Chapitre 2

A peine étaient-il arrivés que Charles sentit avec violence la mutante, à quelques mètres plus loin. Aussitôt, il se dirigea presque en courant dans un parc municipale, Erik sur ses talons. Après quelques minutes, Charles finit par découvrir la mutante, assise sur un banc, les bras repliés autour des genoux. Elle semblait terrorisée, mais Charles ne put s'empêcher de la trouver ravissante. Lui qui préférait les grandes blondes, cette fille en était tout le contraire : comme dans sa vision, elle avait de magnifiques cheveux corbeaux qui ondulaient en bas de ses reins, mais ce qui frappa Charles, ce fut ses yeux, ses magnifiques yeux d'un vert saisissant. Elle avait la tête orientée vers le ciel, songeuse et visiblement triste. Kaitlin n'était pas si jolie, elle avait un visage large et des joues de bébé, même son corps n'avait rien d'exceptionnel, mais Charles était subjugué par cette mutante, sans qu'il sache pourquoi. Quelque chose naissait en lui, sans qu'il puisse mettre la main dessus.

- C'est elle ? Demanda Erik, le sortant de ses pensées.

- Oui.

Il posa deux doigts sur sa tempe et tenta de sonder l'esprit de Kaitlin, quand le même mal de tête vint l'assaillir.

- Je n'y arrive pas... Je ne comprends pas, si elle était télépathe comme cette fille sur le bateau, elle aurait sentit ma présence...

- Et bien allons lui demander !

Erik se dirigea d'un pas déterminé vers la fille, tandis que Charles restait un peu en retrait. Dès qu'elle aperçut les deux hommes, Kaitlin tressaillit et fit mine de ne pas les avoir remarqué, du moins jusqu'à ce qu'Erik lui adresse la parole :

- Bonjour Kaitlin, je suis Erik Lensherr.

- Charles Xavier.

La jeune fille les regarda tour à tour avec incompréhension, de Charles qui s'était assis à côté d'elle et d'Erik qui avait posé une main sur le banc, penché sur elle.

- Co... Comment vous connaissez mon nom ?

- Parce que nous sommes comme vous. Erik ? Ajouta-t-il a l'intention de son ami.

Celui-ci claqua des doigts et en une seconde, la poubelle située à quelques mètres d'eux se broya. Kaitlin était fixée sur la poubelle, à la fois soulagée et effrayée. Finalement, elle se décida à parler, d'une voix mal assurée :

- Vous aussi... Vous aussi vous êtes... différents ?

- Oui, nous sommes des mutants, tout comme vous, répondit Charles.

- A... Alors je ne suis pas seule ?

- Non Kaitlin. Vous n'êtes pas seule.

Celle-ci se mit à pleurer, mais de joie cette fois. Toute sa vie, elle s'était considérée comme une bête de foire, un monstre, et voilà que deux jeunes hommes venaient lui dire qu'elle était presque... normale. Un sourire vint s'étirer sur son visage, et prise d'un brusque accès de joie, elle se jeta sur Charles et le serra aussi fort qu'elle put. Celui-ci, un peu étonné de cette réaction, jeta un petit coup d'œil gêné à Erik, qui riait en silence. Finalement, il lui rendit son étreinte, les cheveux de Kaitlin lui chatouillant le nez. Ils sentaient le shampoing à l'amande et à la noix de coco, très agréable. Kaitlin daigna finalement se décoller de Charles, un grand sourire sur le visage. Une fois de plus, le télépathe resta pantelant devant ce qu'elle dégageait dès qu'elle souriait. Il aurait probablement pût rester à la contempler longtemps encore si Erik ne l'avait pas ramené à la réalité :

- Il est temps de retourner au jet, on a pas beaucoup de temps.

- Tu as raison, allons-y. Suis-nous Kaitilin.

- On va où ?

- A la CIA, aux États-Unis

- Aux États-Unis ? Génial... dit-elle, les étoiles pleins les yeux.

Les mutants finirent par atteindre le super jet de Hank et Kaitlin alla s'installer sur la banquette arrière. Au bout de quelques minutes de vol, Charles posa la question fatidique :

- Au fait Kaitlin, quel est ton don ?

- Un don... soupira-t-elle. J'appellerais plutôt ça une malédiction.

- Pourquoi donc ? Dit Erik, toujours énervé que les mutants se considèrent comme des monstres.

- Je vais essayer de faire simple... Disons que ma mutation, comme vous dites, est une sorte de bouclier invisible tout autour de mon corps qui me protège de n'importe quelle agression. Tenez, regardez.

Kaitlin sortit un petit couteau suisse de sa poche et entreprit d'entailler son avant-bras. Sauf qu'au lieu de couper sa peau, la lame glissa dessus comme si elle était en pierre, bien que Kaitlin appuyait visiblement de toutes ses forces.

- ... Fascinant, laissa échapper Charles.

Erik, qui avait enclenché le pilotage automatique, considérait Kaitlin avec attention et curiosité. Cette mutante pouvait donc être invincible si l'on en jugeait ses paroles.

- C'est donc pour cela que je n'arrive pas à lire dans tes pensées...

- Vous êtes télépathe ? S'extasia Kaitlin.

- Oui, et mon ami Erik peux contrôler le métal.

- C'est génial, vous au moins, vous pouvez gérer votre pouvoir...

- Que veux-tu dire ?

- Euh... Quand je suis en colère, triste ou même... amoureuse, je ne contrôle plus rien et mes émotions prennent le dessus. Généralement, mon bouclier ne bouge pas, mais quand je suis vraiment bouleversée, ma mutation se transforme en longueur d'ondes et produit des ondes de choc tout autour de moi. J'ai à moitié détruit ma maison ce matin simplement parce que mes parents me reprochaient une mauvaise note.

Charles était bouche bée. C'était probablement à cause de ça qu'il l'avait entendu crier dans le Cerebro. Doucement, il lui saisit la main, geste qu'il n'avait pas réellement prévu et lui dit avec conviction :

- Je t'apprendrais à le contrôler Kaitlin, fait-moi confiance.

Elle le sonda de ses grands yeux verts, avant de déclarer avec un petit sourire triste :

- Je n'ai plus que vous maintenant...