Bonjour à tous. Je m'excuse pour ce chapitre qui arrive un peu tard. Au début de cette fanfiction, j'étais bien plus active et écrivais de manière plus régulière. J'avoue manquer un peu de motivation en ce moment.

Merci à vous de suivre cette fanfiction. Et, surtout, merci à ceux qui prennent la peine de me laisser des retours. C'est grâce à vos commentaires encourageants que je continue cette histoire. :)

Bonne lecture.


Septième chapitre

Les traits commençaient à trembler sous ses yeux. Les routes se troublaient et devenaient d'épais tracés flous. Une gêne étrange s'emparait de tout son corps. Un désagréable picotement s'étendait lentement dans ses muscles et ses articulations. La bête rampante tendait de nouveau ses bras décharnés pour prendre son dû.

Reid se raidit légèrement et posa le marqueur qu'il tenait entre les doigts à côté du tableau. Il battit à plusieurs reprises ses paupières en fixant la carte sur laquelle il venait de travailler. Un énorme cercle rouge délimitait une large zone. Était-ce lui qui venait de le tracer ? Il était incapable de le savoir. Il ne s'en souvenait plus. Pourtant, il correspondait aux résultats de ses calculs. Du moins, il le pensait. Il observa pensivement le trait précis, presque chirurgical. Il avait l'impression d'être face à un énorme œil ensanglanté qui le fixait et fouillait son crâne encombré.

Il se sentait transpercé, exposé et observé. Tout son corps le trahissait. Ses mains tremblaient, ses yeux devenaient fous, sa peau fourmillaient. Il avait du mal à réfléchir correctement, à poser son esprit vif sur les problèmes actuels de l'enquête. Tout s'enchaînait tellement vite. Le monde était trop rapide. Il ne pouvait le saisir, ni monter dans le train. Il se sentait paralysé, coincé et déjà au sol. Il ne pouvait se battre…

L'ennemi était en lui et ne cessait de croître.

Le manque ne cessait de revenir, toujours plus fort, toujours plus imposant. Comme hypnotisé, il regardait distraitement l'œil rouge qui le jaugeait, impassible et accusateur. Il se sentait fragile et complètement dépassé. Jack, le fils d'Hotch, venait d'être enlevé. Cependant, la violence des événements n'arrivait pas à le tirer de la torpeur qui ankylosait son cerveau. Il avait l'impression de s'éloigner de tout, de vivre dans un monde différent.

Un monde où un stupide flacon était le maître absolu.

Il ne voulait pas rester les bras ballants. Il voulait se réveiller, ressentir de l'angoisse pour l'enfant qu'il appréciait, ressentir quelque-chose. Quelque-chose d'autre que cette douleur insidieuse qui lui coupait le souffle et lui sciait les jambes. Avec effroi, il se rendait compte que seul son précieux liquide translucide arrivait à capter son esprit.

En frissonnant, il estima qu'il avait pris cinq minutes de plus que d'habitude pour établir ce profil géographique. Et il ne se souvenait même pas d'avoir tracé le cercle. Il avala difficilement sa salive et détacha ses yeux cernés de l'œil rouge.

Il lui fallait une dose. Il devait se réveiller et être plus efficace.

Il ne restait plus grand-chose des maigres réserves qu'il avait achetées. Il allait bientôt être à court de ce carburant indispensable. Il lança un regard inquiet à ses collègues. Hotch était penché sur un tas de feuilles, la tête entre les mains. Reid nota machinalement la tristesse et l'inquiétude qu'accusaient ses traits tirés. Pourtant, il était incapable de sentir la moindre empathie pour l'homme qui se trouvait dans la même pièce que lui. Il avait l'impression d'observer un étranger. Bien sûr, il concevait que l'enlèvement de Jack était une tragédie, mais il était incapable de partager la détresse générale.

Rien ne semblait réel. Tout était secondaire. Il devait sortir de ce cauchemar et faire taire ses besoins.

Il observa ensuite Morgan et JJ qui enfilaient leurs vestes, prêts à partir pour l'appartement qu'Hotch et Beth partageaient. Ils venaient de discuter avec Rossi des différents points à évoquer lors de la conférence de presse. Maintenant, ils se dépêchaient de prendre leurs affaires pour interroger la compagne de leur patron. Une idée fusa aussitôt dans l'esprit du génie.

-J'ai terminé de délimiter la zone de confort de notre homme. Puis-je accompagner JJ et Morgan ? demanda-t-il avec empressement.

Des yeux étrangement vifs au milieu d'un visage dévasté et morne se posèrent sur lui et l'observèrent un instant.

-Pourquoi souhaites-tu les accompagner ? s'enquit Hotch d'une voix impassible.

Reid eut l'impression désagréable d'être mis à nu par ce regard sombre. Son patron voyait-il le manque ? Voyait-il cette affreuse créature qui s'étirait dans chacune de ses cellules ? Le jeune homme baissa les yeux et porta nerveusement sa main à son bandage, mal à l'aise. Une bouffée d'angoisse monta en lui et bloqua sa respiration. Il sentait le regard de son patron peser lourdement sur ses épaules fragiles. Il le fouillait, le découvrait et le jugeait. Que répondre ? Il n'avait effectivement aucune raison valable d'accompagner les deux autres. Il entrouvrit la bouche pour prendre un peu d'air et gratta nerveusement le bandage qui couvrait sa blessure. Le contact rugueux du large pansement sous ses doigts lui donna aussitôt une idée.

-J'ai oublié mes anti-inflammatoires chez moi et je n'ai plus de pansement. J'aimerais rapidement passer chez moi, répondit-il soudainement, sans le moindre tremblement.

Spencer se raidit un peu en s'entendant parler. Il reconnaissait à peine sa propre voix et son intonation. Etait-ce vraiment lui qui venait de prononcer ces mots ? Il releva des yeux timides vers son patron. Celui-ci ne le regardait déjà plus, trop préoccupé par les documents qu'il avait sous les yeux.

-D'accord. Mais ne perds pas trop de temps. J'enverrai ton profil géographique à Garcia, soupira Hotch.

Reid resta un moment figé, surpris que ce mensonge soit passé aussi facilement. La voix de Morgan le sortit alors de ses pensées :

-Dépêche-toi de prendre tes affaires. Nous avons perdu assez de temps.

Le jeune homme acquiesça vivement et se dirigea vers une chaise sur laquelle se trouvait son habituel sac à bandoulière. Il l'enfila rapidement par-dessus son veston. Malgré lui, il posa sa main sur le flacon placé dans la poche avant du sac et eut un frisson de plaisir à ce contact.

« Bientôt la délivrance », songea-t-il presque malgré lui.

Cette pensée le réconfortait et l'électrisait. Sans plus tarder, il fit le tour de la table et rejoignit ses collègues. Il nota avec une grande satisfaction que personne ne faisait attention à lui. JJ et Morgan semblaient préoccupés et taiseux. Ils quittèrent la salle de réunion sans se retourner, traversant à la hâte les couloirs. Il les suivit mécaniquement, sans dire un mot.

Ils lui foutraient tous la paix.

Leurs actuelles inquiétudes lui laissaient le champ libre. Il devait rapidement retrouver l'homme avec lequel il avait scellé un pacte démoniaque. Il lui achèterait quelques flacons, quelques heures de délivrance. Un vague sourire élargit ses lèvres avant de s'effacer. Tout irait forcément mieux lorsqu'il aurait plus de réserves pour tenir l'enquête.

Il n'avait besoin que d'une dose pour reprendre le contrôle.


Elle observa distraitement le jeune homme sortir du SUV. Elle ne s'étonna pas de son empressement, ni de la crispation qui tirait son visage. Le pauvre était l'un des plus sensibles de l'équipe. Cette enquête les rongeait tous. Dans le rétroviseur, elle vit la silhouette filiforme s'éloigner et se fondre dans les quelques passants avant de s'engouffrer dans un immeuble.

Le véhicule redémarra. JJ porta de nouveau son attention sur la route. Elle n'arrivait pas à réaliser ce qui venait de se passer. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que cette histoire aurait pu arriver à son fils. Heureusement, Henry était en sécurité. Il jouait sans doute avec ses petites voitures dans le salon, sous l'œil attentif de Will. Son estomac noué semblait se détendre à cette pensée rassurante.

Sa famille était sauve.

Elle se mordit la lèvre, se sentant coupable et égoïste de penser de la sorte. Elle devait se concentrer sur l'enquête actuelle, arrêter de penser à son propre fils et porter toute son attention sur Jack. Le petit garçon était séquestré quelque part, livré à lui-même. Ils étaient incapables de savoir combien de temps l'unsub le garderait en vie, ni ce qu'il avait planifié.

Elle savait au fond d'elle que leur homme menait une sorte d'expédition punitive. Aucun membre de l'équipe n'était à l'abri… Et l'enlèvement de Jack n'était sans doute que le début d'un plan plus vaste. Henry ne serait jamais véritablement en sécurité tant que l'unsub serait en liberté.

Elle soupira, se rendant compte qu'elle en revenait de nouveau à son fils. Son instinct de mère l'empêchait de se concentrer correctement. Pourtant, Jack avait besoin de toute leur attention. L'arrêt du SUV la tira de ses pensées. Elle lança un regard à l'extérieur et aperçut de nombreuses voitures de police et de presse agglutinées autour d'un bâtiment qu'elle connaissait bien. Le quartier paisible dans lequel vivait leur patron s'était transformé en un véritable capharnaüm. Des badauds, des journalistes et des policiers s'amassaient sur le trottoir en jacassant bruyamment. Déjà, quelques journalistes avaient remarqué leur arrivée et accouraient vers leur véhicule.

JJ lança un regard contrit à Morgan, puis prit une grande inspiration avant d'ouvrir la portière et de sortir. Un micro fut aussitôt placé devant sa bouche par une femme d'une quarantaine d'années. Elle affichait des traits figés et une expression lisse, digne d'une poupée de cire.

-Vous êtes des agents du FBI ? Êtes-vous proches de l'agent Hotchner ? Est-il toujours en charge du dossier ? les harcela-t-elle d'une voix stridente, alors que son caméraman braquait son objectif sur JJ.

-Nous n'avons aucune déclaration à faire. Une conférence de presse va avoir lieu au poste de police de Dale City, répondit sobrement Jennifer.

En grimaçant, elle joua des bras et des coudes pour écarter les journalistes qui s'attroupaient de plus en plus autour d'elle. Elle pouvait à peine comprendre les questions qui fusaient de toute part. Des micros se tendaient désormais par dizaine et s'entrechoquaient sous son nez.

« Combien de temps a-t-il devant lui ? »

« Avez-vous des suspects ? »

« Où se trouve le père ? »

Tant de questions et tant de voix. Jennifer déglutit difficilement et tenta de se frayer un passage en silence. Elle se glissa entre les corps qui se pressaient contre le sien et la bousculaient. La marée humaine s'agglutinait autour d'elle et s'accrochait à ses vêtements comme du pétrole. Elle lança un regard suppliant à Morgan qui s'était dégagé sans encombre de ce tourbier humain et qui se trouvait déjà derrière le cordon de sécurité. Il lui lança un sourire poli et repoussa les derniers journalistes qui lui bloquaient le passage. La jeune femme sortit avec soulagement de cet amas bruyant et oppressant. D'un geste de la main, elle ajusta sa veste froissée par les mains qui avaient tenté de l'arrêter.

-Tu aurais dû faire du rugby à l'université, lui fit Morgan en lui lançant un regard amusé.

-Je regrette amèrement d'avoir choisi le volley, répondit JJ en soupirant.

Son ami acquiesça et reprit aussitôt un air sérieux et sombre. Sans dire un mot, ils poussèrent les portes de l'immeuble. Le bâtiment était un peu ancien, mais bien entretenu. La peinture des murs semblait fraîche et le sol était impeccable. De nombreux policiers parsemaient le hall d'entrée, interrogeant les habitants de l'immeuble. JJ observa un instant les gens interrogés, cherchant des traits familiers. Des hommes et des femmes discutaient à voix basses avec les agents. Certains étaient habillés pour partir au travail, d'autres n'avaient enfilé qu'un peignoir. Une ambiance fébrile régnait dans le hall.

-Elle n'est pas là, murmura Morgan.

-Montons directement à l'appartement, proposa JJ.

Tous deux se dirigèrent aussitôt vers l'ascenseur. Ils connaissaient le chemin. Ils étaient déjà tous deux venus ici en d'autres occasions. Jamais la lumière qui inondait la cage d'ascenseur ne leur avait semblé aussi sale et lugubre. La dernière fois qu'ils étaient passés par ces lieux, une atmosphère détendue et bonne enfant flottait dans l'air. Ils s'étaient rendus chez leur patron pour un repas entre collègues. La soirée avait été excellente. Garcia avait renversé du vin sur la chemise de Reid. Morgan avait alors taquiné le génie, l'accusant d'avoir lui-même fait la tache. Le pauvre garçon avait passé toute la soirée à essayer de se défendre en bafouillant. Rossi leur avait ensuite raconté quelques anecdotes hilarantes. Hotch l'avait écouté avec attention, même s'il avait sans doute déjà entendu ces vieilles histoires une bonne centaine de fois, et était resté aux côtés de Beth, souriant comme jamais. JJ, quant à elle, avait passé la soirée à discuter de tout et de rien avec Blake.

La gorge de la jeune femme se serra violemment. Elle sentit des larmes picoter dans ses yeux, mais ravala aussitôt sa tristesse. Le souvenir d'Alex à leurs côtés l'attristait. Elle avait tellement envie de parler à quelqu'un de ses inquiétudes et de son ressenti par rapport à cette enquête. Depuis que le dossier sur sa fausse couche avait été révélé à toute l'équipe, elle se sentait vulnérable et exposée. Le danger qui planait sur l'équipe et sur son fils ne faisait qu'empirer son malaise. Elle avait besoin d'une amie sur qui se reposer… Mais Alex et Emily étaient tellement loin.

L'ouverture des portes de l'ascenseur la tira de ses pensées. Elle prit une profonde inspiration et afficha un visage fermé. Elle ne devait pas laisser ses sentiments transparaître. Ce n'était ni le moment, ni l'endroit. Dans un silence absolu, ils s'avancèrent dans le couloir. Une porte était grand-ouverte. Des voix indistinctes résonnaient comme un souffle dans l'air figé de l'étage. Machinalement, ils se dirigèrent vers la porte et entrèrent sans dire un mot. Beth était assise dans le canapé du salon, la tête entre les mains, entourée de deux agents de police.

Le cœur de Jennifer rata un battement et son estomac se retourna violemment. Elle sentit des larmes affluer de nouveau dans ses yeux.

« Ça pourrait être moi », pensa-t-elle avec horreur.

Prise d'un élan de compassion, elle s'avança et posa une main sur l'épaule tremblante de Beth. La compagne d'Hotch leva aussitôt des yeux rouges et embués de larmes vers elle. Elle la dévisagea un instant, ne semblant pas la reconnaître, puis baissa la tête.

-Oh… Jennifer… , articula-t-elle dans un souffle avant d'éclater en sanglots.

Sa respiration était hachée, comme noyée par les larmes qui glissaient sur ses joues. JJ raffermit sa prise, en silence, ne sachant que dire pour soulager la douleur de Beth.

-Pouvez-vous nous laisser ? demanda simplement Morgan à l'égard des deux agents.

Les deux hommes opinèrent et se levèrent pour sortir de l'appartement. JJ frissonna un peu. Il faisait glacial dans l'appartement. Tellement vide, aussi.

-Je peux ? murmura-t-elle doucement en désignant la place à côté de Beth.

La femme acquiesça en silence, le corps secoué de tremblements incontrôlables. Elle plaquait ses mains contre sa bouche, comme si elle cherchait à retenir le souffle qui lui manquait. Morgan s'assit de l'autre côté et lui lança un regard compatissant et attristé.

-Je suis vraiment désolé. Pourrais-tu nous raconter les événements de ce matin ? s'enquit-il calmement.

Beth lui lança un regard à moitié terrifié, semblant seulement noter maintenant sa présence. Elle secoua un peu la tête, pour reprendre ses esprits, puis, elle s'exécuta d'une voix rauque.

-J'allais… J'allais conduire Jack pour l'école… Nous allions prendre un petit-déjeuner ensemble… Comme toujours, j'ai laissé Jack aller vers la voiture pendant que je ramassais le courrier… Je… Je n'aurais jamais dû, gémit-elle en fermant les yeux.

Elle respira profondément, à plusieurs reprises, cherchant ses mots.

-Aaron… Aaron va me tuer ! éclata-t-elle en se mordant les doigts pour ne pas pleurer de nouveau.

-Ce n'est pas de ta faute. Cet homme ne t'a laissé aucune chance, la rassura JJ.

-Aaron m'en veut… Sinon, il serait là… Je le sais, affirma-t-elle d'une voix tremblante, les yeux dans le vague.

Jennifer se mordit la lèvre, ne sachant que répondre. Elle baissa un instant les yeux, puis attrapa la main de Beth pour la soutenir.

-Parle-nous de la camionnette que tu as vue, continua-t-elle doucement.

-Elle était bleu foncé. Elle a démarré en trombe. Je n'ai rien pu faire, soupira-t-elle.

Ses paroles étaient mécaniques, sans émotion. Elle avait déjà raconté ces détails une dizaine de fois aux agents de police qui l'avaient interrogée.

-Te souviens-tu si elle portait une plaque d'immatriculation ? L'avais-tu déjà vue auparavant ? demanda Morgan.

-Tout est allé si vite ! Comment pourrais-je me souvenir de tout cela ? gémit-elle en secouant la tête.

-Ferme les yeux et concentre-toi, lui intima JJ tout en pressant les doigts glacés de Beth.

La compagne de leur patron s'exécuta avec résignation. Jennifer la sentait trembler contre elle.

-Maintenant, respire profondément. Et décris-nous ce que tu vois et sens lorsque tu penses à ce matin, continua la jeune femme.

-Il fait frais. Le vent est froid et assez fort. J'entends Jack courir directement vers la voiture. Je reste devant l'immeuble pour prendre le courrier avant d'aller travailler. J'ai reçu des publicités et des factures, commença-t-elle d'une voix mal assurée.

-Ensuite ? l'encouragea Morgan.

-Une portière. J'entends une portière qui claque. Par réflexe, je me retourne, mais je ne vois pas Jack. Il y a une camionnette. Je cours. Je crie. Elle démarre à toute allure, souffla-t-elle.

-La plaque ? demanda JJ en pressant un peu plus sa main.

-Il n'y en a pas ! gémit Beth.

-As-tu déjà vu cette camionnette ? la pressa aussitôt Morgan.

Un bref silence emplit la pièce, uniquement troublé par la respiration erratique de la compagne d'Hotch.

-Oui… Oui ! Devant l'école. Je l'ai souvent vue devant l'école, s'exclama-t-elle en se redressant un peu, les yeux toujours fermés.

-Ces dernières semaines ? s'enquit JJ.

-Non ! Depuis des mois, murmura Beth.

-Et la plaque ? demanda Morgan.

-Je n'arrive pas à la voir, se lamenta-t-elle.

-As-tu vu le conducteur ? poursuivit Jennifer.

-Non… Non…, gémit-elle.

Elle ouvrit brusquement les yeux et regarda tour à tour les agents, le visage déformé par l'horreur.

-Il nous suivait depuis tout ce temps… Comment n'ai-je pas pu le voir ? s'écria-t-elle.

-Tu ne peux pas t'en vouloir. Personne n'a remarqué cette camionnette. Il faut que tu t'accroches et que tu laisses ta culpabilité de côté. Nous retrouverons rapidement Jack, lui assura JJ.

Elle pressa encore un instant la main de Beth, puis lança un regard équivoque à Morgan.

-Nous allons faire part de ce que tu viens de nous dire aux autres membres de l'équipe, lui expliqua calmement JJ.

La compagne d'Hotch acquiesça lentement et resta immobile, l'air absent. Les deux agents se levèrent et se dirigèrent vers le couloir où attendaient les deux agents de police. Morgan fut le premier à parler :

-Une camionnette qui traîne autour d'une école aurait forcément apporté de la suspicion auprès des parents et des enseignants, commença-t-il.

-Il avait donc une raison valable de se trouver là. Téléphonons à Garcia. Notre unsub est soit un ouvrier qui a travaillé dans l'école, soit un père qui a un enfant scolarisé dans le même établissement que Jack, acquiesça JJ.

En sortant son portable de sa poche, elle songea qu'ils approchaient sans doute du but. Cependant, un mauvais pressentiment ne cessait de la poursuivre. Et si tout cela faisait partie du plan du tueur ? Et s'ils ne faisaient que suivre ses indices pour mieux se jeter dans la gueule du loup ?

Mais avaient-ils d'autre choix ?

A suivre…


Merci à tous ceux qui ont pris la peine de lire ce chapitre. J'espère qu'il vous a plu. Je m'excuse s'il reste encore quelques fautes. J'en loupe toujours, je pense.

N'hésitez pas à me laisser votre avis.