Titre : The Wasting Game
Auteur : Polomonkey
Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY
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Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas
Avertissements : juste de vieilles angoisses.
Note de l'auteur : Merci pour vos commentaires.
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He left home months ago.
Somehow we never noticed.
He was going solo
As a conjurer :
The egg we found rotting
In the body-folds of the sofa;
Caked wads
Of tissues in the bin with Weetabix
Compacted in them like the Mob's
Car-crusher sandwiches;
Potatoes spirited away
With one pass of the baggy-wristed
Sweater he draped
On his bones. (What apllause
When he whips it off one day
And he's gone !)
Merlin avait mal à la tête. Il ne se sentait pas très bien non plus, les aphtes dans sa bouche étaient sensibles et douloureux, son estomac se tenaillait douloureusement, et ses yeux lui brûlaient. Mais c'est sa tête qui monopolisait toute son attention maintenant, une douleur sourde l'empêchait de se concentrer, et même d'entendre les mots qui lui étaient adressé.
« …ne semble pas bien… »
Quelqu'un semblait lui parler mais il ne pouvait pas en saisir les mots.
« …travaille de trop… »
Si il focalisait juste son regard pendant quelques secondes, si il pouvait juste faire cesser la douleur dans sa tête…
« …ramène chez toi… »
Il avait cligné une fois des yeux fortement, deux fois, puis le monde avait semblé se fixer.
« Merlin ? Est-ce que tu m'écoutes ? »
Le visage de Gwen était apparu en face de lui, avec une expression d'anxiété.
« Quoi ? » il avait dit, ensuite : « Ouais, bien sûre. »
« Alors tu laisses Lance te raccompagner ? » Avait dit Gwen, alors il avait relevé les yeux sur Lance caché derrière elle.
« Quoi ? Non, je n'ai pas besoin de rentrer chez moi. »
« Mais Merlin, tu ne sembles pas bien du tout. »
« Je vais bien. »
Il avait dû parler un peu fort parceque le surveillant de la bibliothèque leur avait lancé un regard à tous.
« Elle a raison, Merlin, » était intervinu Lance. « Tu as une sale tête. »
« Et bien, les révisions ne sont pas vraiment une partie de plaisir, non ? » Avait répondu Merlin si fatigué qu'il n'avait pas été désagréable.
« Tu pourrais prendre une journée de repos. » Lui avait fermement dit Lance. « Tu as besoin d'aller te coucher, allez. »
« Les gars, je ne veux vraiment pas- »
« Je t'en supplie, mon cœur, » avait dit Gwen et il avait vu que son regard brillait, comme si elle essayait de ne pas pleurer.
Gwen l'appelait seulement mon cœur quand elle était triste. Ou effrayée.
« Ok, très bien, » avait-il dit parcequ'il ne pouvait rien retenir avec cette saloperie de migraine de toute façon, et donc réviser était une perte de temps.
Et il n'avait pas l'énergie d'argumenter avec ses amis.
Gwen l'avait accompagné jusqu'à la voiture et elle l'avait pris dans ses bras, en lui promettant de l'appeler plus tard.
Puis il s'était laissé tomber sur le siège passager, frappé par une autre vague de douleur alors il avait massé ses tempes.
« Il y a du paracétamol dans la boite à gant, » avait dit Lance, et Merlin en avait avalé deux très reconnaissant alors que Lance faisait démarrer la voiture.
Lance avait fait quelques commentaires pendant qu'il conduisait mais la plupart du trajet avait été silencieux. Quand ils étaient arrivès à l'appartement de Merlin, il avait espéré que Lance reste dans la voiture. Mais Lance s'était garé et l'avait suivi à l'intérieur.
Ce qui lui avait douloureusement rappelé la fois où il s'était effondré à l'école et qu'Arthur l'avait reconduit chez lui, donc Merlin avait décidé de tuer dans l'œuf au plus tôt.
« Merci, j'apprécie vraiment. Je vais aller directement au lit, comme tu me l'as dit, alors… »
« Ça te dérange si nous parlons avant ? » Avait dit Lance calmement.
Merlin ne voulait pas, il ne voulait vraiment pas. Il n'était pas d'humeur pour une leçon de morale, ou même une simple discussion. Il ne s'était pas cassé la tête pour chasser Arthur, et maintenant Lance lui faisait le même schéma.
« Lance, ma tête va me tuer, je ne suis vraiment pas prêt à parler maintenant. Peut-être que si tu m'appelles dans quelques heures- »
« Je te promets que ça ne sera pas long, » avait dit Lance avec la même voix calme. « Tu n'auras même pas à parler. S'il te plait, donne moi juste deux minutes. »
Merlin voulait de nouveau protester, mais une fois encore il s'était senti trop fatiguer pour argumenter, comme si sa capacité à raisonner et sa logique étaient floue.
Il s'était assis dans le fauteuil et il avait dit, « juste deux minutes, » en frottant ses yeux.
Lance s'était assis à côté de lui et il n'avait pas parlé durant un moment.
« Je sais que quelque chose va mal, » il avait dit finalement, et quand Merlin ouvrit la bouche, il avait levé une main. « Je ne vais pas te demander ce que c'est. Tu n'as pas à me le dire si tu n'en as pas envie. Mais si tu veux, je serais là pour t'aider, peu importe ce dont tu as besoin. »
La voix de Lance était restée douce mais il y avait eu de léger trémolo lorsqu'il avait repris la parole.
« Je ne veux pas te forcer. Je veux juste te dire que tu devrais parler de ce qu'il se passe, et tu devrais trouver quelqu'un pour te venir en aide. Ça ne doit pas être moi. Mais s'il te plait, ne fais pas qu'essayer, et fais le en mettant toute les chances de ton côté. »
Merlin pouvait sentir les larmes pointer au coin de ses yeux et c'était tellement stupide puisque Lance se plantait complètement, et qu'il n'avait pas besoin d'aide. Il aurait dû lui dire mais il était incapable de formuler ses mots.
Lance s'était remis debout.
« J'ai fini, » avait-il dit. Ensuite il s'était penché pour presser l'épaule de Merlin avant de quitter la pièce.
Il avait fallu un certains temps à Merlin pour se lever et se rendre dans sa chambre, et ça avait été pire avec les paroles de Lance qui l'avait achevé bien plus que sa fatigue.
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Continuer à voir Karen s'avéra être compliqué. Sans jamais insister sur le problème, sans même aborder directement des sujets difficiles, elle avait réussi à obtenir un paquet d'information sur lui contre son gré. Elle semblait blindé contre ses tentatives pour changer de sujet, et elle avait comme un mystérieux don pour détecter ses mensonges, ou lorsqu'il devenait évasif. Non pas qu'elle l'accusait de le faire, elle ramenait simplement la conversation à son sujet de départ.
Arthur apparaissait, parfois. Karen s'était rendu compte que Merlin ne parlait jamais trop longtemps de lui.
« Es-tu fâché avec Arthur ? »
« Non, » avait répondu Merlin automatiquement. C'était sa quatrième session avec Karen, et il était encore nerveux en sa présence. Il ne pouvait pas retenir tous ses mensonges en tête, et il était presque sûr qu'elle savait que ce n'était pas la vérité de toute façon. Elle avait une façon de le regarder qui lui faisait baiser sa garde, et il en disait toujours plus que ce qu'il avait prévu, et il détestait ça.
C'était très difficile de savoir ce que Karen savait et ne savait pas. Hunith lui avait raconté tout ce qu'elle savait grâce à Arthur, mais Merlin n'avait jamais vraiment su vraiment ce qu'Arthur avait raconté à sa mère cette nuit là, ou ce qu'ils se racontaient dans leur conversation téléphonique clandestine. Il devait jouer avec réserve, en attendant que Karen commette la première erreur, et il devait faire preuve de prudence pour ne pas lâcher d'autres informations.
« Mais tu ne lui parles plus, » avait dit Karen.
« C'est difficile à expliquer. »
Karen l'avait regardé dans l'expectative.
« Je ne suis pas fâché, je suis juste… Je ne veux pas avoir affaire avec lui en ce moment. »
« Pourquoi ? »
« Parceque c'est…c'est pénible. »
« Comment ça ? »
« Vous savez, il…il exagère toujours tout. »
« Tu penses qu'il a exagéré tes problèmes alimentaires quand il en a parlé à ta mère ? »
« Oui ! C'était une réaction disproportionnée, et il n'avait pas à s'en occuper de toute façon. »
« Tu penses qu'il n'aurait rien dû faire ? »
« Je pense qu'il aurait dû me croire pour régler ça ! »
« On dirait que tu es un peu fâché contre lui, Merlin. »
Merlin avait cligné des yeux.
« Je…et bien…ouais, peut-être que je le suis. Il a inquiété ma mère et maintenant, je dois suivre cette stupide thérapie et je perds mon temps avec un nutritionniste et je dois venir vous voir- » Merlin s'était tu, en rougissant. « Heu, sans vouloir vous offenser. »
« Je ne le prends pas pour moi, » lui avait souri Karen.
« Tout ça n'a pas de sens, juste parcequ'il pense que quelque chose va mal. »
Karen avait hoché la tête.
« Je comprends pourquoi tu es fâché, » avait dit Karen. « Puis je te demander, t'es-tu jamais positionner du point de vue de ton amis Arthur ? »
« Et bien, je sais à quoi il pensait parcequ'il- »
« Attends une seconde. » Karen avait levé une main. « Revenons au commencement. Retraçons tout ça ensemble. »
Merlin avait haussé les épaules de complaisance.
« D'abord tu t'es évanoui à l'école et Arthur t'a raccompagné chez toi, en te croyant quand tu lui disais ne pas avoir de problème alimentaire- »
« Mais c'était juste la grippe, » l'avait coupé Merlin.
« Et bien, tu crois ça. Mais du point de vue d'Arthur, tout ce qu'il constatait c'est que tu t'étais effondré. Ça devait être effrayant pour lui. »
« Les gens s'évanouissent parfois, » avait répondu Merlin en boudant.
« Et puis quelques semaines après ça, il y a eu l'incident du restaurant. Que penses-tu qu'Arthur ait pu ressentir ? »
« Il a exagéré, encore- »
Karen l'avait interrompu.
« C'est ce que tu penses de son comportement. Mais que penses tu de ce qu'il a ressenti ? »
Merlin avait commencé à dire qu'il ne savait pas, et puis une image du visage d'Arthur lui avait frappé l'esprit. Il semblait…bouleversé.
« Je pense qu'il était effrayé, » avait admit Merlin. « Et…et il était triste. »
« Tu peux peut-être comprendre un peu plus pourquoi il devait parler à ta mère ? »
« Mais il n'en avait pas besoin, » avait dit Merlin, frustré.
« Si les positions avaient été inversées et que c'était Arthur qui s'était effondré, Arthur qui avait perdu du poids de façon significative, et qu'il sautait les repas, que penses tu que tu aurais fait ? »
Honnêtement, Merlin ne pouvait pas répondre. Car vu comme ça, il se sentait directement concerné bien sûre, mais…
Ça aurait été différent si c'était Arthur. Si le brillant, si le Arthur plein de vitalité avait perdu du poids, alors clairement c'est qu'il y aurait un souci. Mais Merlin avait toujours été ainsi, il avait toujours eu des hauts et des bas avec son alimentation, ce n'était pas la même chose.
Il se sentait un peu confus, mais Karen ne le pressait pas à répondre. Elle lui avait demandé d'y penser pour la prochaine fois, et il s'était levé pour ouvrir la porte du bureau. Une fois debout, un vertige familier l'avait traversé, mais heureusement Karen était dos à lui alors elle n'avait rien remarqué.
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Le jour suivant, Merlin avait repensé à ce que lui avait dit Karen. Le fait de ne plus parler à Arthur aurait dû l'aider à sortir de sa vie, cependant Merlin devait admettre que c'était un échec lamentable de son point de vue. Arthur était toujours derrière lui, il lui offrait de la nourriture et il lui parlait comme à leurs amis. Il ne semblait pas vouloir le laisser s'en aller, et à présent Merlin se demandait avec culpabilité si ce silence n'était pas plutôt cruel. Il savait que l'idée de base était noble, mais le fait était qu'il essayait juste de la punir pour ce qu'il s'était passé entre eux.
La pensée avait rendu Merlin profondément mal à l'aise. Récemment, ses émotions ne restaient pas en place, et c'était difficile d'en saisir une pour savoir ce qu'il ressentait. Il était tout à fait possible qu'il avait laissé ses anciennes frustrations reprendre le dessus.
Il devait parler à Arthur. Pas comme il l'avait fait avant, ils avaient dépassé les bornes. Il ne voulait plus parler de son physique ou de sa santé mental, maintenant ou plus tard. Mais si Arthur voulait parler des révisions, d'un film, ou même du football, Merlin pourrait le faire.
Il restait seulement un mois avant la fin de l'année, après tout, et ils allaient partir dans différentes parties du pays, pour aller à l'université ou pour une année sabbatique, ou pour travailler. Arthur et lui ne se verraient plus beaucoup après ça, et ça aurait été agréable qu'ils puissent se parler avant la fin des cours.
(La pensée d'être loin d'Arthur, de vivre dans une autre ville et de le voir seulement pour les vacances et les retours en famille, et donc pas aussi souvent, faisait que Merlin en avait mal au cœur. Pourtant, il avait toujours su que ce jour arriverait, il savait qu'Arthur était lié à l'excellence et que sa vie était devant lui, il savait que ça le dépasserait finalement.)
Alors c'était décidé. Il reparlerait à Arthur. Une fois la décision prise, Merlin avait ressenti le besoin immédiat de voir Arthur. Il avait vérifié sa montre en se précipitant hors de la bibliothèque, il était à peine 17h et Arthur finissait son entraînement de football maintenant. Effectivement, quand il avait traversé le terrain pour aller vers les vestiaires, il avait vu quelques personnes en sortir.
« Hé Gavin, Arthur est déjà parti ? » avait-il demandé à celui qui passait devant lui.
« Non, Gauvain et lui sont encore à l'intérieur, » avait répondu le garçon, en lançant son pouce en direction du bâtiment.
Merlin avait acquiescé. Il y était allé et il s'était assis sur un banc à l'extérieur des vestiaires, près de la porte en attendant qu'Arthur en sorte.
Il y avait une fenêtre ouverte derrière lui et il pouvait entendre le rire distinct de Gauvain provenant de l'intérieur.
« …comme si elle ne m'avait pas déjà envoyé une photo de ça ! »
« Ta vie est ridicule. »
La vois d'Arthur était très clair en provenance de la vitre alors Merlin avait tendu les oreilles.
« Pas plus ridicule que la tienne, mon ami. As-tu pensé à ma petite suggestion ? » Avait chanté en cœur Gauvain.
« Non, je ne l'ai pas fait ! » Avait répondu Arthur, et Merlin pouvait dire au simple ton de sa voix qu'il était en train de rougir.
« Froussard. Ce n'est pas le bout du monde, tout le monde a déjà regardé un peu de porno gay à un moment ou un autre ! »
Merlin avait cligné des paupières, pas certains de ce qu'il avait entendu. Du porno gay ? C'était quoi ce bordel ? Pourquoi Gauvain avait-il suggéré à Arthur de regarder un porno gay ?
« J'en doute sérieusement. »
« Quoi, tu penses que Gwen et Freya n'en ont jamais regardé ? Quand Freya a bu au nouvel an, elle m'a raconté qu'elle avait un disque dur plein de- »
« Seigneur ! » S'était élevé Arthur. « Je n'ai pas besoin d'entendre ça ! De toute façon, je me fiche que les autres y arrivent, ce n'est pas pour moi. »
« Très bien, si tu veux. Donc tu vas devoir trouver un autre moyen de savoir ce que tu penses de Merlin ? »
Merlin s'était figé. Ce qu'il pense de Merlin ? Est que Gauvain était au courant pour son alimentation ? Arthur lui avait raconté ? Certainement que non ?
Et que ferait-il avec des pornos gay de toute façon ?
« Non, je…je ne sais pas, d'accord ? »
« Tu as pensé à lui parler ? »
Gauvain semblait vaguement sérieux, mais Arthur avait reniflé.
« Oh ouais, et comment je devrais lancer la conversation ? 'Salut Merlin, j'ai entendu que tu m'aimais depuis pas mal de temps, qu'est ce que ça te fait ?' »
Non.
Non, non, non.
Pendant un moment, tout ce que Merlin avait pu entendre dans ses oreilles était un bourdonnement.
Ce n'est pas possible.
Il se sentait dévasté par tout ça. Comment Arthur savait ? Comment avait-il su ?
Je vous en supplie Seigneur, faite que ça ne soit pas vrai.
Mais ça l'était. Il l'avait entendu. Et Gauvain savait aussi…et ils en discutaient simplement ? Comme d'un truc ordinaire, comme si c'était quelque chose qu'il faisait tout le temps.
Comme si c'était drôle.
Merlin ne pouvait plus respirer correctement. Il chancelait sur ses pieds, remarquant à peine ce qu'il se passait derrière lui.
Il y avait du bruit derrière lui, et des pas qui venaient de la porte.
Il s'était relevé en courant.
Il avait entendu quelqu'un crier son nom derrière lui, mais il n'avait pas pu, il ne pouvait pas, regarder derrière lui.
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