Titre : The Wasting Game

Auteur : Polomonkey

Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY

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Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas

Avertissements : Vulgarité

Note de l'auteur : Ca fait longtemps que je voulais vous remercier pour vos commentaires fabuleux ! Vous êtes tous géniaux ! Ce chapitre en particulier aurait pu être sous-titré « Là où Arthur a finalement une piste ». J'espère que vous allez aimer

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« Ketones : a sour chemical smell on his skin

like a darkroom with blackouts on windows

with shallow trays of fluid silky-still

as a swimming pool after lights-out,

their monochromes hardening. Developed,

they will close the family album."

Il ne s'était pas attendu à ce que Merlin soit présent le lundi à l'école, mais il était là. Arthur l'avait vu se glisser silencieusement dans le fond de la salle de cours de politique, le seul cours qu'ils avaient ensemble. Arthur lui avait gardé un siège mais il n'avait pas été surpris de voir Merlin passer à côté, pour s'installer à un banc vide plus loin dans la classe. Il avait encore mal quoi que, ce fût un léger pincement de douleur – supportable en soi mais porteur d'une lourde promesse similaire à une blessure. Comme une piqûre avant une ponction lombaire, Arthur savait que c'était le début d'une longue série de vent, si Merlin mettait à exécution sa promesse de l'ignorer.

Il avait essayé de tendre le cou pour voir Merlin, pour voir si il allait mieux ou si c'était pire que vendredi, mais monsieur Llewyn avait froncé les sourcils sur lui, alors il avait chassé ses pensées pour se concentrer sur le fédéralisme. Les messages qu'il avait envoyé à Merlin du week-end étaient restés sans réponse, mais Hunith lui avait envoyé un bref message le lundi pour le remercier et lui dire qu'elle allait s'occuper de son fils.

Ce n'était pas assez pour Arthur. Il avait besoin de savoir, alors il avait essayé à la fin du cours, même si il sentait que ça serait inutile.

« Hé. Comment ça va ? »

Merlin avait continué à ranger ses livres dans son sac, en faisant comme si il ne l'avait pas entendu.

« Tu n'as pas répondu à mes texto, » Avait dit Arthur en se fichant bien des derniers élèves qui pouvaient entendre. Il ressemblait à un petit ami pot de colle, il s'en foutait.

Merlin avait hissé son sac sur l'une de ses épaules, et puis il s'était dirigé hors de la classe. Arthur l'avait suivi, prenant le même rythme de marche que lui dans le couloir.

« Tu vas vraiment ne plus me parler ? » Avait demandé Arthur, en ravalant une boule dans sa gorge pendant que Merlin coupait dans la foule. C'était étrangement déconcertant, d'être ignoré, de faire comme si Arthur était invisible et que personne ne pouvait le voir. Surtout d'être ignoré par Merlin. C'était comme si le bras droit d'Arthur était tout à coup tombé.

Merlin avait tout à coup tourné dans une classe, et Arthur l'avait suivi, ne prenant pas attention qu'il n'était pas dans ce cours.

« Je voulais seulement t'aider, » il avait dit, calmement, debout près du banc de Merlin qui déposait son sac.

Merlin avait ouvert son livre de poésies de Guerre et il sillonnait les pages.

« J'ai rompu avec Mithian, » avait dit Arthur parcequ'il voulait surprendre Merlin dans son bavardage. Ca avait presque marché, la main de Merlin avait assurément faibli alors qu'il tournait les pages, et il avait entendu son souffle s'entrecoupé.

Mais alors qu'il se demandait si il allait craquer, une voix arrogante venait de trancher l'air.

« Mr Pendragon, vous êtes vous découvert une passion pour la littérature dans votre vie ? Je vais partir du principe que vous avez décidé de vous inviter tardivement en littérature anglaise afin d'obtenir une bonne note, car il n'y a pas d'autres raisons possibles pour que vous soyez dans ma classe. »

Mrs Loughton était au dessus de lui, les montures métalliques de ses lunettes sur le bout de son nez.

« Je voulais m'asseoir, » Avait fermement répondu Arthur.

« Découverte d'une affinité soudaine pour les poètes de la guerre, c'est ça ? » Avait dit Mrs Loughton, incrédule.

« Oui, » avait répondu Arthur vigoureusement. « Je les adore, je… Je pense qu'ils sont…géniaux. »

« Bien, avec un argument comme celui là, je suis certain que vous allez être un merveilleux atout dans notre petit groupe. Je vous en prie, qui sont vos poètes favoris de la grande guerre, hmm ? »

L'esprit d'Arthur fit un sondage rapide de tous ce qu'il connaissait sur la poésie, et il rencontrait un gigantesque, stupéfiant néant.

Un gars avec un drôle de nom, comme Bassoon ou un truc du genre…ou william quelque chose qui a fait un truc en latin dans…oh n'importe quoi…

Il allait admettre sa défaite quand il avait entendu un faible tapotement derrière lui. Il avait détourné les yeux pour voir que Merlin regardait toujours résolument devant lui, ses doigts en train de taper de manière insistante sur la page de son livre. Une page où était intitulé…

« Ivor Gurney, » Avait répondu Arthur, triomphant. « J'aime 'Strange Hells'. »

Mrs Loughton avait l'air de quelqu'un qui était parti du mauvais pied.

« Oui, bien… Il s'avère que Gurney est aussi mon favori. » Il avait scruté Arthur pendant un moment. « Je suppose que vous pouvez prendre un siège, juste pour cette leçon. »

Arthur avait hoché la tête pour la remercier et il s'était assis près de Merlin. Il espérait que l'aide de Merlin était le signe d'une cession des hostilités, cependant Merlin avait continué de l'ignorer le restant du cours.

Pourtant, ça signifiait quelque chose… Merlin n'avait pas voulu voir Arthur embarrassé ou ayant l'air stupide, d'une certaine manière il s'en était préoccupé…

Il était en train de se poser des questions sur les petites inspirations de Merlin quand il avait mentionné Mithian.

C'était la vérité de toute façon, et pas un stratagème qu'il avait concocté. Elle était venue lundi parcequ'il avait promis de lui cuisiner un repas mais elle l'avait trouvé penché sur son ordinateur portable dans sa chambre, en train de faire des recherches sur les troubles alimentaires. Il avait rapidement refermé l'écran quand il l'avait vu et puis ce fut les 'qu'est ce que tu me caches ?' et les 'Qu'est ce qu'il se passe ?'

Arthur ne pouvait pas lui en vouloir. Il avait été plutôt absent comme copain récemment. Il avait annulé certains de leurs rendez-vous, agissait de manière distraite en sa présence, il lui mettait des vents à l'école pour pourchasser Merlin. C'était tout à coup douloureux de réaliser qu'elle méritait mieux que ça : un pseudo petit copain qui ne pensait à rien d'autre que Merlin.

C'était horrible, malgré tout de le faire. Elle avait pleuré et il s'était senti comme la plus horrible des personnes.

Mais il savait qu'il pouvait seulement donner toute son attention sur une chose à la fois, et dorénavant cette chose était Merlin. Même si il prétendait avoir une attention inexistante.

OOO

Merlin lui avait échappé après le cours de littérature. Il ne s'était pas montré au dîner non plus et ça n'avait pas surpris Arthur. Ce qui l'avait surpris, c'est que la plupart d'entre eux avaient finalement compris que quelque chose clochait.

« Qu'est ce qu'il y a avec Merlin ? » Avait demandé Gwen en prenant le siège à l'opposé d'Arthur, oubliant même de lui dire bonjour.

Arthur avait joué au imbécile.

« Je ne sais pas. Pourquoi quelque chose irait mal ? »

Lance lui avait lancé un regard du bout de la table, et même Gauvain avait roulé les yeux à l'insouciance apparente d'Arthur.

« Et bien, il n'a pas parlé à l'un de nous depuis des jours et il ne vient plus ici pour manger comme d'habitude. Ensuite, il y a eu cette petite affaire du départ de la pizzeria, avec toi qui le suivait. »

Gwen avait lancé un regard dur à Arthur qui s'était tortillé, détestant le fait qu'elle pouvait très bien lire en lui, même si il n'était plus ensemble.

« Je ne sais pas ce qu'il se passe… » il avait commencé sans conviction mais Freya l'avait interrompu.

« Qu'est ce qu'il s'est passé quand il était dans les toilettes avec toi, tu étais après lui, et ensuite vous avez disparu pendant des lustres, vous vous êtes enfuis. C'est certain que tu sais quelque chose. »

Ils l'avaient tous regardé alors qu'il transpirait légèrement ne sachant pas quoi dire. Il ne pouvait pas leur dire la vérité parcequ'il risquait de tuer le peu d'espoir de réconciliation entre lui et Merlin. Mais il ne voulait pas mentir à ses amis, ils méritaient mieux que ça. Et puis, ils n'étaient pas stupides, ils voyaient quelque chose se tramer.

« Ecoutez, je… Ce n'est pas à moi de vous le dire… »

« Ca te concerne, Arthur ? » Gwen le regardait vraiment très intensivement.

« Pourquoi ça me concernerait ? » avait répondu Arthur sur la défensive.

« Peut être…peut être que Merlin t'as dit quelque chose que tu n'as pas aimé. » Le regard de Gwen était vraiment très brillant.

« Comme quoi ? »

Gwen et Freya avaient échangé un regard, alors Arthur avait eu une drôle d'impression, comme celle qu'il avait ressenti avec Hunith l'autre jour, alors qu'ils parlaient du problème.

Il était content de voir que Gauvain semblait au moins aussi confus que lui, alors que Lance étudiait son assiette. Qu'est ce qu'il se passait au juste ?

« Peux tu simplement dire ce que tu essaies de dire ? » avait craché Arthur à présent frustré, alors que tout le monde semblait en venir à la conclusion qu'il était à blâmer pour l'absence de Merlin.

Personne ne disait rien et puis Freya avait soudain laissé échappé :

« Tu as couché avec Merlin ? »

« Non de dieu, quoi ? » Avait dit Arthur instantanément parceque de toutes les choses qu'il avait imaginé, celle là n'était pas précisément sur sa liste.

Lance avait fermé les yeux, alors que le regard de Gwen fusillait Freya, mais à part Gauvain (à en juger par sa bouche ouverte) aucun d'entre eux ne semblaient vraiment surpris par sa question.

« Bordel, pourquoi tu penses ça ? » Avait demandé Arthur lentement, son cerveau essayant toujours d'enregistrer la question.

« Parceque…parceque Merlin avait l'air si triste après que vous ayez cessé de traîner ensemble, et puis tout à coup tu étais à nouveau son meilleur pote, et alors qu'on était parti manger, toi et Merlin avez eu une sorte de confrontation dans les toilettes alors… » Gwen avait laissé la fin de sa phrase en suspend.

« J'ai une copine, » avait lancé Arthur, même si ça semblait totalement hors sujet, et puis…

« Vous n'avez pas rompu hier ? » Avait dit Lance calmement.

« Oui, merci Lance, nous avons rompu mais je peux t'assurer que ça n'a rien à voir avec l'idée farfelue que je suis avec Merlin ! »

Arthur les regardait bouche bée.

« C'est vraiment la plus conne, et la plus ridicule des conclusion. »

« Pas si ridicule, » Avait dit Gauvain et Arthur s'était retourné pour lui lancer un regard.

« Hé, ne tire pas sur l'ambulance, » avait répondu Gauvain, joignant les mains dans une supplique. « C'est aussi la première fois que j'entends cette histoire, alors je penses qu'il ne doit pas y avoir un fond de vérité, si ? »

« Pourquoi ? » avait craché Arthur.

« Et bien il y a toujours eu un peu plus que de l'amitié avec lui, n'est ce pas, et tu agis toujours comme si vous n'étiez que deux, alors que ce gamin est amoureux de toi depuis dieu sait quand et…quoi ? Qu'est ce que je veux dire ? »

Lance avait donné un coup de coude dans les côtes de Gauvain, et Arthur l'avait à peine remarqué parceque son esprit cogitait à tout rompre.

Ce gamin est amoureux de toi depuis dieu sait quand.

Ca n'était pas vrai.

Ca ne pouvait pas être vrai.

Il aurait su si Merlin était…

Merlin.

Un flash ignoble de toute sa conversation du vendredi soir avec Hunith lui était revenu en mémoire, et il avait finalement compris ce qu'elle avait essayé de lui dire.

Est-ce qu'elle lui disait que ?

Je suppose que les signes étaient là depuis le début en réalité.

Tu ne le détesteras pas, n'est ce pas Arthur ?

Parceque je ne penses pas qu'il pourrait le supporter.

« Oh mon dieu, » Avait soufflé Arthur, et c'était presque comme si le monde était sorti de son axe.

Est-ce que Merlin pouvait vraiment l'aimer de cette façon ? Et pouvait-il ne pas l'avoir remarqué ?

Arthur s'était souvenu du premier coming out de Merlin, il se souvenait la fois où ils avaient dormi en cuillère dans son lit, la fois où il avait effleuré les lèvres de son ami…

Ses amis semblaient paniqués.

« Arthur… Ce que Gauvain dit… ce n'est pas… » Gwen ne pouvait pas trouver les mots et de toute façon Arthur n'était pas attentif. Il devait se lever, s'en aller et réfléchir.

« Je dois y aller, » avait-il bredouillé en reculant sa chaise, prêt à partir. Ensuite il s'était rassis.

« Vous savez ce qui est vraiment offensant dans tout ça ? Ce n'est pas que vous pensiez que je suis gay, parcequ'il n'y a pas de honte à ça, et ce n'est même pas que vous pensiez que je mentais à Mithian tout ce temps. C'est que vous croyiez sincèrement que j'ai couché avec Merlin et que je l'ai ensuite jeté comme une merde. Merci de votre confiance. »

Ils semblaient tous dévasté au moment où il s'en allait. La rage avait déjà commencé à l'épuiser, il allait probablement devoir leur parler avant la fin de la journée, mais honnêtement il était incapable de penser à autre chose qu'à Merlin.

Il devait s'en aller, il devait penser clairement. Il était monté dans sa voiture, dans l'intention de rentrer chez lui, mais quelque part sur la route il avait pris la direction opposée. Il avait conduit une heure, et il s'était ensuite garé exactement au milieu de nulle part.

Une heure de route à réfléchir et il ne comprenait toujours rien.

Il avait tenté de se prouver qu'il n'avait eu aucune preuve que Merlin l'aimait, autre que la suspicion de ses amis. Pourtant quelque chose avait changé en lui, comme cette illusion d'optique où tu vois tout à coup deux visages et que tu perds de vue le vase. Certains appellent ça l'instinct, une sensation venant des tripes, alors quelque part il savait que c'était vrai pour les sentiments de Merlin.

Il avait mal au cœur en pensant à l'état actuel de Merlin. Est-ce qu'il l'avait causé ? En n'ayant jamais rien remarqué, en rejetant Merlin sans le faire exprès… Etait-il la raison qui avait poussé Merlin à ne plus manger ?

La respiration d'Arthur s'était accélérée alors il avait essayé de se calmer. Tous ces livres et tous ces sites qu'il avait consulté, ils disaient tous la même chose. Personne n'est responsable de l'anorexie. Souvent il n'y a même pas de déclencheur évident. Les amis et la famille se sentent souvent coupable pourtant ce n'est pas de leurs fautes.

Arthur avait essayé très fort d'y croire, assis dans sa voiture au fin fond de nulle part. Mais il devait admettre que ça n'allait pas aider Merlin.

En dehors de sa culpabilité, il avait essayé d'analyser ce qu'il ressentait par rapport aux dernières nouvelles. C'était un peu…étrange, le moins que l'on puisse dire. Dire que Freya ou Lance avaient annoncé soudainement qu'il l'aimait, sauf que c'était vraiment, mais vraiment plus étrange car il s'agissait de Merlin, le meilleur et plus proche ami qu'il n'ait jamais eu. Une des personnes les plus importantes de sa vie.

C'était presque… Il ne savait pas. C'est comme si il avait joué à un jeu pendant longtemps, et que tout à coup toutes les règles avaient changés sans que personne ne lui dise.

Devait-il agir différemment avec Merlin à présent ? Le devait-il ? Devait-il dire à Merlin qu'il était au courant, et bouleversé son ami ? Et comment pourrait-il revenir en prétendant qu'il ne savait rien ?

Gwen avait persisté à le joindre durant les dernières heures et il avait ignoré les appels, parcequ'il ne pouvait pas chasser les derniers vestiges de sa colère contre elle et les autres. Pourtant, quand son téléphone s'était remis à sonner, il avait décroché parcequ'ils avaient besoin de s'unir à présent pour aider Merlin, et de toute façon, il avait sérieusement besoin de conseils.

« Arthur ! Je suis tellement navrée ! Je ne sais pas à quoi nous pensions, en t'accusant comme ça, il est évident qu'aucun de nous ne pense que tu as fait du mal à Merlin ! Seigneur, s'il te plait, ne sois pas fâché, nous avons été idiots ! »

Arthur l'avait laissé jacasser un moment, souriant en dépit de lui-même. Gwen détestait être en froid avec quelqu'un, elle lui avait une fois raconté que ça lui faisait mal au ventre.

« Tu ne devrais pas être en cours ? » il avait demandé d'un ton sec.

« J'emmerdes les cours, » avait répondu Gwen avec véhémence et rien que pour ça Arthur lui avait pardonné, parceque Gwen ne jurait jamais, et ne sautait jamais de classe, et donc c'est qu'elle voulait réellement s'arranger avec lui.

« D'accord, calme toi Guenièvre, pas besoin d'être si dramatique avec moi. »

Il avait presque pu l'entendre sourire à travers le téléphone, surtout depuis qu'il l'avait appelé Guenièvre, le surnom qu'il lui avait donné quand ils sortaient ensemble. Il ne l'avait plus utilisé depuis, mais l'utilisait à présent comme pour montrer qu'ils avaient finalement tourner la page.

« Ecoute, Arthur, à propos de Merlin… »

« C'est vrai ? » Il avait demandé, son sourire s'effaçant.

« Je…oui, je le pense. C'est juste à cause de la manière dont il agit quand tu es là, et comment il te regarde… Ca semble si… »

« Ce n'est pas une preuve, » Lui avait rappelé Arthur, et il y avait eu une légère pause, comme si Gwen se préparait à dire quelque chose.

« Il y a un truc…euh, c'était juste après que tu commences à sortir avec Mithian, la première nuit où nous l'avons rencontré au pub. Tu étais rentré chez toi et nous sommes resté un peu. Merlin était vraiment bourré alors je me suis proposé pour le raccompagner chez lui. Et il s'est marmonné des choses, tu sais comment il est quand il est saoul, et donc il… »

Gwen avait pris une inspiration. Arthur était agrippé à son téléphone pour bien entendre.

« Il a commencé à pleurer et à marmonner qu'il t'aimait et que ce n'était pas juste et il pensait… Je ne devrais pas te le dire. »

« Va-y, » avait dit Arthur, les articulations blanches.

« Il… Il pensait qu'après notre séparation, que peut être il était possible qu'il se passe quelque chose mais tu es ensuite arrivé avec Mithian… et je ne sais plus Arthur, ce qu'il disait n'avait pas beaucoup de sens, il pouvait à peine articuler un mot. »

« Est-ce qu'il en a reparler…plus tard ? »

« Non, » avait répondu Gwen. « Je l'ai conduit jusqu'à Hunith, et le jour suivant j'ai essayé de lui en parler mais il était clair qu'il ne se souvenait de rien. Ce n'est pas qu'il essayait de sauver sa peau, non, il avait vraiment un trou. Il avait vraiment trop bu. Alors on n'en a plus jamais reparlé. »

Arthur allait lui dire 'tu aurais dû me le dire' mais il comprenait pourquoi elle ne l'avait pas fait, alors il avait mordu sur sa chique.

« Arthur ? » La voix de Gwen était faible. « Ce n'est pas que je veux insister, mais si l'autre nuit n'a rien à voir avec les sentiments de Merlin…alors que s'est-il passé ? »

Arthur avait appuyé sa tête contre la vitre de sa voiture, observant son souffle se transformer sur la vitre.

« Je… Je te le dirais, à un moment, mais je ne peux pas maintenant. OK ? »

« Ouais, » avait dit Gwen doucement. « Est-ce que…je devrais m'inquiéter ? »

Arthur avait fermé les yeux.

« Juste… Juste prends soin de Merlin, ok ? Du mieux que tu peux. »

« Bien sûre, » avait répondu Gwen. « Tu vas revenir à l'école ? »

« Pas aujourd'hui. » Avait dit Arthur. « Mais je serais là demain. Et j'aurais besoin de quelque conseil, ok ? »

« D'accord, » avait dit Gwen. « Viens me trouver. »

Il lui avait dit aurevoir et il avait raccroché, puis il avait abruptement saisis ses clefs pour sortir de la voiture.

Il faisait chaud pour un mois d'avril mais il pleuvait la nuit, alors l'herbe était humide, il pouvait sentir ses basket s'enfoncer dans le sol boueux tandis qu'il marchait à travers champ.

Il avait marché sans but, grimpant par-dessus les barrières et escaladant quelques murs de pierres, se réjouissant des champs à perte de vue autour de lui. Il n'y avait pas âme qui vive et c'est ce dont il avait besoin à présent.

Quand il était finalement retourné à sa voiture, après quelques mauvais chemins, il était rentré chez lui. Le ciel avait commencé à s'assombrir et il avait envoyé un message à son père pour lui dire qu'il ne serait pas là à temps pour le souper. Il allait avoir des ennuis, mais il s'en fichait.

Il avait jeté son téléphone sur le siège passager, puis il l'avait repris, pour écrire un message à Merlin.

« Je sais que tu ne veux plus me parler mais tu resteras toujours mon meilleur ami et je ne vais pas laisser passer ça. C'est comme ça. »

Puis il avait démarré la voiture pour rentrer.