Titre : The Wasting Game
Auteur : Polomonkey
Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY - demain je travaille, alors bon, je vais publier la traduction ce soir :) Je ne veux pas être sadique en vous faisant attendre.
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Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas
Avertissements : Angoisse
Note de l'auteur : merci pour tous les following/review etc ! J'espère que vous allez apprécier.
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« He's been paying his dues to gravity
in dud coin once a week
checking in on the doctor's scales
wich wobble to a judgement : holding steady
though he's less and less able to hoist
what mass he still has, and he sways,
the rush of faintness in his ears like sea,
hissing in over mud and in and in
as he steadies himself and walks towards it
with stones in his pockets, adding one a week."
Merlin était installé dans une routine. Chaque matin, il faisait sonné son réveil à 6h pour faire des exercices. Cinquante abdominaux, trente pompes, cinquante sauts en ouverture-fermeture. Il avait arrêté de courir sur place car ça faisait trop de bruit. Hunith était revenu à un service de jour mais elle ne se levait pas avant 7h, donc il avait une heure sans surveillance, du moment qu'il restait assez silencieux.
Il n'avait jamais ressenti le besoin de faire des exercices avant, mais son nouveau régime avait tout changé. Hunith lui avait fait voir un nutritionniste de l'hôpital et lors du rendez-vous le gars lui avait parlé des groupes alimentaires et de l'équilibre des acides aminés. Il avait légèrement été insensible à l'homme qui portait une barbe rousse hirsute et qui rongeait ses ongles. Alors qu'il faisait une prise de sang à Merlin pour vérifier si il y avait une anémie, ses mains étaient désagréablement moites. Il avait fait claquer sa langue de façon dramatique quand Merlin avait grimpé sur la balance et s'en était suivi un sermon prolongé sur un BMI sain, le poids des muscles et la densité osseuse. Merlin l'avait seulement écouté à moitié alors que Hunith semblait avoir mémorisé chaque mot. Une copie de son nouveau régime était collée sur le frigo (comme une mise en garde, qui lui rappelait sa faiblesse chaque fois qu'il allait à la cuisine) et Hunith s'y référait comme à un texte sacré. Elle s'asseyait avec lui pour le déjeuner – porridge avec de la banane, ou des céréales au yaourt, ou des raisins et des toasts, ou une autre combinaison que le nutritionniste avait recommandé.
Elle ne pouvait pas contrôler le dîner, bien évidement, et il n'essayait plus de trouver des prétextes pour contourner le pacte d'Arthur maintenant que c'était fini. Arthur aurait pu le dire à Hunith mais Merlin devinait qu'il ne risquerait pas de creuser l'écart qu'il y avait déjà entre eux, aussi profond soit-il.
Le souper était un autre problème. Il pouvait juste trouver la force de déjeuner, au moins le porridge glissait facilement dans sa gorge et était moins lourd sur son estomac qu'il ne l'aurait cru. Les fruits, aussi, étaient suffisamment léger pour ne pas y penser. Mais le souper était presque impossible. Hunith avait pris au mot les suggestions du nutritionniste qui conseillait un tiers de légumes, un tiers de protéines, et un tiers d'hydrate de carbone – elle divisait presque l'assiette de Merlin avec une précision maladive. Et c'était la nourriture qu'il détestait le plus – le riz et les pommes de terre, les pâtes, les œufs et le fromage – des choses qui lui pesaient sur l'estomac.
Il était très astucieux. Il pouvait cacher une petite partie sous sa serviette, et il s'assurait de porter des sweat pour souper, ainsi il pouvait glisser de la nourriture dans ses poches. Les premiers jours, Hunith avait l'œil acéré sur lui mais elle s'était détendue ensuite. Il avait gagné sa confiance en dépit de sa maigre résistance, il n'avait pas fait d'histoire après la conversation qu'ils avaient eu la première nuit, sa mère pensait qu'il était d'accord sur sa façon de penser. Il avait accepté les rendez vous chez le nutritionniste tous les quinze jours sans objecter, et il lui avait donné l'autorisation pour voir un spécialiste des troubles alimentaires dans un centre. Alors elle lui avait laissé une marche de sécurité et il en avait pris l'avantage, en cachant toute la nourriture qu'il pouvait, en faisant semblant de mâcher le reste.
Mais parfois ça ne suffisait pas, et il devait se faufiler dans sa chambre à la fin du repas quand il avait trop mangé pour vomir dans un sac en plastique. C'était dégoûtant et il détestait ça mais la salle de bain était juste à côté de la cuisine, et il ne pouvait pas s'y rendre pour le faire. Sa chambre était plus éloignée de la cuisine et c'était assez loin pour que Hunith n'entende rien. Il cachait le sac plastique, et puis il se glissait dehors pour le jeter dans la poubelle au coin de la rue quand il en avait l'opportunité. C'était honteux et ça lui retournait les tripes mais il se disait que c'était seulement pour quelques mois, qu'ensuite il irait à l'université et qu'il pourrait manger ce qu'il voudrait pour le souper, même si il ne voulait rien.
Les exercices l'aidaient à moins paniquer, il se sentait mieux préparé à manger le matin. Puis pour son premier rendez vous pour la pesée, il avait trouvé des vieux trucs dans des livres et il avait été étonné de voir que ça fonctionnait. Il buvait presque 4L d'eau et il remplissait l'arrière de ses poches avec des petits poids qu'il avait volé au labo de science. Hunith n'avait pas pu se libérer pour venir au second rendez vous et comme il le soupçonnait, le nutritionniste était moins observateur quand sa mère était absente. Il avait demandé à Merlin si il suivait bien le régime, en vérifiant le journal alimentaire qu'il avait demandé de tenir à Merlin, et puis il avait parlé un peu plus en général à propos des choix sain – mais il était plutôt loin de tout ça comme son esprit était ailleurs. Quand il avait finalement demandé à Merlin de monter sur la balance, il avait marmonné son assentiment.
« Tu as pris 4kg, bravo ! Continue et nous aurons remplumé ton corps dans peu de temps. »
Merlin s'était forcé à sourire et il s'était empressé de dire aurevoir, soucieux de la douleur dans sa vessie. Heureusement, il y avait une toilette deux portes plus loin du bureau et il s'était glissé dedans. Il avait presque ressenti des vertiges en se lavant les mains – Ça a fonctionné, il a marché !
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Il excellait tellement dans son domaine qu'il s'était senti suffisamment en confiance pour rencontrer un thérapeute. La partie la plus difficile étant le physique – une heure par semaine de conversation semblait facile en comparaison.
Mais la thérapie n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Elle devait avoir la cinquantaine, habillé de façon quelconque avec de long cheveux tiré en chignon désordonné. Elle avait souri en se présentant comme étant Karen, et elle l'avait invité à s'asseoir. C'était ridicule mais soudain il avait espéré trouver une sorte de long canapé, comme dans les films. Il n'y en avait pas, simplement une chaise sur laquelle il s'était assis, et elle avait pris le siège opposé au sien, sans bureau entre eux.
« Alors pourquoi tu ne me parlerais pas un peu de toi, Merlin ? Tu es en dernière année maintenant, c'est ça ? »
« Ouais. »
« Ça te fait plaisir ? »
« Non, » il avait dit instinctivement et puis il s'était demandé si ça avait semblé hostile. « Je veux dire, oui. En quelque sorte. C'est beaucoup de travail. »
Elle avait souri.
« Ne m'en parle pas. Je fais encore des cauchemars de mon examen de français. Quelle est ta matière préférée ? »
« Je… J'aime la littérature Anglaise. »
« Oh oui ? »
« Ouais, nous euh… Nous avons vu Othello le trimestre dernier et maintenant nous parlons des poésie de guerre et c'est…j'aime ça. »
« Tu as toujours aimé l'Anglais ? »
« Euh, ouais…je pense. Je lis beaucoup et je – c'est en fait la matière dans laquelle j'excelle. »
« Ah, alors tu lis beaucoup ? »
« Ouais, je… Vous n'allez pas me poser des questions sur mes trucs avec la bouffe ? » Avait laissé échappé Merlin et il avait instantanément rougi. Il ne comprenait simplement pas où voulait en venir Karen avec les cours d'Anglais. Est-ce qu'elle essayait de savoir si ses études l'affectaient ? Ou est ce qu'elle pensait que lire de trop le rendait malade ? Ça n'avait aucun sens-
« Veux tu qu'on parle de la nourriture ? » Avait-elle dit alors, puisque Merlin avait interrompu leur conversation comme ça.
« Et bien, non, mais je pensais…je veux dire, c'est pour cela que ma mère veut que je vienne, non ? »
« Ta mère m'a contacté parcequ'elle s'inquiète sur tes habitudes alimentaires, oui. Mais elle n'est pas ici Merlin, et je serai contente de parler de ce que tu veux. »
« Je… » Merlin se sentait ridicule. « Pourquoi vous me questionner sur l'Anglais ? »
Karen avait sourit.
« Sincèrement, je veux apprendre à te connaître un peu mieux. Je ne suis pas là pour te piéger, je n'ai pas d'arrière pensée. »
« Oh. »
« Tu veux me parler de quelque chose ? »
« Je… » Merlin pensait revenir à son plan de base. « Euh, je pense, je crois savoir pourquoi je ne mangeais plus bien dernièrement. Si vous voulez savoir. »
Karen avait acquiescé aimablement.
Merlin s'était jeté à l'eau en préparant une histoire sur combien il était difficile d'être le seul gay de son école, et de comment il était récemment tombé amoureux d'un garçon de sa classe qui l'avait embrassé et puis rejeté. Il avait expliqué qu'il se sentait si mal qu'il avait perdu un peu de poids pour montrer à ce garçon combien il l'avait blessé.
« Je pense avoir imaginé que si j'étais un peu plus mince et décharné, qu'il réaliserait l'effet qu'il a sur moi. » Merlin essayait immiscer le ton de l'espoir dans sa voix. « Ça devait être juste assez pour lui donner envie de revenir. »
Il avait soupiré doucement.
« J'ai été stupide. Et quand ma mère m'a confronté, je me suis senti mal parceque je n'avais pas réalisé ce que je me faisais. Ça a été un véritable choc quand je me suis pesé chez le nutritionniste et que j'ai vu combien j'avais perdu. Je pense pouvoir dire que ça m'a réveillé. »
Il s'était demandé si sa dernière phrase n'avait pas été de trop. Il avait jeté un coup d'œil à Karen dont le visage était resté impassible.
« De toute façon, je me suis rendu compte que ce garçon n'en valait pas la peine. Alors, maintenant, je veux simplement me concentrer sur ma prise de poids et redevenir normal. »
Il avait terminé avec une espèce de sourire d'espoir, essayant de donner l'image de quelqu'un qui avait appris sa leçon.
Karen avait hoché la tête, mais il était surprenant qu'elle ne lui pose aucune question sur son histoire. A la place, elle avait demandé :
« Quel genre de chose tu as fait pour perdre du poids ? »
Il lui avait presque dit toute la vérité, qu'il avait sauté quelques repas en trouvant des excuses, mais il avait évité toutes les parties concernant Arthur. Ça semblait ne pas avoir d'importance parce qu'après, quand il avait terminé, la question suivante l'avait immédiatement conduit au centre du problème :
« Ta mère m'a dit que tu t'étais évanoui à l'école et qu'un ami t'avais emmené dans le bureau de l'infirmière. Elle a dit que c'était le même ami qui était venu lui raconter que tu avais des problèmes alimentaires. »
« Et bien, on dirait que ma mère en a trop dit, » Avait craché Merlin avant de pouvoir s'en empêcher.
Karen ne l'avait même pas regardé l'air offensé.
« Elle m'a raconté ce qu'elle en pensait. Et j'aimerais savoir ce que tu en penses. »
Merlin avait haussé les épaules.
« Donc c'est un ami proche ? »
« En quelque sorte. Je veux dire que je le connais depuis longtemps. Mais nous nous sommes éloignés, en quelque sorte. »
« Est-ce que tu savais qu'il irait voir ta mère pour lui parler de toi ? »
« C'était une réaction excessive. Arthur- » Le nom avait glissé de ses lèvres spontanément, « - a remarqué que j'avais perdu du poids et il s'est inquiété. J'aurais dû lui parler du gars et de tout le reste, mais je ne voulais pas parceque…parceque je ne savais comment il allait réagir en lui disant que j'étais gay. »
Merlin ne se sentait pas coupable de mentir parceque Arthur n'avait rien fait de plus que le soutenir, donc il avait choisi un angle qui corroborait avec son histoire 'qu'il se battait avec sa sexualité'.
« Donc ouais, je me suis plutôt montré distant et je pense qu'il s'en est tellement inquiété qu'il est venu en parler à ma mère. »
« Comment tu t'es senti quand il l'a fait ? »
« Oh, et bien, je crois que j'étais énervé, mais comme j'ai dit plus tôt, j'avais besoin de me réveiller, alors je présume que c'était une bonne chose après tout. »
Ça sonnait comme une belle connerie et il était certain que Karen s'en rendait compte, puis elle avait gribouillé quelques notes et ensuite elle lui avait demandé si il avait d'autres causes de stress dans sa vie.
Un fois l'heure finie, Merlin s'était remis rapidement sur ses pieds, essayant de ressembler à une personne soulagée de son fardeau.
« Merci beaucoup,» il avait dit. « C'était génial de pouvoir parler, je me sens mieux. »
« Je suis contente de l'entendre, » avait sourit Karen chaleureusement. « Vu ce que j'ai entendu aujourd'hui, je pense que tu aurais besoin de quelques séances de plus pour me parler des autres choses qui te tracassent. »
Merlin s'était arrêté, en train de ramasser son sac.
« Plus de séances ? »
« Oui. Je pense que, si tu me laisse t'aider, nous pourrions résoudre quelques problèmes qui te rendent la vie difficile. »
« Oh, je… Non, vraiment… »
« Tu peux aller voir Dave dehors, c'est le réceptionniste, et il te donnera un rendez-vous pour la semaine suivante. »
Karen avait sourit puis ouvert la porte du bureau.
Vaincu, Merlin était sorti. Il aurait certainement plus de séances avec Karen qu'il ne l'avait imaginé.
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L'école était à la fois plus et moins difficile. Moins parceque les examens se rapprochaient rapidement, et donc plus de personnes passaient leur pause, ou leur période de temps libre, enfoncés dans leurs manuels et leurs notes, il avait donc une bonne excuse pour passer du temps à la bibliothèque. L'interdiction de parler signifiait qu'aucun de ses amis ne pouvaient l'obliger à avoir une discussion à cet endroit. Plus parceque… Et bien, Arthur.
Il était certain qu'Arthur allait prendre ses distances à présent, après trois semaines de silence, mais son ami était très persistant. Depuis le premier lundi où il avait cédé pour aider Arthur de la divine colère de Mrs Loughton, il n'avait plus communiqué avec lui. On ne pouvait pas en dire autant du côté d'Arthur qui lui envoyait des messages de façon presque permanente. Après le message du lundi qui disait 'je ne vais pas laisser passer ça', ils avaient reçu plein de messages, triviaux, comme si lui et Merlin était toujours de parfait bon ami.
'Tu as vu la nouvelle coupe de Val ? Elle ressemble à un singe ivre.'
'Tu as manqué Mr Kinnear en train de pourchasser Gauvain à travers le terrain de sport parcequ'il était convaincu que Gauvain lui avait volé ses effaceurs. Heureusement Gauvain les avait caché dans le casier de Lance…'
'Uther vient de me donner une leçon de 40 minutes sur l'importance de choisir les bonnes chaussettes avec le bon costume. Ça fait chier, non.'
Merlin essayait encore, avec difficulté, de ne plus regarder dans la direction d'Arthur, et Arthur agissait comme si Merlin était devenu muet, et donc il remplissait les deux côtés de la conversation. Arthur s'asseyait à côté de lui en Politique et il parlait comme d'habitude, parfois il essayait dans la bibliothèque et il chuchotait des questions sur les révisions sous le regard du bibliothécaire. Il ne semblait jamais perturbé par l'absence de réponses.
Arthur glissait parfois des barres chocolatées et des pommes dans le sac de Merlin. Merlin se faisait un point d'honneur à les jeter à la poubelle en face d'Arthur si il le pouvait, mais Arthur ne réagissait jamais.
Parfois il avait un incroyable ressentiment en la présence d'Arthur, parceque c'était déjà assez difficile de se concentrer sur les révisions avec ses migraines et sa vision floue quand il fixait trop longtemps la même page. La douleur sourde et familière qu'il avait à son estomac s'intensifiait seulement quand Arthur était assis près de lui, comme si Arthur lui faisait prendre conscience de sa faim.
Les autres fois, il se sentait tellement fatigué, usé et misérable qu'il ne voulait rien de plus que reposer sa tête sur l'épaule d'Arthur et sentir la chaleur d'un ami contre sa peau.
Il avait toujours froid ces jours-ci.
Un matin, en plein milieu de ses exercices quotidiens, la pièce avait commencé à tourner autour de lui et il s'était effondré sur le sol et tout était devenu noir. Il s'était réveillé longtemps après, avec une douleur au crâne et la brûlure acide de la bile dans sa bouche.
Il avait décidé d'abandonner les exercices pour un jour mais la culpabilité lui avait fait passer l'heure du dîner à courir dans le gymnase de l'école, son cœur pulsait dans ses oreilles alors qu'il courait encore et encore.
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