Chapitre 7 : Dernière épreuve...
Une porte apparu, scintillante au milieu du couloir sombre de la maison des Amano. La seule survivante de cette petite famille s'avança vers elle avec espoir. Ça y est, c'était enfin fini, elle allait pouvoir sortir de cet enfer... !
Madoka se précipita comme elle pu contre la porte et l'ouvrit frénétiquement. Ce côté était bien plus éclairé que chez elle et elle dû attendre quelques instants afin de s'y habituer. La première chose qu'elle vit était qu'elle se trouvait dans la salle de simulation qu'elle avait quitté quelques jours plus tôt. Le seconde, ce fut Kyoya. Elle se jeta immédiatement à son cou, hésitant entre crier, pleurer, rire, l'embrasser, … L'embrasser ?! Pourquoi pas, elle en avait tellement envie.
Comme s'il entendait ses pensée, le vert se pencha vers ses lèvres. Ils étaient si proches, tant de bonheur après ce que Madoka venait de vivre...
La main de Kyoya serra brusquement sa gorge. Elle le regarda dans les yeux pour découvrir un carnage de haine et de violence. Sa main broyait lentement le cou de la jeune fille qui sentait l'air se raréfier et son sang pulser dans son crâne.
« Non, non, je ne veux pas faire ça, pas lui ! »
Pourtant, Madoka s'obligea à frapper Kyoya en plein ventre pour de se libérer de son emprise mortelle. Les pupilles bleues rétrécies par la folie, Tategami la regardait de haut avec ce sourire qui avait déjà tant de fois effrayé la petite Amano du temps où Kyoya n'avait encore subit sa défaite auprès de Ginga...
_ Qu'est-ce que tu crois, chérie ? Je ne suis pas ton prince charmant !
_ Kyoya...
_ Par contre, j'ai bien envie de m'amuser, sourit-il en abordant un air carnassier.
Disant cela, il plaqua la jeune fille au sol et la bloqua en écrasant sa poitrine du genou. Elle put voir quatre bracelets de flammes noires orner l'avant-bras droit du cinglé aux cheveux verts. Il la saisit de nouveau à la gorge :
_ Voyons voir, que devrais-je faire ? T'arracher les doigts ? Et si je déstructurais simplement ta jolie frimousse ? Ce serait idiot, tu ne plairais plus au jeune homme que je possède !
Il la souleva et la jeta contre un mur et elle tomba sur des ordinateurs, brisant leurs écrans au passage. Madoka n'eut pas le temps d'essayer de se relever qu'il l'écrasait de nouveau sur le mur. Cette fois-ci, elle ne se laissa pas faire et se dégagea afin de saisir la lame qui était fixée sur son bras gauche. Elle visa son torse et toucha violemment sa cible. Dans le mouvement, le possédé tomba à la renverse et heurta durement le sol. Amano haletait, les yeux fixés sur le trou béant dans la poitrine de Kyoya.
_ Madoka... appela-t-il avec une voix asséchée et faible.
Elle accourut auprès du blessé qui avait repris ses esprits. Il était glacé, son sang coulait abondement et son regard montrait qu'il était déjà déterminé à partir.
_ Oh non, Kyoya, ne me laisse pas toi aussi... je t'en supplie, tiens bon le temps que j'appelle Ryutaro...
_ Attend, la retint le vert alors qu'elle allait partir. Je ne pourrais pas contenir cette Ombre plus longtemps, et tu ne l'a pas achevée. Il faut que tu me tue, si elle prend ce qui me reste de vie, elle sera bien trop forte pour toi. Tue-moi, dépêche toi, implora-t-il tout bas comme sa voix s'éteignait peu à peu.
_ Kyoya, je ne peux pas, je t'aime, je ne pourrais pas te tuer...
_ Tu es la seule qui puisse le faire, je n'ai même plus la force de me suicider, dépêche-toi.
De nouveau poussée par cette force invisible, Madoka leva son arme et la planta en plein dans le cœur du lion. Des gerbes de sang giclaient lentement de ses plaies, éclaboussant la jeune fille. Avant de mourir, le vert murmura :
_ Tu sais, moi aussi je t'aime, ma petite Madoka...
Et il ferma les yeux pour ne plus jamais les rouvrir.
_ NON !, hurla-t-elle dans une longue plainte.
Elle versa toutes les larmes de son corps en se secouant de spasmes sur le torse du mort. Elle était détruite, abandonnée et délaissée. Elle voulait mourir autant de fois que le nombre de gens qu'elle avait tués dans ces trois derniers jours.
Soudain, tout disparu autour d'elle, sous elle, partout, tout devenait blanc et lumineux. Allait-elle enfin pouvoir avoir le repos éternel ? Elle ne méritait que les flammes de l'Enfer ! Puis, des formes lui apparurent et elle se retrouva finalement dans la salle de simulateurs qu'elle venait de quitter. Sauf qu'ici, Kyoya n'était pas raide mort, les autres non plus, et ils lui souriaient bienveillamment.
_ Kyo-Kyoya ?, bégaya la jeune fille.
_ Ouais, c'est moi...
Elle se jeta sur lui avec tout le peu de force qui lui restait et ils s'écroulèrent au sol, se serrant l'un contre l'autre et pleurant à chaudes larmes.
…
Mayura s'assit sur le bord de la fenêtre ouverte pour regarder les lumières de la ville. Il n'y avait pas une lueur dans l'appart', elle voyait tout et le reste du monde ne voyait rien. Elle avait une joie de vivre qu'elle ne se connaissait pas. L'amour, avait supposé Nile. Nile... il était si... tellement... il était sa vision du parfait. Elle respira profondément la brise froide qui lui passait sur le visage et soulevait ses cheveux. Elle soupira en passant des images de ses proches dans sa tête. Kyoya, quelques chasseurs de têtes qui l'avaient aidée par le passé et qui étaient devenus des amis, Ryutaro, Benkei et, surtout, Nile qui remplissait son esprit. Elle soupira encore.
_ A qui tu penses ?
_ A toi Nile, à Kyoya, Benkei, les autres... Vous avez failli me perdre.
Elle tourna son visage serein vers le sien et sourit :
_ Tu as appris à te sécher les cheveux où ?
_ En Égypte ils sèchent en deux secondes.
_ Et au Japon ?
_ C'est toi qui me les sèche ?, tenta-t-il.
Elle ferma la fenêtre et attrapa la serviette qui tombait de la tête aux épaules de Nile. Elle le fit se pencher en avant et frotta énergiquement ses cheveux. Il releva la tête quand elle n'eut plus de force dans les bras. Il saisit son menton et posa doucement ses lèvres sur les siennes. Les yeux brillants, elle suivit du doigt les marques sur ses joues. Nile quémanda encore un baiser. Il posa son front contre le sien et captura de nouveau ses lèvres. Il descendit embrasser son cou et sentit les mains froides de Mayura sur son torse nu.
_ Je... commença-t-il.
Leurs ventres grognèrent à l'unisson.
_ On a faim, rit-elle devant la mine dépitée de Nile.
…
Depuis qu'elle était sortie, Madoka ne lâchait plus Kyoya d'une semelle. Elle n'expliqua pas pourquoi quand on lui posa la question, elle préférait ignorer ceux qui la lui posaient. Elle n'avait rien dit à Kyoya non plus, mais il n'avait pas l'air de lui en tenir compte.
Ce soir là, au réfectoire, on fêta joyeusement son retour. Tout le monde était heureux et s'employait à redonner l'envie de vivre à la petite Amano qui n'était que le fantôme d'elle même. Ils réussirent à la faire manger et rire de bon cœur, mais dès que la soirée se termina, son visage s'assombrit de nouveau. Elle remonta au dortoir seule et dans l'intention de le rester. Une fois là haut, elle s'écroula sur son lit et s'enferma avec les petites cloisons. Elle se recroquevilla sur elle-même et attendit que le sommeil vienne. Cependant, malgré la fatigue qu'elle ressentait, elle restait on ne peut plus éveillée les images de ses amis assassinés par ses armes revenaient sans cesse se mêler à celle de leurs sourires de ce soir. Soudain, quelqu'un entra et s'allongea à ses côtés.
_ Fais-moi une place, je vais tomber, fit remarquer Kyoya.
_ Il y a plein d'autres lit dans le dortoir où tu aura toute la place que tu voudras...
_ Après avoir vérifié que j'étais bien vivant et pas possédé, tu m'envoies chier. C'est très élégant comme comportement...
_ Je ne...
_ J'ai vu mon nom sur la liste des gens que tu avais à combattre... c'était le dernier, tu m'as eu pour ton combat final.
_ Et alors ?, rétorqua-t-elle après un temps, poursuivant sur la voie qui les pousserait à se disputer.
_ Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Moi j'ai eu Ginga et toi. Tu lui étais dévouée et lui était possédé. Je vous ai tués, pourtant vous êtes bien là. Tu imagines, cela s'est produit quand tu étais amorphe sur un lit d'hôpital, j'ai cru que je t'avais réellement massacrée !
Il avait presque crié.
_ Cet ordinateur a été créé pour nous embrouiller et nous en ressortons sans avoir plus confiance en personne. Tout ce que je te demande, c'est de sortir de cette illusion et de redevenir comme avant. Ce truc n'était qu'un cauchemar qui te manipulait.
Madoka pleurait de nouveau.
_ Mais tu ne te rends pas compte, gémit-elle entre ses sanglots, j'ai tué ma mère, mon père, mes amis, ma meilleure amie, des gamins innocents et la personne que j'aime le plus au monde s'est sacrifiée aussi pour que je n'ai pas à me battre plus longtemps. Je suis juste un monstre !, glapit-elle.
_ Tu serais un monstre si tu ne ressentais rien après avoir accompli ça, ok ? C'est l'inverse qui se passe, donc tu n'en es pas un. Allez, c'est finit maintenant.
Il lui frotta le dos jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Lui, Le grand Kyoya, s'attendrissait devant cette chétive jeune fille dont le comportement empirait à vu d'œil et qu'il avait l'impression de perdre un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait. Il fallait que cela s'arrête...
…
Ce matin-là, Madoka se sentit nauséeuse lorsqu'elle ouvrit les yeux. Elle comprit rapidement pourquoi : Kyoya n'était pas là, alors qu'il était monté la voir le jour précédent. Une infime déception s'insinua dans sa tête et s'élargit lorsqu'elle constata qu'il ne l'avait même pas attendue au réfectoire et qu'il était partit en patrouille on ne savait pas où. Elle sombra peu à peu dans une déprime et passa la matinée à regarder sa tasse de café comme si elle aurait pu se noyer dedans. Dégoûtée de la vie et plus maussade qu'un jour de pluie, elle décida, après huit heures de réflexion dignes d'une limace, de partir à la recherche de la cause de ses soucis. Il était déjà tard et la plupart des membres de l'Académie le lui déconseillèrent mais elle resta sourde à leurs paroles. Elle sortit donc son ordinateur et fit une recherche ciblée sur Leone, le revolver de Kyoya, et ne mit pas longtemps à le découvrir...
_ Mais qu'est-ce qu'il fout chez moi ?!, s'indigna la jeune fille avant de se lancer dans les rues sombres.
…
Quelques minutes plus tard, elle arrivait chez elle, à bout de souffle et de nerfs, plus nauséeuse que jamais. Elle décida plus prudent de passer par derrière. Lorsqu'elle passa la porte, elle put entendre un vacarme assourdissant en provenance du salon et se rappela de la dernière fois qu'elle était venu ici, quand elle avait...
Un bruit de casse l'empêcha de se mettre à pleurer. Madoka accourut dans la pièce et... se rendit compte qu'elle n'avait aucune arme sur elle... ! Mais quelle conne !
Cependant, elle n'eut pas le temps de jurer : devant elle, Kyoya se débattait avec une Ombre Supérieure et n'avait déjà plus de munition. Il combattait donc avec une lame ridiculement fine et petite qui ne lui était pas d'une grande utilité... Pardonnez-moi, on parle du grand Tategami là... donc rectification, même avec un mini couteau il avait la classe et il s'en sortait pas si mal !
Bref, arrêtons de fantasmer car l'impératif du moment est de tuer cette Ombre.
Donc chercher une arme.
Un pied de chaise ? Trop long à casser...
Le vase ? Trop cher et utilisable une fois seulement...
Pourquoi pas la...
Kyoya grogna sauvagement, interrompant sa réflexion :
_ Madoka ?! Qu'est-ce que tu fous ici ?! Casses-toi, bouge, dépêche-toi !
Ce hurlement de désespoir fit tressaillir Madoka, qui comptait presque obéir immédiatement à son ordre impétueux. Malheureusement, l'Ombre grouillante en profita pour se jeter sur Tategami et tenter une fois de plus de prendre son corps à son esprit. Le lion fulmina, poussant un grondement haineux.
La violence de la possession était accrue par la résistance de Kyoya. Il lutta, mais une Ombre Supérieure c'était pile sa limite, et comme il était fatigué par le combat, il ne tarda pas à se retrouver enfermé dans sa tête.
Madoka, qui ne supporta pas cette vision, puisqu'elle se rappelait jusqu'au plus profond de sa chair avoir tué le lion pendant son examen, se senti pousser des ailes et se rua sur le monstre. N'ayant pas d'arme, elle se trouva fort démunie quand elle prit conscience de ce qu'elle faisait.
L'Ombre ne lui laissa pas le temps de se reprendre et pris le dessus en l'envoyant valser jusqu'au canapé.
_ Alors, petite Chasseuse, on a oublié son arme ?, susurra-t-elle vicieusement depuis le corps de Kyoya.
_ Kyoya, tu es plus fort qu'elle, prend le dessus !, cria Madoka, des larmes d'impuissance roulant déjà sur ses joues.
Le personnage, corps de Kyoya mais âme de démon, ricana méchament.
_ Cet humain à fait beaucoup de dégâts dans nos rangs. Crois-tu que j'ai essayé de le piéger sans prendre sa puissance en compte ? Pauvre idiote...
Madoka tiqua... Le piéger ? Leurs rangs ? Les Ombres étaient donc organisées en armée ? Pas juste une invasion violente ?
Elle se rendit compte qu'elle ne s'était même pas posé la question. Peut-être même que personne à l'Académie ne s'était posé la question. Leur but était de contrer l'invasion, personne n'avait cherché à comprendre les intentions ou le fonctionnement de envahisseurs...
_ Je ne comprends pas, pourquoi le garder en vie s'il tue tant de personnes ?, questionna Madoka pour essayer de glaner des informations.
_ Le garder en vie ? Pour quoi faire ? Bien sûr que non !, s'exclama l'Ombre. Mon but est de le consumer, et c'est le moyen le plus sûr pour le tuer !
Madoka fronça les sourcils. Selon ce qu'elle avait appris avec Ryutaro, les ombres avaient besoin des corps pour vivre. C'était pour elles une source d'énergie et un moyen de passer inaperçues.
_ Et oui, profite de la vue, petite Chasseuse, c'est la dernière fois que tu vois cet homme debout.
La provocation fit réagir Madoka. Elle se saisit de la première chose à sa portée et la lança sur l'homme. La télécommande, donc... Elle se sentie idiote, mais elle avait atteint son but : énerver l'Ombre.
_ Tss... Tu avais pourtant l'air d'être intelligente, petite Chasseuse, gronda l'Ombre à travers Kyoya en s'avançant vers elle.
Madoka retint un sourire. Ombre Supérieure mon œil ! Aussi brute et primitive que les autres. Mais tant qu'elle se concentrait sur elle, elle ne s'occupait pas de tuer Kyoya.
…
Etre enfermé, s'était souvent chiant pour le lion. Mais alors être enfermé dans sa tête, c'était un level bien supérieur ! Il avait l'impression de tourner en rond, tel un lion en cage. Il n'y avait pas meilleure métaphore...
Il cria. Sans succès. Il n'avait accès à rien.
Il s'inquiétait pour Madoka. Qu'est-ce qu'elle était venue faire ici ? Et sans la moindre arme en plus ?
Etait-elle revenue voir ses parents alors qu'elle les savaient infestés ? Peut-être que oui, elle avait tout simplement voulu les sauver. Mais c'était à Kyoya qu'on avait confié cet mission, donc Madoka n'avait rien à faire là.
Il aurait aimé lui faire cette surprise pour qu'elle se sente mieux. Genre, hey regarde, ton examen c'était vraiment du flan, tes parents sont bien là et bien vivants.. !
Mais là c'était un peu rappé...
Il en était là dans sa réflexion quand la lumière revint. Enfin, la lumière... non, plutôt la vision et un peu le son. Tout avait l'air assez lointain.
Il vit Madoka lancer toute sorte d'objet sur lui. Enfin plutôt sur l'Ombre, vu qu'elle contrôlait tout son corps.
Très vite, il compris qu'elle distrayait l'Ombre et tenta de reprendre le dessus. Mais c'était impossible, l'Ombre était trop forte. Impuissant, il regarda avec tristesse la jeune fille qu'il aimait continuer à s'acharner sur lui.
Jusqu'à un cri.
…
Madoka s'essoufflait. Le doute quant à l'efficacité de sa technique était plus que présent dans son esprit. Elle recommença à pleurer.
Quand les larmes brouillèrent sa vue, elle s'énerva d'être si faible et réagit en criant sur Kyoya :
_ Mais, Kyoya, bouge-toi ! Je ne peux rien faire si tu n'y mets pas du tien !
_ A qui parles-tu, petite ?, fit sournoisement l'Ombre. Celui que je possède ne t'entends pas. Et il a l'air si triste de savoir que tu vas mourir, ricana le monstre.
Mourir ? J'aimerais bien voir ça, ronchonna Madoka en elle-même. Mais si elle avait su, elle se serait retenu de penser cela.
A la seconde suivante, elle trébucha. En un instant, l'Ombre fût sur elle, un couteau de cuisine bien en main. Assis sur elle, le monstre lui coupa tout mouvement de retraite. Le visage de Kyoya s'étira sur un large rictus.
_ Ha, le moment tant attendu … , susurra-t-il.
Il fit rouler l'arme entre ses doigts, puis la fit courir le long de la joue de Madoka, laissant sur son chemin une longue marque rouge qui se vida de son sang.
_ Kyoya...
Cette-fois, la Chasseuse ne pleurait pas. Mais sa voix tremblait. Madoka ne voulait pas que ce soit la dernière fois. Elle ne voulait pas mourir sans lui dire ce qu'elle ressentait.
_ Kyoya... Entends-moi...
Au fond des yeux du possédé, elle chercha une lueur qui pouvait indiquer que son petit lion l'entendait. Elle déglutit difficilement, alors que l'Ombre commençait à entailler son menton, un sourire sadique sur les lèvres.
_ Kyoya, il faut que tu m'entendes...
Elle cru voir un bref reflet d'émotion dans les yeux bleus qu'elle fixait.
_ Kyoya, je t'aime, ne me laisse pas mourir comme ça...
_ Oh que si, regarde la bien mourir et souffrir, railla le monstre.
…
Le sang de Kyoya ne fit qu'un tour. Il hurla plus fort que jamais et tenta tout pour reprendre le contrôle. L'Ombre, ne s'y attendant pas, fut légèrement projetée en dehors du corps de l'homme aux cheveux verts. Déstabilisée, elle perdit son aplomb, ce qui se vit sur le visage possédé de Kyoya.
Madoka n'attendit pas un autre signe. D'instinct, et alors qu'elle n'avait jamais fait cela, elle attrapa l'Ombre et la tira vers elle. Son but était de l'enlever du corps de Kyoya, mais elle ne pensait pas au danger qu'elle encourait. Elle n'avait jamais été possédée, et elle n'avait pas conscience que si l'Ombre Supérieure était plus forte qu'elle, elle mourrait presque instantanément...
L'Ombre, égarée, se débattait entre les deux corps. Elle fut très vite énervée et accepta la défaite (qui était de déposséder le vert) pour se concentrer sur autre chose : tuer la jeune fille.
Madoka entendit le grondement de colère et réagit trop tard... L'Ombre se rua en elle.
[Fin ? Oh non, je ne peux pas faire ça, après 7 ans d'absence!]
Contre toute attente, Madoka n'eut pas mal. Quand l'Ombre se faufila jusqu'à son esprit, elle se sentie beaucoup plus forte qu'elle. Et elle compris ce que Ryutaro lui avait dit : être consumé de l'intérieur. Sauf que là, à sa grande incompréhension, c'est elle qui carbonisait l'Ombre.
Elle entendit ses gémissements : « Pourquoi ? Pourquoi mourir maintenant ? »
Elle fronça les sourcils. Les Ombres avaient peur de mourir.
« Je voulais juste servir mon Grand Roi... », geignit l'Ombre avant de disparaître, calcinée, dans l'esprit de Madoka.
…
Madoka ne sentit pas qu'elle tombait dans les pommes. Mais elle senti bien qu'elle était écrasée par quelque chose.
Kyoya pleurait à chaudes larmes en la serrant très fort contre son cœur. Trop fort...
_ Tu ne peux pas me laisser..., sanglotait-il, tu ne peux pas être morte...
_ Je..., toussota-t-elle. Je suis vivante, mais si tu ne me lâche pas, je vais étouffer...
L'étreinte de Kyoya se relâcha doucement. Madoka prit une inspiration salvatrice. Devant la mine défaite du grand lion, elle sourit, mollement, car à bout de force.
_ Tu as vu, je l'ai tuée...
_ Tu étais morte, gronda le lion.
Il caressait son visage avec toute son application. On voyait très clairement le soulagement sur son visage.
_ Mais non, j'étais un peu fatiguée. Pourquoi je l'ai tuée ?
_ Je ne sais pas. Visiblement, le processus marche dans les deux sens. Tu étais trop forte pour elle.
_ Elle a parlé du Grand Roi. C'est quoi ?
_ Je ne sais pas...
_ Il faut découvrir ce que c'est. J'ai appris plein de choses aujourd'hui, il faut rapporter tout ça à l'Ordinateur Central pour améliorer nos connaissances sur les Ombres. On va pouvoir détruire leur Roi si on comprends ce que c'est et... quoi ?
Kyoya l'empêcha de se lever. Il la fixait avec un sourire bienveillant.
_ On a des choses à se dire je crois.
_ De quoi tu parles ?
Ils se fixèrent longtemps. Madoka ne comprenait pas où il voulait en venir.
_ Pourquoi c'est moi ?
_ … ?, répondit-elle.
_ Pourquoi c'est moi que tu aimes, alors que tout le monde pensait qu'il y avait quelque chose entre toi et Ginga ? Pourquoi c'est moi que tu aimes, une personne violente et maladroite avec ses sentiments ? Pourquoi...
_ Ouh là là, l'interrompit-elle. Moi et Ginga ? A quel moment ? Je ne suis pas attirée par les enfants de douze ans, ironisa-t-elle.
Elle leva sa main jusqu'à la joue de son petit lion adoré. Il la ramena plus près de lui.
_ Quant à ta violence, je demande à voir... Tu n'es pas quelqu'un de méchant, Kyoya Tategami. C'est juste qu'il faut comprendre ta façon de t'exprimer...
Elle l'embrassa, avec douceur.
_ Je t'aime, dirent-ils en cœur, ce qui les fit éclater de rire.
Libérés du poids de leurs aveux, ils se relevèrent et s'assirent sur le canapé. La nuit commençait à tomber, et ils s'endormirent, épuisés.
[fin pour de vrai... ouh, que c'est niais, ne m'en voulez pas ^^]
Merci à tous pour vos commentaires passionnés et/ou très encourageants.
Je suis désolée de n'avoir rien publié pendant tout ce temps. De ce fait, mon style d'écriture a dû un peu changer. N'hésitez pas à laisser un petit review et à bientôt pour de nouvelles aventures !
