Note de l'auteur : En cette froide soirée de décembre, je viens de terminer ce chapitre que je vous poste directement. Il est court, je sais. Mais j'espère que vous l'aimerez. Normalement le prochain sera plus long. Je ne cache pas que je ne suis pas très régulière dans mes publications, loin de là même. Revenant de mes voyages, j'ai eu du mal à sortir le cœur de mes valises pour m'y remettre.. Mais à présent j'ai un peu plus de temps pour écrire donc les laps de temps entre les publications devraient s'équilibrer un peu :)

Je remercie les lecteurs toujours présents et j'espère que de nouveaux arriveront ! Comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Par pour flatter mon ego hein, mais plutôt pour avoir une raison de plus de continuer cette histoire :) Vous savez, quand on a pas spécialement confiance, même écrire une histoire anonymement peut être difficile, même si ça peut paraître con.

Sur ce, je vous souhaite une bonne et belle lecture :)

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CHAPITRE 5


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Harry tenta une première fois d'ouvrir les yeux, mais ses paupières restèrent fermement collées. Grognant quelque peu, il avança une main jusqu'à son visage pour aider ses muscles oculaires à s'éveiller. Il avait un goût acre dans la bouche, la pâteuse et se sentait comme si un train lui était passé sur le corps. Au moins trois fois de suite.

Une fois que son œil droit fut libéré de son étreinte de croutes séchées, il papillonna des yeux suffisamment pour que la lumière extérieure vienne lui effleurer le regard. Si rien qu'ouvrir les yeux lui demandait cet effort considérable, il n'imaginait pas ce que se lever allait faire.

Soufflant longuement, le brun essaya de se relever sans retenir une grimace face aux courbatures qui se réveillèrent en même temps que ses membres se mettaient en mouvement. Harry s'assied sur son lit et regarda autour de lui, hagard. La lumière du jour qui passait par les interstices du volet était terne, grise. Triste. Quant à son coloc taré de chambre pour cinglés, il dormait encore, et sa respiration endormie ne donnait pas envie au brun de continuer son ascension matinale.

Lâchant prise et tout en soupirant il se relaissa tomber peu élégamment au milieu de ses draps froissés, et rabattit les couvertures sur lui. « Qu'ils aillent tous à la merde », fut la pensée qui lui vint avant de clore l'ouverture de ses yeux chèrement acquise et de se ré-endormir avec soulagement.

... ... ...

« Monsieur Potter, Monsieur Finnigan, levez-vous, c'est l'heure ! N'oubliez pas de défaire vos lits et d'aller près du chariot de médicaments avant d'aller déjeuner. » fit la voix énergique de l'infirmière du matin en entrant dans la chambre et en se dirigeant fermement vers la fenêtre pour en ouvrir les volets.

Deux grognements répondirent avant que l'un des deux garçons ne se mette en branle et ne se lève comme un automate. Harry Potter, lui, n'avait pas encore bougé d'un pouce. Il ouvrit les yeux avec peine pour la deuxième fois de la matinée et regarda son voisin défaire ses draps. L'infirmière était repartie aussi vite qu'elle était venue et Harry pouvait entendre le même laïus auquel ils avaient eu droit dans la chambre d'à-côté.

Seamus Finnigan fit un signe de tête au brun avant de quitter la chambre avec son chargement sous le bras. En ce qui le concernait, Harry n'avait pas l'intention de bouger pour le moment. Tout son corps lui semblait peser une tonne, et ses courbatures se rappelaient à lui dès qu'il faisait un mouvement. Il essaya de se rappeler ce qu'il avait fait hier pour se sentir aussi cassé ce matin mais rien de ce qu'il faisait dans cet hôpital de fou n'expliquait son état. C'est comme s'il avait une gueule de bois carabiné, sans n'avoir rien picolé. Le comble.

Le brun fut interrompu dans ses investigations mentales par la deuxième ronde de l'infirmière

« Monsieur Potter, je vous ai demandé de vous lever ! Je n'ai pas que ça à faire, d'attendre les marmottes donc on se bouge maintenant. » fit l'infirmière en se plantant devant le lit du patient et en croisant ses bras sur sa poitrine.

Mais voyant que le brun ne daignait même pas répondre, l'infirmière fit un pas rageur vers lui et tira sa couverture d'un geste sec.

« Allez, hop. Debout ! Vous savez très bien que vous ne pouvez pas rester dans votre chambre en-dehors des heures prévues. » dit-elle, intraitable.

Harry, dont ses oreilles allaient bientôt se mettre à saigner - il en était sûr, tenta finalement d'émerger et de s'activer. Mais à peine réussit-il à se mettre debout qu'un violent vertige le saisit et le fit tanguer, à tel point que si l'infirmière ne l'avait pas retenu il serait tombé la tête en avant.

« Monsieur Potter, vous ne vous sentez pas bien ? » demanda la soignante, la voix toute suite plus conciliante. « C'est sans doute à cause de votre traitement. Il a changé depuis hier.

- Quoi ? » interrogea Harry en essayant tant bien que mal de fixer son regard sur la soignante qui devenait floue par intermittence. « Pas possible. »

« Ah bon, et pourquoi ça jeune homme ? Je connais quand même mon métier, vous savez, répliqua l'infirmière piquée au vif par ce qu'elle avait pris pour de l'arrogance.

- Pas possible, répéta Harry en s'humectant les lèvres trop sèches, parce qu'ils ne m'ont rien dit. Je prends toujours les mêmes saloperies. »

L'infirmière lança un regard étrange au jeune patient, « Le médecin-psychiatre à modifié votre traitement hier matin, et il est très occupé vous savez, il n'a pas pu vous consulter. Sachez que les effets que vous…

- Putain de merde, coupa Harry. Vous voulez dire qu'on prévient même pas les personnes concernées quand on leur fait avaler des trucs ?! Je sais même pas ce que vous me refiler, si ça se mets vous êtes en train de m'empoisonner et moi je me laisse faire comme un abruti ! » cracha le brun en repoussant violemment l'infirmière qui lui tenait toujours le bras.

La soignante, qui en avait vu d'autres, regarda son patient se recoucher avec rage dans son lit.

« Dois-je considérer votre refus de vous lever comme un refus de prendre votre traitement, Monsieur Potter ? demanda-t-elle calmement.

- A votre avis !? » fit le brun avec humeur avant de se tourner vers le mur pour ne plus voir l'infirmière dans son sillage.

« D'accord, je vais prévenir mes collègues dans ce cas. Je vais également exprimer votre mécontentement face aux médicaments inconnus et j'espère qu'on pourra y remédier ensemble », tenta d'apaiser l'infirmière. Elle se dirigea de nouveau vers les volets, pour les fermer cette fois. « En attendant, essayez de vous reposer puisqu'apparemment des effets secondaires sont apparus. » Et elle quitta la chambre assombrie en fermant doucement la porte.

Harry, lui, serra douloureusement ses paupières pour qu'aucune larme ne s'échappe encore.

… … …

Pour une fois que Draco était en avance, il prit le temps de s'allumer une cigarette devant l'hôpital. Tout en soufflant longuement la fumée grisâtre, il repensa à sa dernière séance en tant que psychologue d'Harry Potter. Après s'être écroulé dans ses bras, le jeune patient s'était vite remis de ses émotions. Il avait relevé la tête, essuyé ses yeux, lui avait jeté un regard puis s'était levé pour partir.

Draco n'avait même pas essayé de le retenir. Pour faire quoi ? Il venait de recueillir entre ses bras un noyé et avait essayé de le consoler. En somme, deux actes totalement interdits par son code de déontologie. De surcroit, le psychologue n'avait même pas eu le temps d'aborder cette histoire de référent. Il ne savait vraiment plus où il en était, sauf qu'il se sentait vraiment très con.

« Ce gosse commence vraiment à me les pomper » pensa le blond amèrement avant d'écraser sa clope contre le mur de l'hôpital et d'entrer pour rejoindre son service.

… … …

« Ah, Monsieur Malfoy ! interpella une infirmière en voyant le psychologue sortir à peine de l'ascenseur. Le patient de la chambre 305 vous attends, l'équipe du matin lui a dit que vous passeriez dès que possible. »

Draco haussa un sourcil interrogateur face à la soignante, mais trop occupée à farfouiller dans ses papiers, elle ne le vit pas. « Depuis quand je vais voir des patients dans leur chambre ? »

L'infirmière releva à peine ses yeux pour jauger le psychologue avant de retourner à ses recherches administratives. « Êtes-vous le référent d'Harry Potter, ou y-a-t-il une erreur dans le cahier de communication ? demanda-t-elle.

- … Oui. C'est moi son référent. »

« Bon, fit l'infirmière en soulevant d'un geste vainqueur le papier qu'elle cherchait, donc comme je le disais, il vous attend. » Et elle partit sans donner plus de précisions.

Soufflant d'agacement contre lui-même et sa situation pourrie dans laquelle il s'était enlisé tout seul, Draco se dirigea vers son bureau pour déposer ses affaires. Ce n'était pas encore aujourd'hui qu'il saurait prendre ses distances.

Et avant de rejoindre le couloir des chambres, Draco passa dans la salle du personnel pour consulter le carnet de rapport de l'équipe. Avec un peu de chance, ils auraient fait leur boulot et indiqué le sujet qui le concernait.

Tournant les pages sans délicatesse, le blond rechercha le nom de son patient.

« Harry Potter : 'Refus de collaborer' ».

… … …

Draco frappa à la porte de la chambre 305 une première fois, puis une seconde, puis une troisième fois. Aucune réaction.

Faisant alors fi de la politesse, le blond fit passer son badge devant le capteur pour ouvrir la porte et l'ouvra doucement. Les volets de la chambre étaient encore fermés et quand Draco amorça un pas dans la pièce, il aperçut dans la pénombre une forme allongée sur le lit de droite. La respiration longue et profonde qui résonnait alors indiqua au psychologue que son patient dormait d'un sommeil lourd, et il refusa de reconnaitre la pointe de soulagement qui le prit au ventre en se rendant compte qu'Harry Potter ne lui avait pas délibérément mis un vent quand il avait frappé à la porte.

Hésitant quelque peu, Draco resta quelques secondes immobiles en réfléchissant. Devait-il quitter la pièce et revenir plus tard ? Réveiller le garçon ? La curiosité, bien sûr, prit le dessus.

… … …

Harry se sentait émerger peu à peu de ce sommeil comateux qui l'avait paralysé toute la journée. Il sentait des fourmillements dans ses pieds, qui remontaient le long de ses jambes. Bientôt le sommeil l'aura totalement quitté et il devra à nouveau faire face. A cette chambre, cet hôpital, cette vie de merde.

Sentant sa gorge se nouer une fois de plus, le brun grogna contre lui-même tout en essayant de situer à quel moment de la journée correspondait les bruits qu'il pouvait entendre du couloir. Il n'avait pas encore les yeux ouverts, mais déjà ses sens étaient agressés par ces odeurs affreuses de médocs et de bouffe de cantine mélangées.

« Il est près de 15h » résonna une voix dans la chambre qui fit violemment sursauter le patient. Celui-ci se tourna d'un bond vers l'origine du bruit, assis sur l'autre lit en face de lui.

Le psychologue blond était là. 'Draco Malfoy', se rappela mentalement le brun en plissant les yeux pour mieux le discerner. Les lumières étaient toujours éteintes et lui, Draco Malfoy, était dans sa chambre. Harry sentit son cœur battre un peu plus fort au souvenir pas si lointain de lui-même en train de craquer dans les bras de cet autre homme. Tout comme la veille, il sentit ses joues s'échauffer et fut content du peu de clarté dans la pièce.

« Qu'est-ce que vous faites là ? fit le brun d'une voix rendue rauque par le sommeil.

- On ne vous a pas dit que j'allais passer ? » répondit Draco Malfoy en levant un sourcil interrogateur.

Et comme un coup de massue venant briser cet interlude apaisant, Harry se rappela la raison pour laquelle il était toujours dans son lit. L'infirmière. Son traitement. Sa maladie.

Harry fit un sourire triste, un peu désabusé. « Si, c'est vrai. J'avais oublié ».

« Comment vous vous sentez ? Allez-vous mieux ? » demanda le blond comme si la tristesse du patient n'était pas évidente.

« C'est pour me demander ça que vous êtes là ? » retourna Harry en secouant la tête. Même s'il aurait voulu qu'il en soit autrement, il avait eu en lui une lueur d'espoir en voyant le psychologue. De sortir de cet endroit. Au moins un peu.

« Oui ». Le blond se leva et prit une chaise pour se rapprocher davantage du garçon semi-allongé dans son lit. « Et non. Je suis là parce qu'apparemment vous refusez de coopérer. Mais je ne sais à quoi, ni pourquoi. »

Harry releva les yeux qu'il avait baissé en voyant le psychologue se rapprocher. Il jaugea du regard son vis-à-vis en fronçant les sourcils pour tenter de déceler la véracité ou non de ses propos. Ne lui avait-on rien dit ? Peu probable.

« Comme si, dans un endroit pareil, vous ne saviez pas tout sur tout le monde ! fit amèrement le brun en accrochant le regard de son ex-psychologue.

Tentant de refluer sa déstabilisation face à ces yeux, Draco détourna les siens en souriant.

- Non, pas vraiment. Mais je vous accorde que j'aurais dû venir vous voir avec plus de précisions. Malheureusement, mes collègues doivent être débordés, fit Draco narquoisement. Quoiqu'il en soit, je ne sais rien. Vous voulez bien m'expliquez ce qu'il s'est passé ? »

Harry garda encore un peu le silence en fixant sans gêne le psychologue. Celui-ci maintint le regard sans ciller, et fit même un geste encourageant de la tête. Le brun, soufflant longuement, baissa finalement la tête. 'Ce n'est pas ton ennemi', tâcha-t-il de se rappeler avant de se mettre à parler.

… … …

Harry se sentait mieux. Il le reconnaissait parler avec son référent, ex-psychologue lui avait fait du bien. Vraiment.

Le blond ne l'avait pas jugé après son aveu d'avoir refusé de prendre son traitement dans la matinée. Mieux, il l'avait soutenu. Lui, qui se sentait seul et incompris depuis tellement de temps venait d'être véritablement soutenu. Et pas par n'importe qui, par Draco Malfoy, le psychologue de ce service ! Un type qui avait du pouvoir, c'est certain.

Repensant à leur conversation tout en se servant à manger dans la cafétéria du service, Harry souriait. Malfoy lui avait clairement dit qu'il était dans ses droits de refuser. Que c'était légitime de vouloir savoir avant d'adhérer. Et Harry s'était senti intensément soulagé.

… … …

« Potter, une dernière chose… »

Harry releva vivement la tête de son assiette quand il vit Malfoy s'asseoir à sa table avant de la baisser subitement. Le brun fut immédiatement conscient que tous les regards s'étaient tournés vers eux, un membre du personnel ne s'assoyant jamais avec les patients.

« Je me suis arrangé avec l'équipe, demain on sort. »

Pour la deuxième fois en une minute, le jeune patient releva vivement la tête. « Quoi !? » vérifia le brun en affichant déjà un grand sourire.

« Oui, fit son référent en rigolant. Première sortie entre référent-référé. But officiel vous expliquez votre traitement, votre prise en charge et … votre maladie, ainsi que répondre à toutes vos questions éventuelles. »

Faisant fi du pincement au cœur a l'entende de sa maladie, Harry ne retint que la sortie prochaine. Il allait pouvoir à nouveau respirer de l'air normal.

Attrapant impulsivement la main du blond, Harry la serra compulsivement entre les deux siennes. « Merci. Merci, merci, merci… »

Draco Malfoy rigola légèrement face à la joie manifeste de son patient et, même s'il en était un peu surpris, ne fit rien pour retirer sa main emprisonnée.

Mais soudain, plus un bruit ne retentit dans la pièce. Les deux hommes, soumis à l'allégresse de la bonne nouvelle prirent du temps à le remarquer. Harry sortit le premier de son euphorie et son visage se figea en avisant le psychiatre dans l'embrasure de la porte. Il avait l'air…

« Malfoy, gronda furieusement le médecin-psychiatre une fois que celui-ci lui retourna un regard. Il faut qu'on parle. Immédiatement ! »

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A suivre ! Qu'est-ce que vous en dites ?

A tout bientôt .. :)