Chapitre 3

Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !

Tout d'abord, je tenais à répondre aux reviews qui ont été postées :

Blanche521 : Merci pour ton point de vue ! J'espère que tu apprécieras ce chapitre aussi !

skestenaar77 : Ne t'en fais pas, ce n'est pas la fin de ma fiction, loin de là ! Mais je me dis que traîner plus de trois chapitres sur leur enfance rendrait le rythme de l'histoire beaucoup trop lent.

Je remercie aussi les lecteurs "fantômes" qui continuent de lire ma fiction. Sachez que voir des vues me motive tout autant que de recevoir des reviews !

Sur ce, bonne lecture, n'hésitez pas à commenter si vous pensez qu'il y a des points à améliorer ou autre :)

On avait une semaine pour mettre en place un plan permettant de permuter les radios de Toga avec celle d'un orphelin sans Alter.

Cela ressemblait beaucoup à mon jeu vidéo. Il fallait élaborer une stratégie si l'on comptait passer ce niveau, sinon, ce serait Game Over.

Je décidais de me renseigner auprès des soeurs pour savoir en quoi consistait l'examen permettant de déterminer l'Alter d'une personne. J'eus rapidement ma réponse.

La procédure se déroulerait en deux étapes : La première étape était celle d'une radio du pied. Si l'on découvrait une articulation au niveau du petit orteil, cela signifiait que la personne ne possédait pas d'Alter. Si jamais on découvrait qu'il y avait un manque d'articulation à cet endroit, cela voudrait dire que la personne posséderait un Alter. Dans ce cas-là, un test sanguin serait effectué afin de déterminer l'Alter.

Je pouvais tirer deux faits importants à partir de ces informations. Le premier était que si jamais Toga devait passer les examens sanguins, on était foutu. Le deuxième était que si jamais j'échouais à permuter les radios, on était tout aussi foutu. Et bien entendu, il y avait une autre variable aléatoire à prendre en compte : trouver un orphelin ne possédant pas d'Alter.

Toga m'avait renseignée sur le nombre d'orphelins devant passer les radios : il y en aurait 8 dont elle.

Il fallait maintenant espérer que parmi les 7 orphelins, l'un d'entre eux soit définitivement un sans Alter.

Je jouais dans ma chambre avec Toga. On essayait de passer quelques niveaux ensemble afin de nous détendre et de penser à autre chose. Toga en avait d'ailleurs profité pour créer une recrue qui lui ressemblerait. Elle voulait jouer un assassin, car, je citais : "Ils ont plein de lames et font saigner leurs amis de plein de façons !". Non, non, je ne rêvais pas, elle voulait bel et bien faire saigner ses alliés. Je lui expliquais maintes et maintes fois que de tuer ses coéquipiers ne nous permettrait pas de passer le niveau. Elle comprit au bout d'un moment, même si elle boudait quand elle ne pouvait pas se mettre à découper tout ce qui bougeait. Afin de la rassurer, je lui faisais faire les tâches concernant la chasse au gibier. Après lui avoir expliqué les bases et les contrôles du jeu, elle se mit au travail. Elle était très investie dans ce qu'elle faisait et prenait beaucoup de plaisir. La voir jouer ainsi me procurait un sentiment de satisfaction. Elle me posait souvent des questions pour améliorer son équipement, ses armes, le déroulement des missions etc..

On profitait aussi du jeu afin d'avoir de nouvelles idées de meurtres et aussi des idées pour cacher toute suspicion. Lors des repas, on parlait surtout des stratégies à mettre en place pour passer les niveaux. Les soeurs venaient souvent nous voir pour nous inciter à faire autre chose que de jouer à la console. On ne voulait pas attirer l'attention, donc on les écoutait sans broncher. Pendant que Toga faisait des exercices de souplesse, je lisais des bouquins sur différentes espèces d'animaux. Au plus j'élargissais mes connaissances, au plus il m'était facile d'utiliser mon Alter. Parfois, Toga venait me voir pour que je vienne jouer avec elle. J'en profitais pour faire une pause dans ma lecture et passer du temps avec elle.

Si on oubliait le fait qu'elle était une psychopathe bientôt tueuse en série, Toga était une fille plutôt sympathique. Elle souriait tout le temps, était excentrique, et dégageait une joie de vivre hors du commun selon moi. Elle parlait aussi beaucoup, ce qui m'arrangeait. Je n'avais pas à trouver de sujets de conversation vu qu'elle était celle engageant le dialogue la plupart du temps. Parler toute seule ne la dérangeait pas non plus, tant que je l'écoutais et qu'elle avait quelqu'un qui lui parlait.

Quelque part, je me disais qu'elle devait se sentir très seule. Je ne lui avais jamais demandé si elle avait connu sa famille, ou comment était sa vie avant. Mais je me disais qu'il valait mieux ne pas poser de questions sur ce sujet. Après tout, elle ne m'avait jamais rien demandée au sujet de ma famille et de mon identité, ce que j'appréciais fortement. Et puis, elle était bien la seule à ne pas trouver bizarre le fait de m'appeler par un pseudo de jeu vidéo.

Devant mon air perdu, Toga me lança soudainement le ballon sur le visage. Je le pris en pleine poire, tombai à la renverse et m'étalai comme une crêpe sur le sol.

Elle se mit à rire de manière hystérique, très fière de son coup avant de venir me tendre la main pour m'aider à me relever :

-Ben alors, Chouzia ? Pourquoi es-tu ailleurs ?

-J'étais pensive, répondis-je en me relevant et en me frottant le nez. T'aurais pu me casser le nez, tu sais.

-J'ai pas voulu y aller trop fort, mais je t'avoue que je suis surprise que tu sois tombée à la renverse ! C'était trop drôle ! Mais sinon, tu pensais à quoi ?

-À des stratégies.

-Arrête de penser à ça et viens jouer avec moi ! D'ailleurs, tu pourrais m'aider à m'entraîner ?

-Pour tes exercices de souplesse ? demandais-je.

-Oui !

-Argh… La flemme… je déteste le sport… protestais-je avec un air grognon et la voix qui suivait avec.

-Mais… s'il te plaît ! Et puis, cela t'aiderait à améliorer ton Alter ! Allez, steuplaît, steuplaît !

Elle me regarda avec des yeux de chiot qu'on aurait abandonné. Elle prit mes mains entre les siennes et continuait de sautiller sur place en répétant "steuplaît" jusqu'à ce que je cède.

Je soupirai un grand coup, et finalement, acceptai de l'aider. S'en suivit un autre câlin étouffant de sa part. Comment faisait-elle pour avoir autant de force alors que j'étais plus âgée et plus grande qu'elle ?!

"Ah oui, c'est vrai. Elle fait du sport, pas moi."

Et c'était ainsi que je me mis au sport. Toga me montra les différents exercices de base. Je l'aidais à effectuer différentes positions qui me paraissaient plus douloureuses les unes que les autres. Mais je comprenais mieux d'où venait son agilité extraordinaire dont j'ai pu être témoin plusieurs fois.

On passa le reste de la semaine à effectuer les exercices de souplesse, peaufiner notre plan, jouer à mon jeu vidéo et discuter de ça.

Le jour fatidique était enfin venu. J'avais décidé de me transformer en petite araignée et de me cacher dans les vêtements de Toga afin de pouvoir venir avec elle de la manière la plus discrète possible. Elle me mit dans la poche de son pantalon et on partit ainsi. Arrivées à l'hôpital, Toga se dirigea vers le lieu de son rendez-vous. Je sortais ma tête de sa poche pour voir qu'elle était accueillie par un médecin grassouillet avec une moustache bien fournie contrairement à son crâne. Il portait des lunettes rondes vertes avec un contour doré. Il indiqua à Toga de s'installer sur une drôle de machine pour effectuer les radios. D'instinct, je sortis de sa poche le plus discrètement possible et courus du mieux que je pouvais dans un endroit plus sûr. Toga avait fait mine d'avoir peur de la machine pendant à peu près 5 minutes afin de me laisser le temps de partir, car il fallait l'avouer, mais se déplacer en petite araignée était long….

Très long.

Il fallait que je me transforme en un animal tout aussi discret mais un poil plus rapide si je voulais pouvoir effectuer ma quête de manière plus efficace. J'eus alors une idée de génie.

Pourquoi ne pas me transformer en puce et sauter sur le docteur ?

Je décidais de me cacher derrière une armoire pendant que le médecin effectuait les radios de Toga. J'utilisais mon Alter pour me transformer en puce. Étant donné la petite taille de mon araignée, la lumière qu'émettait mon Alter à ce moment-là n'était pas très visible.

Transformée en puce, je me dirigeais vers le médecin et sautais sur lui. Il fallait avouer que le saut d'une puce était d'une puissance incroyable ! Mais cela m'épuisait tout autant.

"Il faudrait que je fasse un peu plus de sport. Toga avait raison finalement…"

Le docteur prit les radios de Toga sans les consulter puis les mis dans une pochette. Il indiqua à Toga de patienter pendant qu'il allait ranger son dossier avec celui des autres orphelins.

Je m'accrochais du mieux que je pouvais à sa blouse afin de ne pas tomber ni de me faire écraser par un pied lambda. Je vis le médecin sortir un trousseau de clés et ouvrir une porte.

Il se dirigea vers un casier, puis mit le dossier dans la catégorie "Seibi Gakuen". Heureusement pour moi, le casier n'avait aucune fermeture à clé, ce qui me facilitait la tâche. Il referma le casier puis se dirigea pour partir.

J'en profitai pour sauter à nouveau et attendis qu'il soit hors de mon champ de vision pour me transformer en humaine. J'étais toute nue, et il faisait froid.

Je tremblais légèrement mais préférais me concentrer sur ma mission.

J'ouvris discrètement le casier pour retrouver le dossier de Toga. Je regardais dedans, et comme prévu, il y avait une articulation au niveau de son petit orteil. Je posais son dossier sur une table à côté et me mis à chercher la radio d'un enfant sans Alter.

Le premier orphelin fut un échec, le second aussi, le troisième aussi…

Je regardais, encore et encore, pour finalement me résoudre à la dure réalité : Ils avaient tous un Alter.

Dans un dernier élan, je me mis à fouiller tous les casiers pour trouver la radio d'un enfant de l'âge de Toga qui n'aurait pas d'Alter. Je vis que le casier que je fouillais contenait les radios des enfants. Je reposais le dossier de Toga à sa place et me mis à effectuer une longue recherche. À chaque fois qu'un médecin venait, je fermai vite le casier et me métamorphosai en puce. La transformation ne consommait pas beaucoup d'énergie étant donné qu'une puce était tout simplement minuscule, c'était pratique. Le monde me semblait tellement dangereux et immense quand j'étais en puce. Pourtant, j'étais dans une petite pièce allumée par une seule lampe accrochée au plafond. Je continuais ainsi mes recherches pendant plusieurs minutes encore. Je savais que le rendez-vous serait terminé au moment où le médecin s'occupant des radios viendrait chercher ces dernières. Il fallait que je termine avant. Je trouvais un dossier rangé dans un endroit différent de celui des autres.

Je le pris, puis lisais son contenu :

"Midoriya Izuku. Âge : 5 ans…"

Je continuais de lire le contenu pour arriver jusqu'à la ligne m'intéressant :

"Bilan de l'examen : Enfant sans Alter. Dossier classé."

Voilà ! Voilà enfin ce que je cherchais ! Je pris rapidement la radio du pied de cet enfant et permuttai cette dernière avec celle de Toga. Après cela, je rangeai tout, me transformai à nouveau en puce et dégageai de cet endroit par la serrure de la porte.

Je vis Toga installée sur une chaise. Elle était sûrement en train d'attendre la soeur avec les autres orphelins. Elle triturait ses cheveux, visiblement impatiente. Je me mis à sauter le plus discrètement et le plus rapidement possible jusqu'à sa poche. J'avais bien trop peur de finir écrasée par un passant. Arrivée dans sa poche, étant enfin en sécurité, je lâchai un soupir de soulagement. Je me métamorphosai en araignée et me mis à picoter légèrement sous son t-shirt. Elle eut un léger frisson mais comprit que j'étais de retour.

-Il t'arrive quoi, Toga ? demanda l'un des orphelins.

-Rien, j'ai juste hâte de savoir les résultats ! répondit-elle avec un grand sourire.

-Bah, avec une folle pareille comme toi, soit tu n'as aucun Alter, soit tu as un Alter tout pourri ! commenta une orpheline en se moquant d'elle.

-T'as bien raison, rajouta un autre orphelin.

Ils se mirent à rire en la pointant du doigt. Toga baissa la tête en parlant à elle-même. Je me mis à caresser sa peau avec mes petites pattes afin de la rassurer. Je la vis sourire légèrement à nouveau. S'ils savaient de quoi elle était capable, ils ne se moqueraient pas d'elle de la sorte et seraient plutôt en train de l'implorer qu'elle les épargne !

La soeur revint soudainement. Je ne retenais jamais les noms des soeurs. Pour moi, c'étaient des pnj qui ne servaient à rien sauf à faire office de décor. Il n'y avait donc aucune utilité à ce que je retienne qui elles étaient.

Je fis une sieste durant le voyage retour, fatiguée après ma quête.

On était enfin dans notre chambre, je me remis en forme humaine et m'étirai, j'avais des crampes au niveau des jambes, c'était infâme. Toga me regarda avec plein d'espoir, dans l'attente que je lui dise comment s'était déroulée ma mission. Je me mis rapidement en pyjama, m'installai sur mon lit et lui fis un rapide résumé. En entendant ma réussite, elle se jeta sur moi, endommageant encore plus ma cage thoracique. J'avais les jambes en compote, incapable de me mouvoir plus longtemps. Mon Alter m'épuisait vraiment. Un renforcement musculaire s'avérait nécessaire. Mais bon, au moins, je savais que je serais encore avec Toga pour un long moment.

Le lendemain, la police vint nous voir en disant que parmi les personnes ne possédant aucun Alter, 7 d'entre elles allaient devoir passer un bilan sanguin. Quand Toga apprit qu'elle ne "possédait pas d'Alter", elle se mit à pleurer à chaudes larmes. Quelques orphelins semblaient soulagés de la nouvelle, d'autres se moquaient d'elle. Mais tout cela était prévu. Et puis bon, on n'en avait rien à faire d'une bande de gamins incapable d'aligner deux neurones. D'ailleurs, les soeurs consolèrent Toga en lui préparant un gâteau de son choix. Gâteau qu'elle décida de partager uniquement avec moi, tirant la langue aux orphelins s'étant moqués d'elle précédemment.

"Bien fait pour vous, bande de noobs."

Je décidai néanmoins de la laisser manger le gâteau toute seule, détestant les choses sucrées. Elle fut plus que ravie quand je lui dis ça. Les soeurs nous autorisèrent même à passer toute la journée sur notre jeu vidéo. Pour une fois qu'elles étaient utiles.

On passa le reste de la journée à essayer de vaincre un boss. La condition pour passer le niveau était que le boss devait mourir d'une strangulation. On avait mis en place un piège pendant qu'une partie de notre armée s'occupait de le distraire. Après cela, on l'attira vers le piège, pour qu'il soit soudainement tiré dans les airs par une corde puis étranglé. Après cela, on récupéra la récompense du niveau et on décida de s'arrêter là pour aujourd'hui.

Après avoir posé ma console, Toga me regarda avec des yeux pétillants, comme si elle avait une idée derrière la tête… Et je savais exactement ce qu'elle avait en tête.

-Un autre meurtre ? lui demandais-je, même si je savais déjà la réponse.

-Oui ! Et je me disais que peut-être qu'en reproduisant la scène de ton jeu vidéo, on arriverait à prendre du plaisir. Alors ? Tentant, non ?

-Hum...Ouais...ça m'a l'air...acceptable… commentais-je avec une voix fatiguée.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu as encore mal aux jambes ?

-Oui. J'ai des crampes partout, rester debout m'est difficile. En plus je dois faire paraître que je vais bien sinon je risque d'attirer des soupçons. C'est horrible.

-On peut reporter le meurtre dans une semaine. Je veux le faire avec toi !

Si la brillance de ses yeux pouvait brûler, je serais aveugle à l'heure qu'il était. Je me mis à caresser doucement sa tête pour acquiescer. J'aimais bien faire ça, je trouvais ses cheveux tout doux contrairement aux miens. Bon, je ne les lavais pas souvent aussi, il fallait le dire. Heureusement qu'ils étaient assez courts, au niveau de mes oreilles quoi. J'étais sûre que la crasse avait dû les rendre plus bruns que chatains. D'ailleurs, mes cernes devaient s'être encore plus accentués depuis le temps. Oui, je devais vraiment avoir une tête de zombie. Surtout que je ne sortais pas souvent, donc ma peau devait être blanchâtre. Je me sentais soudainement assommée, me laissant tomber sur mon lit et m'endormant aussitôt. Je voulais tellement dormir… J'étais vraiment fatiguée...

Durant la semaine, on apprit qu'un python s'était échappé d'un zoo et qu'il était important que l'on fasse attention si l'on sortait. Toga et moi en profitions pour mettre en oeuvre notre meurtre. Un soir, je réussis enfin à me transformer en python. Toga ne pouvait pas me porter sur ses épaules, mais ma vitesse était acceptable pour me permettre de la suivre dans la nuit. Il faisait très sombre, donc je pouvais bouger discrètement. Et j'arrivai aussi à détecter la chaleur des gens et à me mouvoir en fonction d'eux. On trouva un couple d'adolescents assit sur un banc. On se cacha derrière un arbre, Toga décidée à faire de ce couple ses victimes. Pourquoi ?

"Je déteste les couples de leur genre. Ils ne sont pas couverts de sang, ce n'est pas un vrai couple ! Dès qu'ils se séparent, on s'occupe de la fille. Ça te va ?"

Mon signe de tête positif fut plus que satisfaisant à son goût.

On se mit à observer le couple durant de longues heures. Toga s'étirait de temps en temps afin d'éviter d'avoir une crampe. Quant à moi, je bougeais un peu pour ne pas m'endormir, même si je devais admettre qu'être dans le corps d'un serpent était bien plus agréable que dans celui d'une puce. Au moins, je ne mourrai pas écrasée par le pied d'un mob.

Enfin, après une longue attente, l'homme partit chercher des boissons, laissant la fille seule. Le distributeur de boissons était à peu près à 10-15 minutes à pied d'ici, ce qui nous laissait le temps nécessaire pour mettre en oeuvre notre meurtre. Toga se mit à l'opposé de là où j'étais puis s'approcha de la fille en feignant avoir perdu sa mère. La fille tomba dans le panneau immédiatement, accourant auprès d'elle et essayant de la rassurer. Je m'approchai sans un bruit, puis Toga fit un croche-pattes. La fille se rattrapa sur le sol, mais sa tête était à mon niveau. C'était tout ce dont j'avais besoin. D'un mouvement vif, je me mis autour de son cou et l'étranglai avec toute ma force. Elle ne pouvait pas crier à l'aide. Elle ne pouvait pas non plus se dégager de mon étreinte. Toga s'accroupit près de son visage pour voir les différentes étapes de la strangulation. Je mis aussi ma tête pour voir le spectacle. Tout d'abord, son visage rougissait, comme si elle venait de manger une nourriture trop épicée. Puis je la vis baver, avait-elle faim ? En tout cas, on aurait dit un de mes guerriers nains quand il avait faim dans mon jeu vidéo. Puis, ses yeux se mirent à révulser. Les vaisseaux sanguins devenaient plus… voyants, comme s'ils allaient sortir de ses orbites ! Pouah !

Son visage passa soudainement à un bleu de plus en plus sombre. Ses mains avaient lâché prises, son corps ne bougeait plus, mais elle était toujours consciente. Puis, lorsque son visage devint enfin violet, je sentais qu'elle était devenue inconsciente. J'avais assommé un mob. Enfin, après quelques minutes supplémentaires, je sentais son corps s'alourdir, signe qu'elle était morte. Je relâchai mon étreinte et Toga vérifia son poul.

"Elle est morte" chantonna Toga, toute joyeuse.

J'avais envie de chantonner la musique de fin de niveau. J'avais trouvé cette expérience tellement… exaltante. Oui, voilà ! C'était ça qu'il nous fallait ! Des meurtres en rapport avec mon jeu vidéo ! J'admirais notre chef d'oeuvre encore un peu, puis Toga me ramena à la réalité.

"Il faut s'en aller avant que son petit ami ne revienne. La prochaine fois, on utilisera mes couteaux, ok ?"

Je me mis à hocher de la tête à nouveau avant de la suivre. On voulait néanmoins voir la réaction de son petit ami à la découverte du corps. On ne fut pas déçu !

Le petit ami revint avec deux boissons à la main. Lorsqu'il vit le cadavre du mob, qui bizarrement ne disparaissait pas après l'avoir tué, il lâcha ce qu'il tenait à la main. Son teint devint livide, ses yeux s'écarquillèrent et il plaça ses mains sur son visage. Il se mit soudainement à pousser un cri mélangeant la douleur, la tristesse, le choc et l'incompréhension :

"Hannaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !"

Oh. Elle s'appelait Hannah. Bah, pas besoin de retenir le nom d'un mob. Il se précipita vers son corps, essayant de la réveiller. Je ne comprenais pas ses actions. Elle était morte, ça se voyait non ? Il pouvait pas s'empêcher d'être stupide ? Vraiment, les gens ont tant de mal que ça d'aligner deux neurones et de penser de manière rationnelle ?

On dirait bien que oui, puisqu'il se mit à appeler les urgences.

Elle était MORTE. M-o-r-t-e. Pourquoi appeler les urgences ? Il valait mieux appeler le service funéraire, ce serait plus rapide.

Toga se mit à jubiler, visiblement très satisfaite. Puis elle me fit signe qu'il était temps de partir.

Le lendemain, on vit notre meurtre en première page de journal. Même si pour la police, il s'agissait de l'oeuvre du python s'étant échappé du zoo. Ce jeu était trop facile.

On continua à perpétuer nos meurtres, essayant d'allier notre imagination avec les scènes du jeu vidéo au fil des années. On devait néanmoins assister à des cours durant notre période du collège. Toga adorait aller à l'école, car c'était pour elle l'occasion de se faire des amis, même si elle n'y arrivait jamais. Moi, je détestais cela. Car j'étais obligée de me doucher tous les jours et d'avoir l'air potable afin qu'on ne me fasse pas chier. Et puis, j'étais entourée de personnes plus connes les unes que les autres. En plus, ça subissait la "puberté". Déjà que les neurones n'étaient pas très développés chez certains, cette "puberté" aggravait leurs cas. En plus, mes seins commençaient à pousser, cela me faisait hyper mal. J'avais aussi découvert que je pissais des pixels rouges par en bas, chose totalement inconcevable dans mon jeu. Bref, je détestais cette période.

Après plusieurs années, on arriva enfin à la période du lycée. Le lycée n'était pas obligatoire, donc je n'avais pas besoin d'assister aux cours. J'avais réussi à négocier de vivre en étant indépendante avec Toga. Étant donné que j'avais maintenant 18 ans, je pouvais vivre dans mon propre appartement ! On avait loué un petit studio minimaliste situé dans un quartier tranquille. J'avais dégoté un petit boulot dans l'entreprise de matériel électronique Denki. Apparemment, mon expérience dans les jeux vidéo serait utile pour leur rayon concernant ces derniers. Ils avaient aussi rajouté qu'avoir une jeune femme dans ce milieu leur permettrait d'attirer la clientèle. Je m'en fichais, tant que cela me permettait d'avoir de l'argent. Je devais néanmoins me coltiner des gens toute la journée, mais j'avais d'autres tâches et je trouvais cela moins pire que d'être au lycée.

Les premiers jours furent difficiles. Cependant, je pus développer une capacité unique à faire semblant d'être sociale. Je savais feindre des sourires, feindre d'être quelqu'un de motivé et joyeux. Tout était bon pour passer pour une fille innocente. Toga semblait se plaire dans son lycée, cela me rassurer. Cependant, je l'avais interdit de s'en prendre à un lycéen afin d'assurer notre couverture. De temps en temps, on tuait des mobs pour se divertir. C'était notre hobby. Pendant mon temps libre, je jouais à mon jeu vidéo, qui avait été adapté sur d'autres consoles. Bref, une petite vie très tranquille.

Un jour, un homme ayant un pantalon noir et un sweat noir à capuche entra dans le magasin. Il avait gardé la capuche sur lui, se croyait-il dans Assasin's Creed ? Bah, je voyais bien des gens venir en cosplay ici. Mais il me semblait… étrange. Du peu que je voyais, il semblait jeune, il avait sûrement la vingtaine.

Il vint me voir sans me regarder, puis d'une voix étonnamment rauque, se mit à me demander des informations :

"Où puis-je trouver ce jeu ?"

Même pas un bonjour, ni un "s'il vous plaît", un asocial, comme moi. Il me montra une photo du jeu en question. Je lui indiquai de me suivre. Arrivés devant le rayon, je pris le jeu et lui passai. Il le prit avec seulement 4 doigts. Curieuse, je me demandais s'il était attardé ou s'il y avait une raison particulière et ne pus m'empêcher de lui poser la question :

-Pourquoi prenez-vous le jeu avec seulement 4 doigts ?

-Si je pose mes 5 doigts, il sera détruit. Je veux pouvoir y jouer, pas le détruire.

Ah. Cela me semblait logique. Je l'accompagnai jusqu'à la caisse puis fit bipper l'article avec ma petite manette avant de lui indiquer le prix à payer. Il me paya en espèces, ce qui était plutôt rare chez nos clients.

Me disant qu'il fallait que je fasse semblant d'être polie, je me mis à prendre la voix la plus innocente possible pour lui souhaiter une bonne journée.

Il ne me répondit même pas et sortit du magasin.

Une chose était sûre : cet homme était bizarre. Il semblait intelligent, mais vraiment étrange.

Et je ressentais autre chose en lui, il avait…

Il avait la même aura que moi et Toga.

"Mon petit doigt me dit que ce n'est pas la dernière fois que je le vois."

Et voilà ! C'est ainsi que se termine la partie sur l'enfance de nos deux personnages ! Prochainement, on se penchera un peu plus sur Toga et sa vie au lycée ainsi que sur la ligue des vilains !