.
.
Note de l'auteur : Je sais, je sais, je sais... Je suis grave à la bourre. Genre, vraiment beaucoup. Donc je suis vraiment désolée et je vais me repentir pendant de longues années, parce que c'est pas tout. Je suis en retard dans mes publications, et ça va encore durer au moins un mois ! Voilà, voilà... En fait, je voyage beaucoup ces temps-ci. Dans le style, 3 continents différents en deux mois! Du coup, c'est vraiment chaud...
Dans mes périples, je suis allée à Montréal. Y-a-t-il des Canadiens dans mes lecteurs ? Sachez que s'il y en a, et même pour les autres qui ont peut-être déjà été où on envie d'y aller, c'est une ville géniale. C'était au top du top.
Quoiqu'il en soit, ce dimanche je m'envole pour un mois en Asie pour faire de l'humanitaire. Puisque je serai sans doute dans la brousse et les routes de sables, je ne saurai pas ni m'avancer dans l'histoire, ni publier la suite. Voilà pourquoi je serai encore absente de FFN pendant quelques semaines.
En dernier lieu, je dois peut-être que vous prévenir que le chapitre qui suit est vraiment très très (très) petit. ... Trop désolée ! Je vous assure, je m'en veut de pas avoir géré mais je vais me rattraper dès que je rentre, c'est promis. Et une promesse, c'est une promesse!
Mais comme je ne voulais pas laisser dans le vent certaines personnes qui m'ont demandée où ça en était, je me suis dit que j'allais poster ce riquiqui chapitre. C'est mieux que rien.. Non ? Si ? Merde...
.
CHAPITRE 4
.
Si Draco était honnête avec lui-même, il se dirait qu'il était tout de même soulagé de ne plus être le psychologue d'Harry Potter. Même s'il ne savait pas encore en quoi consistait réellement le rôle de référent qu'il allait devoir endosser, le fait de pouvoir se distancer thérapeutiquement du patient lui procurait une satisfaction non-feinte. Non pas parce qu'il n'aimait pas cela, mais parce qu'il était trop désappointé par ses actions récentes par rapport à ce patient que pour réagir adéquatement. Il en avait conscience, c'était déjà ça.
Draco ne comprenait pas exactement le choix du garçon, d'autant plus que le blond n'avait pas encore eu l'occasion de s'expliquer sur la visite – intrusive – qu'il avait fait à son parrain. Cependant il ne pouvait s'empêcher d'être reconnaissant. Et interrogatif, surtout. Harry Potter voulait-il lui faire passer un message ? 'Puisque vous n'êtes pas capable de respecter ma vie privée, vous n'êtes pas digne d'être mon psychologue' ? Ce serait légitime. Mais alors pourquoi demander à ce que ce soit Draco Malfoy son référent ? Mystère.
Mais qu'importe ses questionnements à présent, Draco allait pouvoir réclamer des réponses, puisque son ultime séance avec le garçon devait débuter d'une minute à l'autre. Inconsciemment nerveux, le blond tressautait de la jambe en regardant par la fenêtre après avoir abandonné son travail entamé sur son bureau.
Et puis finalement, des petits coups timides frappés à la porte le sortirent de sa torpeur. Il se leva d'une traite avant de se rasseoir plus doucement en se morigénant et de s'éclaircir la gorge.
« Entrez. »
Harry Potter entrouvrit la porte et passa sa tête dans l'interstice.
« Bonjour, c'est pour… commença le brun d'une voix maladroite.
- Je sais, je sais, Monsieur Potter. Vous pouvez entrer et venir vous installer où vous voulez, répondit Draco d'une voix posée. »
Comme la dernière fois, ils s'installèrent face à face dans un silence plein d'expectative. Harry semblait jauger du regard son vis-à-vis autant que celui-ci cherchait un moyen d'aborder cette séance. Finalement, il dû arrêter assez vite de se triturer les méninges.
« Pourquoi étiez-vous là-bas ? attaqua Harry en brisant le silence. Lire mon dossier ne vous avait pas suffi ? Il a fallu que vous alliez voir par vous-même ?
- … Exactement, répondit Draco, de marbre. Et pour être tout à fait honnête avec vous, ce n'est pas tant vérifier les données de votre dossier qui m'ont amené à aller voir votre parrain, mais plutôt le compléter.
- Et qu'est-ce que vous avez trouvé ? demanda Harry, toujours hargneux et en totale opposition avec l'attitude qu'il avait affiché en entrant dans la pièce. »
Draco ne répondit pas tout de suite. Non, il prit d'abord le temps de regarder le garçon. De repérer ses cheveux en batailles, son teint pâle et ses cernes. De toute évidence, il ne passait pas le meilleur séjour de sa vie. Et son comportement sur la défensive le montrait. Le blond regarda si intensément son patient que celui-ci détourna la tête, mal à l'aise. Il devait se demander de quoi était chargé ce regard, ce qu'il signifiait.
« J'ai trouvé… Un homme qui vous aime. »
Un éclat de rire, mi-incrédule, mi-narquois, résonna dans la pièce.
« Un homme qui m'aime ? s'exclama le brun, ahuri. Un gars qui interne son filleul chez les dingues, et vous pensez qu'il m'aime, fit-il, désabusé.
- Oui. C'est même pour cette raison qu'il l'a fait. »
Harry, indigné, ouvrit la bouche pour répliquer mais rien ne sortit, tant ce que lui disait le psychologue n'avait aucun sens pour lui.
Draco, voyant le désarroi s'imprégner sur le visage de son vis-à-vis, décida de s'expliquer. Il voulait apaiser ces traits perturbés, les gommer.
« Votre parrain vous aime, c'est la vérité. Peut-être vous aime-t-il mal, ou maladroitement, mais son désir de vous protéger était palpable. Réellement. Et il s'est dit que si pour cela il fallait prendre des mesures drastiques, des mesures qui font peur, alors il les prendraient. Pour vous, il en serait capable. Parce qu'il vous aime, et que vous êtes important pour lui au-delà de ce que vous pouvez soupçonner. »
Le silence s'installa, entrecoupés seulement des déglutissions bruyantes d'Harry, qui était devenu soudainement ému. Draco vit ses yeux se mettre à briller d'émotions contenues et cela le chamboula. Son instinct lui donnait l'envie inconsidérée de se lever et de prendre le garçon dans ses bras. De le soulager de ce fardeau. Si dur à porter.
« Mais.. fit Harry d'une voix enrouée avant de se racler la gorge. Mais… que, qu'est-ce qu'il vous a dit ?
- Ce que je lui avais demandé. Il m'a expliqué ce par quoi vous étiez passé, tous les deux, pour en arriver là aujourd'hui.
- Je… Racontez-moi, dit Harry en chuchotant. S'il vous plait. »
Était-il prêt à l'entendre ? Draco n'aurait su le dire. Cependant, en tant que praticien, il avait toujours été d'avis de mettre des mots sur les problématiques. Que ce soit sur les pathologies, les symptômes, le contexte socio-familial ou qu'importe, pour lui ça ne pouvait être tus ou noyés sous des couches de formules soi-disant bienveillantes. Ça ne soulageait personne, et surtout pas le principal concerné, de taire ce qui constituait pour lui son quotidien, sa vie. Sa réalité.
« Vous êtes sûr ? demanda tout de même le blond.
- … Oui », coassa Harry si piteusement et si douloureusement que Draco se leva d'un bond avant de rejoindre son patient en deux enjambées.
C'est en voyant les yeux du garçon s'écarquiller face à son geste qu'il freina ses ardeurs d'un coup et s'arrêta à quelques centimètres des jambes de son patient. Déboussolé de ce qu'il s'apprêtait à faire sans réfléchir, Draco donna le change en s'asseyant sur le même fauteuil qu'Harry tout en gardant une distance raisonnable. Il fit mine de vouloir lui dire quelque chose qui nécessitait un rapprochement obligé, que c'était normal. Que c'était déontologique. Et professionnel.
« Ecoutez, commença-t-il en arborant un visage stoïque, je sais que… Vous avez cru entendre votre parrain dire que vous étiez un détraqué, et…
- Je n'ai pas 'cru', comme vous dites. J'ai parfaitement entendu, et c'est exactement ce qu'il a dit », cracha Harry en coupant la parole au blond.
En faisant référence aux derniers mots qu'Harry avaient entendu de son parrain avant qu'il ne prenne la fuite, le blond savait qu'il s'attaquait à une faille du garçon. La détresse du brun se déversait par tous ses pores, lui créant une aura douloureuse au regard. Draco s'intima au calme, tant le désir de poser une main apaisante sur le garçon le démangeait. Mais qu'est-ce qu'il se passait, bon sang ? Je vais te le dire moi, ce qu'il se passe. Et il se passe que s'il y a quelqu'un de détraqué dans cette pièce, c'est assurément toi, Draco. Ce n'est que toi.
« Non, justement, vous n'avez pas parfaitement entendu. S'il vous plait, écoutez-moi avant de vous faire une idée fixe, d'accord ? Je peux partager avec vous les informations de votre parrain, mais pour cela il faut qu'on se fasse confiance vous et moi. Vous croyez que c'est possible ? »
Et Harry acquiesça, alors Draco commença son récit. Et le brun l'écouta, avide. Il expliqua tout ce que Sirius Black lui avait dit, en n'omettant rien du tout. Il explicita les déboires de son parrain à essayer de raisonner son filleul, sa désolation de le voir si angoissé. Il expliqua avec soin les termes de 'délires paranoïaques', 'd'hallucinations polymorphes' qui provoquaient une certitude inébranlable qu'une machination visant à éliminer Harry le détruisait peu à peu. Tout en ne faisant pas référence à l'anosognosie typique des maladies mentales, le blond essaya néanmoins de faire prendre conscience de la destructuration de la réalité chez son patient. Il savait que son discours ne pourrait pas changer le garçon dans l'immédiat cependant c'était une opportunité d'ancrage dans la réalité à ne pas manquer. Ça prendrait plus de temps, beaucoup de temps. Mais du temps, il en avait. Beaucoup. Et voir les yeux écarquillés de stupeur du garçon face à ce qu'il entendait lui donnait confiance en l'avenir. Ensemble, ils y arriveraient.
« Ne croyez surtout pas que vous êtes un détraqué, Monsieur Potter, car vous ne l'êtes pas. Vous êtes tout ce qui a de plus normal, sauf que votre normalité n'est pas la même que les autres, c'est tout. Mais ce n'est pas une tare, ce n'est pas un défaut, d'accord ? Ne laissez jamais personne vous dire que vous êtes un détraqué, un fou, un aliéné. Vous êtes une personne. Comme votre parrain. Comme moi. Juste… Une personne. » termina le blond dans un long soupir avant de relever les yeux qu'il avait baissé sans vraiment sans rendre compte.
Et ce qu'il vit lui fit chanceler le cœur, autant que ce fut possible. Une larme solitaire, qui s'était échappée des yeux verts pourtant maintenus étroitement fermés, coulait le long de la joue du brun. Baissant sa garde face à lui-même, Draco tendit la main vers le garçon, et lentement, sans réfléchir, la passa sous les paupières d'Harry. De son index, il caressa la peau douce de son patient et essuya l'eau accumulée. Sursautant au contact, le brun ouvrit les yeux sur Draco mais ne se dégagea pas. Au contraire, cette douceur inattendue l'ébranla un peu plus et une nouvelle vague d'émotions le terrassa de l'intérieur, provoquant une nouvelle salve de larmes qu'il avait peine à retenir.
Il n'était pas une fillette, il ne pleurait pas facilement. Sa famille d'accueil lui avait assez répété qu'un grand garçon, ça ne pleure pas. Et il avait appris à ne plus le faire. Bien appris. Mais là, tout ce qu'il venait d'entendre, toutes ces choses insensées qui résonnaient pourtant en lui de manière douloureuse et déconcertante, le faisait se sentir toute chose. Il se sentait perdu, et très malheureux. Vraiment très malheureux, tout d'un coup. Et alors, de voir son docteur si attentionné, qui utilisait des mots qu'il comprenait et qui semblait vouloir tellement créer un lien solide avec lui, ça le rassurait. Il n'était pas tout seul.
Et pour la première fois depuis longtemps, depuis des années, Harry se laissa tomber dans une étreinte étrange mais bienfaitrice, lui procurant un sentiment de sécurité comme rarement ressenti auparavant. Il agrippa la chemise du docteur en face de lui et plaqua sa tête sur le torse de l'homme. Presque immédiatement, Draco referma ses bras sur les soubresauts du corps de son patient, provoqué par l'angoisse qui refluait peu à peu hors de son corps.
.
A suivre, donc... Vous serez toujours là ? .. J'espère.
