Chapitre 6 : Riddikulus

Que cela pouvait-il bien signifier? Lorsque mon sang l'aura presque découvert, je m'ouvrirais afin de révéler la vérité? Hermione descendit rapidement de son siège et se précipita jusqu'à l'entrée de la salle commune. Elle monta quatre à quatre les marches du grand escalier pour se rendre dans la salle commune des Gryffondor, tentant d'éviter Peeves qui commençait à vouloir lui jeter des épluchures de pommes de terre qu'il avait sans doute volé aux elfes de maison dans les cuisines du sous-sol de la grande salle. Après avoir dit le mot de passe à la grosse dame qui ronflait bruyamment et qui avait été réveillée en sursaut, elle se dirigea vers l'escalier et pris la porte au fond à droite. Celle du dortoir des garçons.

- Harry! Harry lèves toi! J'ai découvert quelque chose, cria Hermione dans les oreilles du pauvre Harry qui dormait profondément.

- Gneu... fut son unique réponse, le survivant était encore endormi.

-Harry debout maintenant! ajouta Hermione en le pressant.

Harry se leva doucement, encore sonné de s'être fait réveillé aussi brutalement à une heure aussi tardive. Il ouvrit difficilement les yeux et alluma d'un coup de baguette la lanterne qui se trouvait sur sa table de chevet en bois.

- Quoi Hermione? dit-il, la voix fatiguée.

- Regarde ce que j'ai trouvé, rajouta-t-elle en lui montrant le livre de Jane.

Hermione lui expliqua ce qu'il s'était passé dans la réserve et ce qu'elle avait découvert dans les appartements qu'elle partageait avec Malefoy. Harry lui proposa de descendre dans la salle commune pour en parler plus longuement et surtout à l'abri des oreilles un peu trop indiscrètes malgré le fait que tout le monde dormait d'un sommeil profond. Puis, après avoir vérifié qu'ils n'avaient réveillé personne, ils s'exécutèrent. Ron ayant tout entendu depuis le début les écoutait parler et se sentit incroyablement exclu quand il vit qu'aucun des deux ne vint le réveiller. Il feint de se rendormir envieux et déçu se laissant aller à diverses spéculations. Quand ils furent arrivés en bas, ils virent que la salle commune était déserte. Ils s'installèrent sur un grand canapé moelleux, en face de la cheminée qui voyait ses flammes danser dans le foyer.

- Qu'en penses-tu de tout ça Harry ? demanda Hermione.

- A dire vrai je ne sais pas trop, lui répondit l'élu. Cependant Hermione, je me trompe sans doute mais j'ai l'impression que ceci te concerne plus qu'on ne pourrait le croire. Le problème est que je me demande comment cela se fait-il que toutes ces coïncidences arrivent en même temps. Tu me suis ? dit-il devant le regard interrogateur d'Hermione. Le rêve que tu as fait à l'infirmerie et maintenant le livre. Cela me rappelle étrangement le journal de Jedusor lorsque nous étions en deuxième année. Et comme par hasard à chaque fois qui étaiT dans les parages ? lui fit remarquer sombrement Harry.

- Si tu parles de Malefoy je t'arrête tout de suite, pourquoi est-ce qu'il ferait ça selon toi ? Tu penses que le livre de Jane pourrait-être un horcruxe ? questionna-t-elle songeuse.

- Hermione, commença à s'agacer Harry, je suis persuadé qu'il se trame quelque chose de louche. Je ne pense pas que tout cela soit des coïncidences. Et en ce qui concerne le livre de Jane je n'en ai aucune idée. Tu devrais essayer de percer ce mystère. Je ne peux pas veiller en permanence sur toi désormais, étant donné que tu ne dors plus dans notre salle commune mais Hermione, promet moi de faire attention.

- Je te le promets Harry, répondit simplement Hermione. Jane aurait donc un rapport avec moi alors ? C'est tout bonnement impossible… Elle a étudié à Poudlard bien avant ma naissance. Je ne la connais pas, alors pourquoi j'ai le sentiment de l'avoir déjà vue ? Je vais essayer de faire des recherches plus poussées à la bibliothèque.

Harry lui offrit son silence en guise de réponse. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes jusqu'à qu'Hermione le rompt et demande à Harry :

- Et toi qu'as-tu découvert ? Tu as du nouveau sur les horcruxes ? Tu sais j'ai fait des tas de recherches mais je n'ai rien trouvé, chuchota Hermione.

- Non, répondit Harry la tête basse.

Il paraissait visiblement tourmenté et inquiet. En effet le temps passait et ils n'avaient toujours aucunes pistes sur les horcruxes hormis le faux médaillon qu'Harry avait récupérer l'été dernier. C'était leur seul indice et ils étaient restés malheureusement au point mort. Harry avait plusieurs fois fait savoir à Ron et à Hermione qu'ils perdaient leur temps à Poudlard et qu'il fallait chercher ailleurs, au dehors. Ils étaient retournés à l'école seulement parce qu'Hermione leur avait ordonné de préparer leur éventuelle quête des horcruxes et que Poudlard était le meilleur endroit pour préparer ça discrètement. Sauf qu'avec les cours, ils n'avaient presque plus le temps de penser à une éventuelle stratégie et surtout à un plan.

- Harry je vais approfondir mes recherches. Je vais étudier le dernier conte que le professeur Dumbledore m'a légué et je vais essayer de découvrir qui est Jane tout en surveillant Malefoy. Soit prudent Harry, dit Hermione en se levant visiblement prête à s'en aller.

- Je compte sur toi, ajouta Harry avant de la serrer dans ses bras. Retrouvons-nous dans la salle sur demande quand tu auras trouvé d'autres informations. Je t'enverrais Hedwige pour te prévenir ou bien tu me le feras savoir par hibou. Bonne nuit Hermione.

- Bonne nuit Harry.

Elle quitta la salle commune de Gryffondor, laissant Harry remonter dans son dortoir et retourna à ses appartements. Il fallait qu'elle découvre le fin mot de l'histoire. Mais pour l'instant elle était épuisée, et elle ne savait pas quand Drago allait lui empêcher de se coucher tôt à nouveau avec ses punitions. D'ailleurs ce dernier s'absentait beaucoup et elle n'avait pas eu tant que ça le temps de le voir. Elle s'écroula dans son lit, toute habillée, et fut rapidement gagnée par le sommeil.


La fin de l'été pointait déjà le bout de son nez, laissant place à l'automne, un léger vent frais soufflant dans les couloirs du château faisant frissonner les quelques élèves qui se précipitaient à l'extérieur pour profiter des dernières lueurs chaudes du soleil. La plupart des élèves étaient allongés dans le parc, d'autres écoutaient les chansons des Bizzar'Sisters – le groupe de musique en vogue dans le monde sorcier- au bord du lac, d'autres disputaient une partie de bavboules ou bien jouaient avec le calmar géant. Hermione quant à elle, était comme à son habitude à la bibliothèque. Elle faisait des recherches depuis deux bonnes semaines depuis qu'elle avait eu cette discussion avec Harry. Elle n'avait toujours pas reçu de hibou ce qui voulait dire qu'Harry n'avait toujours pas avancé dans ses recherches. Ron semblait l'éviter on ne saurait dire pourquoi mais elle avait autre chose à penser et n'y prêta guère importance. Drago lui avait donné quelques punitions qui n'avaient pas étés très compliquées et il lui semblait qu'il ne lui restait plus que deux, a son grand soulagement. Pendant ses punitions il ne disait rien, se contentant de lire sur un des sièges qu'il faisait apparaître avec sa baguette. Bizarrement -non pas qu'elle appréciait sa compagnie mais- elle ne la détestait pas non plus. Il avait peut-être dû se lasser de devoir sans cesse se disputer avec elle. Lui, paraissait tourmenté et elle avait complètement oublié et écarté de sa tête, l'idée qu'il était en train de préparer un mauvais coup. Revenant de ses pensées, au milieu de la montagne de livre, Hermione commença à lire le récit du conte des trois frères qu'elle avait emporté avec elle ainsi que le journal de elle termina le récit du conte, elle ne sut quoi en dire. Elle put voir juste en bas un dessin composé d'un triangle, d'un rond et d'une barre. Perplexe, elle quitta la bibliothèque et se rendit à la volière pour envoyer un hibou à Harry. Il fallait qu'ils en discutent et elle n'avait pas le temps d'aller le chercher car elle devait se rendre tout de suite après à son cours d'arithmancie. Elle descendit jusqu'à la grande porte d'entrée et emprunta le pont de bois qui y faisait face. Elle se dépêcha d'aller à la volière. En arrivant là-bas, elle vit un hibou grand-duc foncer sur elle. Elle attrapa délicatement le parchemin qu'il tenait en son bec, évitant les coups que ce dernier essayait de lui donner. Se doutant de ce que ce message pouvait contenir, elle l'ouvrit agacée.

Ce soir, vingt-trois heures, dans l'annexe de la tour d'astronomie. Ne soit pas en retard, tu connais la suite.

Le préfet en chef.

C'est bien le moment, marmonna-t-elle excédée. Elle n'avait pas le temps pour ces fichues punitions mais elle n'avait malheureusement pas le choix. Quand elle arriva au sommet de la volière, elle prit un petit morceau de parchemin et écrit rapidement.

Cher Harry,

Je dois te parler au sujet de tu-sais-quoi. Rendez-vous à l'endroit habituel à vingt-deux heures. Amène Ron avec toi s'il te plait. Il se comporte de manière étrange ces derniers temps je trouve !

Ps : Ne répond pas à ce message et soit à l'heure, j'ai une punition à effectuer ensuite.

Ps 2 : Détruit ce parchemin quand tu auras terminé de le lire.

Amicalement, Hermione.

Elle était obligée d'écrire en langage presque codé au cas où le message serait intercepté. Personne ne devait être au courant de tout cela. La journée passa rapidement. Quand l'horloge sonna les dix heures moins le quart, Hermione décida qu'il était temps de se rendre à la salle sur demande.


Un peu plus tôt.

Drago se regardait longuement dans le miroir de la salle de bain commune qu'il partageait avec Hermione. De grands cernes se dessinant sous ses yeux, le teint pâle et vide, il se demandait comment il avait autant pu changer en l'espace d'une année. Il était amaigri, et moralement affaibli. Un plan. Il lui fallait un plan. Mais quelque chose le bloquait. La chose en question ? Il n'en savait rien, mais ce blocage ne devait point durer sinon les conséquences n'en seraient plus que funeste. C'était elle ou lui et évidemment il préférait sauver sa propre peau. Ce secret était moins lourd à porter que celui qu'il avait eu à cacher l'an passé mais il n'était pas serein pour autant. Il avait honte, très honte. Il se sentait faible et il angoissait à l'idée d'échouer. Pourquoi hésitait-il autant ? Après tout c'est ce qu'il avait toujours souhaité non ? Peut-être que non finalement. Mais quel était ce sentiment qui semblait s'éveiller en lui ? Il ne voulait en aucun cas admettre ce qu'il ressentait évidemment…

Ces derniers temps il s'était ainsi surpris à espionner Hermione quand elle n'était pas avec lui en punition. Dans la salle commune, en cours, ainsi que dans la bibliothèque. Elle semblait être à la recherche de quelque chose et il avait très envie de savoir quoi. Rien que l'idée d'espionner la sang-de-bourbe le tarabustait quelque peu. Si ce qu'il avait intercepté était bien d'elle, elle avait rendez-vous ce soir dans la salle sur demande – dit l'endroit habituel – présumait-il, avec ses deux acolytes Harry et Ron. Bien qu'elle ait essayé de cacher le lieu du rendez-vous, il se douta qu'ils se verraient dans un endroit calme et à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes. Il hésita. Allait-il s'introduire dans la salle sur demande pour voir quel était le propos de leur entrevue ? Il réfléchit. Il allait les suivre.

Il passa un filet d'eau sur son visage où se dessina un léger sourire en coin puis parti se changer afin de vaquer à ses occupations.


- Bonsoir Harry ! Bonsoir Ron, dit Hermione en arrivant au septième étage devant un mur vide qui faisait face à la tapisserie de Barnabas le Follet.

- Bonsoir Hermione, firent les deux en même temps malgré l'air ronchon de Ron.

- Allons-y, ajouta Hermione en prenant la main de ses deux amis.

Ils passèrent trois fois devant le mur vide pensant très fort à un endroit calme où ils pourraient discuter. A la troisième fois, une grande porte en fer apparut et, après avoir vérifié que personne n'était dans les parages, ils pénétrèrent dans la salle qu'ils avaient demandée. Elle était de taille moyenne, comprenant deux canapés et un fauteuil, puis une petite table basse où étaient posées trois bouteilles de Bièreaubeurre. Après s'être assis et avoir trinqué à l'amitié – vu qu'il n'avait presque plus le temps de se voir- , Hermione leur conta l'histoire des trois frères. A peine elle eut finit qu'Harry s'empressa de dire :

- Il les cherche, c'est évident.

- Qui cherche quoi ? demanda Ron ignorant.

- La baguette de sureau, la pierre de résurrection et la cape d'invisibilité ! Ça tombe sous le sens ! Voldemort les recherche afin de devenir encore plus puissant. Quand il aura tous ces objets en sa possession il deviendra imbattable et nous nous sommes ici pendant qu'il reprend des forces, répondit Harry exacerbé.

- Harry… Ce n'est qu'un conte pour enfant, je doute que ces reliques ai vraiment existées et même si c'était le cas, cela a certainement dû se passer il y a des centaines d'années. Tu-sais-qui ne pourra pas les retrouver aussi facilement, fit remarquer Hermione habituée au mélodrame constant présent chez son ami.

- Je pense qu'Harry a raison, ajouta Ron entre deux gorgées. Maman nous lisait ces contes quand nous étions petits et elle a toujours affirmé que cette légende était vraie.

- Reste à savoir si c'est le cas véritablement, murmura Hermione. Est-ce que l'un d'entre vous sait à quoi se réfère ce dessin, demanda Hermione en leur montrant le petit dessin en forme de triangle.

- Xenophilius Lovegood avait un collier avec le même motif au mariage de Bill et Fleur! Répondirent Harry et Ron en chœur.

- Le père de Luna ? Mais qu'est-ce que cela veut dire ? questionna Hermione perplexe.

- Aucune idée mais je crois que nous allons devoir aborder ce sujet avec Luna, proposa Ron.

- Je suis d'accord avec toi, dit Harry. Sinon au sujet des horcruxes nous sommes toujours au point mort. Comment allons-nous trouver les morceaux d'âmes de Voldemort ? Nous n'avons aucune piste à part le faux médaillon de ce R.A.B. Même si ce nom sonne familier je n'arrive pas à me souvenir où je l'ai vu ! s'énerva Harry.

- Peut-être que tu devrais laisser tu-sais-qui s'infiltrer dans tes pensées non ? proposa Ron.

- Justement j'y ai pensé, murmura-t-il.

- Hors de question ! Harry nous devons préparer un plan. Je sais que tu t'impatiente de partir d'ici mais nous ne pouvons pas nous en aller sans avoir un minimum de préparation. Continue de chercher, en ce qui me concerne je vais consulter d'autres livres à la bibliothèque, s'exclama Hermione. Je pense également nous préparer du polynectar et d'autres potions. Ron quand à toi envoie un hibou à Fred et George. Je pense qu'ils pourront nous envoyer quelques articles utiles de leur boutique. Sur ce je dois partir il se fait tard. Bonne nuit les garçons, dit-elle en les embrassant sur la joue à tout de rôle.

Hermione sortie la première de la salle sur demande. Elle eut, l'espace d'un instant, le sentiment qu'on lui avait effleuré le bras. Un courant d'air sans doute. Puis elle fila à la tour d'astronomie.


Drago n'en revenait pas. Avait-il bien entendu ? Comme prévu, il s'était faufilé derrière le trio en prenant soin de ne pas dévoiler sa présence en usant d'un sortilège de désillusion, un enchantement qui permet à la manière d'un caméléon, de se confondre avec son environnement. D'après ce qu'il avait compris, Voldemort avait divisé son âme en plusieurs morceaux qu'il avait éparpillés aux quatre coins du pays. Ce qui signifiait que si ces éléments venaient à être détruits, Voldemort disparaitrait.

Drago se surpris à ressentir un espoir qui l'envahissait. Tout pouvait changer. Oui, il pourrait enfin vivre comme il l'entendait. Il y avait peut-être une échappatoire se disait-il. La marque qu'il avait à son bras commença à le brûler et il fut rapidement reconnecté à la réalité.

Il prit le chemin de l'escalier pour se rendre à la tour d'astronomie.


Hermione arriva dans l'annexe de la tour d'astronomie à vingt-trois heures moins cinq précisemment. Malefoy n'était pas encore arrivé et elle se dit qu'au moins il ne pourrait pas allonger la punition d'une ou plusieurs heures. Elle prit donc la direction de la rambarde qui donnait directement accès sur le parc de Poudlard. Elle resta un moment à observer le ciel d'un bleu foncé, une légère brise soufflant sur son visage, perdue dans ses pensées. Le parc était magnifique la nuit. On pouvait y apercevoir les lumières émanant des différentes tours et celle de la cabane de Hagrid. Elle aurait aimé pouvoir rester ici à contempler le paysage qui s'offrait à elle, profitant d'un moment de calme absolu.

Malefoy se glissa subrepticement derrière elle et apposa sa main avec délicatesse – une attention qui lui était alors inconnu jusqu'ici- sur son épaule. Le geste la fit frissonner tant il lui parut stupéfiant. D'un regard il lui fit comprendre que sa punition aller commencer. Il était si calme et silencieux, qu'elle douta un instant que c'était bien Drago qui se tenait face à elle. Peut-être qu'il n'avait pas voulu la déranger dans ce moment de calme. Ce qu'il venait d'apprendre l'avait retourné et il n'avait pas envie, ce soir-là, d'être désagréable comme à son habitude. Hermione reconnu le Drago de l'an passé. Un voile de tristesse devant son visage. Il avait beau être son pire ennemi, à ce moment-là elle n'éprouvait aucune haine à son égard.

- Ce soir tu nettoieras les télescopes des élèves, ainsi que les étagères. Tu termineras par le placard, lui dit Drago d'une voix calme.

- Très bien, répondit Hermione fatiguée d'autant de ménage.

Rapidement, elle commença à se mettre à l'œuvre toujours employant les fameux produits de la mère grattesec. Drago, quant à lui, fit apparaître un siège en cuir confortable et une petite table basse où étaient posés l'exemplaire du jour de la Gazette du Sorcier, ainsi qu'une bouteille de Romanée-Conti et un verre à pied. A cette vision, Hermione eut un léger rictus amusé. Drago avait beau mépriser les moldus, il semblait apprécier ce dit vin. Le temps passa lentement, un calme s'étant instauré dans l'annexe.

- Tu n'es pas très loquace ce soir, fit-elle remarquer au blondinet qui avait toujours pris l'habitude de lui octroyer deux ou trois réflexions.

Pour unique réponse il haussa les épaules, une légère grimace apparaissant sur son visage. Il était las. Peut-être qu'il grandissait enfin et qu'il cessait d'être un imbécile fini, qui sait ? Quand Hermione eut fini de nettoyer les télescopes et les étagères, elle commença à se rendre vers l'armoire.

Elle bougeait.

Hermione s'arrêta net et Drago qui avait entendu ce bruit se leva doucement de son fauteuil. Ils échangèrent un regard plein de doutes. Hermione pointa sa baguette sur l'armoire afin qu'elle puisse s'ouvrir. A ce moment-là, une armée de doxys – une sorte de fée mordeuse pourvues de deux rangées de dents venimeuses-, pour pas dire une centaine, foncèrent sur Drago. Il n'en avait jamais vu autant. S'en suivit un combat acharné contre ces satanées bestioles. Drago commença à les esquiver et à les stupéfixer afin d'éviter de se faire mordre et ainsi d'assimiler leur poison mortel. Il envoyait valdinguer tous les objets de l'annexe dans le but de trouver du doxycide afin de les neutraliser.

- Par la barbe de merlin, persiffla-t-il. Granger vient m'aider ! Hurla Malefoy.

Son expression changea quand il vit la posture dans laquelle se trouvait Hermione.

- R...Ri…Riddi…Riddiku..., tenta-t-elle de prononcer la voix tremblotante, sa baguette pointée vers…

Qu'est-ce que c'était ? se demanda Drago. Devant Hermione se trouvait un jeune homme et une jeune femme. Lui arborant la tenue de la maison Serpentard, elle celle de Gryffondor. Quand tout à coup, le jeune homme pointa sa baguette vers la jeune femme en lui assenant un doloris. La femme criait et son hurlement était atrocement insupportable. Quand elle ne bougea plus, le jeune homme lança un avada kedavra, puis la scène recommençait encore et encore. Drago ne comprenait pas pourquoi Hermione ne s'était pas débarrassé de l'épouvantard, parce que oui, c'en était un et il ne comprenait toujours pas sa posture recroquevillée et tremblante. Hermione quant à elle savait que la jeune femme était Jane. Cependant elle se surprit à ne plus avoir le contrôle de la situation et se laisser aller à sa peur. Elle se sentit fléchir sur ses jambes, elle n'arrivait pas à faire disparaître cette vision d'horreur. Drago ne pouvant rester sans agir détourna son visage et se rua sur une étagère – qui manqua de s'écrouler sous son poids-, attrapa le doxycide et le lança dans la pièce après avoir pris le soin de protéger ses voies respiratoires. Quand il eut terminé de les stupéfixer, il se mit devant Hermione et dit :

- Riddikulus !

A cela, la vision disparut. Hermione qui était derrière lui se sentit tomber en arrière et fut rattrapée in extremis par Drago. Elle tremblait, le front dégoulinant de sueur. Il ne l'avait jamais vu dans une telle posture et n'avait pas envie de plaisanter ou de se moquer d'elle sur le coup. Il ne savait pas s'il ressentait de la pitié ou de la compassion pour sa pire ennemi. C'était invraisemblable. Il ne la reconnaissait pas et il ne se reconnaissait pas lui-même. Cette pensée lui arracha une grimace.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive nom d'un Hippogriffe, Granger ? dit-il d'une voix presque menaçante.

- Je te retourne la question, Malefoy, répondit la jeune fille sèchement.

- Depuis quand t'es devenue aussi faible ? persiffla-t-il.

- Depuis quand tu t'inquiètes pour moi ? répondit Hermione d'une voix légèrement sarcastique.

- En plus d'être fatigante tu es une imbécile, ça ne m'étonne même pas vu que tu es à Gryffondor, souffla-t-il moqueur.

Elle ne répondit pas à sa remarque. Étrangement, il l'amena contre son torse, la tenant fermement entre ses bras, sans dire-mot. Hermione encore sonnée par les événements et les yeux fermés, humait l'odeur et la chaleur qui se dégageait de lui. Le mélange entre l'odeur du vin qu'il avait bu et son parfum à la menthe poivrée lui fit dangereusement tourner la tête. Elle se mordit la lèvre quand elle se mit à penser honteusement, que son étreinte était horriblement exquise et enivrante.