Merci à tous ceux qui ont laissé des reviews. Je m'excuse de poster une suite aussi tardivement. Suite à des problèmes personnels, je n'avais pas vraiment envie d'écrire quelque chose de sombre et triste. Ainsi, j'ai préféré écrire des OS légers sur The Big Bang Theory afin de me changer les idées. Cela me semblait un peu plus facile que de continuer cette fanfiction
Je m'excuse encore pour ce léger retard.
J'espère que ce chapitre vous plaira !
Cinquième chapitre
Un murmure indistinct résonnait autour de lui. Des flashes crépitaient en tous sens et l'éblouissaient un peu. D'un pas raide, il s'avançait dans la nuit, se frayant un passage parmi les curieux et la presse. Un vent frais balaya ses cheveux foncés. L'air était humide et parfumé d'une odeur d'herbe fraîchement coupée.
Des policiers établissaient un périmètre de sécurité et tentaient d'éloigner le petit attroupement qui se massait dans le parc pour voir le spectacle.
Et quel spectacle…
Hotchner déglutit avec difficulté. Il avait interrogé les parents des deux premières victimes. A peine avait-il eu fini de leur poser des questions, dégageant de leurs souvenirs emmêlés l'image furtive d'une camionnette bleu foncé, qu'il avait été appelé dans ce parc.
L'enfant était mort.
Cependant, son profond malaise ne provenait pas seulement de la mort de l'enfant, mais de ce qui accompagnait le petit corps. Il se baissa pour passer sous le ruban noir et jaune, tout en montrant sa plaque aux agents qui demandaient aux curieux de s'éloigner. Il balaya ensuite de ses yeux sombres les différents badauds qui se tortillaient sur place en espérant entrapercevoir le cadavre du petit garçon. Certains n'avaient même pas pris la peine de s'habiller et n'étaient couverts que d'un léger peignoir. L'agitation dans le petit parc avait tiré les habitants de leur sommeil et de leurs demeures. Hocth lança rapidement un coup d'œil à sa montre.
Il était trois heures du matin.
Il se tourna vers les agents de police qui maintenaient le petit attroupement éloigné et leur fit un signe de la main pour qu'ils approchent.
-Prenez des photos des gens présents. Notre homme est peut-être parmi eux. Envoyez-les ensuite à notre analyste, Pénélope Garcia, murmura-t-il tout en lançant un regard circulaire aux curieux qui le dévisageaient.
Il tourna les talons et avança ensuite vers le milieu du périmètre. Il salua distraitement le médecin légiste et les policiers qui s'agitaient sur la scène de crime. Au pied d'un grand chêne, un drap blanc recouvrait le corps menu de l'enfant. Il entendit vaguement des voix derrière lui. Il jeta un furtif coup d'œil et aperçut Rossi, Reid, Morgan et JJ. Ils montraient leurs badges aux agents qui prenaient désormais des photos de la foule. Tous affichaient des mines sombres, partageant le même mauvais pressentiment que lui.
D'un signe de tête, Hotch demanda au médecin légiste de soulever le drap. Son estomac se noua aussitôt lorsque ses yeux parcoururent le corps. La même plaie béante déchirait la gorge de l'enfant. Sa peau translucide reflétait la lumière blafarde de la lune. Un policier éclaira un peu plus la dépouille d'une lampe de poche.
Le regard d'Hotch restait rivé sur la poitrine de l'enfant.
-Hotch ! Nous sommes venus aussi rapidement que possible, commença Morgan, tirant son patron de son observation minutieuse.
-Vous avez dit par téléphone que quelque chose d'inhabituel accompagnait le corps. De quoi s'agit-il ? s'enquit aussitôt Reid, plutôt perplexe et déjà penché sur le cadavre.
Hotch ne répondit pas, laissant le jeune homme découvrir avec étonnement trois grandes enveloppes brunes, délicatement posées sur le torse de la victime.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda JJ, se penchant à son tour pour prendre l'une des enveloppes.
Hotch baissa les yeux, mais resta silencieux. Les policiers lui avaient déjà fait part du contenu de ces enveloppes, mais il préférait laisser ses collègues le découvrir par eux-mêmes. Il dévisagea JJ qui avait sorti quelques pages et qui les lisait avec attention. La surprise, la peur et la tristesse voilèrent aussitôt son visage. Ses traits se déformèrent légèrement en une grimace douloureuse. Elle entrouvrit la bouche et se mit à trembler.
-Comment ?... Pourquoi ? demanda-t-elle d'une voix légèrement brisée.
Reid avait à son tour ouvert une grande enveloppe et parcourait rapidement le document qu'il tenait en main. Le jeune homme sembla aussi surpris que sa collègue. Il leva des yeux écarquillés vers Hotch.
-Une copie du dossier médical concernant la mort du fils de Blake, articula-t-il difficilement dans un souffle.
Rossi se pencha pour prendre la dernière enveloppe. Il la décacheta rapidement et sortit quelques feuilles. Il vacilla légèrement et fit un pas en arrière. Il ne put cacher sa surprise et sa douleur :
-Le dossier médical concernant mon fils, expliqua-t-il, les yeux rivés sur les documents qu'il avait entre les mains.
Hotch se retourna vers JJ qui tremblait violemment et froissait les documents qu'elle tenait entre les doigts.
-Mon dossier… concernant ma fausse couche… durant ma mission en Afghanistan, murmura-t-elle d'une voix blanche.
Un silence pesant tomba sur les membres de l'équipe. Si Hotch avait été finalement mis au courant de la fausse couche de la jeune femme, après l'enlèvement de celle-ci par Hastings, ses collègues n'avaient jamais su cette information délicate.
-JJ… Je suis tellement désolé, bafouilla Reid en se relevant aussitôt.
-C'est bon Spence. Je ne veux pas en parler. Ça n'a aucune importance maintenant, répondit-elle en secouant la tête, d'une voix qui trahissait cependant toujours sa détresse.
-Comment le tueur a-t-il pu savoir… ? Comment a-t-il pu avoir accès à tous ces dossiers ? demanda Morgan, les sourcils froncé.
-Il a dû enquêter sur nous, répondit Rossi tout en s'accroupissant à côté du corps.
-Il a tué le petit bien plus vite que prévu, continua l'agent tout en observant les plaies de l'enfant.
-Il avait déjà obtenu ce qu'il voulait. Il n'avait plus besoin de le garder, murmura Reid.
Un silence troublé par le lointain brouhaha des sirènes, des badauds et des journalistes s'abattit de nouveau sur l'équipe. Hotch avait l'impression d'être coupé du monde, d'être sous un dôme qui calfeutrait tous les sons du monde extérieur. Le temps s'était arrêté et chaque seconde semblait suspendue au-dessus de leurs têtes. Le périmètre qui entourait le corps était figé, paralysé. La réalité les frappait violemment et phagocytait tous leurs sens.
Le tueur les avait, eux. Il n'avait plus besoin de son appât.
Le poste de police était plus agité que jamais. La tension et une odeur persistante de café pesaient dans l'air. Des farandoles de visages marqués par la fatigue et la détresse tournoyaient en tous sens. Ce ballet avait quelque-chose de ridicule et de vain. Chaque effort, chaque lutte semblaient se solder par de nouvelles pistes qui ne menaient nulle part. Les agents se battaient à tâtons, contre un ennemi invisible et insaisissable. L'échec creusait plus profondément leurs cernes.
Rossi lança un regard attristé sur ces pantins désarticulés qui marchaient automatiquement vers les téléphones qui sonnaient sans s'arrêter. Il jeta un coup d'œil distrait par la fenêtre : le soleil venait de se lever.
Il tourna les talons et se rendit dans la salle qui leur était réservée. Il venait de s'octroyer une heure de repos, avant de se confronter aux policiers et à la presse. Morgan, JJ et Reid n'étaient pas encore revenus de cette brève pause. Hotch, par contre, ne semblait pas avoir quitté les lieux. Il était penché au-dessus d'une pile de feuilles et de photos. Ses yeux rougis par la fatigue balayaient les documents, cherchant de nouveaux éléments pour étoffer leur profil.
-Tu n'as pas dormi ? demanda simplement Rossi, tout en attrapant une cafetière posée sur la table, pour se verser une tasse de café.
-J'avais des choses à finaliser. Et j'attends le résultat des recherches de Garcia concernant la camionnette, répondit Hotch, sans lever les yeux.
Rossi but une gorgée de café et grimaça légèrement en se rendant compte qu'il était froid. Le goût laissait également à désirer. Il reporta ensuite son attention sur les papiers étalés devant Hotch. Ses yeux s'arrêtèrent aussitôt sur une carte griffonnée avec soin par Reid. Un cercle rouge délimitait la zone de confort de l'unsub.
Reid. Il l'avait fait durant la nuit, avant qu'il n'aille se reposer un peu.
Rossi repensa aussitôt à leur discussion qui avait eu lieu pendant la nuit. Le benjamin de l'équipe n'allait pas bien du tout. Ses traits crispés par la colère dansèrent de nouveau dans l'esprit de David.
-Aaron, il faut qu'on parle de Reid, commença Rossi.
-Je n'ai pas le temps, Dave. J'ai Cruz sur le dos. Le département hésite à nous retirer l'affaire, vu que le tueur semble s'intéresser de trop près à notre vie personnelle. Depuis l'affaire Doyle, ils craignent de nouveaux débordements, répondit froidement Hotch, visiblement dépassé et épuisé.
Le chef d'équipe soupira et passa une main sur son visage las. Rossi lança un regard désolé à son ami. Pendant que tous se reposaient et dormaient un peu, Hotch s'occupait de tenir la barque à flots et se démenait avec toutes les charges administratives.
Cependant, le cas de Reid était tout de même assez inquiétant. David ne pouvait laisser le jeune homme seul face à ses démons. Il ne pouvait expliquer pourquoi, mais il sentait que le comportement étrange de Spencer n'amènerait rien de bon. Son instinct lui hurlait d'agir. Mais il n'arrivait pas à déterminer ce qu'il pouvait faire au juste pour l'aider.
Reid refusait de lui parler.
Il avait sans doute besoin de conseils, de soutien. Mais Rossi ne savait comment lui apporter tout cela. Il était même incapable de savoir si le jeune homme se tuait à petits feux en s'injectant des horreurs ou non.
Un frisson parcourut de nouveau l'agent à cette idée inconcevable. Il but une autre gorgée du liquide noir et infect qu'il avait sous la main.
-Je sais que ce n'est pas le moment. Mais son comportement m'inquiète énormément. Nous devons être très vigilants… Peut-être devrions-nous l'écarter de l'enquête ? proposa Rossi avec une pointe d'hésitation dans la voix.
-Je n'ai pas le temps ! Surveille-le. Empêche-le de dérailler, alors ! Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un agent. Nous sommes déjà en sous-effectif et son aide est précieuse ! éclata soudainement Hotchner.
Rossi eut un mouvement de recul et observa son ami qui avait planté son regard dans le sien. Ils restèrent un moment ainsi, à se dévisager. Puis Hotch détourna les yeux et s'excusa :
-Désolé. Je ne voulais pas m'emporter… Mais cette histoire me rend fou. J'ai l'impression que l'unsub essaie de nous piéger. Et je ne comprends toujours pas pourquoi, ni comment…
Avant que Rossi n'ait eu le temps de répondre, la porte s'ouvrit sur Morgan, JJ et Reid. Malgré leur heure de repos, tous semblaient toujours plutôt mal en point. David lança un regard à Hotch qui affichait de nouveau un visage aussi lisse que du marbre.
Comme si son emportement n'avait jamais éclaté dans cette pièce. Comme si la fatigue n'avait soudainement plus aucune emprise sur lui.
Le chef de l'équipe montrait rarement ses sentiments et masquait aisément toute forme d'émotion. Il semblait calme, ferme et prêt. Comme d'habitude. Rossi nota qu'il était rasé de près et que son costume ne portait pas le moindre pli. Il s'était visiblement changé durant la nuit pour conserver une apparence aussi impeccable.
Du coin de l'œil, Rossi vit Morgan se pencher pour prendre une tasse de café :
-Je ne ferais pas ça, si j'étais toi, lui dit-il avec un léger sourire.
Derek s'éloigna aussitôt de la cafetière, comme si elle était porteuse de la peste, avec une moue déçue. Le téléphone posé sur la table en bois sonna et, d'un geste machinal, Hotch se pencha pour décrocher et mettre son interlocuteur sur haut-parleur :
-Cocorico, mes amis ! Voici le chant du coq qui vous réveille à… 7h du matin, selon ma montre. Si bien entendu vous avez dormi. Moi, personnellement, je n'ai pas pu. Je tremble comme une brosse à dent électrique car j'ai bu trop de café. C'est horrible, j'ai presque envie de vom…
-Viens-en aux faits, Garcia, la coupa sèchement Hotch.
-Oh… Oui. Juste. Les faits. Pardon, monsieur. Je m'emporte. Le café, vous comprenez ? Enfin. Je n'ai rien tiré des photos que vous avez prises dans le parc... Que des journalistes et des gens normaux. Enfin, si on peut qualifier de "normaux" des gens qui se massent pour essayer de voir le corps d'un enfant de neuf ans, commença-t-elle avec une pointe d'exaspération dans la voix.
-Sinon, j'ai cherché tous les propriétaires de camionnette bleu marine de la région. Ça fait un paquet de noms, finit-elle en soupirant.
-Un paquet ? C'est-à-dire, sunshine ? demanda Morgan.
-Il y a quatre entreprises qui utilisent des véhicules correspondant aux descriptions des témoins et une vingtaine de propriétaires privés. Ça nous fait donc deux-cents-trente-deux camionnettes bleu marine en circulation, répondit-elle avec empressement.
-Réduis à la zone de confort. Croise les résultats avec les enquêtes sur lesquelles nous avons travaillé et avec les différents points du profil que nous t'avons envoyés. Tente de te focaliser sur les cinq dernières années, proposa Reid.
-C'est comme si c'était fait. Enfin. Ce sera fait dans une heure ou deux, je veux dire. Ça va me prendre un peu de temps. Mais c'était une façon de parler, bafouilla l'informaticienne.
-Bon travail Garcia, la salua JJ avec un léger sourire amusé.
-Oui, merci. Je vais boire un autre thermo de café, soupira Garcia avant de raccrocher.
La porte de leur salle s'ouvrit sur Spitser. Si l'homme leur avait déjà paru épuisé à leur arrivée, désormais, il avait un aspect sinistre et un teint cireux. Il portait toujours la même chemise chiffonnée. Des auréoles de transpiration formaient de grands cercles sous ses bras. Son visage luisait et ses traits étaient tirés. Une barbe de quelques jours hérissait son menton.
-Les gars vous attendent pour le profil, annonça-t-il fébrilement.
D'un accord tacite, tous sortirent de la pièce et suivirent le chef de police jusque dans le vaste hall. L'agitation avait cessé. De nombreux policiers se tenaient debout et attendaient les profileurs. La plupart des agents avaient un carnet en main, prêts à noter les informations susceptibles de les aider dans cette affaire.
L'équipe se posta devant eux, selon un ordre précis et établi depuis des années. Le rouage bien huilé du profil se mettait en place, sans le moindre encombre. Chaque agent savait parfaitement son rôle et quand prendre la parole. Même s'ils n'avaient pas préparé cette conférence, ils connaissaient parfaitement le déroulement de ce profil. Ils étaient une équipe, une famille et agissaient de concert.
-Bonjour à tous. Merci de votre présence. Nous allons vous présenter le profil de l'homme que nous recherchons, commença Hotch en jetant un regard froid sur l'assemblée silencieuse.
-Il s'agit vraisemblablement d'un homme âgé de trente-cinq à quarante-cinq ans. Vu le temps qu'il a consacré à suivre ses victimes, nous pensons qu'il possède un travail à mi-temps, continua JJ en croisant les bras.
-Ce travail lui permet sans doute de voyager seul, avec un véhicule utilitaire. Les parents des victimes ont tous vu une camionnette bleue garée dans leur rue. L'une de nos collègues a dressé une liste des entreprises et des employés susceptibles d'avoir eu accès à ce genre de véhicules, poursuivit Morgan.
-L'homme que nous recherchons est sans doute assez effacé et distant avec ses collègues de travail. Son comportement nous prouve qu'il est assez narcissique et mû par la colère. Il a le sentiment de ne pas être reconnu et pense être investi d'une sorte de mission. Les enfants n'étaient qu'un moyen de nous atteindre et de nous attirer à lui pour accomplir cette mission. Il souhaite sans doute un auditoire pour son grand final, expliqua Rossi en observant de manière franche ses interlocuteurs.
Une main se leva aussitôt. Rossi fit un signe de tête à l'agent qui affichait une mine perplexe :
-Son grand final ? demanda aussitôt le policier, visiblement perdu.
-Nous croyons que l'unsub nous a attirés ici pour une bonne raison. Cependant, nous sommes incapables de déterminer quel sera son plan. Nous conseillons juste aux parents d'être extrêmement vigilants et ne pas laisser leurs enfants sans surveillance, répondit Hotch.
-Nous pensons également que le tueur a perdu un fils. Le fait que toutes les victimes aient neuf ans nous porte à croire que son fils devait avoir cet âge au moment de son décès. Il est également possible que cet homme ait déjà été mêlé à l'une de nos anciennes enquêtes vu qu'il s'adresse personnellement à nous, exposa calmement Reid.
Rossi observa le jeune homme un instant. Il semblait sûr de lui et parfaitement maître de ses actes. Peut-être s'était-il fait des idées ? Peut-être Reid devait-il simplement se remettre dans le bain ? David se racla la gorge et reporta son attention sur l'assemblée.
-Cet homme n'est pas un prédateur sexuel. Il choisit ses victimes afin de faire connaître aux parents la douleur qu'il a lui-même connue. Il ne s'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas achevé son plan. Nous devons par conséquent agir rapidement et de manière efficace afin de l'arrêter au plus vite. Merci pour votre attention, conclut Rossi.
Aussitôt, les agents sortirent de leur immobilisme et un murmure emplit le hall qui, pendant un instant, semblait s'être figé. Tous s'éparpillèrent et reprirent leur va-et-vient incessant. Rossi jeta un coup d'œil à ses collègues épuisés. Il posa sa main sur l'épaule d'Hotch qui réajustait sa cravate pourtant impeccablement en place.
Le chef de l'équipe allait également devoir s'adresser à la presse qui s'était amassée devant le poste de police. Les journalistes étaient semblables à des vautours. Ils se nourrissaient de l'horrible et du sensationnel pour effrayer leurs concitoyens et attiser les pires instincts. Rossi haïssait ce voyeurisme malsain, cette recherche du détail morbide et pervers.
Mais les gens devaient savoir.
Une fois de plus, ils allaient jeter l'inquiétude sur de nombreux foyers. Une menace mortelle et tapie dans l'ombre planait au-dessus des familles de cette petite ville tranquille. Il fallait impérativement pousser les parents de Dale City à faire preuve de vigilance.
Le téléphone portable d'Hotch se mit soudainement à sonner. Ce dernier jeta un regard à l'écran, fronça légèrement les sourcils et fit un signe de la tête à ses collègues pour s'excuser.
Il s'éloigna d'un pas rapide. Rossi l'entendit vaguement prononcer le surnom de sa compagne, Beth.
Il reporta aussitôt son attention sur ses collègues. JJ semblait un peu nerveuse. Elle se balançait légèrement sur ses pieds, les bras croisés, le visage fermé. Rossi comprenait parfaitement ce qu'elle ressentait.
De la colère et l'envie d'en finir avec ce tueur.
Le fait qu'il se soit introduit dans leurs vies privées et ait ressorti leurs douloureux secrets, était déroutant et pénible. Rossi avait cette désagréable impression d'avoir été dépouillé de toute intimité. Un bruit sourd le sortit brusquement de ses pensées. Un cri grave et déchirant fusa dans le hall.
Il se retourna vivement et aperçut Hotch, à genoux, au sol, à moitié recroquevillé. Malgré lui, ses jambes se mirent à courir vers son ami. Il entendit vaguement Morgan crier le nom du chef de l'équipe. Son cœur se mit à battre atrocement dans tout son crâne, résonnant étrangement à ses oreilles. Son estomac s'était noué et ses mâchoires s'étaient contractées.
Les quelques enjambées qu'il fit pour arriver près d'Hotch lui parurent durer une éternité. Il posa aussitôt sa main sur l'épaule de son collègue et se pencha vers lui. Il écouta sa respiration irrégulière et difficile. Une partie de lui craignait de comprendre la situation. Mais ça ne pouvait pas être ça. Il redoutait les mots qui allaient sortir de la bouche de son ami.
Le hall était désormais silencieux, seulement perturbé par quelques sonneries de téléphone. Les policiers s'étaient approchés et formaient un cercle autour de l'homme en costume qui tremblait violemment sur le sol.
Hotch leva des yeux écarquillés et humides vers David. Une grimace douloureuse tordait son visage. Une veine tressautait de manière erratique au niveau de sa tempe. Il entrouvrit la bouche, plus pour tenter d'aspirer un peu d'air que pour parler, puis gémit. Ses lèvres frémissaient et articulaient des mots inaudibles. Rossi raffermit sa prise sur l'épaule de son ami et l'encouragea d'un signe de tête à parler, tout en déglutissant avec difficulté. Hotch ferma les yeux, sembla se concentrer un instant et articula laborieusement :
-Jack… Une camionnette bleu marine… Tout recommence… Jack…
Il poussa un gémissement terrible, entre la douleur et la rage et repoussa la main de Rossi. Il resta sur le sol, haletant et brisé, sous le regard médusé de son équipe et des agents de police.
Le grand final venait de commencer.
A suivre…
Merci d'avoir lu ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me laisser un commentaire pour me donner votre avis. Si vous avez des questions, j'y répondrai par MP ou sur mon profil.
Une fois de plus, je m'excuse s'il reste quelques fautes dans mon texte.
Enfin, je remercie encore tous les gens qui ont laissé un commentaire ou qui ont mis cette fanfiction dans leurs favoris/follows.
