Titre : The Wasting Game

Auteur : Polomonkey

Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY

OOO

Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas.

Avertissements : discussion sur la dépression et le suicide.

Note de l'auteur : Merci pour les reviews et les follows ! J'ai peur que ce chapitre soit un peu triste.

OOO

« Saying no

to the pull of the world.

Straight out, he said it

(burning but not yet

consumed) he said 'weight

is bad. Bad.' On the blanket.

In the desert of his bed."

Il pensait rentrer directement chez lui mais c'était inutile puisque Arthur conduisait, et qu'il ne pouvait pas le rattraper. Pourtant il avait persévéré, et il était arrivé jusqu'à son appartement mais ses pieds avaient continués à marcher, l'emmenant dans le bas de la rue, où se trouvait l'aire de jeux pour enfant.

L'aire de jeu était déserte, parcequ'il était plus de 21h et que tout les enfants étaient au lit. Les balançoires grinçaient légèrement sous la brise, alors il s'était assis sur l'une d'elle, l'air absent.

Merlin avait l'habitude de venir ici quand il était petit garçon. Il avait l'habitude de dessiner avec ses doigts dans le bac à sable. Il avait l'habitude de se cacher dans le grand tunnel bleu qui avait des miroirs à l'intérieur et qui reflétait une image déformée. Il avait l'habitude de faire de la balançoire aussi longtemps que Hunith le poussait, ses jambes frappant l'air, convaincus qu'il allait très haut et qu'il finirait par s'envoler dans l'atmosphère.

Merlin se sentait cloué au sol à présent. Lourdement. Alourdi comme si des chaînes le retenait, plus solide que lui.

Il se sentait triste, et vieux.

Il avait été heureux, au moins une fois, il en était sure. Il se rappelait avoir été un enfant joyeux, il se souvenait de certaines choses comme les fêtes d'anniversaire et les voyages au zoo, de lire des livres à la bibliothèque et de sauter dans des flaques d'eau. Il avait été comme les autres enfants, et puis quelque chose avait changé, et maintenant il ne semblait plus pouvoir être normal. Il ne pouvait plus fonctionner quotidiennement, faire les bonnes choses, ou prendre les bonnes décisions.

Quelque part dans sa traversée, il avait cessé de croire qu'il pourrait aller mieux. Il avait cessé de croire qu'il pourrait à nouveau être heureux, qu'il pourrait aller à l'université et puis travailler, et vivre une relation normal et vieillir avec quelqu'un à ses côtés. Il ne pouvait plus y penser car quelque chose le rendait malade de cœur, et donc il ne pouvait pas aller mieux.

Et maintenant ça, avec Arthur.

Arthur lui avait dit avoir peur pour lui mais ce n'était pas vrai. Arthur voulait se débarrasser de lui. Il avait été exposé à la vérité, en voyant la plus profonde faille de Merlin, et il ne l'avait pas supporté. Alors il l'avait vendu à Hunith, et mis le bordel.

Merlin ne pouvait pas lui en vouloir. C'était la différence entre l'amour et l'amitié, jusqu'à la fin de ce jour. Les amis sont les gens avec qui on rigole, avec qui on échange des blagues et des histoires, avec qui on fait du sport, avec qui on boit du café. Alors que les gens que vous aimez…ce sont les personnes avec qui on peut se montrer tel qu'on est et qui restent à vos côtés. Ce sont ces personnes qui se soucient assez de vous pour rassembler vos morceaux brisés, et qui s'assurent que vous n'allez plus voler en éclats. Ce sont ceux qui vous soutiennent contre vents et marées.

Vous ne pouvez pas attendre ça de vos amis. Arthur avait essayé de l'aider, il avait fait de son mieux, mais il n'aimait pas Merlin. Il avait peur de la part sombre que Merlin avait révélé, et sans amour pour les lier ensemble, il avait fuit.

Merlin avait été fâché, mais il sentait que sa colère était loin à présent. Il allait laisser Arthur s'en aller, le libérer du fardeau d'essayer de l'aider. Il allait appliquer la menace prononcée sous la colère et ne plus parler à Arthur – pas par haine mais par compassion. Il allait totalement décharger Arthur de son devoir de l'aider, le laisser s'en aller pour qu'il soit libéré de lui pour de bon.

Merlin savait que ce serait douloureux mais qu'avait-il comme autre choix ? Il aimait suffisamment Arthur pour faire ça. Il n'arrivait pas à se souvenir de la dernière fois où il s'était senti bien dans sa peau, à l'aise dans son corps. Plus que jamais, il ressentait l'envie de disparaître, de s'évaporer dans l'air jusqu'à ne plus rien laisser. Il ne voulait plus être ici. C'était trop difficile et il était si fatigué.

Ils ne parlaient pas du suicide à la maison. La meilleure amie de Hunith s'était pendue quand Merlin avait 7 ans, après avoir perdu son bébé d'une mort subite. Il était trop jeune pour comprendre ce qu'il s'était passé, et à ce moment là il se demandait juste pourquoi le visage de sa mère était blême, et pourquoi il entendait des pleures constant la nuit. Elle lui avait expliqué que Marnie, la gentille dame qui avait l'habitude de lui rapporter des petites voitures, était morte subitement et que c'était un gros choc pour maman. Il savait ce qu'était la mort, en quelque sorte, mais il avait toujours la vague idée que Marnie reviendrais bientôt. C'est seulement quand il avait demandé à sa mère quand elle reviendrait que Hunith avait fermement frappé sa main sur la table et qu'elle avait hurlé « Pour l'amour du ciel, Merlin, » qu'il avait compris que c'était vraiment mauvais. Puis Hunith avait pleuré et les deux semaines suivantes, il était resté avec son oncle Gaius. Quand il était retourné, Hunith ne pleurait plus, même si son visage était encore tiré et fatigué, elle était à nouveau comme elle était avant.

Encore maintenant, le suicide était rarement mentionné. Il n'était pas interdit d'en parler, Hunith avait toujours encouragé Merlin à lui parler de tout. Il savait que si il voulait en parler, elle lui dirait tout ce qu'il voudrait savoir. Mais il ne le faisait pas, parceque ça lui faisait trop de mal et qu'il ne voulait plus jamais la voir comme à cette époque. Quand il avait lu Mrs Dalloway à l'école, il ne lui avait pas dit et il avait même caché Madame Bovary derrière un autre livre. C'était stupide, il le savait, mais il ne voulait plus que sa mère soit mal.

Alors comment pourrait-il s'asseoir en face d'elle et lui dire : « Maman, parfois je me sens comme si… »

Je veux disparaître.

Je ne veux plus exister.

Je veux m'en aller pour toujours.

Je veux mourir.

Alors il avait enfoncé toutes ses pensées profondément en lui et il ne les exprimait jamais, car même y penser était un danger. Il avait peur du jour où il finirait par les accepter . Il prétendait que ce n'était pas une option, parcequ'il aimait sa mère plus que tout autre chose au monde, et qu'il ne pouvait pas lui faire revivre ça.

Mais aujourd'hui. Aujourd'hui c'était différent. Il n'avait pas l'énergie pour chasser ses idées noires, et prétendre qu'elles n'existaient pas.

Aujourd'hui, il voulait mourir.

Pas simplement parcequ'il ne pouvait plus manger. Pas simplement parcequ'il aimait quelqu'un qui ne l'aimait pas. Pas simplement parcequ'il était triste et désespéré chaque jour. Pas simplement parcequ'il se sentait seul.

C'est parcequ'il avait perdu tout espoir que les choses changent. Il avait l'impression qu'il serait à jamais comme ça. Il pouvait supporter ses émotions mais il ne pouvait pas supporter le fait qu'elles ne disparaîtraient jamais. Il ne voulait pas d'un avenir avec toutes ces choses en tête, ses angoisses, ses tourments. Il ne voulait plus jamais être seul car il ne le supportait pas.

Il pleurait à présent, des larmes coulaient sur ses joues alors qu'il se balançait sur la balançoire.

Il avait peur de mourir mais il avait plus peur du reste, que ces sentiments soient là pour toujours.

Son téléphone sonna dans la poche et il sursauta, perdant presque son balancement. Puis il le sortit, et il vit un message de Gwen.

'Ça va ? Tu es parti et nous sommes tous inquiet. Es tu avec Arthur ? Appelle moi quand tu peux XXX'

Il pouvait presque la voir en train de choisir ses mots, le visage froncé par l'anxiété alors qu'elle finissait en tapant les bisous. Il était submergé par la vague d'amour qu'il avait pour elle, à tel point qu'il en était choqué, alors les larmes tombèrent devenant plus rapide. Il voulait l'appeler et tout lui expliquer, lui demander de l'aide et la supplier de ne pas le laisser disparaître comme ça.

Ses amis. Chacun d'entre eux. Qu'allaient-ils dire si il mourrait ? Est-ce qu'ils se sentiraient abandonnés comme Hunith après la mort de Marnie, en pleurs et affligés ? Il eut un flash de Freya en larmes, son visage pâle et crispé par le chagrin, puis il s'était senti malade de culpabilité.

(Pourtant si ils sont véritablement tes amis, ils ne voudraient pas que tu te sentes comme ça. Ils comprendraient ce que tu veux faire.)

Merlin avait secoué la tête. Il était confus, il faisait froid dehors, et il était épuisé. Il avait besoin de rentrer chez lui.

Il n'avait pas besoin de réfléchir maintenant.

Il avait lentement remonté la rue pour se diriger vers son appartement dans un cliquetis de clés, puis il était tombé sur Arthur et sa mère par surprise.

Ils semblaient choqué en se retournant vers lui en même, alors que le regard de Merlin n'était que sur sa mère. Elle était en train de pleurer alors il sentit son cœur sombrer. Tout ce temps dans le parc, il n'avait pas réfléchi à ce qu'il allait lui dire.

« Assieds toi, mon amour, » Avait dit Hunith gentiment, alors il avait avancé automatiquement avant de se souvenir de ce qu'il avait fait, puis il avait durci ses traits.

« Pas avant qu'il s'en aille, » il avait dit de sa voix fluette mais glaciale.

« Merlin ! » avait dit Hunith, choquée, mais il était resté impassible. Il pouvait sentir le regard d'Arthur sur lui mais il savait qu'il était incapable de faire de même, car si il rencontrait les yeux d'Arthur, alors il était certain de faiblir.

Il y avait eu une pause, et puis Arthur s'était levé.

« Ca va Hunith, je vais y aller. Vous avez besoin de discuter. »

Ensuite il s'était dirigé vers la porte, Arthur s'était arrêté près de Merlin. Il était si proche de Merlin qu'il pouvait sentir la chaleur de son corps.

« Je suis désolé, » Arthur avait murmuré et Merlin s'était presque brisé sur place, en partie parceque Arthur avait l'air malheureux.

Mais il aimait trop Arthur pour le laisser tomber maintenant, alors il s'était retourné faisant comme si il n'avait rien entendu, puis Arthur était parti.

« Ne sois pas fâché, mon amour, » Avait tendrement dit Hunith. « Il veut seulement t'aider. »

« Je n'ai pas besoin d'aide, » avait automatiquement dit Merlin, même si il savait que sa mère ne serait pas la personne la plus facile à dissuader.

Et elle ne l'était pas. Ils avaient parlé durant presque 3h, et Merlin avait essayé toutes les entourloupes possibles, mais Hunith ne voulait pas le lâcher. Elle n'avait pas laissé abandonné jusqu'à ce que Merlin lui promette de suivre un nouveau plan diététique qu'elle superviserait, et de voir un conseiller ou un psychiatre.

Merlin avait accepté, au final, usé par la conversation. Intérieurement, il avait un plan. Le boulot de Hunith allait l'empêcher de le surveiller tout le temps. Si il était intelligent, il pourrait trouvé un moyen d'adapter le plan diététique en fonction de ses besoins. Et pour le conseiller, sûrement qu'il pourrait la jouer intelligemment ? Il allait éparpiller des miettes de pain, en parlant un peu de son père, du traumatisme que ça lui avait causé, etc etc… Avec un peu de chance, le psy en viendrait à la conclusion qu'il est parfaitement normal, juste de nature anxieuse à cause des 'pressions de sa vie d'ado'. De toute façon, ça resterait confidentiel, non ? Même si le psy décidait qu'il était cinglé, il ne pourrait pas le dire à Hunith ou à n'importe qui d'autre.

Où est ce que ça le menait, Merlin ne le savait pas vraiment. Il avait repoussé ses idées suicidaires profondément en lui, et il y réfléchirait plus tard. En ce moment, il voulait juste être seul. Si il parvenait à finir les derniers mois de l'école, à avoir des bonnes notes, alors il pourrait partir d'ici. Partir à l'unif, loin d'Arthur et de Hunith, libre de faire ce qu'il voudrait. Même si il ne savait pas encore quoi exactement.

Planifier les choses l'aidait à se focaliser, à se sentir moins déconnecté. Il était éveillé dans son lit, en train de réfléchir à des stratégies et des tactiques, pendant qu'une sorte d'adrénaline du stress lui traversait le corps.

Puis il était finalement tombé de sommeil, mais ses rêves étaient peuplés d'Arthur alors il s'était réveillé en pleurant.