12.
Syrance fronça les sourcils.
- Une mante-religieuse n'est-elle pas censée ne pas rugir ?
- Je suis mon aboutissement. Je suis parfaite !
- Maman, je te reconnais à peine…
- Et c'est pourtant bien moi. Je suis ta mère, Syrance ! Et je peux me battre avec des pinces et des mandibules pour tout dévorer ! J'ai cinq mâles sur mon passage, ce n'est pas un signe anodin ! Je vais me régaler ! Et j'ai très faim !
De son côté, Alguérande avait une ultime fois fait le compte de son petit groupe de fidèles.
- Les scans de l'Observatoire Juroum renseignement la Mandragore droit devant nous. Ce n'est plus qu'une question de minutes… C'est parti ! Feu de toutes parts, il n'y a aucun quartier à faire ! Volonté de mon général et pour la paix des univers !
- A tes ordres, colonel Waldenheim ! firent d'une voix son père, son aîné, Warius et Norys.
- Hein ? De quoi ? siffla la Renégate. Depuis quand ces fous furieux individualistes se sont-ils synchronisés ? C'est de la triche !
Devant ses quatre partenaires, Alguérande avait pointé des coordonnées sur l'écran de sa salle de réunion.
- Nos forces ne sont pas négligeables. Mais, naturellement parlant, elles ne suffiront pas… Je vous demande donc d'occuper nos créatures d'adversaires, le plus longtemps possible, jusqu'à la destruction s'il le fallait… Je ne sais pas combien de temps nous pourrons tenir.
- Là, tu parles de Mogoth, Radjanga, pas de nous vraiment, releva Anténor. Que doivent faire tes amitiés surnaturelles ?
- Elles doivent les arrêter. Mais comme si je pouvais savoir si cela sera suffisant, si cela marchera… Et, en tout état de cause, ce seront nos cinq cuirassés la ligne de défense contre ces deux folles ! Et il faut préserver la mer d'étoiles, tous les secrets qu'elle peut encore recéler, de ces destructrices… Je ne peux vous promettre que le pire, pour changer. Au combat, les amis, tous ?
- Au combat ! rugirent les quatre autres guerriers gonflés à bloc et prêt à tout donner pour leurs convictions.
Radjanga fronça les sourcils.
- Pourquoi m'as-tu convoquée, colonel Waldenheim. J'ai à rassembler mes esprits, mes forces. Il reste si peu de temps !
- Oui, et impossible de connaître la fin de l'histoire, ce n'est pas moi qui l'écris ! Et nous avons autant de chances de victoire que de malchances d'y rester…
- Et donc ? Ne me dis pas que tu veux un câlin, toi aussi ? Pas possible cette famille de chauds lapins ! ?
- Pas moi. J'ai une femme que j'adore, que j'ai craint de perdre de façon trop douloureuse récemment… J'aime ma famille plus que tout, car j'ai mon foyer !
- Je crains de voir où tu veux en venir… marmonna la jeune femme.
- Il t'aimer, il t'adore…
- Il veut me sauter !
- Plus encore : il est fasciné ! Et il t'aime ! Qu'importe ce qu'il arrivera avant la nouvelle aube chronologique, après ce combat. Vas-y, Radjanga, Guylette, ou quel que soit ton nom. Il le mérite et il est sincèrement accro !
- Je sais. Je perçois ses émotions à un point inimaginable… Mais sans espoir de futur, pourquoi emporterais-je un jeune Humain plein d'espoir dans ce tourbillon ?
- Tu veux donc le protéger ? tiqua Alguérande.
- Bien sûr ! Je l'aime !
- Alors écrase tes idées et suis tes émotions !
- Des ordres, colonel ?
- Vas aimer mon frère, il bave pour cela depuis longtemps et il saura t'adorer comme tu le mérites !
- Mais de quoi je me mêle ? ! marmonna Radjanga.
Masque vissé au visage, Anténor sursauta quand Radjanga se matérialisa juste à côté de lui.
- Tu as failli te faire flinguer. J'ai une arme, elle peut te tuer !
- Possible. Mais je ne suis pas là pour ça. Il reste si peu de temps !
- Pourquoi ?
Mais avant d'avoir pu réagir, Anténor avait vu la jeune femme lui sauter dessus, l'emprisonner de ses cuisses avant de le dévorer de baisers passionnés.
Et Anténor avait répondu avec une intensité de désir et de sauvagerie sexuelle proportionnelle.
