant les trois années qui suivirent, la vie d'Arthur à la maison semblait se résumer aux bruits et au silence, aux cris et aux mots acerbes que s'échangeaient régulièrement le père et la fille, ponctué par de longue période où ils ne s'adressaient plus la parole, des dîners laborieux et des salutations muettes quand ils se croisaient dans les couloirs.
Arthur ne savait plus comment lui parler. C'était comme si elle était devenue une autre personne que la sœur avec qui il avait grandi. Et puis il y avait toujours cette terrible…chose…entre eux : la vérité sur ce qu'il avait vu ce soir là, le moment d'hésitation qu'il avait eu avant d'appeler à l'aide. Parfois Arthur voulait lui demander si elle le détestait, même un peu, mais cette nuit était à présent oubliée des mémoires de la maison, comme l'était Igraine, et Arthur ne s'était jamais senti suffisamment fort ou brave pour briser ce silence.
Il n'avait jamais osé en parler avec Uther non plus, et Morgane avait pris la décision d'aller à l'université de Brighton quand Arthur avait 16 ans. Elle lui manquait, en dépit de leur relation tendue depuis les dernières années, alors il était reconnaissant quand lui et Gwen avait commencé à se voir car il avait une excuse pour ne pas rentrer dans sa maison vide chaque nuit.
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Il savait que ce n'était pas la même chose. Il savait quand il était entré dans l'abri que ça n'avait aucun lien avec ce qu'il avait vécu étant plus jeune. Le choc soudain et brutal l'avait d'abord bouleversé quand il avait ouvert la porte, une réaction instantanée qui l'avait empêché de raisonner durant quelques secondes.
(Avant que son cerveau ne puisse analyser, tout ce qu'il pouvait voir, c'était Gilli sur Merlin, le coinçant, tâtant son pantalon, et les lèvres de Merlin se détacher alors que ses yeux étaient fermés, alors Arthur n'avait pas su dire si c'était excitation ou d'agonie, si il désirait ça ou si il voulait que ça s'arrête.)
Alors quand Gilli s'était retourné irriter plutôt que coupable. Et que Merlin avait semblé être choqué et légèrement embarrassé, et quelque chose d'autre qu'Arthur n'avait pas pu reconnaître. Mais il n'avait pas l'air effrayé.
Ce n'est pas comme avant Avait pensé Arthur même si il avait bégayé une excuse.
Et puis Gilli avait lancé quelque chose, comme quoi il était un tue l'amour, alors Arthur avait ressenti une vague de rage inexplicable, quelque chose qui n'avait rien à voir avec sa peur précédente.
Il n'avait jamais fait attention à Gilli avant, mais sur l'instant il avait décidé qu'il ne l'aimait pas. Que faisait Merlin avec lui ici ? Comment Gilli, dans toute cette foule, avait réussi à contourner la réserve naturelle de Merlin pour le séduire dans un abri ? Merlin méritait mieux que ça.
Ce n'est pas tes affaires, n'est-ce pas ?
Non. Ca ne l'était pas. Pourtant tout ce qu'il faisait en ce moment était en rapport avec Merlin, pour trouver ce qu'il se passait avec son ami. Et cette nuit… Il avait espéré pouvoir lui parler, assis dehors avec une bière comme au bon vieux temps, et donner une chance à Arthur se savoir la vérité sur son ami, lui montrer qu'il était là pour le soutenir…
L'homme propose, et dieu dispose, comme disait toujours Gaius.
Arthur était certain que son visage était livide quand il s'était retourné vers la porte.
Mais quelque chose sur la table avait attiré son attention, et une horrible pièce du puzzle venait de se mettre en place, il pensait avoir finalement compris.
« Bordel, c'est quoi ça ? » Il avait dit tandis qu'il pouvait sentir la fureur parcourir ses veines, rapide et violente.
Gilli avait dit quelque chose mais il ne l'entendait plus, il était en train d'observer les yeux de Merlin et ils étaient livide, il était clairement hors de sa saloperie de tête.
Un flash de Simon en train de servir un verre de vin à Morgane lui avait traversé l'esprit, il l'avait regardé avec avidité pendant qu'elle le buvait.
Il avait senti son sang ne faire qu'un tour alors il s'était élancé sur Gilli pour le pousser et remettre Merlin sur ses pieds. Merlin avait protesté mais il ne l'avait pas écouté. De plus près, Arthur pouvait voir la fine pellicule de sueur sur son visage, et son regard éteint.
Il avait dit à Merlin qu'il allait le ramener alors Gilli avait essayé d'objecter.
« Ne me cherche pas, » avait dit Arthur, une autre vague de rage traversant son corps comme un flux d'adrénaline.
« Tu as donné de la drogue à mon ami et ensuite tu profite de lui. Bordel, je devrais te tuer. »
L'envie de faire du mal à Gilli était revenue, fortement, mais Merlin était plus important alors il avait dévisagé Gilli avec un dernier regard et ensuite il avait poussé la porte de l'abri, tirant Merlin à l'extérieur dans l'air froid de la nuit.
Il ne se pensait pas capable de parler durant le trajet du retour, son esprit était barré par des pensées et des souvenirs sans aucun rapport. Quelque part, au milieu de tout ça, il savait qu'il avait agi excessivement. Il savait que séduire quelqu'un de drogué n'était pas la même chose que de saoulé un enfant de 15 ans pour attenter de…
Mais l'entièreté de son corps hurlait son besoin de protéger Merlin, sûrement la seule personne dans ce monde à qui il tenait autant qu'à Morgane. Il avait eu si peur récemment parceque Merlin avait semblé tellement fragile ces dernières semaines, plus faible dans tout les sens du terme.
Merlin n'était pas quelqu'un combatif dans les bons jours. Alors comment pouvait il espérer qu'il prenne soin de lui quand il avait perdu cent kilos et qu'il n'avait même plus l'énergie nécessaire pour se rendre en cours ? Arthur savait que c'était parano de penser ça, mais certains jours il se disait que le monde était rempli de mauvaises personnes, et qu'ils faisaient du mal aux gens qu'il aimait. Peut être que son père l'influençait, en voyant des ennemis dans chaque recoin sombre et donc sa politique était de ne croire personne, alors Arthur était méfiant du monde.
Alors que Merlin avait toujours été confiant.
Quand ils étaient arrivés à l'appartement, Arthur s'était demandé si il devait juste le laisser et s'en aller pour la nuit, mettre Merlin au lit et avoir une conversation le lendemain. Mais Merlin avait trébuché légèrement en sortant de la voiture, et ce n'est pas tant la chute que le sourire niais qui traversait le visage de son ami, et seigneur, Arthur pensait avec dégoût qu'il était encore défoncé.
Il était de nouveau enragé et quand ils arrivèrent à l'appartement, il avait ouvert la bouche pour parler mais Merlin l'avait devancé.
Et ils s'étaient disputés, c'était bruyant et houleux, et Arthur voulait que ça s'arrête pour parler correctement mais en même temps il était si fâché que ce n'était pas possible.
Puis Merlin avait mentionné Gwen et ça avait retourné les entrailles d'Arthur, encore, après tout ce temps, alors il avait élevé la voix. Dieu merci, Hunith n'était pas encore rentrée de sa nuit.
Merlin avait répété les paroles de Gilli, sur le fait qu'Arthur le traitait comme son chien et bon dieu, ça en était trop. Arthur avait frappé le mur, enregistrant à peine la douleur dans sa main.
« J'essayais seulement de te protéger de TES PROPRES CONNERIES ! Je ne veux pas que tu te réveilles au matin en regrettant ta terrible erreur ! »
« Ce sont mes erreurs ! » Lui avait hurler Merlin. « Je devrais pouvoir faire des erreurs ! »
Erreurs.
Clairement, il en avait fait récemment. Ne plus être en compagnie de Merlin. Ne pas remarquer qu'il était malade. Ne pas être capable de lui parler calmement.
Il avait commis tellement d'erreurs qu'il ne pouvait pas en supporter une de plus. Il n'allait pas laisser le silence s'installer entre lui et Merlin, lui voler la chance de l'aider comme il l'avait fait avec Morgane durant toutes ces années.
Il avait pour habitude de penser que son père avait raison. Comme ne plus reparler de sa mère ou de Simon, s'imaginant que ça les préservait d'une souffrance. Arthur ne pouvait pas, il ne pouvait pas perdre Merlin car ces choses le consumaient.
C'est pourquoi il s'était avancé vers son ami et qu'il avait posé sa paume sur l'estomac de Merlin, sentant la chair non rembourrée sous sa main.
« Comme ça ? »
Merlin avait mal réagi mais Arthur s'attendait à cela. Il pensait bizarrement à ces films de science fictions, ces films d'horreurs où ils exorcisaient un démon, ou faisaient sortir un alien du corps d'un individu pour le ramener à la vie.
Mais Merlin avait lutté alors il avait essayé de l'attraper, pour le forcer à voir la vérité, voir ce qu'il se faisait à lui-même. Il se sentait légèrement perdre les pédales pendant qu'il retirait le t-shirt de Merlin mais il ne pouvait pas s'arrêter, Merlin devait voir, il devait voir à quoi il ressemblait et comprendre où ça le menait.
Le miroir avait vaguement pensé Arthur en commençant à le tirer vers la chambre, et c'était comme forcé un enfant puisque Merlin ne pesait rien, il était sans force.
Mais il avait reçu un bon coup de coude, qui l'avait frappé dans l'estomac avec une force surprenante. Ca n'avait pas été suffisant pour le faire lâcher, mais le coup de pied dans le tibia si.
Arthur avait laissé Merlin s'en aller, une forte douleur dans la jambe le traversait et il s'était senti mal durant quelques minutes. Puis il avait été horrifié de voir Merlin en face de lui, à moitié nu et tremblant de rage et de peur. Il n'avait jamais souhaité lui faire peur, jamais. Il avait levé les mains dans un geste de paix mais Merlin était trop loin pour s'en rendre compte, alors il s'était protéger juste à temps contre le poing qui s'était abattu sur sa joue. Ca faisait mal mais Arthur ravalait sa douleur, relevant automatiquement ses mains pour attraper les poings suivant de Merlin, et aussi gentiment qu'il peut, maîtriser Merlin au sol.
Il avait besoin de lui parler, de s'excuser, mais il ne pouvait pas le faire tant que Merlin essayait de le frapper, alors il avait maintenu ses bras. Merlin se débattait en dessous de lui malgré le fait qu'il s'épuisait, sa respiration devenait plus courte.
Arthur pouvait bien voir Merlin, sentir son corps en fait. Les poignets qu'il maintenait sur le sol étaient horriblement fins et friables, et il pouvait même sentir les pulsations battre contre ses mains. Le corps de Merlin était bouillant malgré l'absence de t-shirt, chaud à cause de l'effort du combat. Son estomac était piteusement incurvé tout comme Arthur l'avait vu dans le bureau de l'infirmière, ses côtes perçant toujours sa peau de papier. Il ressemblait à une de ces victimes de la famine des journaux. Il ressemblait à un de ces martyrs de la religion qui donne leur âme à Jésus pour ensuite mourir. Il ressemblait…
Arthur ne réalisait pas qu'il pleurait jusqu'à ce qu'il ressente le goût salé au coin de sa bouche. Et sa première, ridicule, pensée était qu'il était content que son père ne soit pas là pour le voir, parcequ'il avait honte.
