Titre : The Wasting Game

Auteur : Polomonkey

Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY

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Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas.

Avertissements : Vulgarité, et discussion non explicite d'une agression sexuelle.

Note de l'auteur : Un chapitre légèrement fluffy à présent, pour chasser toutes ces angoisses.

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« Inside him, the slowing

the faltering,

voltage.

But still

There's this brilliant

Flicker on the surface,

Arc lights

On dragged canal"

Arthur avait continué à dire qu'il était navré, mais il avait fini de pleurer à présent, même si il semblait toujours bouleversé.

« S'il te plait, ne t'excuse pas, » Avait dit Merlin. Il se sentait horriblement confus et étrangement coupable, ça avait été trop loin, il avait besoin que ça se calme…

« Toi et Gilli… J'ai cru. » Arthur s'était arrêté, affligé. « Quand je t'ai vu, j'ai d'abord pensé… » Il avait laissé sa phrase en suspension une fois encore.

Merlin avait attendu qu'Arthur se reprenne.

« Ca m'a rappelé…l'histoire avec Morgane. »

Merlin avait senti de la glace lui tomber sur l'estomac parcequ'il savait exactement de quoi parlait Arthur. Il l'avait toujours appelé « l'histoire avec Morgane », incapable d'être moins vague après cette histoire, puisque Merlin savait qu'utiliser le mot viol ou agression était trop douloureux, trop pénible dans la bouche de son ami.

La première fois qu'Arthur l'avait mentionné, ils avaient 16 ans, et c'était une semaine après le départ de Morgane à l'université. Uther était parti pour la semaine alors Merlin avait pris l'avantage de ce départ pour passer du temps avec Arthur. Il ne l'avait jamais admis à son ami, mais le père d'Arthur lui faisait très peur. Il donnait toujours à Merlin le même regard d'appréciation quand il le voyait, lui donnant l'impression de n'être qu'un poids lourd et d'être très incompétent.

Après le départ de Merlin, il avait aussi clairement désapprouvé le fait qu'Arthur et Merlin aient partagé le même lit. Il ne faisait jamais plus qu'un soupir au matin, quand il voyait que Merlin était là, et une fois Merlin avait entendu que son père demandait à Arthur si il était approprié que « ce garçon » passe toute ces nuits ici.

« Son nom est Merlin, » avait dit Arthur en serrant les dents. « Et je ne vois pas ce qui est inapproprié au fait que mon meilleur ami dorme avec moi. »

La colère de Merlin envers Uther avait un peu diminué après avoir entendu la réponse d'Arthur. Ca n'arrivait pas souvent que son ami s'élève contre son père, et Arthur l'avait fait pour lui, ce qui avait été une agréable surprise.

Cependant, il était resté suffisamment en colère pour entrer dans la cuisine en souriant à Arthur avec son habituel, « Bonjour, bébé, » - se réjouissant de chasser Uther de la cuisine avec une grimace de dégoût sur le visage. L'expression d'Arthur était l'étonnement même, avant de croiser le regard de Merlin, et puis ils avaient explosés de rire.

La maison des Pendragon avait toujours semblé légèrement austère et rebutante quand Uther était là, mais quand il était parti c'était un tout autre monde. Avec le départ de son père, la personnalité d'Arthur semblait remplir l'espace, chaleureuse et conviviale. Merlin ne se sentait plus comme un visiteur, mais plus comme hôte spécial. Arthur et lui faisait des tortillas dans la cuisine, ou ils jouaient à la X-Box dans le salon, ou il regardait des DVD l'un contre l'autre dans le lit d'Arthur. C'était la maison d'Arthur quand Uther s'en allait, et pour Merlin c'était comme se sentir chez lui.

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Cette semaine là, la dernière avant la reprise des cours, ils avaient décidé de se bourrer la gueule.

« C'est la sixième maintenant, » avait dit Arthur en tendant la quatrième (ou la cinquième ?) bière dans les mains de Merlin. « On va devoir travailler dur pour choisir une université et devenir responsable à partir de maintenant. Nous devons nous amuser tant que nous le pouvons encore. »

« Depuis quand tu t'inquiète des responsabilités ? » avait reniflé Merlin.

« Je suis responsable. Je suis responsable de moi-même. Si j'étais un super héro, je serais capitaine Responsable…ou pas. »

« Tu es bourré, » avait ricané Merlin, en zappant que lui aussi tandis qu'il glissait de sa chaise de jardin.

« Je ne suis pas bourré, » avait dit Arthur grandement. « Je suis un Pendragon et nous ne sommes jamais saoule, nous sommes simplement…joyeux. »

« Bourré ! » Avait chantonné Merlin, en tirant sur la jambe d'Arthur pour lui faire perdre l'équilibre, et le faire tomber dans la pelouse près de lui.

« Grosse erreur, Emrys, » Avait dit Arthur, en plissant les yeux. Puis sans prévenir, il avait bondi sur Merlin pour commencer à le chatouiller sans la moindre pitié.

« Ah ! Non, non ce n'est pas juste ! » Merlin avait du mal à respirer. Il était chatouilleux presque partout tandis qu'Arthur était presque totalement résistant…sauf derrière les genoux…

Merlin s'était légèrement retourné pour se cramponner aux rotules d'Arthur.

« Non, non ! » avait glapit Arthur. « Trêve ? »

« Jamais, » avait répondu Merlin, pressant d'avantage. Jusqu'à ce qu'Arthur se retrouve sur le dos.

« Les tables sont à l'envers ! » Avait hurlé Arthur de sa plus belle voix de super héro, ensuite Merlin s'était tortillé juste assez pour renverser sa bière sur la jambe d'Arthur.

« Et maintenant les tables sont retournées, comme avant ! » Avait hurlé Merlin dans un triomphe.

Arthur s'était relevé en sentant la bière sur son jean. Il avait regardé Merlin avec des yeux brillants.

« Tu as vraiment fait ça, Emrys. Ca va être l'étang pour toi. »

« Arthur, non ! » Merlin avait pointé un doigt d'avertissement en l'air. « N'y pense même pas. »

Arthur avait souri, comme un lion sur sa proie. Merlin avait essayé de s'éloigner mais Arthur l'avait agrippé puis soulevé dans les airs, ensuite il avait commencé à le porter à travers le jardin.

« Tu ne vas pas oser Arthur, tu ne vas pas- mfmph ! » Les protestations de Merlin avaient brutalement cessé quand Arthur l'avait jeté sans cérémonie dans l'immense étang décoratif.

Il avait émergé en toussant et crachant, une lanière d'algue coincé dans ses cheveux. Arthur pleurait presque de rire.

« Bien, tu as gagné. » Avait dit Merlin, défaitiste. « Aide moi à sortir. »

Il avait tendu ses mains. Alors Arthur les avait attrapé, Merlin avait sourit puis il avait tiré fortement. Il était terriblement satisfait alors qu'Arthur tombait dans l'eau à côté de lui.

« Je n'arrive pas à croire que tu es tombé dans le panneau ! » Avait exulté Merlin alors qu'Arthur se remettait debout, un jonc fermement coincé derrière l'oreille.

Sa victoire avait été de courte durée puisque Arthur l'avait repoussé dans l'eau.

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Dix minutes plus tard, ils étaient rentrés dans la maison, laissant des traînées sur les carreaux de la cuisine. Arthur avait envoyé Merlin à la douche pendant qu'il préparait du chocolat chaud sur la cuisinière, ensuite il était parti prendre la sienne quand Merlin était revenu, lui laissant des instructions strictes sur la manière de mélanger.

« Je pense que je peux faire du chocolat chaud, » avait dit Merlin.

« Ce n'est pas si simple Merlin, c'est tout le savoir faire de l'Italie. Ciccolata Calda, » avait dit Arthur avec un accent italien exagéré et ridicule, et Merlin s'était écroulé de rire une fois de plus.

« D'accord Gino D'Acampo, relaxe, » il avait dit et Arthur lui avait fait une petite tape en partant.

Merlin s'était arrêté de rire lorsqu'Arthur était revenu, uniquement vêtu d'une serviette autour de la taille. Il s'était soudain senti très intéressé par la louche dans le chocolat chaud alors qu'Arthur s'étirait sur sa chaise, faisant courir ses mains dans ses cheveux mouillés.

Combattant l'envie d'aller là bas et de voir ce que ses cheveux sentaient, Merlin avait apporté les tasses sur la table. Il avait passé ses mains autour de la sienne, la chaleur devenant une distraction bienvenue.

« Le maillot que tu as, » avait dit Arthur en désignant le t-shirt de Merlin. Il avait juste attrapé un t-shirt au dessus de la pile de vêtement dans l'armoire, sans vraiment remarquer que c'était un maillot de football. « Peut être que c'est l'année où tu vas finalement rejoindre l'équipe. »

« Ouais ou je pourrais me frapper moi-même le visage plusieurs fois, ça semble tout aussi drôle. »

Arthur avait rit.

« Tu devrais essayer ! Tu es assez rapide, je t'ai vu courir. Tu es maigrichon bien sûre, mais on peut travailler là-dessus. »

« Ca alors, je trépigne d'impatience. Bien que je sois trop occupé à me frapper le visage, tu sais. »

Arthur avait secoué la tête.

« T'es un nerd, Merlin. »

« Les nerds ont la cote, tu ne savais pas ? Geek chic etc, » avait dit Merlin distraitement. C'était incroyablement dur de se concentrer avec Arthur assis là sans t-shirt, l'humidité faisant encore briller son torse, ses tétons rosés et seigneur…

Merlin avait pris une gorgée de chocolat pour essayer de chasser ses idées, mais il s'était rapidement étranglé.

Arthur était venu lui frapper dans le dos pour l'aider, et il était plus proche de Merlin, à moitié nu et sentant le propre, ce qui ne l'aidait pas vraiment.

« Tu es une fleur délicate, tu le sais Merl ? » Avait sourit Arthur.

« Ferme là. Quoi qu'il en soit, on devrait essayer de ne pas attrapé froid, » avait dit Merlin en faisant un geste vers la poitrine d'Arthur.

Bon dieu, son ventre était parfait. Mince, musclé et bronzé, il devait être doux et –

« Je suppose que tu as raison, » avait dit Arthur alangui, en s'étirant alors qu'il se dirigeait vers la porte. « Je reviens. »

Merlin avait poussé un soupir de soulagement car Arthur n'avait pas remarqué que ses yeux brillaient presque de luxure. Puis il avait ressenti une petite déception puisque, bientôt, le torse adorable d'Arthur allait être recouvert d'un t-shirt.

« Un moment de silence pour le torse nu d'Arthur, » avait murmuré Merlin dans son cacao et puis il avait rigolé.

Ok, peut être qu'il était encore un peu ivre.

Mais quand Arthur était revenu dans la pièce, son expression avait changé. Il avait semblé songeur, même légèrement triste.

« Qu'est ce qu'il y a ? » Avait demandé Merlin instantanément.

« Non, rien, je…c'est étrange de voir la chambre vide de Morgane. Elle ne l'utilisera plus. »

Merlin avait hoché la tête. Ils n'avaient pas beaucoup parlé de Morgane, cependant Merlin avait passé suffisamment de temps dans cette maison ces dernières années pour savoir que Morgane amenait la tension où elle allait. Plus d'une fois, au petit matin, il s'était réveillé dans le lit d'Arthur par des murmures furieux, et il présumait que c'était Morgane qui rentrait tard, et saoule, sous le regard désapprobateur du glacial Uther. Il pouvait souvent sentir Arthur se réveiller à ses côtés, tendu et rigide, mais il ne disait jamais rien, alors Merlin ne lui en parlait jamais. Il était fils unique alors il ne savait pas vraiment comment était supposé être une relation fraternelle. Gwen et Elyan semblaient s'entendre, mais peut être que c'était parcequ'ils étaient de bonne nature. Gauvain avait une petite sœur qu'il ennuyait sans pitié, mais malheur à celui qui essayait de faire pareil. Ces relations semblaient tout simplement plus naturelles et faciles que celle d'Arthur et Morgane. D'après ce que Merlin avait pu entendre, Morgane avait déraillé un peu et elle rendait dingue Uther. Arthur semblait ne pas vouloir en parler.

Mais il avait compris qu'Arthur serait triste de voir Morgane s'en aller à Brighton, certainement car il devinait qu'Arthur l'utilisait comme un tampon entre lui et son père. Merlin non plus n'aurait jamais apprécié avoir l'entière attention d'Uther braqué sur lui.

Arthur semblait abattu.

« Tu te souviens de la première fois où tu m'as invité ? Tu n'avais pas dit à Morgane que je venais et elle m'a surpris dans ta chambre, et elle m'a prit la tête en pensant que j'étais un voleur. »

Arthur avait rit.

« Oh, je suis content que tu trouves ça drôle, mais j'étais terrifié ! » Avait dit Merlin indigné, pourtant il souriait.

« Ce n'est rien. Quand j'avais 6 ans, je jouais aux gendarmes et aux voleurs, et j'avais attaché une barbie dehors dans la boue pour faire l'otage. Quand elle a vu que j'avais Sali les cheveux de sa poupée, elle m'a pourchassé avec un rouleau à pâtisserie. J'ai dû aller me cacher sous un arbre jusqu'à ce qu'Uther rentre à la maison.

Arthur avait l'air moins pensif, alors Merlin avait continué la conversation. A sa grande surprise, ils avaient passé les deux heures suivantes à parler de Morgane. Soudain, Arthur avait semblé avoir beaucoup à dire, alors Merlin s'était sentit inexplicablement honoré d'en apprendre autant de son ami.

Puis était venu le moment où il avait observé la façon dont les yeux d'Arthur dansaient quand il rigolait, et il avait réalisé que ça le troublait. Parceque reluquer le corps d'Arthur était une chose, mais être assis là à l'écouter parler, il avait ressenti une vague d'émotions, un mélange de tendresse, de bien être, et de douceur. Ca l'avait submergé.

Il aimait Arthur. C'était peut être son âge, 16 ans, les hormones, une envie, un amour non partagé, mais ça restait de l'amour.

Et il en était troublé.

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Ce n'était qu'une fois au lit qu'Arthur lui avait raconté. Merlin allait presque s'endormir, dans une chaleur agréable et rempli d'un cacao, satisfait d'être là car il était bien où il était.

« Morgane va me manquer, » avait dit Arthur soudainement.

« Même si sa te sauve de son rouleau à pâtisserie ? » l'avait taquiné Merlin.

Mais Arthur n'avait même pas sourit.

« Je n'étais pas…je n'ai jamais…je n'étais pas vraiment un frère pour elle, » avait dit Arthur rapidement.

« Hein ? Quoi ? » Avait demandé Merlin en levant un sourcil, alarmé par le fait que la conversation allait prendre un tournant.

Arthur avait ouvert la bouche pour parler puis il l'avait refermé abruptement. « Oublie, » il avait dit.

« Arthur, c'est quoi ? » Avait demandé gentiment Merlin, parceque son ami semblait tout à coup au bord des larmes.

« Un truc est arrivé une fois, » avait dit Arthur le timbre vraiment bas. « Je l'ai laissé tomber. »

« De quoi veux tu parler ? » Avait dit Merlin anxieux.

« Non. Je veux dire… Je ne sais pas. » Arthur avait l'air vraiment misérable, et Merlin en avait mal au cœur.

« Tu n'as pas à me le dire. Mais, si tu veux… »

Arthur s'était retourné, laissant Merlin face à son dos. Merlin avait supposé que c'était la fin de la conversation, et il essayait de savoir si il devait pousser Arthur à la conversation, ou juste le laisser. Puis son ami avait parlé.

D'une voix calme, il lui avait raconté ce qu'il s'était passé. Merlin s'était senti malade de cœur, mal et furieux que quelqu'un puisse faire ça, que ces actions avaient eu des répercussions durant toutes ces années.

Arthur avait semblé calme pendant qu'il racontait l'histoire, pourtant Merlin avait pu ressentir la peine qui irradiait de lui, la souffrance et la colère d'un gamin désarmé de 12 ans.

« J'aurais espéré… » Avait commencé Arthur et il s'était arrêté, pour soupirer.

« Tu as fait tout ce que tu as pu, » avait dit Merlin. « Tu as fait la bonne chose. »

« J'ai…j'ai hésité. » Avait dit Arthur et Merlin avait pu entendre la colère qu'il avait pour lui-même.

« Oui. » Avait dit Merlin fermement. « Mais tu as fait la bonne chose. »

« Parfois, je me dis que tout a changé cette nuit là, » avait dit Arthur, le timbre de sa voix vraiment basse.

Merlin n'avait rien répondu parceque Arthur avait raison, et lui sortir des phrases bateau pour l'apaisé n'allait certainement pas l'aider. A la place, il avait dit : « Merci de me l'avoir dit. »

« Ouais. » Avait rigolé Arthur faiblement. « Je présume que tu me dois un secret maintenant. »

« J'ai regardé Titanic la semaine dernière et j'ai pleuré 3 fois, » avait dit Merlin rapidement et dieu merci, Arthur avait ri.

« Je pense que tu devrais le graver sur ta tombe. »

« Leo et Kate pour toujours, » avait dit Merlin.

Arthur avait de nouveau rigolé. Observant le dos de son ami, Merlin avait ressenti la même vague d'émotion le submergé que dans la cuisine, seulement 10 fois plus intense puisqu'Arthur semblait vulnérable et triste. Tout ce qu'il désirait était d'être proche d'Arthur, pour tenter de le consoler du mieux qu'il pouvait. Avant d'avoir le temps de réfléchir pour savoir si c'était une bonne idée, il s'était rapproché dans le lit, se glissant contre le dos d'Arthur et passant son bras sur le thorax d'Arthur.

Il y avait eu un bref silence, durant lequel Merlin avait oublié comment respirer.

« Merlin ? » Arthur semblait déconcerté. « Tu fais la cuillère avec moi ? »

« Oui. Non. Ferme là. C'est supposé être réconfortant. »

Merlin était pratiquement certain qu'Arthur pouvait sentir les battements de son cœur dans sa poitrine, si proche qu'ils étaient, mais il avait décidé qu'il s'en moquait. Si Arthur voulait le repousser du lit ou lui hurler dessus car il dépassait les limites, il l'accepterait. Ce qu'il ne pouvait pas accepter c'était de laisser son meilleur ami quand il en avait le plus besoin.

« Bizarre. » Avait dit Arthur après un temps.

« Quoi ? »

« Je suis habituellement la grande cuillère. »

Merlin avait souris.

« Dors, idiot. »

Puis, un peu plus tard, ils s'étaient simplement endormis.

« Tu es une bonne personne Arthur. »

Arthur n'avait pas répondu mais il s'était un peu plus rapprocher de Merlin, et c'était plus qu'assez.

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Tout à coup, ça avait plus de sens à présent, la façon dont Arthur avait réagi, sa colère contre Gilli, sa peur pour Merlin.

« Arthur, je le jure, ce n'était pas comme… »

« Je sais, je sais, vraiment…c'est juste que j'ai vu la drogue alors j'ai pensé que tu n'avais pas tout tes moyens et j'ai paniqué puis… »

« Shh, ok. Je comprends. Je suis désolé d'avoir crié. »

Merlin était frappé par une vague de remord d'avoir hurler sur Arthur. Il avait essayé de sourire.

« Tu dis toujours que la coke rend les gens cons. »

Arthur lui avait rendu un petit sourire chaleureux. Puis Merlin avait réalisé qu'Arthur observait sa poitrine, alors il avait attrapé son t-shirt, pour le remettre le plus rapidement possible.

« Je ne comprends pas pourquoi, » avait dit Arthur, lentement, comme si parler était difficile. La trace des larmes étaient encore visible sur son visage, et il paraissait avoir moins de 18 ans.

« Je ne comprends pas pourquoi…tu ne manges plus. »

« Je mange, » avait répondu automatiquement Merlin sans réelle conviction. Une vif douleur commençait à traverser ses tempes car il se sentait épuisé de son altercation avec Arthur.

« J'ai regardé…je veux dire…j'ai fait des recherches. »

« Des recherches ? » Avait dit Merlin fatigué, en s'installant sur ses talons.

« Sur, tu vois, les troubles alimentaires. » Arthur avait fait des recherches sérieuses. « Et…l'anorexie. »

Merlin avait flanché. Ce mot. Il le détestait. Il le rendait malade et lui faisait peur. Même si ça ressemblait à ça, tordu et émacié, quelque chose d'hideux.

« Je ne suis pas anorexique, » avait-il dit, et il le disait avec conviction parceque c'était vrai, sauter quelques repas ne faisait pas qu'il avait des troubles alimentaires. Il était fatigué, stressé, et malheureux, il pouvait admettre tout ça, mais les choses avec la nourriture était juste une habitude qu'il avait. Il pouvait remanger quand il voulait.

Il avait expliqué tout ça à Arthur, mais Arthur avait simplement froncé les sourcils, l'incrédulité empreinte sur son visage.

« Je suis sérieux, Arthur, » avait-il dit.

« Prouve le, alors. » Avait répondu Arthur doucement. « Mange avec moi les jours suivant. Mange ce que je mange. »

Merlin avait ouvert la bouche pour objecter, parcequ'il n'était plus un enfant et qu'Arthur n'avait pas à lui dire quoi faire, puis il avait réfléchi. Pourquoi pas ? Si ça permettait qu'Arthur le lâche, en lui prouvant une fois pour toute qu'il n'avait pas de trouble alimentaire. Il se réjouirait de manger.

« Bien, » avait dit Merlin. « Mais pas des grosses ailes de poulets, ou un genre de kebab dégueulasse de la rue. Mon corps est un sanctuaire. » Il avait papillonné ses yeux sur Arthur, pourtant Arthur était resté terriblement sérieux.

« C'est vrai ? Tu promets. »

Merlin avait levé les yeux au ciel.

« Tu veux qu'on jure par le sang ? Oui, je promets. Ce n'est pas un problème. »

Arthur avait tenté de lui sourire.

« Ok alors. »

Il avait soudain lâcher un soupir, en essuyant ses joues comme si il réalisait seulement avoir pleuré.

« Uh…c'était… »

« Intense, » avait dit Merlin. « Je me sens comme si on avait participé à un épisode de fort boyard. »

« Désolé, j'ai un peu déconné. »

« Ouais, moi aussi. » Merlin avait cligné légèrement des yeux quand il avait aperçu le bleu sur la joue d'Arthur. « Hum, je m'excuse de t'avoir frappé. »

« Ca va. Tu frappes avec une force étonnante, Merl. » avait sourit Arthur.

L'utilisation du vieux surnom avait donné à Merlin une sensation chaleureuse dans son estomac, et il avait sourit.

Arthur avait regardé l'heure sur la cheminée alors Merlin avait pensé qu'il réalisait probablement qu'il devait retourner à la fête de Mithian.

« Il est tard, » avait dit Arthur alors Merlin avait acquiescé, prêt à lui dire aurevoir.

« Est-ce que je peux crécher ici ? »

Déstabilisé, Merlin avait cligné des yeux plusieurs fois alors Arthur avait froncé les sourcils.

« Si tu veux, ou je peux y aller, c'est pareil… »

« Non, reste, » avait répondu Merlin rapidement. « Si tu n'as pas besoin de retourner chez Mithian ou… »

« Je pense qu'elle se débrouillera sans moi pour une nuit. » Arthur avait semblé hésitant. « Alors, je prends le fauteuil ? »

« Ne sois pas stupide, maman te réveilla en rentrant ? D'ailleurs, tu as manqué à mon lit. »

Merlin avait été frappé en réalisant ce qu'il venait juste de dire et il était devenu rouge cramoisi. Arthur avait ricané.

« Sérieusement Merlin, tu es gay. »

« Ouais, c'est ce que j'ai essayé d'être il y a quelques heures, si tu n'avais pas remarqué. »

Arthur avait semblé sérieux durant une seconde à la mention des derniers évènements, ensuite il avait dit, le visage totalement figé, « tu penses que Gilli t'attend toujours dans cet abri ? »

Il y avait eu un moment de silence, ensuite ils avaient explosé de rire tout les deux.

« T'es un bâtard, » avait sifflé Merlin.

« Tu aimes ça, » avait répondu Arthur en se remettant sur ses pieds, aidé par Merlin.

Merlin avait estimé qu'Arthur n'avait plus dormi dans son lit depuis six mois, ou sept, et ils étaient plus grands à présent, donc le petit matelas était loin d'être assez spacieux comme l'était le lit géant d'Arthur. Mais il le sentait très bien car ils allaient se coucher l'un près de l'autre, Arthur se plaindrait des coudes pointus de Merlin, et Merlin râlerait des pieds froids d'Arthur.

Arthur s'était endormi en premier alors que Merlin était couché sur son dos et qu'il l'écoutait respirer. Peut être que ce n'était pas si mal après tout. Peut être que tout pouvait rentrer dans l'ordre, redevenir comme avant.

Peut être qu'il pourrait manger avec Arthur sans se sentir mal avec ça.

Il y avait tellement de peut-être alors Merlin avait décidé de ne plus y penser, pas maintenant, pas avec Arthur dans son lit à côté de lui.