Attention: Ni Labyrinthe, ni Bleach, ne sont à moi.
- Tu crois que ça va aller pour les autres ? S'enquit Tsukishiro, courant à côté du blanc.
- Je ne sais pas, avoua-t-il, mais on doit avancer, on ne sait pas si l'explosion risque de faire effondrer tout le tunnel.
La jeune fille n'ajouta rien, se contentant de jeter un coup d'œil derrière eux. Le couloir était sombre et elle ne distinguait plus aucun bruit depuis l'explosion. Il commençait à faire plus frai et plus noir au fur et à mesure de leur avancée. Ils avaient commencé à ralentir le rythme mais marchaient toujours rapidement, sur leur grade.
Tsukishiro était inquiète pour ses compagnons, se demandant sans cesse si ils allaient bien, si ils étaient tombés entre les mains de leurs assaillants… D'un autre côté elle savait qu'ils ne pouvaient pas retourner en arrière, au risque de tomber nez à nez avec un fondu et qui sait dans quel état. De plus Jorge et Rinka devaient les conduire de l'autre côté de la ville et ils avaient surement avancé eux aussi, il ne fallait pas perdre de temps au risque de prendre un retard énorme et de se mettre en danger, eux et les autres aussi. Qui sait ce qu'il pourrait arriver aux autres en les attendant ?
A présent il fallait se concentrer sur le problème du moment, soit trouver une sortie pour rejoindre la surface et pouvoir se repérer pour trouver la sortie de la ville, ou ne serait-ce que retrouver leur groupe.
Le duo marchait dans les tunnels sombres depuis au moins une heure et Tsukishiro se surprise à penser qu'elle préférait courir dans les couloirs du labyrinthe que de se trouver ici, dans ces tunnels humides et lugubres. Les murs étaient gris terne, en béton brut, un peu comme ceux de la salle des cartes, des filets d'eau traversaient les murs de-ci de-là et au plafond se trouvait de petites lumières clignotantes dont la moitié étaient brisées. Plusieurs fois ils passèrent devant des portes en métal mais toutes étaient verrouillées. Après avoir marché à travers les couloirs pendant trois heures le duo fini par s'assoir contre un mur, plus ou moins sec, pour faire une pause et manger un peu.
- Je me demande à quoi pouvaient servir ces tunnels. Fit pensivement la jeune fille.
- Aucune idée. C'était peut-être des tunnels d'évacuation, des issues de secours… Va savoir. Répondit le blanc en haussant les épaules.
Finalement ils reprirent leur route, ne se guidant qu'aux courants d'airs qui leurs indiquaient surement la route vers une sortie ou du moins quelque chose qui leur permettrait de sortir des tunnels. Après un moment ils arrivèrent à un grand carrefour sous terrain, ils se regardèrent avec hésitation, par où aller ?
Soudain un bruit de verre brisé se fit entende dans l'un des couloirs sombre. Immédiatement ils braquèrent leurs torches vers chacun des couloirs mais n'y virent rien d'autre que des tunnels dont le fond se perdait dans la pénombre.
- C'était quoi, ça ? Hésita la blanche.
- Surement une ampoule qui s'est brisée, vu leur état je n'en serais pas surprit… Fit-il en regardant les ampoules fissurées et couvertes de poussière. Tu ne sens rien ? Demanda-t-il.
- Non… Cela dit l'humidité et la poussière ici faussent mon odorat… Je ne saurai même pas sur de sentir un rat à trois mètres…
- En parlant de ça on n'en a pas vu un seul. Nota l'ex-capitaine.
Alors que la jeune fille allait ajouter quelque chose un nouveau bruit de verre brisé se fit entendre à nouveau, venant de derrière eux cette fois. Les deux blancs se regardèrent avec inquiétude avant que le capitaine ne lui fasse un signe de main silencieux pour l'inviter à avancer. Un nouveau bruit résonna, en se retournant le duo vit un homme, immobile, penchant quelque peu sur sa droit, sa jambe gauche tremblotante. Son bras gauche tremblait lui aussi et il ne cessait de serrer et rouvrir les points. Enfin il portait un costume gris sale et en haillon. Le pire fut son visage, l'homme était chauve, son crâne couvert de croûtes sanglantes, son visage était couvert de liquide étrange et de plaies béantes. Un œil lui manquait, de même que son nez. Enfin ses lèvres étaient retroussées en un rictus laissant entrevoir des dents sales et cassées par endroit.
Tout en cet homme fit frissonner Tsukishiro, autant elle trouvait les griffeurs affreux autant ce qui se trouvait devant elle était bien au-delà de ça. Le pire fut quand l'homme s'adressa à eux, sa voix fit naitre un long frisson qui traversa tout le corps de la jeune fille.
- Robert m'a pris mon blair, c'est clair.
Pour les deux blocards ça ne faisait aucun doute, cet homme était un fondu au bout du rouleau, comme l'avaient dit Rinka et Jorge.
L'homme reprit alors, avançant d'un pas maladroit.
- Robert m'a prit mon blair, c'est clair et c'est l'enfer ! Vous comprenez ? Il m'a prit mon blair, c'est clair. Répéta-t-il en riant.
- Oui…On a comprit… C'est drôle… Fit Toshiro avec méfiance.
Alors qu'il parlait la blanche cherchait un moyen de détourner l'attention du fondu d'eux pour qu'ils puissent s'échapper. Elle sentit alors le métal d'une boite de conserve dans son dos, elle doutait que ce soit une bonne idée mais elle en sortit une discrètement de son sac, arma sa main et la jeta droit sur le visage du fondu.
Bien qu'elle ait fait mouche le capitaine ne s'en réjouit pas pour autant, suite au cris effroyable du fondu quatre autres fondus apparurent, tous dans le même état que le premier.
- Ça m'a pas fait mal… Fit le fondu. J'aime bien votre blair et je crois que mes copains aussi.
La jeune fille déglutit, cette fois elle comprenait mieux ce que la Braise faisait aux gens et ce qu'elle engendrait quand on arrivait au bout du rouleau. Maintenant il n'y avait plus de barreaux pour les protéger, ils étaient confrontés à eux directement et sans rien ni personne pour les aider. Elle jeta un œil au blanc, qui lui rendit son œillade, il était temps de filer. En l'espace d'une seconde ils tournèrent les talons et se mirent à courir, les cris des fondus derrière eux.
Le duo traversa les séries de couloirs de plus en plus vite, tournant parfois à gauche et à droite dans l'espoir de semer les fondus. Ils avaient tout de même un avantage, ils étaient en bon état physique par rapport aux fondus et courraient donc plus vite qu'eux, le danger était d'en croiser à nouveau à chaque intersections. Peu à peu les cris estompèrent légèrement, montrant leur avance. Au détour d'un couloir la blanche failli glisser à cause du sol humide mais le capitaine la rattrapa in-extrémis par le poignet et ils reprirent leur course, sans pour autant se lâcher.
Après un nouveau tournant le duo s'engagea dans une nouvelle allée où se trouvaient de nouvelles portes. Du coin de l'œil Tsukishiro vit que l'une d'elle était entre-ouverte. Elle hésita à en profiter pour qu'ils s'y cacher ou s'y barricade mais c'était prendre un risque énorme. Pourtant le blanc sembla avoir la même idée qu'elle et la tira vers la pièce dont la porte était étroite.
- On a assez d'avance, si il n'y a rien pour se cacher ou se barricader on file.
- D'accord. Acquiesça la jeune fille. Comme toutes les autres portes sont fermées ils vont peut être penser que celle-ci aussi…
- Exactement.
La pièce était petite et il ne s'y trouvait qu'une table en bois, posée contre le mur du fond. Alors qu'ils allaient faire demi-tour la jeune fille remarqua un petit passage sous la table. Le passage était vraiment petit et heureusement les deux jeunes n'étaient pas grands ou épais, aucun des fondus qui les poursuivaient ne pouvait entrer là dedans. D'un hochement de tête ils s'y faufilèrent et éteignirent leur torche.
Le compartiment dans lequel ils se trouvaient était étroit et le plafond devait se trouver à une soixantaine de centimètres. Le duo se trouva serré l'un contre l'autre, la jeune fille blottie contre la poitrine du capitaine. Bien que gênés aucun d'eux ne dit quoi que ce soit, guettant l'arrivée des fondus.
Tout fut d'abord silencieux puis des bruits commencèrent à se faire entendre. Les bruits se firent plus nets et on pu distinguer des cris, des rires, des phrases sans queue ni tête. La blanche sentit les battements de son cœur s'accélérer mais s'étonna de sentir celui de son compagnon tout à fait calme. Elle savait qu'il était d'un naturel calme et pondéré, qu'il ne paniquait pas facilement et qu'il savait prendre les choses en mains avec calme et organisation mais… mais elle avait l'impression qu'il avait fait ça toute sa vie… Il l'étonnait de jour en jour, même elle qui avait prit l'habitude de lutter contre le stress engendré par le labyrinthe ne pouvait s'empêcher d'être tendue.
Elle sentit alors l'un des bras du blanc passer derrière elle pour la rapprocher de lui et faire de petits cercles dans le bas de son dos, ce geste, bien qu'inattendu de la part du jeune homme, la détendit immédiatement.
Une fois calmée la jeune fille put entendre que les fondus étaient tout près, étonnement elle appréhendait leur arrivée avec moins de crainte, quand bien même ils les trouvaient ils ne pouvaient pas les atteindre et au pire, ils savaient parfaitement bien se défendre.
Un fondu entra dans la pièce par laquelle ils étaient entrés, trainant des pieds avec de longues quintes de toux. Un second rejoignit le premier et un troisième entra à sa suite.
- Héééé hoooo ! Petit gaaarçon, petite fiiiille… Venez nous voir, venez voir pépère. Je veux vos jolis blairs. Fit l'homme qui leur avait précédemment parlé.
- Y'a rien là-d'dans. Fit une femme. Juste une vieille table moisie.
- P'ète qu'ils cachent leurs blairs en dessous. Proposa l'homme.
La femme passa alors le bras à une trentaine de centimètres d'eux, tapotant le sol poussiéreux. Heureusement qu'il faisait noir sinon ils auraient tout de suite vue l'ouverture dans le mur.
- Y'a rien là-d'ssous ! Annonça-t-elle.
La femme recula et des chuchotements se firent entendre au centre de la salle. Les fondus avaient-ils encore assez d'esprit pour mettre au point un plan ? La blanche en doutait mais elle préférait se méfier. Soudain des ''non'' à répétition se firent entendre puis des ''si''. Des insultes retentirent alors, apparemment ils n'étaient pas d'accord. Ensuite deux des fondus s'en allèrent, dont la femme qui se mit à pleurer sans raison apparente, laissant le troisième seul, qui pesta après eux. Enfin ils entendirent les pas du troisième suivre ses congénères. Le silence revint. Prudemment le duo resta sans bouger et sans un mot un long moment encore. Quand enfin il leur sembla être le bon moment le capitaine ralluma la lampe. Résonna alors l'horrible voix du fondu avec lequel ils avaient parlé.
- Coucou les blairs !
Une main ensanglantée et couverte de plaies passa par l'ouverture et empoigna fermement la cheville de Tsukishiro.
