Salut! 7779 mots et une douzaine de pages plus tard...
Voilà enfin les révélations sur Jane et ce mystérieux jeune homme. Dans ce chapitre j'ai voulu faire comme avant et présenter une journée d'étudiante basique à Poudlard. J'aime vraiment faire appelle à plusieurs personnages et ne pas juste centrer l'histoire sur Drago et Hermione. Cela dit j'espère que ce chapitre vous plaira et j'attends vos reviews comme toujours. Bonne lecture!
Chapitre 9 : Chaudrons, poire et alcool
L'automne était définitivement installé à Poudlard dont les couloirs étaient parcourus de courants d'airs glaçants. Le ciel était gris et le sol boueux à cause des averses qui s'abattaient continuellement sur la région. Les arbres dont les feuilles se parèrent de rouge, de jaune et d'orange tombaient de jours en jours jonchant la pelouse du parc qui prit une couleur paradoxalement chaude. En parcourant le château pour se rendre dans la grande salle, Hermione put se rendre compte que malgré le climat d'incertitude qui régnait à ce moment-là, les décorations d'Halloween n'avaient pas étées oubliées. Les couloirs regorgeaient de toiles d'araignées, de citrouilles ensorcelées ainsi que d'armures qui s'amusaient à effrayer les élèves sur leur passage. Même les fantômes du château étaient de la partie. Bien que la jeune Gryffondor eut l'impression que cela était quelque peu déplacé, elle ne put s'empêcher de penser que malgré tout c'était une bonne idée d'agir comme si tout se passait pour le mieux. Garder une attitude habituelle et ne pas s'empêcher de vivre normalement étaient les meilleurs moyens de redonner de l'espoir aux élèves de l'école de sorcellerie et surtout aux premières années qui se retrouvaient malheureusement mêlés à un climat de terreur. C'est finalement arrivée dans la grande salle qu'elle se rendit compte que la décoration était la plus poussée. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en allant s'assoir à la table des Gryffondor ne se rendant absolument pas compte des regards posés sur elle. C'est de bonne humeur qu'elle se servit d'une bonne assiette de porridge ainsi que d'une tisane aux orties tout en lisant la Gazette du Sorcier. Le ministère semblait faire tout son possible pour contrer une éventuelle attaque ennemie et selon le journal il n'y avait strictement rien à signaler. Cependant Hermione n'était pas dupe et savait pertinemment que la presse était contrôlée et que si le ministère venait à être renversé ce ne serait pas dans ce journal qu'elle le saurait. Elle était tellement plongée dans sa lecture qu'elle ne se rendit pas compte que quelqu'un venait s'assoir à côté d'elle.
- Bonjour Hermione !
- Oh, bonjour Harry, répondit Hermione en posant le journal sur la table. Je n'avais pas remarqué que tu étais là.
- J'ai bien remarqué, ria le jeune homme. Hermione avant d'aller en cours de potion je voulais te parler de quelque chose, ajouta prudemment Harry.
- Oui de quoi s'agit-il ? demanda-t-elle en amenant son gobelet à sa bouche.
- Hum… Et bien comment te dire que… commença Harry sous le regard encourageant d'Hermione. Je n'y prête aucune attention et je n'y crois pas le moins du monde mais tout le monde parle de toi et de Malefoy en ce moment.
A ces mots Hermione faillit recracher l'intégralité de son jus d'ortie sur le visage de Harry.
- Comment ça moi et Malefoy ? demanda-t-elle froidement.
- Certains s'amusent à dire que vous sortez ensemble ou qu'on vous a vus vous embrasser au sommet de la tour d'astronomie, répondit Harry sur un ton détaché. C'est tellement invraisemblable ! Je voulais juste te mettre au courant avant que tu l'apprennes par quelqu'un d'autre. De toute façon comment peut-on croire à une telle rumeur ? ajouta l'Elu dans un rire étouffé sous le regard approbateur de Neville qui suivait la conversation.
- Oui tu as raison c'est absolument invraisemblable, affirma la préfète dans un sourire crispé.
Harry se leva et quitta la grande salle prétextant avoir oublié un de ses livres au dortoir. Ses propres mots lui donnèrent un pincement au cœur. Elle détestait Malefoy et c'était réciproque. Mais malgré cela elle se sentait injustement en colère contre Harry qui se permettait de juger qu'une éventuelle relation avec Drago ne pouvait être qu'une apparente fantaisie ou plaisanterie grotesque et en colère contre elle-même car elle savait que d'un point de vue purement rationnel il avait raison. Nonobstant ce que Harry venait de lui dire n'était pas totalement faux. Il s'était bien passé quelque chose au sommet de la tour d'astronomie mais Drago l'avait simplement aidé à vaincre les doxi et l'epouvantard de Jane et du mystérieux jeune homme qui l'avait paralysée. Puis il l'avait tendrement enlacée et elle avait même put sentir les effluves du vin qu'avait bu le Serpentard s'échapper de ses lèvres entrouvertes. Mais ça c'était un détail qu'elle se gardait bien pour elle. Cependant depuis cette nuit où elle avait soigné le jeune homme elle n'avait cessé de penser à lui, à sa peau, à sa main qui retenait désespérément la sienne et à son regard argenté qui lui lançait de dangereuses flammes de désir. Elle ne l'avait plus recroisé ensuite, l'évitant au possible. La jeune femme lança un regard discret à la table des serpentard et croisa avec effroi le regard grisé de Drago qui la dévorait littéralement des yeux. Elle but à nouveau dans son gobelet cherchant à se donner une contenance et put voir du coin de l'œil un sourire narquois se dessiner sur les lèvres du grand blond ce qui la fit rougir à son grand désarroi.
- Tu vas bien Hermione ? Tu es toute rouge, demanda innocemment Neville.
- Oui ne t'inquiète pas Neville j'ai juste avalé de travers, expédia-t-elle.
« Tu parles ! » railla la conscience de la jeune femme. Pauvre Neville…
- Tu es prêt pour le cours de potion de ce matin ? interrogea Hermione pour changer de sujet et éviter d'éveiller les soupçons de Neville sur l'échange de regard entre elle et Drago.
- Pas du tout ! Honnêtement je suis très heureux de ne plus avoir le professeur Rogue en potion mais il m'a tellement mit la pression pendant toutes ses années que je ne peux pas m'empêcher de paniquer en cours désormais, souffla-t-il complètement désespéré.
- Si tu veux tu n'auras qu'à te mettre à côté de moi si ça peut te rassurer, proposa gentiment Hermione sans lâcher du regard Drago à l'autre bout de la salle.
- Oh vraiment ? Tu es vraiment la meilleure Hermione, s'exclama-t-il allègrement. Allons-y sinon nous allons être en retard.
Hermione brisa avec désenchantement l'échange - ou le combat plutôt - avec Malefoy, attrapa son sac et sortit de la grande salle accompagnée de Neville.
Neville et Hermione arrivèrent dans les cachots et se postèrent devant la salle de potions en attendant que le professeur Slughorn daigne leur ouvrir la porte. Hermione n'aimait pas attendre dans cet endroit qui empestait le Serpent à plein nez, et Neville encore moins, car il fallait toujours qu'un Serpentard vienne les importuner. Et c'est, par le plus grand des hasards, que Pansy Parkinson accompagnées de ses lourdauds de Crabbe et Goyle, se carrèrent tout naturellement devant elle et Neville. Ce dernier se ratatina sur lui-même et Hermione souffla d'exaspération par avance.
- Tiens tiens mais qui voilà donc ? La sang de bourbe et Londubat, observa Pansy de manière sur-jouée. Tu as enfin compris sur quel type d'hommes tu dois jeter ton dévolu et encore je pense qu'il est encore trop « bien » pour toi, assena-t-elle d'un rire mauvais et de son insupportable voix haut perchée en désignant de manière dédaigneuse Neville du menton.
Hermione tiqua et se demanda si un instant elle faisait référence à Malefoy dans sa remarque cinglante. Cette foutue rumeur allait lui causer des ennuis, se dit-elle rageusement. Elle allait répliquer quand Neville lui ôta les mots de la bouche.
- Hermione est mille fois mieux que toi Pansy ! Je préfère être avec une fille comme elle qui est intelligente, gentille, douce et belle contrairement à toi. Tu es misérable Pansy et tu devrais changer de cible pour une fois, assomma Neville qui s'était planté juste devant Hermione par protection.
La rouge et or fut observa avec admiration son ami tant elle fut extrêmement touchée par les mots que Neville avait dit à son égard. Elle le gratifia d'un sourire tendre que lui rendit timidement le jeune homme. La suffisance que Pansy faisait mine de disposer s'effondra lamentablement et c'est avec hargne qu'elle pointa sa baguette sur les deux Gryffondor en visant tout particulièrement Hermione.
- Mon avertissement l'autre fois ne semble pas avoir fait son effet. Je te pensais plus intelligente que ça, tonna Pansy en direction d'Hermione que Neville tachait de protéger dans un élan d'héroïsme.
Alors qu'elle allait user de sa baguette, Pansy sentit son bras se suspendre dans les airs par la force d'une main. Elle se retourna puis fit face à Drago Malefoy qui la regardait d'un air agacé.
- Ca suffit Pansy, gronda Malefoy.
- C'est elle qui m'a provoquée, mentit la Serpentard sans grand étonnement. J'en ai plus qu'assez d'elle et de ses airs de fille parfaite !
- J'ai dit ça suffit, ne m'oblige pas à me répéter Pansy! admonesta Drago en la foudroyant d'un regard mauvais. Si ses iris pouvaient lancer des Avada Kedavra, Pansy serait déjà morte à l'heure qu'il est.
Ils avaient étés rejoints par le reste des élèves qui se turent dans un silence de plomb. Même Hermione le trouva effrayant à ce moment-là. Il avait le même charisme angoissant que Lucius Malefoy. Elle avait tendance à oublier parfois qu'il était un sang-pur et qui plus est, un mangemort. Pansy se ratatina sur elle-même et alla se réfugier honteusement derrière Blaise qui ne retint pas un soupir d'irritation. Théodore Nott fut le seul à lâcher un léger rire moqueur dans cette ambiance pesante. L'atmosphère était tendue et plus personne n'osait parler. Drago s'était adossé à la paroi rocheuse et observait Hermione sans aucune gêne. Un mélange de frustration, d'agacement et de convoitise illumina son regard cendré. Les autres élèves observèrent cet échange de manière abasourdie confirmant pour certains les rumeurs concernant les deux préfets. Même Neville commença à douter de son amie ou plutôt des intentions de Malefoy car Hermione était carrément pétrifiée et mal à l'aise.
Alors qu'Hermione ne s'avait plus ou se mettre, le professeur Slughorn ouvrit la porte de la salle de potion et c'est avec un soulagement non feint qu'elle s'y engouffra le plus rapidement possible, sentant toujours sur elle un regard. La salle était assez grande et contenait des paillasses d'à peu près vingt chaudrons. Il y faisait plus froid que dans le reste du château et de virulents courants d'air traversaient la pièce faisant frissonner la plupart du temps les élèves. Au fond de la pièce, une eau glaciale crachée par une gargouille retombait au fond d'un bassin rempli de carpes. Tout autour de la salle, des étagères parcouraient les murs et grouillaient de bocaux dans lesquels flottaient des animaux dont le nom restait inconnu, de chaudrons en étain et même en or, de plusieurs balances et mortiers puis d'ingrédients divers et variés nécessaires à la préparation des potions. Hermione s'installa sur sa paillasse et Neville l'y rejoint peu après. Il l'observa timidement et se retint de lui poser tout un tas de question sur ce qu'il venait de se passer. Hermione remercia mentalement son ami pour son tact, chose que quelqu'un comme Ron n'aurait sans doute pas fait. Harry arriva en courant juste avant que le professeur ne referme la porte du cachot et s'installa à son grand regret avec Malefoy. Ce cours allait être une vraie partie de plaisir.
- Bonjour chers élèves ! Aujourd'hui nous allons revoir la composition et la fabrication de l'une des potions que vous devrez maitriser à la fin de l'année pour vos examens. J'ai nommé Le philtre de Mort Vivante. Est-ce que quelqu'un peut m'en dire plus sur cette potion ? demanda le professeur. Oui Miss Granger ?
- Le philtre de Mort Vivante ou Goutte du Mort Vivant est une potion magique agissant comme un somnifère. A trop forte dose elle peut mener à la mort ou dans le meilleur des cas à un coma plus ou moins irréversible. L'antidote est la potion Wiggenweld qui est plutôt facile à préparer. À mi-chemin de la préparation on obtient un liquide satiné, couleur cassis puis lilas. La potion finale a une couleur très pâle, récita Hermione la tête haut perché caractéristique de son air de miss-je-sais-tout.
- Parfait Miss Granger ! Je vois que l'été n'a en rien atténué vos capacités. J'accorde vingt points pour Gryffondor, s'exclama le professeur Slughorn. Ouvrez donc vos livres à la page trois cent soixante-douze, vous aurez le descriptif de la potion. Je passerais entre les rangs pour voir comment avance votre potion ! Attention, le résultat d'aujourd'hui fera l'objet d'une note alors appliquez-vous du mieux que vous pouvez, encouragea le professeur d'une voix chantante.
Tous les élèves se mirent à l'œuvre et commencèrent à s'afférer espérant au moins décrocher un acceptable. Dans son chaudron rempli d'eau et sur feu moyen, Hermione ajouta sous le regard de Neville qui prenait exemple, de la poudre de rose. Ensuite elle y ajouta des fèves sopophoriques liquéfiées jusqu'à ce que la potion devienne turquoise puis violette. Elle entendit un couinement paniqué à côté d'elle et vit avec horreur que le chaudron de Neville émettait des vapeurs noires au lieu de turquoise.
- Hermione, murmura-t-il paniqué en agitant les bras dans tous les sens.
- Par Merlin Neville ajoute vite les crochets de serpent en poudre! Souffla la jeune femme complètement affolée. Fait exactement comme moi, le rassura-t-elle dans un murmure pour que le professeur ne l'entende pas.
Harry situé tout près ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en direction d'Hermione que cette dernière lui rendit tout naturellement. Après tout, avant qu'il devienne lui aussi assez bon en potion il prenait exemple sur la jeune femme pour s'éviter les foudres du professeur Rogue. Elle ajouta ensuite du mucus de Veracrasse, de la cervelle de paresseux liquéfiée et enfin de l'infusion d'armoise. Sa potion était rose pâle comme indiquée sur le livre, celle de Neville était un peu plus foncée mais il aurait certainement au-delà de la moyenne. Le professeur commença justement à faire son tour pour voir le résultat final de leurs efforts.
- Un optimal pour messieurs Potter et Malefoy ! s'exclama joyeusement le professeur. Egalement pour Miss Granger et un effort exceptionnel pour Monsieur Londubat, félicitations.
Neville s'en était plutôt bien sortie et elle aussi. Entre temps, Seamus avait fait exploser son chaudron et des substances inconnues s'échappaient de celui de Goyle.
- Professeur Slughorn on a besoin d'aide par ici s'il vous plait! Appela Blaise qui se faisait attaquer par le chaudron de Goyle.
- Par la barbe de Merlin ! Evanesco, tonna le professeur en direction du chaudron de Goyle qui se vida de son contenu instantanément. Et par pitié monsieur Finnigan changez moi ce chaudron immédiatement.
Quelques minutes plus tard, tout le monde avait plus ou moins terminé sa potion et comme il restait encore pas mal de temps avant la fin du cours, le professeur Slughorn s'exclama :
- Pour finir sur une note un peu plus légère, nous allons voir si quelqu'un reconnait le contenu de ce chaudron, répondit avec amusement le professeur en s'avançant vers son bureau et en relevant le couvercle. Je pense que pour des élèves de votre niveau il n'y aura aucune difficulté. Qui pour nous donner de plus amples informations sur le sujet ?
- Alors qu'Hermione allait réciter toutes ses connaissances en la matière elle fut coupée par la personne à laquelle elle s'attendait le moins.
- C'est de l'Amortentia professeur, répondit Drago de son habituelle voix trainante. Elle peut être identifiée très facilement grâce à sa couleur nacrée, sa vapeur qui s'élève en spirales et par l'odeur soit disant attirante qu'elle dégage. Elle aurait une odeur différente pour chacun de nous, selon ce qui nous attire le plus. C'est le plus puissant filtre d'amour qui existe. Elle ne crée pas vraiment un sentiment d'amour, elle produit simplement une forte attirance ou une obsession pour la personne qui la boit. Cette potion peut rendre fou n'importe quel homme ce qui la rend bien plus dangereuse que certaines potions. Personnellement je n'ai jamais rien senti et je doute qu'elle fonctionne réellement, souffla ironiquement le jeune homme.
- Allons mon garçon, peut-être que cette potion n'a pas agie sur vous par le passé mais que c'est le cas à l'heure actuelle. Concentrez-vous et dites-moi ce que vous sentez.
Drago ferma les yeux et se concentra. Il n'avait jamais réagi à l'amortentia et ce n'était pas aujourd'hui que ça allait être le cas selon lui. Cependant, un doux parfum presque épicé voire piquant vint à lui et en ouvrant les yeux, son regard grisé se perdit dans celui ambré d'Hermione. Et c'est presque contre sa volonté qu'il dit d'une voix légèrement rauque et éteinte :
- Je sens une odeur de vin… mon vin préféré, d'orchidées bleues, de vieux livre poussiéreux et de… doxycide, lâcha-t-il presque avec dégoût.
- Et bien vous voyez bien mon garçon ! Cela dit vous devez surement entretenir une relation à la fois douce et explosive avec cette personne pour y sentir du doxycide, plaisanta le professeur et Drago lui lança un regard noir. Bien le cours est terminé. Je veux deux rouleaux de parchemin sur la potion felix felicis pour le prochain cours, termina le professeur.
Drago se leva brutalement et quitta la pièce sans un regard en arrière sous les yeux d'une Hermione complètement décontenancée. Alors que cette dernière ramassait ses affaires et s'apprêtait à quitter le cachot, Harry vint à sa rencontre.
- Hermione ! J'ai eu une idée par rapport à ton rêve avec Jane et le mystérieux jeune homme, annonça-t-il sur le ton de la confidence alors qu'ils sortaient de la salle et se dirigeaient en direction du parc.
Hermione l'encouragea à continuer d'un regard et lui emboita le pas.
- J'ai pensé que, même si tu as rêvé d'eux, qu'ils avaient peut-être réellement existés et que le journal intime appartenait réellement à cette jeune femme. Donc s'ils ont étés élèves dans les années quarante, ils doivent surement figurer dans le registre des anciens élèves de Poudlard. Et par conséquent nous pourrons confirmer leur identité avec leur photo, s'exclama joyeusement Harry.
- Oh mon dieu Harry, c'est une excellente idée ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ?! Cependant comment allons-nous rendre dans la salle des trophées sans se faire voir et sans paraître suspects. Je n'ai pas très envie qu'on se fasse remarquer si tu vois ce que je veux dire, chuchota Hermione en fixant son ami.
- Tu as raison. Ecoute, je vais aller chercher ma cape d'invisibilité et toi tu peux aller demander de l'aide à Dobby qui pourra monter la garde pour nous, proposa Harry sous le regard offusqué d'Hermione.
- C'est hors de question qu'on se serve de lui, siffla-t-elle entre ses dents.
- Hermione je sais que tu es très investie dans les droits et la libération des elfes de maison mais si nous voulons être discret un elfe est la solution à notre problème, soupira Harry sous une œillade réprobatrice d'Hermione. Il pourra donner l'impression de s'afférer à une tâche pendant que nous serons en train de fouiller la salle.
- Bon tu as gagné, j'accepte, siffla Hermione entre ses dents. Mais après on le laisse tranquille définitivement. Je t'attendrais à l'entrée de la grande salle.
Harry offrit un sourire éclatant à Hermione qui roula des yeux et se dirigea à grandes enjambées dans son dortoir. Hermione prit la direction de la porte située à droite de l'escalier principal dans le hall d'entrée jusqu'à se retrouver devant un tableau représentant une coupe de fruits. Elle observa minutieusement autour d'elle afin de ne pas se faire suivre ou d'attirer l'attention de l'un des professeurs qui pouvait sortir de la salle leur étant destinée à tout moment. Elle chatouilla la poire pour la faire rire et cette dernière se transforma en poignée porte qu'elle tourna afin de s'engouffrer dans la pièce. Les cuisines de Poudlard étaient situées dans une immense salle, très haute de plafond et d'une superficie quasi égale à la grande salle. Le long des murs s'entassaient d'innombrables casseroles, marmites et poêles en cuivre ce qui donna à la pièce un aspect surchargé et une grande et unique cheminée en briques se situait au fond de la salle. Quatre grandes tables étaient disposées à l'intérieur et certaines regorgeaient déjà de somptueux mets qui serviraient au repas d'Halloween du soir. A l'intérieur, y travaillaient des centaines d'elfes de maison et ils s'afféraient tous consciencieusement. Hermione n'eut aucun mal à trouver Dobby qui donnait quelques directives à certains. Il avait obtenu une promotion, au grand bonheur d'Hermione, et de ce fait avait dorénavant plus de responsabilités dans son travail. La jeune femme s'avança jusqu'au petit être aux yeux globuleux qui semblait ravie de recevoir de la visite.
- Bonjour Dobby ! Comment vas-tu ? demanda joyeusement la jeune femme.
- Miss Granger c'est un honneur de vous voir, couina le petit elfe. Je vais merveilleusement bien. Est-ce que Dobby peut vous être d'une quelconque aide Miss ?
- Eh bien… commença Hermione, Harry et moi avons de toi, annonça-t-elle sérieusement.
- Dobby fera tout son possible pour Monsieur Harry Potter et Miss Granger, assura l'elfe d'une vois suraiguë.
- Merci beaucoup Dobby ! Pourrais-tu monter la garde devant la salle des trophées s'il te plait. Nous avons besoin de récupérer des informations à l'intérieur mais personne ne doit nous voir.
- Assurément Miss, affirma Dobby. Je viendrais monter la garde après que vous soyez entrée dans la salle avec Monsieur Potter.
- Très bien allons-y, concéda Hermione.
La jeune femme sortie des cuisines, Dooby sur ses talons. Alors qu'ils étaient arrivés dans le hall, Harry se dirigea vers Hermione, la cape d'invisibilité dans les mains. Après qu'Harry ait donné les dernières instructions à Dobby, il fit passer la cape d'invisibilité sur Hermione, Dobby et lui. Ils durent se baisser légèrement car elle ne suffisait malheureusement plus à cacher les deux jeunes adultes qui avaient bien trop grandis. C'est serré comme dans une boite de sardine qu'ils avancèrent péniblement dans la grande salle. Ils se dirigèrent vers un passage secret menant à la salle des trophées du troisième étage. Ensuite, ils traversèrent pendant plusieurs minutes une longue galerie où s'alignaient des armures et bifurquèrent vers une porte qui n'était pas fermée à clé. La salle des trophées était équipée de vitrines de cristal où étaient présentées diverses récompenses telles que des coupes, des écus, des plateaux ainsi que statuettes. Ils retirèrent la cape et commencèrent à s'afférer alors que Dobby sortit de la salle comme convenu.
- Hermione, vient vite voir ! Je pense que j'ai trouvé ce que nous cherchions, appela Harry.
- « Registre des élèves de Poudlard de 1900 à 1950 », lit à voix haute Hermione. Bien cherchons. Voyons voir… Année mille neuf cent quarante-trois… Page sept cent vingt-six ! affirma Hermione en tournant vigoureusement les pages du registre. J'ai trouvé Jane !
- Qu'est-ce que ça dit ? demanda prestement Harry.
- Alors… Jane Garderner a étudié à Poudlard de mille neuf cent trente-sept à mille neuf cent quarante-trois. Bien qu'elle fût de sang non sorcier, Jane fut l'une des meilleures sorcières de sa génération en obtenant l'intégralité de ses BUSES et de ses ASPICS avec une moyenne de trois cent pour-cent de bonnes réponses à chaque examen. Elle a été préfet de la maison Gryffondor durant sa cinquième et sixième année puis préfet-en-chef au cours de la septième. Malgré l'avenir brillant qui l'attendait elle disparut dans d'étrange circonstance, récita Hermione le sourcil froncé. Je suppose que ça disparition est en relation avec son présumé assassina, souffla Hermione d'une petite voix.
- Je ne sais pas ce que tu en penses mais Hermione, cette femme te ressemble. Que ce soit au niveau intellectuel que physique. On pourrait croire que c'est ton portrait craché, conclu Harry. Tu es peut-être sa descendante, comprit Harry.
- C'est tout bonnement impossible Harry… Je l'aurais su si j'avais eu quelqu'un de ma famille avec du sang de sorcier. Et puis Dumbledore me l'aurait confié avant de mourir, se rassura-t-elle.
- Ecoute Hermione je ne veux pas t'effrayer mais elle aurait très bien pu être ta grand-mère. Tu m'as toujours dit que tu ne savais rien de tes grands-parents maternels et paternels. Et si elle a disparue dans d'étranges circonstances peut-être qu'il y avait quelque chose qu'il ne valait mieux pas que tu apprennes, souffla le jeune homme.
- Soit et si par on se sait comment cela s'avérait être la vérité, comment allons-nous nous en assurer. Jane étais à Poudlard il y a plusieurs années… buta Hermione.
- Je pense que tu devrais aller voir le portrait de Dumbledore dans le bureau de McGonagall. Il était professeur à cette époque-là, suggéra Harry et Hermione acquiesça de la tête.
Hermione tourna nerveusement les pages du registre pour essayer de retrouver l'identité du mystérieux jeune homme. Les pages tournèrent encore et encore jusqu'à se retrouver face à l'image d'un jeune homme beau et élégant, à la peau pâle et extrêmement séduisant. Il était grand et plutôt mince, avec des joues creuses. Ses cheveux bruns étaient légèrement bouclés et retombaient délicatement sur le haut de son visage au regard pur comme l'océan. Sur l'image animée, elle put voir le jeune homme arborer fièrement un blason de préfet en chef sur la poitrine. Le jeune homme lui rappela une version brune de Drago Malefoy. Même sourire et même suffisance. Alors qu'Hermione allait lire à voix haute pour elle et Harry les caractéristiques du jeune homme, Harry laissa échapper un hoquet de stupeur. Hermione se tourna vers lui et vit qu'il était livide.
- Hermione… L'homme de ton rêve, celui qui a tué Jane c'est… Voldemort, réussit-il à sortir.
- Non… Ce n'est pas possible ! Dans mon rêve Jane et V… Tom Jédusor semblaient… amoureux ! V… Tu-sais-qui n'a jamais aimé personne. Pourquoi se serait-il rapproché d'une née moldue alors que même à l'époque où il était étudiant il ne les portait pas dans son cœur, questionna la jeune femme avec inquiétude.
- Je l'ignore Hermione mais pour l'avoir affronté dans la chambre des secrets je suis sûr et certain de ce que j'avance. S'il a mis de côté sa révulsion pour les nés moldus c'est que Jane cache un secret que nous ignorons, déduisit-il. Je pense que tu devrais interroger le portrait de Jane et de Dumbledore, conseilla son ami. Oh mais j'y pense ! Hagrid a été élève à Poudlard en même temps que lui, peut-être qu'il pourrait nous en apprendre un peu plus, proposa-t-il.
- Je ne pense pas Harry. Malheureusement Hagrid a été renvoyé de l'école durant sa troisième année d'étude à cause de lui et par conséquent il ne pourra pas nous renseigner sur la relation qu'il entretenait avec la Gryffondor. Le seul qui soit capable de me renseigner sur le sujet n'est autre que le professeur Slughorn… Je ne pensais pas être confrontée à un tel mystère un jour, souffla la jeune femme désespérée. Voyons voir si le registre nous en apprend plus… Il a étudié à Poudlard durant les mêmes années que Jane et fut admis sans grande surprise à Serpentard. Tom était un élève hautement apprécié par ses professeurs : il était studieux et très consciencieux. Il a obtenu le nombre maximal de BUSES et d'ASPICS, ce qui le plaça parmi les meilleurs élèves de Poudlard depuis plusieurs générations avec Miss Jane Garderner. Il a été récompensé pour service rendu à l'école lors de sa cinquième année... souffla Hermione avec dégout.
Alors qu'Hermione et Harry étaient perdus dans leurs pensées et ruminaient leur nouvelle découverte, Dobby fit irruption dans la pièce.
- Monsieur Rusard approche, couina l'elfe qui commençait à paniquer. Cachez-vous vite sous la cape d'invisibilité et partez, intima le petit être à ses amis.
Avant de transplaner, Harry et Hermione le remercièrent chaleureusement puis ils quittèrent la salle des trophées l'esprit perdu. Hermione avait promis à Harry et à elle-même qu'elle éluciderait cette affaire le plus rapidement possible. En attendant elle avait deux rouleaux de parchemins qui l'attendaient et elle prit tout naturellement la direction de la bibliothèque, son lieu de prédilection.
Plus tard dans la soirée, Hermione rejoignit ses amis dans la grande salle pour le banquet d'Halloween. Et s'assit entre Harry et Dean Thomas qui étaient dans une grande conversation. En face d'elle, Ron était assis à côté de Lavande et ce dernier offrit un sourire timide à la lionne qu'elle lui rendit grandement.
- J'ai tellement faim que je pourrais manger un troupeau d'hippogriff, se plaignit Ron.
- Tu es tellement charmant et si classe Ron, souffla Ginny dans un rire en levant les yeux au ciel.
- Bah quoi, j'ai faim ! se vexa légèrement le jeune homme sous les rires de Neville et Seamus.
- J'avoue que j'attends ce repas d'Halloween depuis ce matin, plaisanta Harry.
- Toi aussi tu t'y mets, se moqua Hermione en haussant un sourcil.
L'ambiance était joyeuse et Hermione se sentit si bien auprès de ses amis qu'elle espérait vivre des moments comme ceux-là encore longtemps. Tout le monde riait à table sous les pitreries de Seamus et de Ron. Bien qu'elle fût encore en froid contre le jeune homme, Hermione en fit abstraction et se laissa aller aux rires contagieux de ses amis. Alors qu'ils attendaient le repas, la directrice de Poudlard se leva de son siège et frappa sur son verre afin d'obtenir le silence.
- Bonsoir chers élèves ! Avant de vous laisser profiter du banquet d'Halloween je tenais à vous faire deux annonces. La première est qu'une sortie à Pré-au-lard est prévue dans deux semaines et ceux qui souhaitent s'y inscrire peuvent le faire sur le tableau d'affichage de leur salle commune respective. Je rappelle que seuls les élèves à partir de leur troisième année peuvent prendre part à cette sortie. Deuxièmement, il a été décidé cette année nous organiserions un bal à l'occasion de Noel et tous les élèves y sont conviés, de la première à la septième année, annonça la directrice de Poudlard.
A cette annonce un brouhaha enthousiaste s'éleva dans la salle. Hermione se retourna légèrement vers ses amis et se figea sur place. Ron avait placé son bras sur l'épaule de lavande qui le regardait amoureusement. Hermione aurait dû hurler sur Ron, sentir son cœur se briser et fondre en larmes en courant et sortant de la grande salle d'une démarche théâtrale. Oui elle aurait dû. Mais non. Rien. Il ne se passa absolument rien hormis une impressionnante indifférence. Elle avait toujours pensé aimer Ron, elle se voyait déjà faire sa vie avec lui dans une petite maison avec un jardin suffisamment grand pour que leur chien puisse se dégourdir les pattes. C'était une vie simple dont elle avait toujours rêvé. Mais à présent, au fond de son cœur et de son âme, elle désirait autre chose. Une vie moins droite, moins carré. Une vie plus compliquée parce qu'en sadique qu'elle était, elle aimait surmonter des obstacles qui étaient normalement hors de sa portée. Elle les observa un instant et sourit tristement en se disant qu'elle devrait faire le deuil d'un amour illusoire. Hermione sortie de ses pensées au moment où le professeur McGonagall réclamait le silence à son assistance.
- Bien, je disais que le bal aurait lieu au réveillon de Noel, c'est-à-dire la veille du départ en vacances pour vous. Aussi, je n'ai nul besoin de vous informer que je tiens à ce que vous ayez une tenue et un comportement acceptable, menaça-t-elle les lèvres pincées. C'est pourquoi nos préfets en chef, qui nous ferons l'honneur d'ouvrir le bal ensemble, se chargeront en plus - de s'amuser évidemment-, d'assurer la sécurité et le bon fonctionnement de la soirée.
Hermione crut mal entendre et son visage livide passa par toutes les expressions possibles. De l'étonnement au dégout jusqu'à l'énervement. Dean posa sa main sur l'épaule de la jeune femme en signe de soutien. Seamus fulminait et sorti diverses insultes moldues pour la forme. Neville ouvrait et refermait la bouche tout aussi choqué que la jeune femme et n'arrivait même pas à produire un mot. Ron et Lavande la regardait avec compassion et pitié. L'ambiance chaleureuse était redescendue et la salle était tellement silencieuse qu'on aurait pu entendre des lutins de Cornouaille voler s'il y en avait eu dans la grande salle. Hermione essaya de se rassurer tant bien que mal en se disant que la directrice avait fait ce choix uniquement pour qu'Hermione garde un œil sur le Serpentard. Oui c'était surement la bonne raison. Ginny ne se gêna pour crier sa désapprobation dans la salle sous le regard menaçant de la directrice. Cette dernière tapa dans ses mains et pour faire taire les questions de chacun et les nombreux mets apparurent sur les tables de chaque maison. Les conversations reprirent bon train comme si l'annonce de la directrice était passée à la trappe. Les tables se remplirent de divers plats et de plusieurs citrouilles enchantées. Les amis d'Hermione reprirent leur conversation là où ils l'avaient laissé. Quant à Hermione elle chercha au travers de la salle son futur cavalier mais elle rencontra seulement les regards moqueurs et rieurs de Blaise et Théodore et celui assassin de Pansy et d'autres filles de serpentard dont elle ne connaissait même pas le nom. Blaise l'octroya même d'un clin d'œil. La jeune femme se servit rageusement d'un pâté de viande avec des légumes et commença à manger en silence.
- Hermione je… commençai Neville sous l'œil inquisiteur d'Hermione. Je t'offrirai une danse, seulement si tu veux bien, euh si tu es d'accord, non pas que je te force à danser avec moi hein… proposa Neville en bredouillant.
- Ca va aller Neville, c'est très gentil de ta part mais je doute que ta cavalière soit contente que tu te partages pour elle et moi, répondit Hermione dans un sourire attendri en reposant sa fourchette sur son assiette.
- Tu crois que McGonagall fait ça pour que tu gardes un œil sur Malefoy ? demanda Harry.
- Figure-toi que j'ai pensé exactement à la même chose Harry. Le professeur McGonagall ne m'aurait jamais imposé de passer la soirée avec lui sans aucune raison valable. D'ailleurs elle m'a demandé de garder un œil sur lui, avoua-t-elle sur le ton de la confidence. Mais bon n'en parlons pas pour l'instant, coupa Hermione.
- D'ailleurs tu te joins à nous ce soir Hermione, demanda Seamus au plus grand plaisir d'Hermione qui ne souhaitait pas s'éterniser sur le sujet « Malefoy » avec Harry car cela pouvait aller très très loin.
- Ce soir ? demanda Hermione d'un regard inquisiteur.
- On organise une fête d'Halloween dans la salle commune, expliqua Dean. Viens ça te changera de ton dortoir sinistre.
Hermione allait refuser sous prétexte qu'elle avait une ronde à faire mais Ginny lui coupa la parole.
- Je t'interdis formellement de refuser notre invitation. Oh je t'en prie Hermione vient faire la fête avec nous, tu nous manques, répliqua Ginny d'un regard attendrissant.
- Bon d'accord mais je viendrais seulement après avoir fait ma ronde, abdiqua Hermione sous les cris de joie de Ginny.
Décidemment avec son amie elle n'avait aucune volonté mais apprend tout, s'amuser pourrait lui faire du bien. Elle termina rapidement son repas et après avoir promis de rejoindre ses amis dans la soirée se leva afin de commencer sa ronde de préfet. Elle fit le tour de tous les étages du château qui étaient maintenant déserts au vue de l'heure. Hermione avait réprimandé quelques élèves qui trainaient dans le coin dont un couple qui s'amusait dans un placard à balai. Elle regarda sa montre, il était déjà vingt-deux heures. Durant sa ronde elle n'avait absolument pas croisé Drago et c'est à son grand regret qu'elle se rendit compte qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui. Elle devait en plus de cela lui annoncer la nouvelle du bal de Noel et cela ne l'enchantait guère. Elle soupira longuement. Un long programme l'attendait. Elle devait interroger le portrait de Dumbledore et celui de Jane, surveiller Malefoy et son comportement contradictoire, se réconcilier avec Ron et trouver les horcruxes. Hermione s'adossa contre la paroi glacée qui lui faisait face et ferma les yeux afin de mettre ses idées en place. Elle avait du boulot mais pour l'instant ses amis l'attendait dans la salle commune c'est pourquoi elle reprit sa marche afin de les rejoindre.
Arrivée au dernier étage elle entendait déjà la musique filtrer à travers le portrait ainsi que les cris et les rires de ses amis. Elle prononça le mot de passe et s'engouffra dans le petit espace. Alors qu'elle posa un pied à terre, elle fut émerveillée par la décoration de la salle commune. Ils avaient disposés des tas de bougies enchantées ainsi que des citrouilles dans les airs. Les murs étaient parsemés de fausses toiles d'araignées et de substances inconnues qui ressemblaient à du sang. Plusieurs petites tables avaient étés rassemblées afin d'en faire une seule grande et sur le dessus y regorgeait plusieurs tartes et bonbons divers et variés. Il y a avait même de la biereaubeurre et une choppe de Whisky pur feu. Le milieu de la salle était dégagé et faisait office de piste de danse. Plusieurs élèves déguisés se trémoussaient sur la piste entrainés par la reprise à la guitare de Remain une musique d'un chanteur moldu, un certain José Gonzalez. D'autres élèves s'amusaient à en effrayer leurs camarades en dissimulant leur tête qui devenait invisible sous un chapeau crée par les jumeaux weasley. Hermione lâcha un sourire, décidemment elle avait bien fait de les rejoindre. Ginny la rejoint avec un verre de vin de sureau qu'elle lui tendit.
- Je vais faire comme si je n'avais rien vu, souffla Hermione en roulant des yeux.
- Allez Hermione se soir c'est la fête oublie ton devoir de préféte, hurla Ginny dans le brouhaha environnant et retourna auprès d'Harry assis sur le canapé.
La jeune femme ria et se laissa aller. Elle but d'une traite son verre et rejoignit la piste de danse et commença à danser en rythme. Elle fut rejointe par Neville, Katie et Seamus et ils dansèrent tous en rythme en faisant exprès de se cogner les uns contre les autres. Sans doute que l'alcool les rendaient encore plus fous que d'habitude. Hermione se sentit revivre. Elle ne s'était pas amusée ainsi depuis bien longtemps et par merlin, cela lui faisait un bien fou. Elle releva la tête et croisa leur regard de Cormac qui la regardait avec envie faisant jouer son doigt sur ses lèvres. Hermione qui se sentait légèrement fiévreuse par le verre qu'elle venait de boire feignit tout de même de ne rien avoir vu et c'est épuisée par sa danse qu'elle rejoignit Harry et Ron que Lavande avait momentanément abandonné sur le canapé. Il fallait bien crever l'abcès avec ce dernier. Et ce fut à son grand étonnement qu'il prit la parole en premier.
- Mione, je suis désolé pour ce que je t'ai dit l'autre jour avant le match. Je ne le pensais pas vraiment mais comme tu es mon amie j'ai eu peur pour toi. Tu comptes beaucoup pour moi Hermione même si je peux t'agacer la plupart du temps, avoua la tête basse Ron.
- Ce n'est rien Ron, je ne t'en ai pas vraiment voulu et puis on va dire qu'avec le match on est quitte maintenant, assura-t-elle joyeusement. Alors sans rancune ?
- Sans rancune, répondit son ami avec soulagement.
- Félicitations pour toi et Lavande, ajouta Hermione prestement. Je suis vraiment content pour toi, acheva sincèrement la lionne qui aimait profondément Ron d'un amour fraternel.
- On ne sort pas vraiment ensemble, on a juste décidé de s'accorder une deuxième chance. Avec les événements passés Lavande a beaucoup changé, se confia Ron dont les oreilles avaient viré au rouge.
- C'est une bonne chose pour vous deux, tu mérites d'être heureux, assura la jeune femme.
Pour seule réponse Ron la prit dans ses bras et murmura un doux merci à ses oreilles. Dans leur étreinte ils furent rejoints par Neville, Harry, Ginny et Dean – qui avait fini par ensorceler une radio moldue passant en boucle Thriller- et sous le poids des embrassades ils tombèrent tous bêtement au sol. Les ravages de l'alcool… Hermione passa le reste de la soirée en compagnie de ses deux meilleurs amis comme au bon vieux temps. Elle avait raconté à Ron sa petite excursion dans la salle des trophées avec Harry. Si dans un premier temps il avait été indigné de ne pas avoir été mis dans la confidence il devint ensuite livide face aux révélations de la jeune femme et c'était mis à boire pour réfréner son angoisse. C'est quand la salle commença à se vider et que Ron était endormi à même le sol qu'elle se décida à rejoindre son dortoir. Elle remercia ses amis et quitta à contrecœur la salle commune. La jeune femme reprit la direction de ses appartements dans l'unique but de regagner son lit.
(Pour une immersion complète écoutez : Secrets of the Castle de John Williams de 0:00 à 1:08 / Lien : watch?v=PrgJkuOQuok )
Elle arriva devant le portrait, dit le mot de passe et s'engouffra dans l'étroit passage. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit le salon commun complètement dévasté comme si on avait délibérément tout détruit et Drago à genou sur le sol, une lettre dans sa main qui semblait ne vouloir cesser de trembler. Une douce mélodie semblait s'échapper d'une boite à musique qui gisait sur le sol. Il rangea machinalement la lettre dans l'une de ses poches mais ne changea pas de position. Hermione s'approcha prudemment de lui, presque sans aucun bruit. Elle l'avait appelé par son prénom ou avait essayé. Ses idées n'étaient pas claires à cause de l'alcool et elle dut faire appel à tous ses sens pour se concentrer. Elle se maudissait alors d'avoir autant bu ou plutôt de ne pas tenir l'alcool car par rapport à ses amis elle n'avait bu qu'un verre de vin. Elle s'approchait doucement du jeune homme comme guidée par une audace qu'elle n'avait habituellement pas. Après un long silence ou le jeune homme ne daignait se retourner ou se relever, la lionne entendit un sanglot étouffé. Alors Hermione s'agenouilla dos à lui et enserra le dos large et tremblant du jeune homme de ses bras. Ses muscles étaient tendus et elle s'attendait à ce qu'il la rejette d'un moment à l'autre. Cependant la jeune qui recouvrait peu à peu la raison sentait dans la posture du jeune homme qu'il avait besoin plus que jamais de quelqu'un auprès de lui. Comme si Hermione avait senti le désespoir qui gagnait le cœur du serpentard. Maintenant son étreinte elle sentit sur ses petites mains une larme tomber, puis deux, puis trois et ainsi de suite…
- Tout est de ta faute, murmura le jeune homme d'une voix brisée sans pour autant se défaire de l'étreinte de son ennemie.
Hermione ne répondit pas à sa remarque et resta dans la même position quitte à en avoir des crampes. La respiration de son ennemi présumé devint plus saccadée. Elle déposa sa tête sur l'épaule du grand blond et contre toute attention, Drago attrapa l'une de ses mains et la serra si fort qu'elle eut l'impression qu'il allait la briser. Son geste n'avait pourtant rien de violent mais plus quelque chose de désespéré. Il avait juste besoin de quelqu'un en ce moment précis et elle était là cette maudite sang de bourbe, contre son dos, sentant une odeur de vin, d'orchidées et de vieux livre poussiéreux…
Et voilà ! Alors vous aviez deviné que l'amour de Jane était Tom Jédusor? ;)
Pauvre Drago si vous saviez le contenu de la lettre...
