Attention: ni bleach ni labyrinthe ne sont à moi.


Et alors ? Vous êtes muets ? Demanda Jorge devant le manque de réaction des blocards. Ou alors vous avez peur des fondus ? Vous avez peur qu'on sorte du sol et qu'on vous dévore les yeux ? Moi j'aime bien ça quand il n'y a plus rien à manger, ça ressemble à des œufs crus.

- Tu es vraiment un fondu ? Demanda Minho en prenant son courage à deux mains. Un de ces fous bon à enfermer ?

- Il a dit qu'il aimait les yeux, intervint Poêle-à-frire, pour moi ça fait de lui un fondu.

Jorge se contenta de lancer un rire dangereux à la remarque.

- Allons, je ne mange que des yeux de morts évidement. Cela dit je peux vous aider à en être. Vous comprenez ?

A présent l'homme était menaçant et tout sourire l'avait quitté. Personne ne dit rien avant que Newt ne reprenne.

- Combien êtes-vous ?

- Combien de quoi ? De fondus ? On est tous des fondus ici. Répliqua Jorge.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire et tu le sais.

L'hispanique commença à tourner en rond en observant les blocards.

- Écoutez moi bien, il y a beaucoup de choses que vous allez devoir apprendre. Au sujet des fondus, du WICKED, du gouvernement, des raisons pour lesquelles on est ici, des différents stades de la Braise… Et puis vous allez devoir accepter que si ce n'est pas encore le cas vous tomberez malade à un moment ou un autre. Termina-t-il en arrivant près de Minho. Mais, reprit-il, ce n'est pas aussi facile. Ce n'est pas celui qui est en position de force de parler le premier. Je veux que vous me disiez tout sur vous, tout et tout de suite.

Après sa tirade Minho ricana avant de lui répondre.

- C'est toi qui es en position de force ? A moins que la tempête ne m'ait grillé la rétine je dirais que tu es loin d'être en position de force. C'est plutôt à toi de te mettre à table.

Tsukishiro échangea un regard inquiet avec Newt, Toshiro et Ichigo. Minho avait tord de lui parler ainsi, avec tant d'arrogance. Le jeune homme devant eux était loin d'être seul, c'était évident. Il risquait gros de faire ça, très gros et il risquait surtout de tous les faire tuer, qui sait combien de fondus pouvaient être cachés prêts à attaquer ?

- J'ai dû mal entendre, s'il te plait, ne me dit pas que c'est à moi que tu viens de t'adresser comme à un chien ? Tu as dix secondes pour t'excuser.

Minho se contenta de sourire en regardant son ancienne maton, la blanche secoua la tête, même si ça le blesserait dans la fierté il devait s'excuser, vite.

- Un. Deux. Trois. Quatre.

Newt et Tsukishiro commencèrent à sentir leur pouls s'accélérer, lançant des regards d'avertissement à Minho, lui disant silencieusement de s'excuser.

- Cinq. Six.

- Fais-le. Grogna finalement la blanche.

- Sept. Huit.

L'hispanique haussait le ton au fur et à mesure que les nombres augmentaient. Soudain une ombre bougea à l'étage. Immédiatement la tension se fit plus palpable et Minho sembla comprendre que l'homme n'était effectivement pas seul.

- Neuf.

- Je suis désolé, marmonna Minho sans conviction.

- Tu n'es pas sincère.

Sans crier gare le garçon lui donna un violent coup de pied dans le mollet. Tsukishiro réussi à peine à se retenir d'intervenir quand elle entendit Minho crier de douleur, le fondu avait dû toucher une de ses brûlures.

- Mets-y du cœur.

La blanche voulu lui sauter au cou quand il donna à Minho un coup plus violent au même endroit.

- Mets-y du cœur !

- Je…suis…désolé ! Haleta-t-il, gémissant de douleur en se tenant la jambe.

Enfin le fondu sembla se détendre, heureux d'avoir humilié l'asiatique. Mais contre toute attente Minho lui faucha la cheville avec ses bras. Dans sa chute Jorge poussa un hurlement de surprise. Puis Minho le chevaucha et le roua de coup en l'insultant comme jamais.

- Minho ! Arrête ça ! S'exclama la blanche.

Voyant qu'il ne l'écoutait pas et de peur que les fondus dans les étages ne descende elle s'empressa d'aller les séparer, et ce malgré les mises en gardes des garçons près d'elle. En regardant dans les étages elle vit diverses ombres bouger ça et là, comme elle le craignait. Puis des cordes se déroulèrent du plafond. Rapidement la jeune fille sauta de tout son poids sur Minho, l'éloignant autant que possible du fondu. L'asiatique atterrit à quelques pas de là et la blanche s'étala durement au sol. Elle grimaça et se reprit rapidement, plaquant Minho au sol.

- Crétin ! Il y en a d'autres en haut ! Arrête ça ! Où ils vont tous nous tuer !

Non loin d'eux Jorge se releva, effaçant rapidement un filet de sang coulant de ses lèvres. Son expression était indéchiffrable, il était impossible de dire ce qu'il allait faire à présent, mais nul doute que le comportement de Minho n'avait pas du lui plaire du tout.

- Attend ! Pria-t-elle, attend s'il te plait !

Jorge posa son regard sur elle alors que d'autres fondus descendaient du plafond. Ils étaient au moins une quinzaine. Il y avait des hommes, des femmes et des adolescents.

Enfin Minho avait cessé de bouger, avec précaution elle s'éloigna de lui avant de se tourner vers les fondus. A priori elle n'avait que quelques secondes avant que ça tourne au bain de sang. Elle fusilla du regard Minho pour qu'il reste où il était, ce qu'il fit docilement. Ensuite elle posa un regard plus calme sur Jorge.

- Attends s'il te plait. Ça ne vous servirait à rien de vous en prendre à nous.

- A rien ? Fit le fondu avec colère. Je pense au contraire que ça me ferait beaucoup de bien, je peux te l'assurer, et fille ou pas.

Le jeune homme fit un bref mouvement de tête et les fondus sortirent de leurs haillons diverses armes, couteaux, machettes, barres de fer, bouteilles brisées…

La maton savait qu'elle jouait gros sur ce coup là, si elle se trompait dans la façon dont elle allait discuter avec eux elle les condamnaient tous à une mort certaine. Mais elle avait juré de protéger ses camarades, même si elle n'avait pu le faire à cause de l'orage elle comptait bien le faire maintenant qu'elle en avait le pouvoir. Elle fronça légèrement les sourcils et son regard devint plus déterminé.

- Vous devez savoir qu'on ne vous veut rien du tout, on n'est pas ici pour nous battre. Cependant je comprends amplement ta colère, mais on n'est pas de simples tocards qui débarquent ici comme des fleurs. On a une certaine valeur, pour certaines personnes. En revanche on n'a ladite valeur qu'en étant vivants et pas l'inverse.

Cette fois le visage de Jorge montra plus de curiosité que de fureur, la blanche sentait qu'elle était sur le bon chemin.

- Des tocards ? Répéta le jeune homme.

La jeune fille eut soudainement envie de rire, il était vrai que tout le monde n'avait pas leur tique de langage. Cependant elle se retint, il ne valait mieux pas faire croire à l'hispanique qu'elle se moquait de lui, leur vie ne tenait déjà qu'à un fils.

- Toi et moi. Dix minutes. Seuls. C'est tout ce que je demande. Emmène toutes les armes que tu veux.

Le jeune homme la regarda avec incrédulité avant de renifler avec amusement.

- Désolé mais je crois que je n'en aurais pas vraiment besoin, petite.

La jeune fille retint de justesse un grognement, il la sous estimait grandement, cela dit c'était à son avantage.

- Dix minutes et pas une de plus. Concéda-t-il. Vous autres attendez ici et surveillez-les. Ordonna-t-il en désignant les blocards du doigt. Si vous entendez le signal tuez-les.

Ensuite il se tourna à nouveau vers la blanche et lui indiqua un couloir sombre qui s'enfonçait dans l'immeuble.

- Dix minutes. Répéta-t-il comme un avertissement.

Elle acquiesça et passa la première, non sans jeter un regard d'avertissement aux autres, les priants de rester tranquille et de lui faire confiance. Bien qu'elle vit l'inquiétude briller dans leurs yeux elle sourit discrètement et entra dans le couloir, suivie de près par Jorge.


Jorge indiqua à la blanche une pièce dans le fond du couloir, qui empestait la pourriture. Elle hocha la tête sans un mot.

- Si tu tentes quoi que ce soit ils sont tous condamnés.

- Je ne suis pas bête, répondit-elle calmement, tu peux cesser ton numéro de caïd avec moi.

Loin de le prendre mal le garçon ricana.

Finalement ils arrivèrent devant la pièce, sans trop hésiter la blanche poussa la porte, cependant elle s'arrêta sur le seuil, étonnée de la noirceur de l'endroit. Jorge passa à côté d'elle et retira un épais tissu de devant une fenêtre.

- Assieds-toi, dit-il simplement.

La blanche acquiesça et détailla la pièce en entrant. Il n'y avait qu'une table et deux chaises. Elle en poussa une et s'y assis calmement. Jorge s'asseya face à elle, posa les coudes sur la table et croisa les doigts avant de la regarder dans les yeux.

- Je t'écoute.

- Entendu.

Elle hésita un instant, se demandant par où commencer. Puis elle leva de nouveau les yeux vers son interlocuteur.

- Tu as parlé du WICKED. On a des informations sur eux. J'aurais aimé que tu me dises ce que tu sais pour éviter de me répéter mais je vais partir du principe que tu ne voudras pas m'en dire un mot pour le moment.

- C'est exact, je vois que tu es plus raisonnée que l'autre asiatique.

Elle ne releva pas et continua.

- Au départ on était une cinquantaine de garçon et deux filles, moi et une autre. Aujourd'hui on est onze. Je ne connais pas les détails mais le WICKED est une organisation qui nous a fait subir différentes épreuves dans un certain but, dont on ne sait pas grand-chose pour être honnête. Tout a débuté au Bloc, dans un labyrinthe de pierre peuplé de créatures de chair et de métal nommées Griffeurs.

La jeune fille fit une pause puis lui raconta tout ce qui s'était déroulé, depuis l'arrivé d'Ichigo et Toshiro à leur évasion. Elle enchaina avec l'homme rat et lui parla de la mission qu'il leur avait fixée. Elle lui parla aussi du tunnel et des boules de métal. Elle rechignait à lui parler de tout ça mais il le fallait, elle ne devait rien lui cacher au risque qu'il ne la croie pas et qu'il décide de tous les faires tuer.

- Donc on a quelque chose de spécial pour eux, ils ont forcément un but pour nous faire vivre ça. A quoi ça rimerait sinon ?

- Où veux-tu en venir exactement ? Demanda finalement Jorge.

- Si vous nous aidez et venez avec nous au refuge il est possible qu'on puisse vous soigner aussi. Répondit-elle sans détour. On nous a dit on avait la Braise nous aussi. Si on va au refuge dans les temps on serait guéris, et je pense que vous le pourriez aussi si vous nous venez en aide.

Quand elle eut fini elle vit le regard du fondu changer, elle sut qu'elle avait gagné.

- Un remède hein ?

- Oui, un remède.

Jorge s'adossa à sa chaise, pensif.

- C'est quoi ton nom ?

- Tsukishiro.

Avec une certaine surprise elle vit une nouvelle lueur sur les traits de l'homme en face d'elle, elle avait l'impression que son nom lui était familier, mais c'était impossible, n'est-ce pas ?

- Tsukishiro. J'imagine qu'on te surnomme Tsuki ? Ou Shiro ?

- Pour toi Tsukishiro suffira.

- Tu as du cran, ça me plait. C'est entendu, Tsukishiro. Dit moi, j'ai une question, non plutôt deux. As-tu la moindre idée de ce que fait la Braise aux gens qui en son atteint ? Et ai-je l'air atteint de cette abomination ?

Elle hésita, dans le doute il valait mieux être plus prudent que sincère.

- Non.

- Non ? Aux deux questions ?

- La réponse est non aux deux questions.

Jorge sourit.

- La Braise fonctionne par étapes. Tout le monde dans cette ville l'a. Moi-même je l'ai attrapée il y a quelques semaines, on m'a contrôlé positif à un checkpoint de quarantaine. Le gouvernement déploie de gros efforts pour séparer les gens sain des contaminés. On m'a envoyé ici et je me suis battu pour prendre cet immeuble avec les bleus dans l'entrée. On est tous au même stade de la maladie. Mais si tu sors tu verras les différentes étapes qui arrivent avec le temps. Tu verras ce qui se passe quand on est arrivé au bout du rouleau. On ne peut pas avoir de calmant ici, du bliss, c'est impossible.

- On vous a envoyé là ? Qui ?

- Le WICKED, comme vous. Sauf que nous on n'a rien de particulier, on est juste malade. Le WICKED a été créé par les gouvernements en place pour lutter contre la Braise. Apparemment cette ville aurait un rapport direct avec ça. C'est tout ce que je sais.

- Mais c'est qui le WICKED exactement ?

- Je ne sais rien de plus que ce que je t'ai déjà dit. C'est étrange que tu demandes ça alors que c'est vous qui avez un lien avec eux.

- Je t'ai également dit ce que je savais. Nous on nous fait des promesses mais on ne sait rien d'eux, on n'a pas de détails.

- Et qu'est-ce qui te fait croire qu'ils ont un remède ?

- L'homme au costume, il nous a dit que c'était ce qui nous attendait au refuge.

- Mouais… Et qu'est-ce qui te dit qu'ils vont nous accueillir et nous donner un remède alors que c'est eux qui nous on mit là ?

- Je n'en sais rien, autant être sincère. Mais ça vaut le coup d'essayer tu ne crois pas ? C'est toujours mieux que de rester ici sans rien tenter, non ? Si vous nous tuez vous n'avez pas la moindre chance, dans le cas contraire il y a un espoir, aussi petit soit-il. Que préfères-tu ?

Le jeune homme se fit silencieux un moment, regardant la jeune fille dans les yeux pour voir si elle ne mentait pas. Finalement il baissa les yeux et soupira.

- Tu as gagnée, tu es forte il faut l'avouer. Il y a pas une demi-heure j'étais près à tuer ton copain et vous tous avec et maintenant tu m'as presque convaincu !

- Presque ? Dommage. Sourit-elle finalement.

- Tu me plais bien, tu as du cran pour une gamine.

- Je ne suis pas une enfant. Gronda-t-elle.

Il rit avant de reprendre.

- Entendu, Tsukishiro. Ce que je veux c'est vivre un peu plus longtemps. Je veux sortir de cette ville et le reste on verra sur place. Tu sais quoi ?

- Non ?

- Si crever tes jolis yeux pouvait me faire vivre encore un jour je le ferai, mais j'ai besoin de toi, on a besoin de toi. Toi et tes fichus cheveux blancs, comment as-tu fais pour les avoirs comme ça ?

Elle ne répondit pas, se contentant de hausser les épaules. Le jeune homme sourit et se leva de sa chaise avant de lui tendre la main.

- Je pense qu'on se comprend, je marche.

La blanche se leva à son tour et lui serra la main.

- Je suis née comme ça. Dit-elle simplement pour répondre à sa question précédente.

L'hispanique sourit avant de redevenir plus sérieux.

- Par contre j'ai une condition.

Loin d'être effrayée, au point où ils en étaient…, elle l'incita à continuer.

- Ce salopard qui m'a mit une dérouillée, Minho je crois, je veux sa peau.