Comme j'avais manqué le premier jour, je poste tout de suite celui du deuxième. Bonne lecture !

Jour 2 : Evening Party


Angela se demandait combien de temps encore elle allait devoir rester là. Enfoncée dans le canapé, sa boisson à la main, elle regardait la plupart des agents se déchaîner au centre de la salle transformé en piste de danse, tandis que d'autres discutaient avec entrain ou se servaient copieusement au buffet, et McCree, à ses côtés et bien éméché, continuait de déblatérer sur une anecdote extrêmement longue du temps où il était pistolero. Par politesse, Angela lui prêtait attention, bien qu'elle aurait aimé être ailleurs.

Ce n'était pas tant que Mercy détestait les fêtes, loin de là. Ces moments de convivialité lui plaisaient quand ses oreilles n'étaient pas assourdies par le vacarme, ce qui, malheureusement, était le cas ici. Elle avait l'impression que la musique et le brouhaha allaient exploser ses tympans, ou peut-être était-ce l'alcool qui exagérait cette impression.

C'était dommage, elle aurait aimé pouvoir profiter de la soirée. Elle n'avait jamais été à l'aise pour danser, mais elle avait pensé qu'elle se détendrait au bout d'un moment. Ce n'était pas le cas, et maintenant son crâne commençait à la lancer. Elle profita du fait que McCree s'était assoupi pour s'éclipser. Elle avait besoin d'air frais.

Sitôt qu'elle fut dehors, le vent salin commença à dissiper son malaise. Elle respira un grand coup, et un peu revigorée, décida de marcher jusqu'à la falaise. Elle pouvait entendre le grondement régulier des vagues au fur et à mesure qu'elle s'approchait.

Elle fut surprise de trouver une silhouette assise sur le rebord, mais elle le fut moins lorsqu'elle vit de qui il s'agissait.

- Bonsoir, Shimada.

- Docteur Ziegler, dit-il simplement en inclinant la tête.

- Cela pose t-il problème si je m'assoies ?

- Non, faites comme il vous plaît.

Elle lui sourit et s'installa, laissant ses jambes pendre dans le vide. Elle laissa traîner son regard sur la mer qui s'étirait à l'horizon, pour ensuite se confondre avec le ciel étoilé. Elle resta un long moment perdue dans sa contemplation, jusqu'à ce qu'elle remarque que l'archer la fixait du coin de l'œil.

- Qu'y a t-il ?

- Rien. J'ai simplement remarqué que vous repreniez des couleurs.

Elle laissa échapper un petit « oh ». Apparemment elle avait été plus mal en point qu'elle ne le pensait.

- Je vais mieux, ne vous inquiétez pas. Je ne me sentais pas vraiment bien à l'intérieur.

- Je comprends.

Elle haussa un sourcil, dubitative, et ne put retenir les mots qui sortirent de sa bouche :

- Vraiment ? Malgré le fait que vous évitez de participer aux soirées ?

Elle porta une main à ses lèvres, honteuse d'avoir parlé sur ce ton. Lui comprit parfaitement le sous-entendu : le reproche d'éviter le contact avec les autres agents, de s'isoler.

- Je m'éclipse, justement parce que ce genre de fête me met mal à l'aise physiquement. Je suis présent en début de soirée, mais rapidement, je commence à étouffer. La musique et le vacarme des voix me donne le vertige au bout d'un moment.

- …Je vois.

Il y eut un silence gêné. Silence qu'elle décida de briser.

- Je ne me suis jamais sentie à l'aise entre des murs. Je me sens confinée, enfermée. Je préfère les grands espaces ; c'est là que je m'y sens le plus libre, où je peux voler le plus loin.

Elle se retint de se mettre une claque sur le front. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris de débiter ça ? Elle vit que Hanzo avait tourné son regard vers elle, et, à sa grande surprise, semblait l'écouter attentivement. Cela la poussa à continuer.

- Je ne suis pas claustrophobe… Enfin, je ne pense pas. Mais dans un bâtiment, on ne peut pas tracer son propre chemin, il faut prendre celui déjà construit… pour finir dans une salle sans issue.

- Tojikomerareta tori… murmura Hanzo.

- Pardon ?

- Veuillez m'excuser, je vous ai interrompu.

- Ce… n'est pas grave. (Elle inspira doucement l'air au goût de sel). Le monde extérieur, lui, est immense. J'envie parfois les oiseaux qui peuvent le parcourir en un battement d'ailes.

- Mais les humains peuvent faire de même. Traverser ce monde, un pas après l'autre.

Il ne savait pas pourquoi il parlait aussi facilement avec cette femme, pourquoi l'écouter lui faisait plaisir, en un sens. Après tout, il avait rarement prêté attention à la conversation des autres.

- Oui, répondit-elle avec un doux sourire. Un pas après l'autre.

Pour un ex-yakuza en quête de rédemption, il pouvait trouver des bouts de phrases joliment philosophes. Le silence revint, plus agréable cette fois.

Mercy décida que, pour ce soir, elle resterait ici. La contemplation de la nuit serait sa fête, dans ce calme marin. Et elle ne refusait pas la compagnie de l'autre homme.

Peut-être bien qu'elle ne l'appréciait pas. Mais cela ne l'empêcha pas de lui laisser sa chance, au sein du monde dans lequel il était entré, pour trouver sa propre voie.

Un pas

Après l'autre.


Tojikomerareta tori : comme un oiseau en cage.