Chapitre 5 : Étrangeté et solitude
Hermione ne pouvait pas le croire. Comment cela se faisait-il? La jeune femme de son rêve était la même qui se situait dans le portrait de la salle de bain des préfets en chefs. Sans aucun doute, c'était belle et bien elle. Elle belle comme un ange. Jamais une humaine n'avait pu être aussi belle. Comme si elle avait était dessinée par un ange. Mais malgré la beauté qu'elle suggérait et qu'elle renvoyait, elle paraissait absente. La jeune Gryffondor écourta son moment de détente, s'habilla précipitamment puis se plaça devant le portrait de Jane. Cette dernière était comme à son habitude, distante. Le regard vide. Comme Hermione l'avait deviné quelques instants plus tôt. C'était comme si elle savait ce qu'Hermione comptait lui demander puisqu'elle disparut aussitôt. La jeune fille se mordit la lèvre inférieure. Il fallait absolument qu'elle lui pose des questions. Cela ne semblait pas être une chose gagnée d'avance mais tant pis, elle avait besoin de réponses. Tout cela semblait irréel, tellement invraisemblable. Comment pouvait-elle penser que cette femme avait quelque chose à lui dire? A lui avouer. Impossible, Hermione devait sûrement se tromper. Elle sortit en trombe de la salle de bain, perdue dans des pensées. Hermione ne regardant pas où elle allait, heurta quelque chose sur son passage et tomba sur le sol dur.
- Tu ne peux pas regarder où tu marches sang de bourbe?! Heureusement que je comptais me laver... Tu me dégoûtes !
C'était Malfoy, il lui lançait un regard meurtrier. Ses perles glacées faisaient ressortir toute la haine qu'il éprouvait pour elle.
- Tu peux éviter d'être toujours sur mon chemin Malfoy? rétorqua-t-elle sèchement.
Mais celui-ci ne lui répondit pas et se contenta d'air regard froid avant de disparaître dans la salle de bain. Cette petite altercation avec Malfoy de si bon matin, l'avait énervée au plus haut point. C'est d'une humeur explosive qu'elle entra dans la grande salle, sous le regard des autres élèves, et alla s'asseoir auprès de ses amis de Gryffondor. Ces derniers, ayants remarqué l'humeur massacrante d'Hermione, préférèrent seulement lui dire bonjour et la laisser dans ses pensées. Elle avala à une vitesse ahurissante sa tarte à la mêlasse, ses tartines beurrées et son jus de citrouille, puis emporta ses affaires pour aller travailler à la bibliothèque avant ses cours d'arithmancie. La jeune préfète en chef aurait juré avoir entendu Ron marmonner quelque chose à propos d'elle mais elle s'en fichait. Peu lui importait ce qu'il pouvait dire d'elle. Elle avait d'autres choses à penser, et plus importantes d'ailleurs et elle se demandait aussi quand est-ce que Malfoy lui donnerait sa première punition.
En arrivant à la bibliothèque, elle tomba sur un groupe de filles qui semblaient mijoter quelque chose. Hermione se plaça non loin d'elles, puis commença à travailler d'arrache-pied pour terminer ses devoirs de potions et de runes anciennes, s'aidant d'énormes ouvrages qu'elle seule avait le courage de lire. Au bout d'un certain moment, les voix des filles qui étaient restées à l'écart se firent entendre de plus belle. Hermione, agacée de ne pas pouvoir travailler en paix, décida d'aller les voir et de les réprimander.
Elle entendit l'une d'elle dire aux autres « Chut, taisez-vous, et si Granger nous entendait ? ». En entendant cela, elle se cacha derrière une rangée et les écouta. Ce n'était pas très glorieux mais peu lui importait.
Elle put apercevoir que le groupe était composé de Romilda Vane et des quelques fans d'Harry. Elle su tout de suite quel devait être le sujet de leur conversation « secrète ».
- Alors Romilda tu as réussi en t'en procurer? Demanda une fille de troisième année.
- Mieux que ça... Je l'ai fabriquée moi-même. Avec ça tu peux être sûre que l'une d'entre nous aura le cœur de l'élu, dit la principale concernée.
- Tu es géniale, mais l'an dernier cela n'avait pas marché si je me souviens bien, ajouta une autre.
- C'était à cause de cet imbécile de Ronald Weasley, il avait mangé les chocolats destinés à Harry, et d'ailleurs je me demande pourquoi?, répondit Romilda.
- Et si on l'enfermait? Juste le temps qu'Harry prenne la potion? Demanda une autre un grand sourire sur les lèvres.
A cette question, les filles pouffèrent de rire.
- Même cette satanée Granger ne pourra rien faire, affirma Romilda.
- Ah oui? Qu'est-ce que je ne pourrais pas faire? Demanda Hermione qui était sortie de sa cachette et qui avait pas la même occasion surpris tout le groupe de filles. Romilda s'empressa de cacher la fiole d'Amortencia mais ce fut sans grand succès.
- Donne-moi ça tout de suite, ordonna Hermione sur un ton ferme.
- De quoi veux-tu parler Hermione? Demanda innocemment Romilda.
- Oh je ne sais pas. Peut-être de la fiole d'Amortencia que tu compter faire boire à Harry?
- S'il te plait Hermione, j'ai acheté les ingrédients pour la concocter, une fortune. Je pourrais au moins la garder et je te jure que je ne l'a donnerais pas à Harry, dit Romilda vaincu.
- Hors de question, les filtres d'amour sont contraires au règlement de Poulard ! De plus l'Amortencia est une substance assez difficile à préparer, tu pourrais empoisonner n'importe qui avec si elle n'est pas bien préparée. Et sois assez contente que ma punition s'arrête là. Tu aurais pu avoir des points en moins!
Romilda, vaincu, donna la potion à Hermione et s'en alla de la bibliothèque avec ses amies, marmonnant des injures sur leur passage.
« Incroyable » se dit Hermione à elle-même. Comment ces filles pouvaient-elles être aussi stupides? Comment pouvaient-elles se permettre de ne pas respecter le règlement juste pour un garçon? La jeune préfète en chef se demanda si elle devait jeter la potion ou la garder. De ce fait, elle examina la fiole qui était d'une couleur nacrée, caractéristique même de l'Amortencia, et composée d'une vapeur qui s'élevait en spirales et qui était très reconnaissable.
La potion était absolument parfaite. Elle douta un instant, se demanda si Romilda l'avait réellement préparée elle-même, puis elle la mit dans une de ses poches, alla ramasser ses cahiers et ses livres et alla en cours.
La matinée se passa plutôt bien et son humeur s'était améliorée au fil des heures. C'est de bonne humeur qu'elle se rendit dans la grande salle afin de déjeuner. Elle alla s'asseoir à coté de Ron et d'Harry.
- Salut vous deux, dit-elle de bonne humeur.
- Salut Hermione, ça va mieux? Lui demanda Harry.
- Parfaitement, dit-elle en se servant un peu de soupe à l'oignon. J'ai eu un Optimal à mon essai d'arithmancie ainsi que des félicitations du professeur Vector. C'était un devoir assez difficile et j'étais sûr d'avoir raté un calcul, mais en fin de compte je l'ai pas mal réussi, répondit-elle en souriant.
- Rien que ça ? Et si tu avais eu un effort exceptionnel sa aurait été une catastrophe? Toujours en train de te vanter, lança Ron à Hermione sur un ton presque méchant.
- Mais qu'est-ce que tu as? Ça ne va pas? Quelqu'un a cassé ta baguette ? Demanda Hermione choquée par l'attitude de son ami.
- Laisses tomber Hermione, c'est que les sélections de Quiddich arrivent bientôt et... tu sais comment il est Ron. En plus, il vient de recevoir une punition de Rogue parce que lors du précèdent cours de défense contre les forces du mal il n'a pas réussi un seul de ses sortilèges non verbaux, expliqua Harry.
- Ce n'est pas une raison pour me parler comme ceci. Je n'ai plus faim... Au revoir, dit-elle avant de s'en aller de la grande salle, dégoûtée par Ron qui lui avait plombé sa bonne humeur.
- Attend Hermione, cria Harry au travers de la grande salle, mais la jeune fille était déjà partie.
Comme si c'était un coup du destin, la pluie se mit à tomber et l'humeur d'Hermione n'en fut que plus maussade. Cet après-midi-là, Hermione n'avait pas cours de prévu et aucun devoir, elle les avaient déjà terminés le matin même. Elle pouvait donc se détendre sauf que ce mot ne faisait en aucun cas partit du vocabulaire de la jeune fille. En temps normal, elle serait partie voir Hagrid mais vu le temps qu'il faisait dehors elle préféra s'abstenir. Elle ne se sentit jamais aussi seule... C'était ça les joies d'êtres préfet en chef? Hermione décida de retourner dans ses appartements situés au sixième étage. Elle emprunta les escaliers qui étaient désert à cette heure de la journée, traversa le couloir et arriva devant son portrait.
- Diversae Animae, dit-elle sans grande conviction.
- Je vous en pris ma chère, répondit le portrait.
Résignée comme jamais elle traversa l'espace qui menait à la salle commune des deux préfets en chef. Quelle fut sa réaction, lorsqu'elle vit avec horreur, Drago Malfoy allongé sur le canapé, Milicent Bullstrode sur lui totalement nus, tous les deux en train de pousser des gémissements affreux...
Elle sortit à tout vitesse de la salle commune, se cognant la tête dans l'étroit passage qui la mènerait loin d'ici. Elle devait se changer les idées, oublier ce qu'elle venait de voir. Lorsqu'elle fut enfin sortie le portrait lui dit :
- Bonne journée charmante demoiselle !
- C'est ça, répondit-elle.
Quelques minutes plus tard, elle se retrouva dans le hall d'entrée. La pluie avait cessée et elle aperçut de la fumée qui sortait de la cheminée de la cabane de Hagrid. Elle en conclu qu'il devait être chez lui et de ce fait, se mit en chemin afin de lui rendre la visite habituelle de début d'année. Elle descendit prudemment en empruntant le chemin du parc de Poulard qui était devenu boueux et glissant puis arriva devant la cabane de Hagrid. Elle toqua à la porte et entendit Crockdur aboyer.
La porte s'ouvrit :
- Bonjour Hermione ! Je me demandais quand est-ce que vous alliez me rendre une petite visite! Tiens tu es toute seule? Lui demanda Hagrid.
- Oui, je suis seule... répondit-elle.
- Bon allé viens, je vais te préparer une bonne tasse de thé. J'ai fait un gâteau, sert toi.
Hermione pris place sur un des fauteuils mangés aux mites d'Hagrid. Face à elle, un morceau de gâteau de la taille d'un rocher était posé sur une assiette. Ayant déjà fait l'expérience de goûter à la cuisine de Hagrid, elle préféra s'abstenir de manger, quitte à être affamée, elle préférait conserver toutes ses dents.
- Alors Hermione, dit moi ce qui ne va pas. Tu ne t'es quand même pas disputée avec Harry et Ron ? Demanda Hagrid inquiet.
- A vrai dire, Ron est bizarre en ce moment... Il est méchant avec moi. Il s'énerve facilement. Je sais que le Quiddich est très important pour lui mais ce n'est pas une raison pour s'en prendre à moi!
- C'est bizarre... m'enfin tu connais Ron depuis longtemps, je suis sure que tout va s'arranger d'ici peu, lui dit-il, un sourire bienveillant sur le visage.
- Merci Hagrid, lui répondit-elle avec un sourire sincère.
Il la questionna au sujet de ses vacances qu'elle avait passé au terrier, des cours qui avaient commencé et de son emploi du temps. Lorsqu'elle lui expliqua ce qui était arrivé lors du cours de défense contre les forces du mal avec Rogue il entra dans une colère noire et tapa sur la table avec ses énormes poings. Il fit un long discours sur le fait qu'il était inadmissible d'avoir un tel professeur à Poudlard et que si Dumbledore était encore là, il n'aurait jamais permis une injustice pareille. Hermione écoutait à moitié, elle avait le cœur serré depuis qu'elle s'était disputé une énième fois avec Ron. Celui qu'elle aimait plus que tout semblait-il. Elle en avait marre de ces disputes avec lui mais elle l'aimait quand même... Elle se rappela de la fois où il avait été tous les deux allongés dans l'herbe, à regarder les étoiles... La danse qu'ils avaient partagée lors du mariage... Alors qu'Hermione était perdue dans ses pensées et qu'Hagrid débitait son discours habituel, un hibou grand-duc entra par la fenêtre qui était restée grande ouverte et ramena Hermione à la réalité. Il tenait dans son bec une lettre. Hermione la prit, la déplia et la lu à voix suffisamment basse pour qu'Hagrid ne puisse pas l'entendre :
Ce soir, dans la réserve, à vingt-trois heures.
T'as pas intérêt à être en retard sinon tu resteras une heure de plus.
Le préfet en chef.
Cela avait été écrit d'une manière tellement grossière et en plus à l'encre verte, le signe distinct des Serpentard ! Hermione sentit une colère tout à fait compréhensible monter en elle. Elle avait reçu sa première punition. Hermione froissa le papier entre ses mains et le fourra machinalement dans une de ses poches. Hagrid ayant remarqué l'attitude étrange qu'elle avait, lui demanda si elle allait bien. Elle lui dit qu'elle avait quelque chose d'important à faire, lui dit au revoir, et remonta les escaliers menant au château. Elle regarda sa montre, il était dix-neuf heure, l'heure de dîner. Hermione arriva devant la grande salle qui était bondée, au moment où elle allait franchir le seuil, une main la retint par l'épaule. Elle se retourna, c'était Ron. Hermione ne savait quoi lui dire. Il se regardèrent pendant un instant, puis Ron ouvrit la bouche et dit sincèrement:
- J'ai été nul tout à l'heure... Tu m'excuses Mione?
En guise de réponse elle lui sourit, et il fit de même. Elle se dit définitivement qu'il ne changerait jamais. Ils se dirigèrent timidement vers la table des Gryffondor et rejoignirent Harry, Ginny, Neville et les autres pour leur repas. Hermione se servi des pommes de terre avec du poisson et se joignit de bon cœur à la conversation entre ses amis. Le fait que Ron se soit excusé l'avait revigorée, et même Malfoy ne pourrait pas altérer sa bonne humeur et ce quelle que soit la punition qu'il lui donnerait. Harry et Ron lui racontèrent leur cours de divination où ils avaient imaginés toutes sortes de tragédies toutes plus folles les unes que les autres et qui leur avaient permis de recevoir un optimal du professeur Trelawney. En temps normal Hermione les auraient désapprouvés, mais cette fois ci elle se mit à rire avec eux. Ils continuèrent à manger et à rire pendant un bon moment, puis à la fin du repas ils regagnèrent leurs maisons respectives. Hermione alla dans ses appartements qu'elle partageait avec Malfoy, mais bizarrement elle ne le trouva pas à l'intérieur. Tant mieux se disait-elle, elle pourrait avoir un peu de répit avant d'aller faire sa punition. Elle regarda sa montre, il était vingt et une heure. Il lui restait donc deux bonnes heures pour faire ce dont elle avait envie.
Elle alla dans sa chambre, et son regard se porta sur le livre posé sur sa chaise en fer forgé:
Les contes de Beedle le Barde.
La jeune Gryffondor décida qu'il était temps de commencer à lire cet ouvrage. Elle commença par la première histoire qu'il s'intitulait « Le Sorcier et la Marmite sauteuse » :
L'histoire parlait d'un sorcier qui était bon et charitable et qui aidait tous les gens se présentant à lui grâce à un chaudron. Il prétendait que c'était une marmite magique. Après son décès, son fils, loin de la sagesse de son père, refusa d'aider quiconque. La marmite se mit alors à sautiller sur un pied et d'autres symptômes, provenant des victimes moldues que le fils n'avait pas aidé, apparurent sur la marmite. Cette dernière, faisant un brouhaha infernal, incita le fils à aider les gens qui étaient venu le voir. Il sortit dans la rue et jeta des sorts par-ci par-là vers les maisons des malades et les guérit, ce qui rendit normale la marmite mis à part le pied qui restait. Le fils enveloppa le pied dans une pantoufle que son père lui avait léguée et finit par apporter l'aide souhaitée à quiconque se présenterait à lui. Ensuite elle lut « La Fontaine de la bonne fortune », « Le Sorcier au cœur velu », et pour finir « Babbitty Lapina et la Souche qui gloussait ». Elle allait commencer « Le contes des trois frères», lorsqu'elle se rendit compte qu'il était vingt-deux heures cinquante-cinq. Se rappelant du message de Malfoy qui lui donnerait des punitions si elle arrivait en retard, la fit se dépêcher. Elle sortit en trombe de la salle commune, puis dévala les escaliers à une vitesse folle. Enfin elle arriva au deuxième étage, pris la porte de droite, traversa la bibliothèque et enfin arriva dans la réserve complètement essoufflée, ses cheveux ébouriffés lui barrant la vue.
- Tu es en retard Granger, il est vingt-trois heure une, annonça Malfoy qui se tenait devant elle. Tu resteras donc une heure de plus, ajouta-t-il, un rictus sur les lèvres.
Rien que ça! Hermione allait répliquer mais elle s'abstint, elle préférait éviter une autre heure en plus en compagnie de ce parfait idiot.
- Comme punition tu devras astiquer tous les livres de la réserve, disons jusqu'à deux heures du matin, et sans baguette bien sûr, et je veux que ce soit absolument parfait, lui dit le Serpentard en s'asseyant sur un fauteuil qui paraissait très confortable.
Astiquer tous les livres? Trop facile. Pour Hermione, ça allait être un jeu d'enfant. La jeune préfète en chef alla chercher dans un tiroir les outils dont elle aurait besoin. Elle prit un chiffon propre et une bouteille de produit spécial de la Mère gratte sec. Elle se mit à sourire tout en s'exécutant. Ça n'allait pas être aussi difficile qu'elle le pensait.
- On peut savoir ce qui te fait sourire? Lui demanda Malfoy irrité de voir qu'elle était à limite d'être heureuse d'être punie.
- Rien de spécial, alors toi et Bulstrode? Demanda-t-elle sans le regarder.
- Je t'en pose des questions? Cracha-t-il. Et toi et Weasmoche c'est officiel? Vous allez enfin pouvoir vivre dans une porcherie, le rêve.
- C'est exactement ce que tu viens de faire, lui répondit-elle sereine. Et je te signal qu'il s'appelle Ronald Weasley. Maintenant laisse-moi travailler sinon je dirais au professeur McGonagall que tu m'empêches de finir mes punitions à temps. Ah, et à l'avenir si tu comptes faire des cochonneries, évites la salle commune! Lui dit-elle sèchement.
Malfoy ne répondit rien et se contenta d'un regard glacial envers la Gryffondor. Ils ne s'adressèrent plus la parole jusqu'à qu'Hermione termine enfin sa tâche. Il était deux heures du matin lorsque Malfoy lui dit qu'elle pouvait enfin s'en aller.
Hermione aperçue qu'un des livres n'était pas rangé, elle l'attrapa mais il lui échappa subitement des mains.
- Tu comptes dormir ici Granger? Demanda Drago qui commençait à s'impatienter. Dépêches toi si tu ne veux pas que je t'enferme ici, ajouta-t-il, un rictus sur les lèvres.
Hermione le regarda d'un air dédaigneux et se baissa afin de prendre le livre. Au moment où elle le ramassa, elle le retourna et vit sur la couverture en cuir, ces quelques mots écris en lettre d'or :
Jane.G.J, 1943.
« Mon cœur est à toi pour toujours»
Hermione se figea sur place. Elle resta interdite pendant un bon moment, et ce n'est que lorsque Malfoy lui dit de son habituelle voix traînante et méchante de se dépêcher, qu'elle sortit complètement déboussolée de ses pensées et le suivit.
Lorsqu'ils arrivèrent enfin à leur salle commune, Drago s'en alla dans sa chambre sans laisser un seul mot à la jeune Gryffondor. Hermione s'installa sur un des fauteuils d'apparence confortable, situés près de la cheminée, et sortit le journal qu'elle avait caché auparavant dans une de ses poches. Elle posa le journal sur la table - où étaient posés une montagne de livres- qui lui faisait face et alluma une bougie pour mieux voir. L'ouvrir ou non, telle fut la question qu'elle se posa durant quelques minutes. La curiosité l'emporta sur la raison et elle l'ouvrit.
Il était vide.
La jeune Gryffondor feuilleta le vieux journal miteux d'où s'arrachaient quelques fils dorés et remarqua que ses pages étaient vierges. Peut-être que Jane n'avait jamais écrit dedans? Étrange tout de même... Elle caressa une des pages vierges du bout des doigts. C'est à ce moment-là que se produisit un étrange et singulier phénomène. Des lettres se mirent à apparaître, brusquement. Elles étaient rouges comme si elles avaient étés écrites avec du sang et elles disaient :
« Lorsque mon sang l'aura presque découvert, je m'ouvrirais afin de révéler la vérité »
