Et la suite ! J'ai eu un peu plus de mal pour ce chapitre là, mais j'espère qu'il vous plaira, vous êtes des amours 3
Ils ouvrirent la porte violemment, sans même faire attention si quelqu'un pouvait les voir. Et malgré qu'ils aient constaté que la chambre était restée fermer... il n'y avait plus qu'une seule personne à l'intérieur : le hippie, toujours allongé sur le lit. Plus loin la fenêtre était ouverte...
-Putain ! s'énerva Mathieu contre lui. Tout ça c'est ta faute !
-Ils ont pas pu sauter... réfléchit le plus grand ignorant son camarade.
-Il y a des escaliers de secours à ces fenêtres andouille !
Antoine arrivait tout juste à supporter ces insultes. Alors qu'il était lui-même le premier à le faire, il appelait tous ses potes par des insultes. Mais le ton de Mathieu n'avait rien de drôle... ce dernier était vraiment en colère contre lui. Et ça le faisait se sentir mal. Son collègue avait raison, tout ça c'était sa faute...
-Je vais les retrouver, même si je... mais l'autre youtubeur ne le laissa pas finir.
-On, on va les retrouver, t'as déjà fait assez de merde comme ça.
Antoine ignorait s'il devait en être content ou non. Même si c'était sa faute, Mathieu était-il vraiment obliger de le lui rappeler toutes les 5 secondes ?
-Tait-toi. L'autre youtubeur se tut effectivement, mais parce qu'il était surprit. Tu crois que je m'en veux pas ? Je me sens déjà assez con !
Mathieu grimaça.
-Désolé mec. Mais ça me fait chier tu comprends ?
-Mouais.
Antoine n'était pas très convaincu. Ce petit youtubeur aimait juste se défouler sur lui.
-Tu pouvais pas les laisser chez toi ? Le panda y est bien...
D'ailleurs, le Geek ne lui avait pas dit que quand eux, les doubles de Mathieu, étaient trop loin de leur créateur, ils... disparaissaient ?
-Ah, ouais, pour garder le chat te l'ai dis.
-Pourquoi il ne "cesse pas d'exister" comme le Prof et la Fille ?
Mathieu devint soudainement silencieux. Son ami lui cachait quelque chose.
-Matt ?
Il finit par lui répondre, mais le visage comme crispé, répondant très lentement :
-Je peux pas te le dire... Le Geek m'écoute.
Antoine ne voyait pas le rapport... et comme la chose était possible. Mais après tout ils avaient bien un hippie en fond qui parlait dans son sommeil... ou dans son délire de drogué. À ce moment là il parlait de hérissons.
-Et de toute façon je ne te le dirais pas, conclut le jeune homme.
-Quoi ?
Pourquoi est-ce que cet imbécile ne voulait rien lui dire ?
-Je t'aide gratuitement et toi non, c'est pas possible de me confier juste un truc !
Le plus petit lui lança un regard noir.
-Je les ai effacé ok ?! lâcha finalement Mathieu. Effacé, supprimé... si le Prof et la Fille n'existent plus c'est parce que je l'ai décidé.
Le barbu à lunettes resta bouche bée de cette révélation. Surtout... par ce ton froid qu'avait utilisé Mathieu.
-Tu... as le droit de mort et de vie sur eux ?
-Bien sûr que non ! Antoine fut soulagé... un bref instant. ils ne sont pas vraiment vivants. Ce sont juste des dédoublements de ma personnalité. Ils ne sont pas réels.
-Pas réels ?! ça avait l'air réel quand l'autre pervers m'a blotté !
-Pas dans ce sens là ! soupira Mathieu, qui avait l'air agacé qu'il ne comprenne pas. Disons... qu'ils n'ont pas d'âmes. Pas de vrais sentiments.
Mathieu répondait enfin à ses questions qu'il s'était posé à lui-même... mais ce n'est pas ce qu'il attendait.
-Tu les connais bien mal.
-Comment je pourrais les connaitre mal ? C'est moi ! Tous !
-Il y arrive qu'on se connaisse mal soi-même tu sais.
Mathieu n'avait pas l'air d'accord... et c'est ça le rendait un peu triste, ils ne seraient sans doute jamais du même avis.
-Antoine !
Il sursauta presque, la voix de Mathieu s'était soudainement modifiée... pour celle du Geek.
-Mais... ?
-C'est vrai ce qu'il a dit Mathieu, il peut nous faire disparaitre ?
-Je... je suppose.
Il ne pouvait pas dire la vérité.
-Tu mens ! On va tous mourir !
Le Geek eut l'air de se recroqueviller sur lui-même, avant d'avoir de nouveau la voix de Mathieu.
-Toujours pénible, quand il prenne possession ds mon corps... tout en disant cela, Mathieu frissonna.
-Tu vas pas le tuer pour ça ?
-Hein ? Naaaan ! Et je ne les tue pas, je les supprime. Tant qu'ils me sont utiles... et j'aime le Geek, le torturer, le "victimiser", c'est drôle.
C'était très étrange, avant Antoine avait déjà entendu ce discours, mais maintenant, il sonnait différemment.
-Tu lui fais mal ?
-Quoi ?
Mathieu avait toujours l'air surprit quand il parlait de l'un de ses doubles comme d'une personne.
-Je le frappe mais c'est comme me frapper moi-même !
-Alors pourquoi tu te frappes toi-même ?
Mathieu soupira encore une fois, levant les yeux au ciel.
-Ta gueule on dirait un psy. Faut qu'on retrouve les deux autres là.
Il changeait volontairement de sujet... et à vrai dire, Antoine n'avait plus très envie de l'aider. Mais il y avait Richard... et il n'avait pas envie de perdre Richard ! Contrairement à Mathieu pour ses doubles, et même si cette peluche pouvait être agaçante, c'était son ami.
Bon un ami pervers, mais un ami !
Un peu plus tard, ils se retrouvèrent dehors, juste devant cet escalier. Mathieu avait décidé de laisser le hippie enfermer dans sa chambre. Ce qui, après avoir découvert son avis sur ses doubles, n'étonnait plus Antoine. Il ignorait si son collègue avait raison ou non... sans doute, puisque c'étaient ses dédoublement personnalités à lui. Pourtant le plus grand n'en était pas si sûr. Ils avaient si réels...
Mathieu sortait encore des insultes, mais cette fois contre lui-même. Il avait l'air de s'énerver, de ne pas trouver au moins un indice qui aurait pu leur dire où ils étaient partis. La convention avait fermé ses portes pour la nuit depuis un moment déjà...
En levant la tête, Antoine comprit. Un petit panneau qui annonçait le nom de la rue et...
-Merde. On est près du 18ème arrondissement.
Mathieu le regarda bizarrement, ne comprenant pas. Évidemment... lui avait emménagé depuis assez peu de temps près de Paris.
-Mathieu... Antoine prit un ton dramatique, sans vraiment le vouloir. Dans le 18ème arrondissement, il y a Pigalle.
Il fit aussitôt des yeux ronds, sans doute était-il en train d'imaginer comme lui ce que pouvaient faire Richard et Le Patron ensemble dans ce coin "réputé".
C'était un club comme on en voyait beaucoup dans ces rues de Pigalle. Une pièce sombre, avec des honmes assis, et des femmes découvrant leur corps. Le Patron était évidemment là, affalé sur le fauteuil, les jambes écartés, et une cigarette à la main.
-Ouais c'est ça poupée, dandine du fion. Il prit une bouffée de tabac. J'aime cette ville.
-Fait passer, lui ordonna Richard, assis lui-aussi dans un fauteuil, et dont personne ne faisait attention.
-Tu fumes la peluche ? Et par quel trou ?
-Ta gueule.
Il attrapa la peluche à pleine main, et tendit la cigarette à son museau.
-Donc t'appartiens à l'autre tapette.
-C'est lui qui m'appartiens. 70 ans que je suis dans sa famille.
-aussi vieux ? mhhh...
Sous une quelconque impulsion perverse, le Patron balança la cigarette et goba le museau de la peluche, dans un baiser plus que langoureux. Et sans dire un mot ils s'éclipsèrent... aux toilettes.
Et c'est précisément quand le pervers et la peluche disparurent derrière la porte, que le duo de youtubeurs arriva enfin.
-C'est le 11ème club de strip-tease qu'on fait Mathieu. Le plus grand avait l'air de se sentir mal à l'aise dans ces endroits. Tu peux pas juste... "le remettre dans ta tête" ?
Il soupira. Comment l'expliquer à Antoine ? C'était impossible. Il ne choisissait pas quand une de ses personnalités revenaient dans son esprit. C'était toujours involontaire, sous le coup d'une grande émotion. Comme la colère... ou la jalousie.
Mais évidemment ça, il ne pouvait pas le dire à Antoine. Parce que lui, Mathieu, ne l'admettait pas. Mais c'était la seule explication... il avait été jaloux. Du geek. C'était bien une chose qu'il n'aurait jamais cru arriver...
Antoine lui il est gentil avec moi !
Mathieu leva les yeux au ciel. C'est vrai, le Geek était toujours là, il n'avait plus l'habitude d'avoir une autre voix dans sa tête qui peut commenter ses pensées.
Antoine est gentil avec tout le monde. C'est pas une raison pour l'embrasser !
Mais je veux lui dire que je l'aime !
Tu ne l'aimes pas, tu...
-Mathieu ? l'appela le sujet de leur dispute.
-Quoi ? À la grimace d'Antoine, il avait dû réagir un peu trop violemment.
-Le serveur vient de me dire qu'il avait vu un homme en noir avec des lunettes de soleil. "C'est bizarre parce qu'on est l'intérieur" imita le créateur de What the cut ?!.
-ça peut être n'importe qui.
-Et il parlait à une peluche.
Bon, là, évidemment, ça ne pouvait pas être n'importe qui !
Pour être plus rapide à les retrouver, ils se séparèrent.
Quelques minutes plus tard, passant près des toilettes, Mathieu entendit des bruits suspects. Il ouvrit la porte et ce qu'il vit le laissa muet.
Il était habitué aux perversions quelques peu illégales du Patron, et se doutait qu'avec la compagnie de Richard ça ne l'arrangerait pas mais... là. Mathieu ignorait même comment la chose qu'il voyait était physiquement possible.
-Tu viens nous rejoindre gamin ?
Il claqua la porte, trop dégouté. Il avait même entendu la petite voix du geek crier dans sa tête à cette scène...
Ce fut le moment qu'Antoine décida pour le rejoindre.
-Tu les as... ?
-Ne rentre pas ! le coupa le plus petit.
Ce grand dadais le regarda dans les yeux, perdu.
-Je te donnerais pas de détails ! C'est juste dégueux !
Comment pouvait-on mettre sa... dans une... pas de trou pour... Non il n'avait vraiment pas envie qu'Antoine voit ça.
On poussa la porte, il se décala. Et sans surprise ce fut sa personnalité perverse qui en sortit. En prenant soin de fermer sa braguette avant d'émettre :
-Ça y est gamin j'ai fini, hé... Il s'interrompit, venant de remarquer la présence de son collègue. T'as ramené l'autre ? On va s'amuser...
-Non ! s'exclama Mathieu peut-être un peu trop fortement.
-Où est Richard ? demanda l'autre youtubeur ignorant tout à fait le ton salace du double.
-En train de lécher les restes, si tu vois c'que j'veux dire...
Son rire rauque résonna, mais Antoine n'eut pas l'air de l'entendre et se précipita aussitôt dans les toilettes... inquiet ? S'il avait vu ce que Mathieu avait vu, il ne le serait sans doute pas. Cette peluche avait eu l'air d'apprécier ce qu'on lui faisait subir...
Seul à seul avec son double, il en profita pour l'avertir :
-Tu lui dis rien.
-J'ai pas l'attention, ça nuirait ma réputation tu vois petit.
Mathieu s'en fichait bien, tant que le pervers se taisait. La seconde d'après, Antoine revint avec sa peluche. Et visiblement celui-ci avait l'air d'avoir comprit ce qu'ils avaient fait tout les deux.
-Beuuurk, ce truc gluant c'est...
-Du jus de première qualité bébé.
OK, quand il avait dit au Patron de ne rien dire, il aurait dû préciser.
-On peut partir maintenant, enchaina Mathieu sans attendre.
-Hé hé, l'arrêta l'homme en noir, non, j'ai bien envie de rester moi...
-Non. On...
-Ou je dis au grand touffu que tu aimes sa...
Le Patron disparut. Mathieu ignorait comment il les ramenait dans sa tête, mais ça tombait toujours au bon moment. Heureusement.
-Tu pouvais pas faire ça depuis le début ? s'agaça Antoine.
-Non.
Et ce fut sa seule réponse. Mathieu essayait de concentrer sur les deux voix qui parlaient dans sa tête pour les faire taire... celles-ci voulaient sortir. Et en était hors de question. Mais ses personnalités ne se laissaient pas faire...
Une chose était sûre, il allait avoir un sacré mal de crâne.
