Et presque une vingtaine de jours plus tard… nla suite de IRL. on je n'avais pas abandonné cette fic, j'hésitais entre deux versions en fait x) (l'avantage « d'improviser » ses histoires) mais j'ai finalement choisi celle qui m'amusait le plus. L'autre version rendait un peu trop sérieux et ça m'amusait moins. Quoique je garderais cette idée peut-être pour une autre fic… parce qu'on approche doucement de la fin pour celle là et oui. Mais après je pourrais commencer une autre fic, un peu la suite de celle là en quelque sorte :D et on approche de 2 000 vues :o et toujours merci pour vos reviews, vous êtes des oufs. Des oufs et des amours. D'ailleurs je gribouille quelques petits trucs si vous voulez voir : h(tt)p: / unpetitmondequelquepart(point)tumblr(point)com/ :3

Bref je me tais un peu, et j'espère vous aimerez (et pour votre attente, ce chapitre est plus long que les autres !) !

/-/

C'était le deuxième jour de la convention. Et Mathieu aurait bien aimé dormir encore un peu, pour oublier rien qu'un instant les évènements de la veille. Cette balade dans Paris, avec Antoine, leur retour, et ce baiser qu'ils avaient presque échangé...
Il avait prouvé que le grand touffu avait bien dû embrasser le Geek, et qu'il n'était pas contre recommencer. Sauf que le Geek était une partie de lui... et surtout qu'ils étaient identiques. Alors quand Antoine l'embrassait... ?
Tout ça était bizarre. Mais il n'avait pas pu poser plus de questions à son camarade la veille, ce dernier avait été direct dans sa chambre. Il lui demanderait quand il l'aurait retrouvé dehors, après s'être préparé... peut-être.
Comme tous les matins, il se dirigea vers la salle de bain. Dans le miroir il avait une sale tête. Ses cheveux étaient plats, il était pâle... et alors qu'il cherchait son rasoir Mathieu remarqua sa barbe n'avait pas bougé. Non. Elle semblait même moins fournie qu'hier.
Comment une telle chose était possible ?
Il s'observa de plus près, et vit d'autres choses bizarres : il avait les bras plus fins, des tâches de rousseurs avaient bougé, et il avait des cicatrices dont il ignorait l'origine.
Et surtout, et c'était tellement flagrant qu'il ne l'avait pas vu, ses yeux bleus étaient partis sur du gris.
Il n'avait qu'une seule explication, et elle était dans son linge sale.
Il se pencha vers la corbeille et reprit ce fameux t-shirt rouge de captain america. Antoine le lui avait dit et il ne l'avait pas cru.
Il avait eu raison ce con. Depuis le début.
Il n'était pas dans son corps mais celui du Geek. Et il avait bien des différences que Mathieu n'avait jamais vu. Puisqu'il n'avait jamais fait attention à ses personnalités.
Ils étaient donc... réels ? Vraiment ? Ils n'étaient pas qu'une partie de lui, mais des êtres indépendants ?
Tu nous as mentis !
Et le Geek revenait dans sa tête... ou sa propre tête ?
-Non je... je savais pas... je pensais que...
On peut sortir gamin ?
Et voilà que le Patron le rejoignait.
-Non !
T'es méchant Mathieu ! Tu nous as dis qu'on était pas réel !
-Taisez-vous, taisez-vous !
Il prit sa tête entre ses mains, il avait mal. Si ses personnalités voulaient partir il ne pouvait pas les empêcher... son mal de crâne devint plus fort, et Mathieu prit appui sur les rebords du lavabo.
Il sentait que ses personnalités étaient en colère, qu'ils lui en voulaient. Le désavantage qu'elles puissent entendre ses pensées...

Il leur avait fait croire tout ce temps qu'ils n'étaient qu'un.
Alors qu'ils étaient devenus des vraies personnes, dont il était le créateur. Et c'est peut-être ce qui effrayait Mathieu. En existant réellement, il devenait responsable d'eux.
Il ne sentait pas encore prêt pour ça. Devoir gérer et s'occuper d'une autre personne que lui. Non... il était trop jeune !
Peut-être qu'il pouvait les faire partir, les effacé, il l'avait déjà fait... mais il n'en était pas capable. Pourquoi il ne savait pas, il ne savait plus. Peut-être que...
La douleur dans son crâne le saisit d'un coup, l interrompant. Il perdit son appui et n'eut qu'une seconde pour réaliser qu'il tombait. Avant d'atterrir sur le sol, inconscient.

Un souvenir. Du lycée. Un mauvais souvenir. Il s'était enfermé une nouvelle fois dans les toilettes après s'être battu. Il n'avait rien, physiquement. Il était blessé dans tout son être, incapable de se lever. Il allait louper des cours. Mais il ne sortirait pas.
Tant que ses pleurs ne s'arrêteraient pas.
Ne les écoute pas
Une voix, quand il se sentait au plus bas il y avait toujours une voix. Plusieurs mêmes. Et elles disaient toute la même chose.
Ce sont des cons
Je ne suis pas normal ils doivent raison.
Lève-toi
Non non, il n'y arriverait pas. Pas tout seul.
Tu n'es pas seul
Il avait senti ses jambes le portaient soudainement, prenant appui sur le mur. Il essuya ses larmes avec sa manche, et inclina la poignée.
Tu ne seras plus jamais seul Mathieu

Mathieu sentit qu'on le secouait, une voix inquiète l'appelait.
-Matt ? Matt ? Putain réponds moi me fais pas ça !
-Antoine ?
Le chevelu était effectivement au-dessus de lui... de la peur dans les yeux ?
-Tu vas bien ? Comme tu ne répondais pas je suis rentré et... je t'ai vu par terre...
-ça va, le rassura le plus petit.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-J'ai dû m'évanouir...
Mathieu se releva, sa tête lui tournait... le plus grand le rattrapa juste à temps.
-Tu devrais t'asseoir.
Il n'avait pas réellement le choix de toute façon. Il tenait à peine sur ses jambes. Antoine passa un bras sous son aisselle.
-Et pour eux ?
Mathieu ne l'avait pas encore remarqué, mais à ses pieds se trouvaient ses autres personnalités. Même le Hippie ? Ils avaient l'air d'être tombé sans connaissance comme lui... ou est-ce qu'ils étaient « tombés » de sa tête ?
-Sur le lit.
Antoine l'amena d'abord lui en premier, puis les autres. Ayant fini par retrouver ses capacités, il aida même son collègue. À la surprise de celui-ci.
-Qu'est-ce que tu fais ?
Antoine le regarda avec des grands yeux, bêtement. Qu'est-ce qu'il avait encore fait de mal pour ce fou ?
-Je t'aide tu vois pas ?
Tout en disant cela, il posa délicatement le Geek sur le lit. Ses trois principales personnalités étaient là, endormies.
-T'as pris un sacré coup sur la tête...
-Qu'est-ce que tu racontes le grand débile ?
-Tu les regardes en souriant... et pour quelqu'un qui pense qu'ils ne sont pas réels...
Sauf que Mathieu avait eu la preuve qu'ils l'étaient. Seulement ça il évitait de le dire à Antoine. Ça lui donnerait raison...
Mais pourquoi avait-il l'impression d'avoir de l'affection pour eux maintenant ? Qu'est-ce que ça changeait qu'ils soient réels ?
À vrai dire ça changeait tout. Et c'est peut-être ce qui lui donnait autant le tournis.
-On est retard non ?
Antoine eut l'air d'essayer de lire dans ses pensées encore une seconde, puis regarda l'heure sur son portable.
-Et merde oui.
Le touffu fila aussitôt, mais Mathieu resta un instant. A les regarder. Il finit par partir en les enfermant, mais étrangement pour la première fois il se sentait... inquiet ? Oui, inquiet. Pour eux.

Antoine était assit depuis plusieurs heures sur cette même chaise, à signer des dédicaces. Il fatiguait un peu, et devait trouver un moyen de s'occuper. Et il savait déjà comment.
Une boulette de papier vola jusqu'au stand voisin de son collègue. Il l'entendit rire, le faisant rire à son tour. Il n'en fallut pas plus pour que Mathieu quitte sa place quelques minutes pour le rejoindre, sous les yeux attentifs de leurs fans.
-Qu'est-ce qu'il y a demi-portion ? taquina gentiment Antoine.
-Rien, fit mine de faire son camarade en haussant les épaules, je voulais juste dire à ces gens qui se sont trompés de file !
-T'es juste jaloux parce que j'ai plus grosse queue que toi, répliqua le chevelu, jouant évidemment sur le double sens.
-C'est pas c'que tu disais hier...
Sa phrase fut bien sûr suivie de sifflements. Et les deux se mirent à rire. Antoine retrouvait l'ami qui lui manquait, celui qui avait été remplacé par le Mathieu-râleur ces derniers jours.
Qu'est-ce qui avait changé pour qu'il retrouve sa bonne humeur ?
-Il est midi, on va bouffer un truc ? proposa son camarade.
Ses fans, les entendant, n'eurent pas très l'air d'accord. Et le côté trop gentil d'Antoine l'obligeait à rester... heureusement -ou non- Mathieu le força à le suivre. C'est vrai que maintenant qu'il y pensait, Antoine avait faim.

Quelques minutes plus tard, ils étaient dans une petite sandwicherie. Aucun fan en vue, heureusement. C'était toujours agréable de se faire reconnaitre dans la rue, de recevoir des remerciements -et Antoine se demandait toujours pourquoi, il ne faisait que ce qu'il aimait rien de spécial- mais aussi près de la convention ni lui ni Mathieu ne pouvaient faire 2 mètres sans se faire accoster.
Une petite pause, c'est ce dont il avait besoin. Et son ventre aussi.
-Il y a du monde, se plaignit Mathieu, tu m'attends là et je vais chercher les sandwiches ?
Antoine n'avait pas vraiment envie de rester seul, mais il ne put pas protester que le plus petit était parti. Il soupira.
Son coeur fit un bond en le voyant revenir. D'ailleurs depuis quand son coeur faisait ça quand il voyait Mathieu ?
-Hé, Matt, t'es déjà revenu ?
Il eut à peine le temps de remarquer que son ami était revenu sans les sandwiches que celui-ci se plongea... sur ses lèvres ?!
Oui. Oui, Mathieu était bien en train de l'embrasser. Et la première surprise passée... Antoine sentit ses yeux se fermer.
Ce n'était pas désagréable, bizarrement. Ses mains passèrent dans le dos du plus petit, leur baiser s'approfondit. C'était doux. Il avait l'impression de découvrir quelque chose qu'il avait toujours aimé, sans le savoir.
Mathieu finit par quitter ses lèvres et se blottit contre lui. Combien de temps avait duré cet instant ? Quelques secondes, plusieurs minutes ?
-Je t'aime...
Antoine se figea. C'était un murmure à peine auditible, mais il l'avait bien entendu.
-Je... mec. Je sais pas quoi dire je... je sais que je t'aime comme un pote mais... peut-être qu'en fait... bordel, ça expliquerait que je pense tout le temps à toi...
Tout se chamboulait dans sa tête. Ces petits gestes qu'ils avaient l'un envers l'autre, ils se partageaient tout, il lui avait même en voulu à Mathieu d'avoir caché ses personnalités... et dès qu'il n'était pas, il lui manquait. Atrocement. Il avait d'autres amis, mais aucun comme Mathieu. Ce dernier était le seul qu'il avait peur de perdre.
-Mathieu je crois que... il se serait possible que je t'aime aussi...
Le plus petit releva la tête, il pleurait. Antoine ne pouvait pas supporter ça, et sécha doucement ses larmes avec son pouce. Avant de plonger son regard dans ses yeux... gris ?
-Mais... comprit Antoine un peu trop tard.
-Bravo gamin.
Le Patron apparut comme de nulle part, applaudissant « Mathieu », qui s'écarta de lui.
-Pardon Antoine je voulais pas il m'a forcé !
Le créateur de What the cut reconnut aussitôt la voix du Geek.
Non...

-Putain c'est pas vrai !
-Ce con de Mathieu n'a même pas les couilles de t'embrasser, s'expliqua le criminel, fallait bien un moyen pour te faire avouer.
Il venait d'embrasser un « faux » Mathieu, s'était brusquement découvert des sentiments pour lui... et deux de ses personnalités étaient maintenant au courant !
-Si vous lui dites je... !
-Dire quoi ? le coupa la voix de Mathieu, le vrai cette fois. Et qu'est-ce que vous faites ici vous ?! Imaginez si on nous voit !
Ils avaient beau être dans un endroit assez isolé de la salle, où les passants ne faisaient pas attention à eux, pouvant encore croire qu'ils étaient juste tout trois frères, il aurait suffi qu'un fan passe...
Mais là, ce n'était pas la priorité d'Antoine. Il suffisait qu'un double le « dénonce », il serait incapable de mentir. Il n'était même pas sûr d'être amoureux ! Ou peut-être que si... merde.
-Je vous avais enfermé dans la chambre, continua de faire Mathieu à ses doubles, ignorant totalement dans quel malaise était son ami.
-Un magicien ne relève jamais ses tours gamin.
Dans la bouche du Patron cette phrase paraissait... dégoutante. Comme toutes les phrases qu'il prononçait, en fait.
-Vous êtes encore passé par l'escalier de secours ? devina le schizophrène. Mais c'est dangereux !
-Tu t'inquiètes pour nous ? demanda le Geek -qui était donc vêtu avec les vêtements de son créateur- plein d'espoir.
-Bien sûr que je m'inquiète je... vous êtes comme mes enfants.
Mathieu avait l'air de s'étonner lui-même de sa réponse, comme s'il venait de le réaliser. Antoine de son côté n'y comprenait plus grand chose. La veille ce n'était que des parties de lui-même sans sentiments, et le lendemain c'étaient ses enfants ? Qu'est-ce qui avait bien pu le faire changer d'avis ?
Le présentateur de What the cut n'eut pas le temps d'y réfléchir très longtemps, puisque derrière lui deux mains agrippèrent ses cheveux. L'attirant contre des lèvres qui le firent tousser.
-Héé petit hérisson... fit la voix d'un certain drogué qui avait l'air d'aimer ses cheveux.
-Laissez moi z'en gamin.
Non mais vraiment, il ne manquait plus que ça. Le Hippie défoncé qui l'embrassait, et devant Mathieu.

Et en plus, il avait toujours faim !