Attention: Bleach et Labyrinthe ne m'appartienne pas.


Minho laissa le groupe dormir près de quatre heures. Il n'eut d'ailleurs pas à les réveiller, la chaleur étouffante du soleil s'en chargea. Les blocards prirent un petit déjeuner rapide avant de faire leurs sacs, moins lourds du fait que la nourriture et l'eau commençaient à diminuer. Plusieurs sacs furent libérés de leur charge, aussi il était maintenant possible pour certains blocards de marcher seuls, ce que fit Ichigo, encore secoué par les récents évènements.

- Aller, on y va. Déclara Minho une fois tout le monde prêt.

Le groupe reprit son avancée dans le désert sec et poussiéreux en direction de la ville, qui ne semblait plus aussi loin qu'auparavant. Leur route était à présent ponctuée d'une certaine routine, marcher, boire, manger, marcher, boire, manger… La chaleur était infernale et à cela s'ajoutait un vent de plus en plus fort, fouettant leurs visages et soulevant leurs draps, risquant de s'envoler si on n'y prenait pas garde.

Leur marche devint plus rude et à chaque respiration les blocards avaient l'impression d'avaler du sable, les faisant tousser. Le chemin se fit en silence, personne n'avait plus l'énergie pour dire quoi que ce soit. Bientôt il fut possible de distinguer les pierres et les fenêtres des bâtiments scintiller sous le soleil de plomb. Au loin les rues semblaient vides de vie, quoi de plus étonnant avec cette chaleur et ce vent ? Comment pouvait-on vivre là d'ailleurs ? Se demanda la blanche. Elle posa de nouveau les yeux sur la ville, elle pouvait facilement estimer qu'ils allaient l'atteindre le lendemain. Personnellement elle aurait préféré la contourner, celle-ci ne lui disait vraiment rien qui vaille, mais ils devaient trouver de l'eau et de la nourriture sinon ils ne tiendraient pas bien longtemps.

Enfin le soleil fini par se coucher et le vent apporta un peu de la fraicheur de la nuit. Vers minuit Minho sonna l'heure de la pause. Le vent était de plus en plus fort, soufflant en sèches rafales, la petite blanche avait plus d'une fois failli tomber violement au sol. Aussi le capitaine la garda près de lui, à eux deux il était plus facile de lutter contre le vent. Finalement le groupe réussi à s'endormir, bercé par les sifflements du vent. Cette nuit ils rêvèrent.


Le capitaine était dans, ce qui semblait être, son bureau. Il était debout derrière l'un des canapés et disputait sa subordonnée rousse, Matsumoto. Soudain le duo leva la tête devant l'une des deux portes du bureau et virent une jeune fille brune, aux cheveux montés en chignon, entrer dans la pièce, des papiers en mains.

- Bonjour Matsumoto-san, Shiro-chan ! Salua-t-elle.

- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça ! Gronda-t-il alors que sa subordonnée interrogeait la nouvelle venue sur la raison de sa présence.

Apparemment la jeune fille ne fait qu'apporter quelques papiers, pourtant, malgré sa frustration évidente, le capitaine était heureux de la voir en forme. Pourquoi en forme d'ailleurs ? Y avait-il eut quelque chose de mauvais avec elle ?

Son rêve changea, il vit la brune inerte au sol et sentit une immense rage se propager en lui. En se retournant il vit un homme brun avec des lunettes carré entrain de sourire. Cet homme était accompagné d'un autre, au visage rieur et aux cheveux argentés. Il dégaina son sabre, qui explosa le bâtiment dans lequel il était, couvrant l'endroit de glace. Puis il se vit au sol, baignant dans son propre sang, murmurant un faible ''c'est impossible.''

De nouveau l'image changea, il était en bankai, volant au dessus d'une ville. En face de lui ce même homme brun, mais sans lunettes cette fois. Le capitaine parlait mais il ne ressentit que rage et haine. Il s'élança vers lui, enfin il put mettre un nom sur le visage de cet homme, Aizen, Sosuke Aizen. Puis il se vit poignarder Hinamori, pourquoi ? Pourquoi avait-il fait ça ? Il sentit son monde s'écrouler, culpabilité, peur, effroi… un tas de sentiment déferlèrent en lui alors qu'il posait le corps sur le haut d'un immeuble. Puis de nouveau la colère et la haine, de la haine pure. Il s'élança de nouveau sur Aizen, n'écoutant pas les cris d'avertissement de ses collègues, puis il se trouva au sol, une jambe et un bras en moins.


Sur la terre brulée le capitaine se réveilla en un sursaut, prit de sueurs froides. Il regarda ses mains, il était entier. Pourtant il se sentait mal, horriblement mal. Son cœur battait à cent à l'heure et il lui fallu un moment pour voir qu'il était toujours sur la terre brulée. Il soupira avant de regarder la blanche dormant à côté de lui, elle ne bougeait pas mais elle aussi semblait rêver. Il espérait au moins qu'elle ne ferait pas de rêves aussi horribles que les siens. Tout d'un coup il eut moins envie de retrouver la mémoire, il avait blessé Hinamori, qu'il identifiait comme son amie d'enfance, sa sœur, tout ça à cause d'un homme qui s'était joué de ses émotions, à lui et à elle, tout ça pour le faire souffrir… cet homme était abominable. Pourvu qu'il soit mort. Se dit-il. Il avait beau essayer de ne pas y penser les images de ses rêves revenaient sans cesse le hanter. Désespéré de trouver le sommeil il s'allongea sur le dos et regarda les étoiles.


Elle était assise sur une chaise. A vu de nez elle devait avoir entre huit et neuf ans. Assise en face d'elle se tenait Hana, qui devait avoir entre onze et douze ans. Il n'y avait personne d'autre dans la sombre pièce, qui ne comportait qu'une seule lampe au dessus d'eux.

- Concentre-toi Tsuki. Reprocha-t-elle, les bras croisés.

- Mais j'essaie ! Gémit la blanche.

- Ils vont finir par nous tuer si on n'y arrive pas.

- Je sais. Grogna la plus jeune.

- Alors essaie !

- Mais c'est ce que je fais !

- Ok, tu sais quoi ? A partir de maintenant je ne te parlerai plus, jusqu'à ce que tu y arrives.

- Mais tu ne peux pas me faire ça… Geint la petite blanche.

Et pas comme ça non plus.

Elle lui parlait par télépathie. La jeune fille détestait ça, pour elle ça n'avait rien de normal.

C'est fini.

- Hana… Laisse-moi un peu de temps, j'y arriverai.

La noiraude ne répondit pas.

- S'il te plait, une journée.

Mais une fois de plus elle ne répondit pas, se contentant de la regarder. Finalement elle baissa les yeux et fit des cercles sur la table avec son doigt. Tsukishiro savait qu'Hana voulait l'aider en fait, mais elle ne pouvait rien faire, elle devait y arriver par elle-même.

- S'il te plait… Tu ne pourras pas ne pas me parler très longtemps de toute façon. Hana…

Toujours pas de réponse. Vexée la blanche croisa les bras.

- Très bien, comme tu voudras.

Elle ferma les yeux et essaya d'imaginer un vaste océan noir, comme lui avait conseillé leur instructeur et sa sœur. Puis elle forma des mots dans son esprit et tenta de les envoyer à Hana.

Tu m'énerves vraiment.

Hana sourit et répondit.

Je sais !


Tsukishiro se réveilla en plein vent, il était si fort qu'elle avait l'impression que des milliers d'aiguilles cinglaient son visage et tout son corps. En ouvrant les yeux elle se redressa sur ses coudes et vit la silhouette de ses compagnons endormis.

- Ça va ? S'enquit une voix à côté d'elle. En tournant les yeux elle vit son ami aux cheveux blanc la regarder avec inquiétude.

- Oui… Un drôle de rêve. Avoua-t-elle.

- Tu n'es pas la seule, pas trop mauvais au moins ?

- Non, pas trop. Toi si ?

- Perturbant.

- Je comprends. Admit-elle en regardant ses camarades endormis. Comment peuvent-ils dormir avec un vent pareil ?

Le blanc regarda les blocards avant d'hausser les épaules, il ne savait pas plus qu'elle. En levant les yeux elle vit le ciel couvert de nuages foncés, une tempête se préparait mais elle ne saurait en prévoir l'ampleur. Elle se senti soudainement fatigué, elle avait de toute évidence encore besoin de repos. Avec un soupir las elle se rallongea sur le côté et se mit en boule dans le drap qu'elle partageai avec Toshiro. Cependant le vent ne cessait de soulever le tissu, l'agaçant au plus haut point. Puis elle sentit un bras se poser sur elle, faisant mieux tenir le drap sur elle. Avec surprise elle se retourna et croisa le regard doux du shinigami. Elle se surprit à aimer ses attentions. Elle lui sourit et se retourna pour se recroqueviller contre lui, profitant de sa chaleur apaisante. Bien qu'étonné il ne dit rien enveloppant ses bras autour d'elle pour maintenir le drap en place. Elle s'endormit à nouveau, d'un sommeil bien plus calme cette fois.

Quand elle se réveilla le ciel était plus gris qu'auparavant. Le désert devint soudainement bien plus sinistre.

- Tsukishiro, Tsukishiro.

- Toshiro ?

- Réveil toi, on s'en va.

Elle ne dit rien mais se leva. A vu de nez ils se trouvaient à deux heures de la ville, les bâtiments, hauts comme jamais, grattaient le ciel de leur sommet. Quand elle leva les yeux elle vit que le ciel était devenu noir, chargés d'électricité et de pluie, un orage. Soudain elle vit Minho s'approcher d'eux.

- Minho, ce n'est pas bon ça.

- Non, pas du tout je te l'accorde. Mange un truc et on file s'abriter en ville.

- Quoi ? Et si on tombe sur une bande de fondus tueurs ?

- Tsuki ! Pas toi ! Le bleu, Ichigo, m'a déjà posé la question y'a pas 5 minutes ! On va se battre bien sur ! On ne peut rien faire d'autre !

- Dans notre état ? Tu es dingue !

- Tu as une meilleure option peut-être ?

- Non, c'est bien le problème ! On a pas trop choix je crois !

- Non ! Il faut y aller !

- Entendu, je mangerai en marchant, il faut partir vite, ça me dit rien ces nuages !

L'asiatique hocha la tête et donna le signal de départ. Le groupe parti sous le ciel prêt à se rompre.

Au bout de quelques kilomètres le groupe tomba sur un vieillard allongé dans le sable, emmitouflé dans d'épaisses couvertures. Interpelés les blocards se mirent en cercles autour de lui.

L'homme semblait être centenaire, mais ils pouvaient se tromper, peut-être que le soleil avait maturément vieilli l'homme. Sa peau presque noire était ridée et couverte de croutes et d'ulcères. Il était vivant, regardant le ciel d'un regard éteint.

- Hé vieil homme ! Cria Minho. Qu'est-ce que tu fou là ?

A cause du vent même Tsukishiro n'avait presque rien entendue, alors le vieil homme… Désespérée du manque de tact de Minho la blanche se fraya un passage jusqu'à l'homme et s'agenouilla à côté de lui. Elle passa doucement sa main au dessus du visage de l'homme, qui n'eut aucune réaction.

- Heu… monsieur ? Hésita-t-elle. Vous pouvez m'entendre ? Vous pouvez parler ?

L'homme cligna des paupières mais ne dit rien. Finalement Newt vint rejoindre la jeune fille.

- Ce type est une mine de renseignement ! Il faut réussir à le faire parler de la ville ! Il peut peut-être nous dire ce qu'il y a là bas ! Cria-t-il.

- Oui mais il n'a pas l'air d'être en état de parler ! Ni de nous entendre d'ailleurs !

- Essaye encore ! Cria Minho. Persuade le Tsuki ! Dit lui de nous parler du bon vieux temps !

- Tu me fatigue avec tes railleries ! Gronda-t-elle, faisant rire les blocards qui avaient pu l'entendre.

Avec un soupir elle se tourna à nouveau vers l'homme.

- Monsieur ? On a besoin de votre aide ! Est-ce que c'est dangereux d'aller en ville ? On peut vous y emmener si vous le souhaitez ! Monsieur ? Monsieur s'il vous plait !

Il ne réagissait toujours pas, les yeux rivés sur le ciel sombre. Mais petit à petit son regard tomba dans celui améthyste de la jeune fille et une lueur d'intelligence se mit à y briller. Il ouvrit les lèvres pour parler mais seule une toux vint de lui.

- Je m'appelle Tsukishiro. Eux ce sont mes compagnons. On est dans le désert depuis deux jours, on aurait besoin d'eau et de nourriture. Est-ce que vous… ?

Elle s'arrêta en voyant l'homme jeter des regards affolés autour de lui.

- Du calme. On ne vous veut aucun mal. On est… les gentils. Pourriez-vous…

La main gauche de l'homme jailli de sous les couvertures et se referma sur le bras de la petite blanche, qui émit un cri de surprise, elle n'aurait jamais soupçonné une telle force chez ce vieillard.

- Lâ… Lâchez moi !

Il secoua la tête mais on lisait en lui plus de peur que de malveillance. Finalement un murmure rauque lui échappa. La petite blanche ne chercha plus à se défaire de sa prise et tendit l'oreille pour entendre ce qu'il tentait de leur dire.

- Que dites-vous ?

La seconde fois fut encore trop basse mais elle cru discerner ''tempête'', ''terrifiante'' et ''mauvaises personnes''.

- S'il vous plait, répétez !

- Tempête arrive… terrifiante… fait sortir… restez à l'écart… mauvaises personnes.

L'homme se rallongea, les yeux écarquillés.

- La tempête ! La tempête ! La tempête !

Il ne cessa de répéter ses mots en boucle, se balançant de droite à gauche sans s'arrêter. Finalement il lâcha le bras de la blanche et le vent s'intensifia. Soudain autour d'eux le ciel gronda dans une cacophonie de grondements assourdissants. Les draps s'envolèrent dans le ciel et les provisions partirent dans toutes directions confondues. La tempête était là.