Merci à tous pour vos reviews et pour vos favoris/follows. J'ai répondu à certaines questions sur mon profil (celles de L0uisalem et de Tyria ). N'hésitez pas à me poser d'autres questions si vous le désirez.

Je pensais publier ce chapitre plus rapidement. Cependant, suite à quelques évènements inattendus, je n'ai pas pu écrire cette semaine. Je m'excuse de ce léger contretemps. J'espère ce chapitre un peu plus long vous plaira.

Bonne lecture !


Quatrième chapitre

Ses mains étaient moites et tremblantes. Il lança un regard rapide sur le hall bondé et agité. Les policiers fourmillaient dans tous les sens, répondant tour à tour à des appels et colportant les différentes informations reçues. De fausses pistes, sans aucun doute. Les gens appelaient toujours en masse lorsqu'il s'agissait d'enlèvements d'enfants. L'Alerte Amber avait été lancée dans tout l'état et amenait son lot de faux témoins.

Mais Reid n'arrivait pas à se concentrer sur le moment présent.

Sa respiration était difficile et sifflante. Des gouttes de sueur perlaient dans son dos. Il avait horriblement mal. Ses muscles tiraient affreusement, comme s'ils allaient se rompre et se déchirer sous sa peau diaphane. Son cœur pompait son sang avec peine, dans un effort surhumain. Chaque battement se répercutait dans son crâne et assourdissait le brouhaha environnant. Son cerveau était endolori et ne pensait qu'au petit flacon qui se trouvait dans son sac. Il passa ses paumes moites et fébriles sur l'avant de son sac et sentit la bosse. Un haut-le-cœur le saisit et il serra violemment les dents.

Il entendit vaguement des pas se rapprocher de lui et se retourna vivement. Rossi l'observait tranquillement, à moins d'un mètre. Reid se frotta le nez nerveusement et baissa les yeux un instant. Il se racla la gorge, puis posa de nouveau ses mains maladroites et humides sur sa sacoche.

-Je dois changer mon pansement et désinfecter mes points de suture avant notre visite au médecin légiste. Ça ne prendra que quelques minutes, dit-il d'une voix incroyablement posée.

Il eut un frisson de surprise et de dégoût en s'entendant mentir aussi calmement. Il n'avait pas hésité. Sa voix n'avait pas tremblé. Il était effrayé par cette détermination nouvelle, issue du manque qui le rongeait. Rossi ne cilla pas et acquiesça lentement, tout en le regardant avec flegme :

-Pas de soucis. Je t'attends, répondit-il sans bouger, avec un sourire bienveillant.

Avant qu'il n'ait pu répondre, Reid sentit ses jambes se mettre en marche, presque malgré lui. Le bureau tournait autour de lui et la lumière lançait des vrilles directement dans ses pupilles. Il aperçut dans le flou le logo indiquant les toilettes et s'avança machinalement vers elles. Sa bouche était sèche et son corps était douloureux.

Il voulait que ça s'arrête. Il voulait juste se sentir mieux.

Il poussa les portes des toilettes et accéléra le pas. Il s'engouffra dans la première cabine, après avoir noté mentalement que les autres étaient vides. Une fois enfermé dans ce réduit sinistre et éclairé d'une lumière blanche et sordide émanant d'un vieux néon, il laissa ses mains se ruer sur son sac. Fébrilement, ses doigts tels des araignées rampantes et frénétiques se glissèrent dans la poche et attrapèrent le flacon de même qu'un petit étui placé à côté.

Sa respiration devint pénible et hachée. Il posa rapidement le Dilaudid et l'étui sur le dessus du WC et retroussa la manche de sa chemise à carreaux avec empressement. Ses yeux tremblaient violemment dans leurs orbites et fixaient avidement la drogue qui se trouvait devant lui. Il ne percevait ni ne voyait le décor qui l'environnait. Tout son esprit était capté et emprisonné par ce ridicule flacon. Il laissa tomber son sac contenant le dossier de l'enquête ainsi que quelques bouquins. Il entendit à peine le bruit sourd que fit sa sacoche en touchant le sol.

En frémissant, il attrapa l'étui et l'ouvrit pour découvrir une aiguille et un élastique. Sa tête se mit à tourner violemment et il vacilla légèrement dans sa cabine étroite. Ses mains se portèrent automatiquement sur l'élastique. Il l'enroula rapidement autour de son bras gauche et fit un nœud en s'aidant de ses dents. Comme hypnotisé, il regarda sa veine bleue gonfler et ressortir de son bras. Avec avidité, il saisit la seringue, la planta sans hésiter dans le flacon et en extirpa quelques millilitres du précieux poison.

Le flacon était déjà presque fini.

Il fit perler le liquide translucide au bout de l'aiguille, pour chasser l'air, puis visa le tracé bleu de sa veine qui parcourait tout son bras livide. Une trace mauve indiquait l'endroit de la première chute, de la première délivrance. Il piqua un peu à côté et frémit en sentant la morsure glacée de la seringue. Le bouche entrouverte, il poussa sur le piston et laissa l'hydromorphone s'infiltrer dans le circuit sinueux de ses veines. Il retira l'aiguille et détacha hâtivement l'élastique. Il les posa dans l'étui et attendit quelques secondes, en respirant fort. Son cœur calma sa course effrénée et ses yeux se révulsèrent légèrement.

Le plaisir et le bien-être l'envahirent et éclatèrent dans son crâne.

Il se sentait tellement libre, tellement bien. La chape de plomb qui pesait sur tout son corps s'était levée. Il serra légèrement les poings et tenta de lutter contre les vertiges qui le prenaient. Il ne pouvait se laisser complètement aller. Il ne pouvait pas perdre trop de temps et d'énergie, alors que la vie d'un enfant en dépendait.

Il s'agissait juste d'une injection thérapeutique pour soulager le manque.

Il devait rester conscient et pouvoir sortir de ces toilettes dans quelques minutes. Il devait désormais se concentrer sur l'enquête.

Malgré cette petite voix qui couinait au fond de son esprit corrompu, savourant l'incroyable sensation qui électrisait tout son être, il resta encore quelques secondes bouche bée, les yeux grands ouverts vers le plafond. Ses pupilles semblables à des têtes d'épingle fixaient le plafond et ses muscles s'étaient totalement relâchés. Une chaleur agréable emplissait de nouveau ses veines et alimentait tout son corps.

Il secoua un peu la tête, pour reprendre ses esprits.

Parfaitement calme et soulagé, il ferma l'étui dans lequel se trouvaient déjà la seringue et l'élastique. Il replaça sa manche sur son poignet pour cacher les honteuses traces qui maculaient le creux de son bras. Promptement, il rangea l'étui dans son sac qui gisait sur le sol, grand ouvert, tel une bête crevée. Il plaça ensuite précautionneusement le flacon dans la poche avant. Il enfila son sac par-dessus son épaule et prit une longue inspiration.

Il déverrouilla la porte et sortit du cabinet, légèrement ankylosé. Il jeta un regard hagard sur les lieux qu'il reconnaissait à peine et vérifia qu'il était toujours seul. Personne n'avait interrompu ce moment de honte et de perfection.

Ses pupilles rétrécies roulèrent dans toute la pièce, puis s'attardèrent sur le reflet pitoyable que lui renvoyait le miroir qui surplombait les éviers. Reid eut un hoquet de dégoût et un léger mouvement de recul. Il avait totalement lâché prise. Il avait l'air débraillé et complètement hébété. Il s'attarda un instant sur les profondes cernes qui soulignaient ses yeux noisette et vit des larmes perler sur ces cils.

Le manque avait contrôlé tous ses gestes.

Il lança un regard paniqué aux toilettes, à moitié perdu. Il n'arrivait même plus à se rappeler comment il était arrivé ici ni qui il avait croisé dans le couloir. Avait-il eu l'air aussi pitoyable en se rendant ici ? Avait-il croisé ses collègues ? Rossi avait-il détecté quelque chose, derrière son mensonge ? Il serra les poings et gémit pitoyablement en courbant les épaules. Pour l'achever, une voix lancinante lui susurrait lentement une vérité innommable au fond de lui.

Il aurait même tué pour cette dose.

La douleur, les tremblements, le malaise avaient été tellement puissants. Il ne contrôlait absolument rien. Des larmes débordèrent du coin de ses yeux et roulèrent sur ses joues livides. Il devait impérativement éviter le manque durant cette enquête et se débarrasser au plus vite de ce problème.

Il secoua la tête et détourna les yeux du miroir qui l'accusait âprement et qui mettait en exergue sa faiblesse. Il sursauta légèrement, se rappelant de son excuse auprès de Rossi.

Combien de temps avait-il pris dans les toilettes ?

Il porta aussitôt vivement ses mains sur son bandage et le défit rapidement. Sa cicatrice en demi-cercle ressemblait à un rictus moqueur. Il chercha rapidement dans son sac et sortit une bouteille de désinfectant et un coton. En tremblant légèrement, il imbiba fébrilement la petite boule blanche du liquide translucide. L'odeur de désinfectant agressa aussitôt ses narines et lui donna un vertige. Il appliqua ensuite le coton sur sa plaie et remarqua avec étonnement qu'il ne ressentait aucune douleur.

Il n'en avait d'ailleurs plus ressenti depuis la première dose.

Mais il souffrait pourtant bien plus, désormais.


Le court voyage en voiture jusqu'à la morgue s'était passé dans un silence pesant. Après avoir vu Reid sortir des toilettes les yeux rougis, Rossi avait compris qu'il avait pleuré. Cependant, il n'avait pas osé lui poser des questions indélicates. Il préférait trouver un moment plus propice et un endroit plus convenable. Il ne se voyait pas essayer de lui tirer des confidences au milieu d'un hall bondé.

Rossi lança un regard inquiet à son collègue qui avait repris quelques couleurs et qui semblait moins abattu qu'à sa sortie des toilettes. Il restait cependant très fermé et gardait les yeux baissés. Que s'était-il passé durant ces dix longues minutes durant lesquelles il s'était rendu dans les toilettes ? Un frisson désagréable saisit David et le fit légèrement trembler. Il secoua la tête, chassant les terribles images qui lui venaient à l'esprit.

Il était absurde de penser que Reid avait replongé en se basant uniquement sur le temps qu'il avait pris dans des toilettes.

Son comportement étrange et son attitude taciturne pouvaient s'expliquer autrement. Il lui parlerait une fois qu'ils auraient examiné le corps de la dernière victime. Sans laisser transparaître ses inquiétudes, il contourna le véhicule, rejoignit Reid qui l'attendait sur le trottoir, puis monta avec lui les quelques marches de l'institut médico-légal. Il jeta un œil sur la masse sombre qui leur faisait face. Le bâtiment gris était petit et vétuste. Seules quelques fenêtres étaient encore éclairées à cette heure tardive.

-Il fait froid cette nuit, dit-il à son collègue, en frissonnant.

-Il fait douze degrés. Il fait donc deux degrés au-dessus de la température moyenne à cette époque et dans cette région. Cependant, le vent du Nord soufflant à environ 53km/h nous donne une impression plus froide. Le ressenti est de huit degrés, répondit Reid calmement, tout en poussant les lourdes portes de la bâtisse.

Rossi sourit légèrement. Reid sortait toujours des informations incongrues sur des sujets variés comme s'il s'agissait d'évidences. L'entendre sortir ces banalités avec une précision chirurgicale le rassura un peu.

C'était bien son ami et collègue qui lui parlait en ce moment.

Lorsqu'ils eurent franchi les portes, un homme petit et chauve s'avança directement vers eux, sortant d'une porte qui se trouvait sur leur droite.

-Bonsoir, je suis le docteur Cambell. Je suis le médecin légiste en chef de Dale City. Merci d'être venu aussi rapidement, les salua-t-il d'une manière affable, tout en serrant leurs mains.

-Bonsoir. Je suis l'agent Rossi et voici le docteur Reid, répondit Rossi, avec un sourire poli.

L'homme opina du chef, les observa quelques instants, puis, d'un signe de la main les invita à le suivre dans le couloir assez sombre. Seules quelques vieilles lampes blafardes et grésillantes jetaient une lumière faible et sale sur les lieux sinistres. Le médecin les emmena à la morgue qui se trouvait tout au fond du couloir. L'endroit était un peu mieux éclairé mais relativement glacial. Une odeur désagréable et agressive flottait dans l'air.

Au milieu de la pièce se trouvait une grande table sur laquelle était allongée une minuscule forme, noyée sous le grand drap qui la couvrait. En reniflant légèrement, le médecin découvrit le corps de l'enfant de neuf ans. Son frêle torse blanc était barré d'un grand « Y » composé de points de sutures. La trace de la dissection s'étendait des épaules jusqu'au nombril.

Rossi sentit son cœur se serrer violemment mais ses traits ne trahirent pas les sentiments violents qui faisaient rage en lui.

-La victime, Luke Fallager ne présente aucune trace de coups ou d'agression. La cause du décès est la même que pour la dernière victime : exsanguination après cette profonde entaille au niveau de la gorge. La carotide a été directement tranchée. Il s'est vidé de son sang en quelques minutes, expliqua le médecin, en désignant la gorge de l'enfant.

Reid, le dossier médical en main, se pencha un peu et examina avec attention la plaie béante.

-Aucun marque d'hésitation, tout comme sur l'autre victime, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour les autres.

Il marqua un temps d'arrêt et laissa ses yeux parcourir à toute vitesse le dossier médical, la bouche entrouverte.

-Les estomacs des deux enfants étaient plein de sucreries… Chocolat, bonbons, gâteaux. Le tueur s'est bien occupé d'eux. Il y a des résidus de chloroforme dans leurs narines. C'est sans doute ainsi qu'il a enlevé ses victimes. Des traces de pentobarbital ont aussi été retrouvées dans leur système… Il s'agit d'un puissant anesthésiant. Il a visiblement été administré peu de temps avant le décès des enfants, poursuivit-il, les sourcils légèrement froncés.

Rossi plongea son regard dans la plaie rouge vif de l'enfant :

-Il ne voulait pas les faire souffrir. La véritable cible de notre tueur, ce ne sont pas les enfants, avança-t-il sans détacher les yeux de la petite victime.

-Les parents, alors ? proposa Reid avec perplexité.

Rossi soupira, attrapa le drap blanc et recouvrit le corps inerte du petit garçon.

-Je ne sais pas. Peut-être. Nous allons en discuter avec l'équipe, soupira-t-il.

Un silence lourd s'abattit sur la morgue. Le médecin fixa tour à tour les agents dubitatifs, sans oser prononcer un mot. Après quelques longues secondes, Rossi finit par briser l'inertie générale en se tournant vers le médecin.

-Votre aide a été précieuse. Au revoir, le remercia-t-il en lui serrant la main.

-J'espère que vous attraperez le type qui a fait ces horreurs, répondit le légiste d'une voix grave.

David acquiesça lentement puis se dirigea vers le couloir. Reid fit un bref mouvement de tête en guise de salut et emboita le pas à son collègue. Sans dire un mot, ils traversèrent rapidement les rangées de portes fermées, faiblement éclairées par les vieilles lampes. Reid avait pris son téléphone en main et avait envoyé des messages aux autres pour leur faire part de leurs observations. L'écran éclairait vaguement son visage et mettait en exergue la grande fatigue qui le marquait.

Ils sortirent du vieux bâtiment et furent frappés par le vent glacial qui balayait la rue déserte. Rossi frissonna un peu puis jeta un bref coup d'œil à Reid qui avait fini d'envoyer les informations au reste de l'équipe et qui se tenait à ses côtés, les bras croisés.

-Reid, il faut qu'on parle, commença Rossi, d'une voix posée et apaisante.

Le jeune homme se tourna aussitôt vers lui pour lui faire face, raide comme un piquet. Ses yeux semblaient flamboyer dans la nuit.

-De quoi faut-il qu'on parle ? demanda-t-il sur la défensive.

Rossi pencha légèrement la tête vers la gauche, observant la posture fermée et déterminée de son ami. Les traits de Reid exprimaient une profonde colère, mais aucune peur.

-Tu ne sembles pas aller bien, répondit-il calmement.

Il fit une pause tout en fixant son interlocuteur qui ne cillait pas.

-Avant qu'on ne parte, tu as passé beaucoup de temps dans les toilettes, poursuivit-il tout en s'approchant un peu plus de Reid.

Ce dernier eut un mouvement de recul, puis serra vivement les mâchoires. Ses sourcils se froncèrent et ses lèvres se pincèrent de rage.

-Que voulez-vous dire par là, Rossi ? Ayez au moins le courage d'être explicite ! s'exclama Reid avec agressivité.

Rossi haussa les épaules :

-A toi de me dire ce que je veux dire par là. Je sais que tu es bouleversé par notre dernière enquête et par le départ de Blake. Je m'inquiète juste pour toi, poursuivit l'agent sans se départir de son calme.

Reid secoua la tête, visiblement partagé entre colère et dégoût :

-Arrêtez de vous inquiéter. Laissez-moi gérer ça moi-même. Et je sais parfaitement ce que vous pensez… Je ne suis pas idiot. Vous voulez inspecter mes bras, peut-être ? Vous n'avez donc aucune confiance en moi ? s'insurgea-t-il d'une voix aigüe, en tremblant de rage.

Rossi resta un moment silencieux, incapable de savoir si Reid était sincère ou non. Le gamin ne savait généralement pas mentir… Cependant, ici, il n'arrivait pas à détecter autre chose que de la colère brute. Il finit par détacher son regard de Spencer :

-J'ai confiance en toi. Je suis désolé. Rentrons au poste, soupira-t-il.

Il passa à côté de Reid qui tremblait encore de colère et atteignit leur SUV. Pensif, il entra dans le véhicule, sans dire un mot et attendit que le jeune homme, une fois calmé, fasse de même. Il parlerait de cette discussion à Hotch.

Spencer allait vraiment mal.


La maison était parcourue par de nombreux policiers. Les flashes crépitaient dans tous les sens, mettant à nu tout un foyer. Au mur, des visages souriants semblaient se moquer de toute cette effervescence. Au milieu de cette agitation, recroquevillés dans un canapé en cuir vert bouteille, un homme et une femme étaient assis. Ils s'accrochaient l'un à l'autre comme des rescapés, comme si la présence de l'autre pouvait les empêcher de sombrer tous deux. Leurs visages étaient décomposés, blafards et baignés de larmes. La femme secouait la tête en agitant ses lèvres sans faire de bruit. L'homme se mordait violemment la lèvre inférieure et tremblait de tout son corps.

Mary et Howard Garison.

Morgan déglutit avec difficulté devant ce spectacle effroyable. Il lança un regard attristé à JJ, puis s'avança vers les parents qui levèrent des yeux pleins d'espoirs et de détresse :

-Je suis l'agent Morgan. Voici l'agent Jareau. Nous sommes du FBI et nous sommes ici pour vous aider à retrouver votre fils, fit-il en prenant place en face d'eux, dans un petit canapé.

Les yeux rouges de la mère, une femme blonde d'une trentaine d'années, se posèrent sur les deux agents :

- Toujours aucune nouvelle de Mike ? demanda-t-elle d'une voix brisée.

JJ s'assit à côté de la mère et secoua la tête doucement :

-Non madame. Mais nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le ramener à la maison. Nous avons juste quelques questions à vous poser, commença la jeune femme.

-Encore des questions ? Nous ne savons rien ! Nous avons déjà tout raconté à plusieurs policiers ! A la place de poser des questions inutiles, allez chercher mon fils ! rugit soudainement le père, en se levant d'un bond.

Morgan se leva à son tour et posa une main sur l'épaule du père pour le calmer :

- Nous imaginons bien que tout cela est très difficile pour vous, mais connaître certains détails sur votre fils est crucial pour que nous puissions le retrouver, répondit-il en regardant dans les yeux l'homme détruit qui lui faisait face.

Celui-ci se laissa retomber lourdement dans le fauteuil, en gémissant un peu :

-C'est de ma faute. J'ai laissé la fenêtre de sa chambre entrouverte… Il préfère dormir ainsi… Je n'aurais pas dû… Les policiers ont dit qu'il était entré par là, bafouilla-t-il, écrasé par le chagrin et la culpabilité.

-Ce n'est pas votre faute… Et ce n'est pas le moment de penser à ce genre de choses. Il faut que vous vous concentriez un peu, pour que nous puissions retrouver Mike le plus vite possible, le rassura JJ d'une voix douce.

Morgan sortit un petit carnet de sa poche et se pencha en avant, vers les parents. Comme ils l'avaient souligné dans les locaux de la police, cet enlèvement n'était pas le fruit du hasard. Le tueur avait dû traquer l'enfant pour connaître ses habitudes. Il avait sans doute dû se promener à de nombreuses reprises dans les environs. Même si les chances étaient maigres, il devait impérativement questionner les parents à ce sujet.

-Avez-vous remarqué quelque chose d'étrange dans votre quartier, ces derniers jours ? Un véhicule inconnu stationné dans les alentours ? Un homme que vous ne connaissiez pas et que vous avez rencontré plusieurs fois dans le quartier ? Mike vous a-t-il dit qu'il avait été abordé par un étranger ? leur demanda-t-il.

La mère secoua la tête et éclata en sanglots :

-Non ! Rien de tout ça ! Je n'arrive pas à me souvenir… Je n'ai pas fait attention, balbutia-telle d'une voix serrée et entrecoupée par ses pleurs.

JJ posa une main sur la jambe de la mère pour l'apaiser :

-Ce n'est rien. Concentrons-nous sur ce qui s'est passé avant cette soirée… Vous êtes allée chercher Mike à l'école, non ?

La femme acquiesça vivement et essuya un peu ses larmes en reniflant bruyamment :

-Oui… Enfin, il avait karaté… Je suis passée un peu plus tard… Après son cours, répondit-elle vaguement.

-Avez-vous vu quelque chose d'étrange sur le chemin ? s'enquit JJ doucement.

La femme secoua la tête :

-Je n'ai rien remarqué, gémit-elle en serrant les poings de désarroi.

-Ce n'est rien… Nous allons essayer autre chose. Je vais juste vous demander de fermer les yeux un instant, murmura Morgan.

La femme lui lança un regard un peu perdu et inquiet, mais s'exécuta.

-Bien. Respirez profondément. Je veux que vous repensiez à ce retour en voiture… Quel temps fait-il ? Quelle odeur règne dans l'air ? poursuivit l'agent.

La femme fronça un peu les sourcils, visiblement perplexe, mais se laissa guider dans ses souvenirs :

-Je… euh… Il fait gris. Le vent souffle fort dehors… Je sens l'odeur du cuir de la voiture, se hasarda-t-elle, hésitante.

-Que fait Mike dans la voiture ? la questionna Morgan d'un souffle.

-Il est assis à côté de moi… Il joue avec sa console Nintendo… Son jeu fait beaucoup de bruits… C'est un jeu de combat, affirma-t-elle un peu plus sûre.

-Regardez de nouveau la route. Vous arrivez dans votre rue… Y-a-t-il quelque chose qui attire votre regard ? demanda-t-il.

La mère fronça un peu les sourcils, concentrée :

-Une camionnette. Elle est bleu foncé. Elle est parquée chez les voisins d'en face… Je l'ai déjà vue la veille, s'exclama-t-elle en se redressant un peu, le souffle court.

-Pouvez-vous voir la plaque ou le conducteur ? la questionna-t-il aussitôt.

-Elle n'a pas de plaque… Elle a été enlevée. Le conducteur est dans la camionnette, mais je ne peux le voir, répondit-elle en ouvrant les yeux.

La mère fixa un instant son mari, puis fondit en larmes :

-Mon Dieu… Est-ce que ça a un rapport avec l'enlèvement de Mike ? J'aimerais tant pouvoir en dire plus, sanglota-t-elle.

JJ posa une main rassurante sur l'épaule de la femme :

-Vous avez fait votre possible. Nous allons voir si cette piste mène quelque part. En attendant, allons trouver les policiers et vous tenterez de décrire avec plus d'exactitude le modèle de cette camionnette, proposa-t-elle doucement.

La femme acquiesça vivement et se leva en même temps que son mari pour suivre JJ. Morgan les regarda s'éloigner et soupira bruyamment tout en prenant son portable pour prévenir le reste de l'équipe de cette possible piste. Avant qu'il n'ait pu composer le numéro de son patron, son portable se mit à sonner.

Hotchner l'appelait.

Il répondit aussitôt et écouta avec effroi ce que lui dévoila le chef d'équipe.

Cette affaire était un véritable cauchemar.

A suivre…


Merci d'avoir lu ce chapitre ! Je m'excuse s'il reste encore quelques fautes.

N'hésitez pas à me laisser un commentaire. C'est vraiment encourageant d'avoir des retours. La suite devrait arriver dans une semaine maximum.