Hello everybody ! Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à publier un simple chapitre alors que j'avais dit que je serais plus rapide dans mes posts. J'ai eu des soucis personnels (Deux décès entre autres…) Donc voilà, voilà. Ce chapitre est un peu bizarre, j'avais des idées dans la tête et j'ai écrit des paragraphes un peu séparés. Oui, la cohérence est carrément partie faire des courses x) !
Lorde a accompagné ce chapitre ! Ainsi que Leopoldine d'Ezekiel.
Rating: T
Genre: Romance/ Crime/ Angst
Auteur: Laura. Dickens. Les personnages de SNK ne m'appartiennent en aucun cas.
Bonne lecture!
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C. H. I. L. D. R. E. N. O. F. M. I. S. F. O. R. T. U. N. E.
Chapitre 7: Silent Sorrow
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« Rien n'est plus proche de l'absolu qu'un amour en train de naître. »
Jean D'Ormesson
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«Un cœur qui battait. Oui, elle voulait l'entendre. Tant qu'elle le pouvait encore. »
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Le matin arriva vite, bien que la nuit eut été longue. Des paroles contradictoires s'emmêlant les unes aux autres, tel le serpent autour de la main d'Eve, perturbaient les deux fiancés. L'aube paraissait. Heureuse nouvelle. Quel soulagement. Mais pas tant que cela, en réalité. Parce que c'était peut-être la dernière fois qu'ils dormiraient ensembles. La dernière fois que l'air pur de la matinée viendrait les réveiller par la froideur de son souffle, à travers les interstices de la fenêtre que l'on arrive jamais à fermer complètement. Tellement de petites dernières fois craintives et se cachant dans chaque recoin de leur être. Entre leurs lèvres, avec les petits baisers volés. Sur la joue, lors des petites tristesses. Sur le dos, lors des petites caresses rassurantes.
Une magnifique journée s'annonçait. Même le temps semblait célébrer leur éloignement, et le départ de Livai. Quelle putain d'ironie. Pourtant, l'automne pointait le bout de son nez, et d'habitude à cette époque de l'année, la pluie était déjà tombée mainte et mainte fois, les degrés fondaient comme neige au soleil, et la température descendait inexorablement, amenant son lot de malade qui, ne passant pas le terrible hiver qui s'annonçait, demeurerait entassés dans les rues des bas-fonds. Parce que les gens pauvres crèvent plus vite. Parce que c'est la sélection naturelle, vous diront certains. Parce que la vie est tout simplement cruelle. Les arbres commençaient à prendre des teintes flamboyantes. Rouge, orange, jaune. Rouge. La seule et unique couleur qui flottait dans leur tête. Vermeil massacre, dont le souvenir était toujours aussi cuisant. Une saison était déjà passée. Mais les souvenirs restent et demeurent, presque éternels. Le monde semblait les envelopper dans un cauchemar sans fin. Bien sûr, tout cela n'était que mensonge. Evidement.
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De plus en plus souvent, Livai partait le matin. Ils déjeunaient ensemble, et puis il se levait sans un mot et fermait la porte à double tour. Il revenait plusieurs heures plus tard avec un tout petit paquet qui formait une bosse dans la poche gauche de son manteau. Alors, prudemment, Mikasa flânait dans la maison, lors de ses absences. D'ailleurs, c'était exactement ce qui se passait en ce moment même. Le militaire avait nettoyé la table, puis après avoir vaguement noté sur son carnet un « Je sors. », il s'éloigna comme une ombre, glissant imperceptiblement sur les murs de la maison. Un « clic » se fit entendre lorsqu'il verrouilla la porte. Le « tic-tac » de l'horloge résonnait aux quatre coins de la pièce. Un léger « pff » fit bruisser l'air ambiant, lorsque la jeune fille soupira. Elle se leva et alla dans le salon, ouvrit la grande armoire en bois de noisetier, et sortit une petite boîte. Dans laquelle, une boîte à musique se trouvait. Le mécanisme était apparent, et près de l'encoche de fermeture, se trouvait une danseuse, qui, les bras levés bien haut, tournait, et retournait sur elle-même. Cette étoile était d'une blondeur à faire pâlir les blés eux-mêmes. Elle portait sur le crâne, une sorte de casque argenté, et sa tenue était des plus particulières. Elle avait le haut du corps, vêtu d'une armure, et à partir de ses hanches un jupon blanc vaporeux faisait son apparition. Le plus curieux, était qu'elle n'avait aucun chausson de danse. Un étrange « Maria CR » était inscrit en lettre dorée sur l'écusson dorsal de l'armure. Bien souvent, la danseuse s'arrêtait lorsqu'elle était tournée, et laissait son profil apparent. Mikasa avait découvert cette boîte à musique lorsqu'elle nettoyait le salon, et depuis, dès que Livai n'était pas derrière elle à la surveiller, comme une enfant, elle regardait danser le morceau de bois délicatement sculpté. Le son provenait de dents métalliques, montées les unes à la suite des autres. Lorsque le cylindre, grandement inspiré des mécanismes d'horlogerie tournait, les notes s'évaporaient dans l'atmosphère. Elle aurait pu être éphémère si une autre note ne la précédait pas. Ainsi, une musique régulière et douce se produisait dans une boite pas plus grande qu'un petit panier d'enfant.
Alors, elle poussa les meubles, et, sur une musique qu'elle ne pouvait entendre, elle se mit à valser seule, consciencieusement. Là, elle faisait une arabesque gracieuse. Ici, une pirouette aérienne, et en saut de biche, elle atterrissait sur un pied, qu'elle venait chasser avec l'autre resté en l'air. Sa tête allait de gauche à droite, comme si elle eut été une bille de verre glissant sur un sol incroyablement plat. Son bras s'étendait, suivant le mouvement de sa jambe. Ses doigts accompagnaient le mouvement, tandis que son corps faisait volte-face. Ses mains placées sur ses propres hanches, croisant les coudes, délassant les genoux, et faisait des mouvements inextricables, pourtant empli d'une beauté gracieuse. Pourtant, bien qu'elle connaisse les pas par cœur, elle trébucha, se trouvant face au caporal, qui la regardait d'un regard dur. Il l'a fit tourner sur elle-même afin qu'il puisse passer, et une fois que cela fut fait il ferma d'un claquement sec, la boîte qui de ce fait se tut immédiatement. Elle le regarda surprise : « Pourquoi faisait-il ça ? Etait-il en colère ? » Elle ne le savait pas, et curieusement, elle se dit que désormais, elle ne le saurait jamais. Il attrapa le carnet posé sur la chaise.
« -On va dans les bas-fonds, habille toi. »
« -Tellement de gentillesse et de politesse. Ça fait toujours plaisir. Il y'a pas si longtemps c'était des mots d'excuses et une demande en mariage que je recevais. »
« -ça te manques ? Tu veux un câlin ? »
« -Moque-toi de moi. Bientôt, on ne se verra plus jamais. » Bouda la jeune fille
Livai fronça les sourcils.
« -Parce que tu crois, que j'vais te placer et te laisser là ? Tu te trompes lourdement. Je vais te placer et quand j'aurais finit mon travail, je reviendrais te chercher, et je t'épouserais. De toute façon, tu as dit oui. Je ne vois aucun problème. Tout cela est temporaire. »
Elle ne sut que répondre. Sa démarche l'avait clairement surprise et elle aurait presque pu voir, les joues de son fiancé rougir. Ce qu'elle ne manqua pas de souligner.
« -Tu as rougis. »
« -Non. »
« -Si. »
« -Non, vas t'habiller. »
« -Si. »
« -Mikasa ? »
« -Livai ? »
« - Sérieux, bouge-toi le cul. »
Un rire fluet s'échappa de ses lèvres, elle acquiesça et partit, enfin, s'habiller.
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Mikasa était vêtue d'une robe relativement simple, et rien que le fait de sortir dans une pareille tenue, lui fit froncer les sourcils. La robe rose pâle, et délavée, ne comportait aucune fioriture. Elle descendait jusqu'à ses chevilles, et ses bras menus étaient couverts. Le militaire portait une chemise, ainsi qu'un pantalon noir. Bientôt, le paysage changea, et il lui tendit une cape marron afin de couvrir son visage.
« -Bienvenu dans les bas-fonds… » Murmura-t-il pour lui-même.
Les bas-fonds sont découpés en deux parties bien distinctes. D'abord la ville visible, remplie de mendiants, de prostituées, de malfrats, et même parfois de cadavres. Généralement desséchés, laissés à l'abandon et maladroitement dissimulés par des linges tout aussi sales ou bien derrière des tonneaux de vin qui autrefois avait dû être vidés par ce genre de buveur invétéré dont le visage rougi par l'alcool et l'œil vitreux d'insomnie vous fixe sans pouvoir se détacher de vous. Parfois, un coup de feu se faisait entendre. Une bagarre commençait généralement après cela. Les gens tentaient de rentrer chez eux, en bousculant d'autres, touchant par mégarde ceux qui se pensaient divin et dont les gros bras réglait tout à coup de poings, de pieds et de couteaux. Si vite arrivé. Quelques-uns étaient partagés. Et si cela n'était qu'une distraction ayant pour but de brouiller les pistes lorsque les autorités arrivaient, permettant ainsi aux gros bonnets de se cacher et à quelques bouches inutiles à nourrir d'être tuées ? Où s'enfuyaient-ils ? Là, où le crime atteint son paroxysme. La ville souterraine. Un enchevêtrement de galeries, de tunnels, de cryptes, mais surtout renfermant les catacombes qui n'en portent d'ailleurs que le nom. Les corps ayant été soit dépouillés, soit réutilisés à des fins plus ou moins macabres. C'est également là que ce font les principaux trafics, et le marché noir fait de plus en plus d'adeptes parmi les sectes de la haute ville. Car ce n'est pas dans une boutique raffinée faite de dentelle et de soie que l'on trouve des pattes d'animaux censés porter bonheur, ou des os humains appartenant à je ne sais quel personnalité reconnue. La différence entre les deux n'était pas particulièrement grandiose. Les deux lieux se ressemblant tellement. Mais on préférait néanmoins habiter où le soleil se lève et se couche chaque journée. Les astres ont quelque chose de rassurant, et ce qu'importe la classe sociale à laquelle on appartient.
Néanmoins la misère qui régnait dans les bas-fonds semblait littéralement consumer, chaque maison, chaque mur, chaque brique, chaque tuile, chaque pavé, qui posés d'une manière totalement aléatoire sur le sol donnait une impression de fouillis. Comme ce genre de jeu de bois dont les enfants s'amusaient parfois à les assembler de cette même façon désorganisée. La seule différence était peut-être que seuls les riches avaient la possibilité de jouer. Et les riches n'habitaient pas ici. Cherchez l'erreur. Les enfants étaient en haillons, et portaient sur leur dos, courbé par l'effort des sacs en toile de jutes noirs, des paniers remplis de foin sec et verdâtres, des galets gris lourds et poreux. Quelques fois, l'eau s'accumulait dans la rigole lors des fortes pluies, transformant les rues en pistes boueuses dans lesquelles les gamins déchaussés se vautraient en riant. Puis, l'appel du travail revenait plus intensément, alors portant les lourds bagages, ils tentaient désespérément de ne pas tomber, cette pensée devenait leur principal défi. Car si la marchandise se retrouvait abimée, ils savaient que la ceinture, le fouet ou le martinet lui serait intact et laisserait, à coups sûr, leur échine sanglante et rougissait, rendant leur labeur encore plus compliqué. Les hommes, eux trainait, ou plutôt erraient dans les bars, tels des fantômes sans vie, ils se battaient mal, prenaient des coups et s'étaient mariés devant une chope de bière, avec une fille rondouillette et aussi éméchée qu'eux. Il faut toujours avoir une bonne amie d'enfance. Ils titubaient joyeusement sur la chaussée poussiéreuse, évitant les réverbères tant bien que mal. Au détour d'une petite ruelle, il n'était pas rare de trouver une fille de joie, évidemment peu vêtue et dont l'œil hagard cherchait désespérément un client. Elle le jaugeait de haut en bas, espérant attraper et séduire un homme de la haute ville. Riche et généralement marié, en manque de compagnie et prêt à débourser beaucoup pour un peu de chaleur humaine.
Lorsque Livai entra dans le quartier des prostituées, certaines levèrent la tête vers lui. Essayant tant bien que mal de le dévisager, malgré la cape qui lui couvrait la moitié du visage. Une d'entre elle, se précipita vers lui, et colla, sans ménagement ses lèvres sur les siennes. Le caporal la repoussa vivement, alors que celle-ci lui faisait des yeux enjôleurs.
« -Voyons, cela fait bien longtemps que l'on ne t'avait pas vu. Ce n'est pas derrière un bout de tissu que je ne te reconnaitrais pas. Quel bon vent, t'amène ? »
« -Ce n'est pas le moment. Rien ne m'amène. Laisse-moi passer.»
De nombreuses jeunes catins s'étaient approchées de la scène, curieuses. Une jeune fille avec des cheveux d'ébènes déclama, d'un ton sarcastique : « Regardez-le, celui qui a quitté cette vie de merde, créant la mort de sa chienne de mère. »
« -Ne parle pas de ma mère. Et pour une fois, ferme ta gueule. » Dit-il d'un ton froid.
La prostituée belliqueuse continua, s'avançant vers lui : «-Et tu nous amènes quelque chose au moins ? Oh, peut-être une nouvelle amie ? »
Avec une extrême rapidité, elle attrapa Mikasa, et lui mit un couteau sous la gorge, celui-ci n'était pas plus grand que la longueur d'un doigt, et pouvait, habilement être dissimulé dans la manchette d'une robe ou dans le revers d'une botte. Mais sa petite taille, pouvait très bien causer la mort. Elle promena le tranchant sur le contour de son visage, et coupa l'asiatique au niveau de la joue.
En ce moment même, la danseuse était comme une poupée de marbre. Découpée précisément et avec une finesse digne d'un orfèvre. Son visage ne laissait rien paraître, immuable. Et ces humeurs qui pourraient la perturber, et cette situation qui pourrait la faire s'effondrer, la rendait imperceptiblement forte. Le sang qui coulait sur sa joue était semblable à un flot de rubis. Elle leva le poing, et malgré le peu d'entrainement qu'elle avait reçu, frappa de toutes ces forces sur le visage de la prostituée, en profitant, pour au passage lui jeter un regard noir. Livai s'interposa lorsque le couteau tomba, et la prostituée qui s'appelait Sian, tourna sur elle-même, crachant les mots suivants : « Je vous hais, tous, autant que vous êtes. Vous me parlez mais je n'entends rien. Parce que je m'en fous. Mon départ c'est maintenant, et vous pouvez hurler mon nom comme bon vous semble. Je m'en moque. Regardez les étoiles que vous ne voyez pas, pensez, rêvez, crevez. Nous sommes ce que nous sommes. Mon dos frissonne, lorsque j'entends les cris des autres putains, déchirant la nuit. Tous ces bruits obscènes mêlés aux gémissements malsains qui courent les rues. Ce n'est qu'une douce, et à la fois si terrible rumeur qui vous tue à petit feu. Vous privant de votre raison d'être qui doit être réprimée et ne pas être. C'est là, que ce trouve l'ironie. Les couleurs disparaissent avec le soleil qui se couche, et avec ça mon salaud d'espoir aussi. Je n'en peux plus de cette vie de misère. Si l'on appelle cela une vie. Je veux aller en haut, moi. Je veux sortir de l'ombre. Pourquoi pas chanteuse, ou danseuse ou peut-être comédienne. Je veux rêver moi aussi, mais pas de la même manière que vous ! Je ne veux plus imaginer ces douces étoiles qui illuminent le ciel, je veux les voir, les toucher et les sentir sur ma peau d'opale. Ce sont mes propres remords dont je me nourris. Je veux voir où la vie nous mène. »
« -El' vie n'est pas faite d'or et d'argent. » souffla la mère Maquerelle, également appelée la Matrone, apparaissant dans l'entrebâillement d'une porte « mais d'larmes, d'sueur et d'sang. Tu crois pt 'être qu'une pauvre catin comme toi réussira à attirer dans ses filet un haut dignitaire d'la haut' ville, t'trompes ma p'tite. Elle est là, ta vie. T'es comme toute les autres, t'es condamnée. C'pas dur, t'qu'à ouvrir les cuisses, et… »
« -Mais j'en ai assez ! Je suis épuisée, à bout de force, je veux partir, je… Vous savez quoi ! Je préfère mourir ! » Hurla-t-elle alors que sur sa joue apparaissait un bleu noirâtre causé par le coup de poing.
« -Si t'veux mourir, t'commences bien, amochée comme t'es on va avoir d'mal à t'vendre, ma p'tite. »
Et la dispute entre la prostituée et la Matrone continua. Livai regarder d'un œil impassible la scène, et Mikasa ne comprenait plus ce qu'il se passait. Elle observait la situation, toujours en retrait sur les autres. Elle avait cette habitude si caractéristique de s'éloigner lorsqu'elle ne comprenait pas quelque chose, comme si un détail apparemment invisible aux yeux des autres, allait se révéler par cette quelconque distance. Le militaire, l'entraina, quittant ce quartier de malheur, afin de passer par un chemin de traverse. Il se pencha sur elle, et le repoussa, les sourcils froncés, en colère.
« -Elle t'a embrassé ! » signa-t-elle, laissant le jeune homme ébahi. Il se reprit et sortit un minuscule carnet de sa poche. Encore un carnet.
« -Elle t'a embrassé ! » écrivit-elle, « et vous aviez l'air proche, et c'est une prostituée. Ne me mens pas. Explique-moi, bon sang. Qu'est ce qu'on fait là, pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? » Désormais, c'était tout cette indifférence, tous les secrets et toute cette rage qui ressortait. Elle frappa de toutes ses forces sur le torse du militaire. Il attrapa ses mains et les lui bloqua, la forçant à le regarder.
«-Stop. Stop. Stop. Calme-toi, et tais-toi. »
« -Je suis muette. »
« -Chut, quand même. »
Le reste se fit rapidement, et elle resta calme, lorsqu'il alla dans une boutique sombre chercher quelque chose d'important dont elle ne savait pas le nom. Elle resta calme lorsqu'ils sortirent des bas-fonds. Elle resta calme lorsqu'il ouvrit la porte. Et elle attendit patiemment et calmement qu'il s'explique.
« -J'en ai putain de marre, de faire des lettres pour expliquer mes conneries. C'est d'autant plus chiant que je ne peux pas te gueuler dessus. Ça ne sert à rien. Bref. Oui, elle m'a embrassé. Comment veux-tu que je mente sur un truc que t'as vu de tes propres yeux, sérieux. J'ai eu une vie avant, je n'ai pas à m'expliquer pour tout et tant pis, si tu boudes. Si j'ai tenu à ce que tu m'accompagnes c'était pour la simple et bonne raison, qu'il fallait que tu sortes et que tu découvres un peu le monde qui t'entoures. C'est chose faite. Ensuite, ce serait compliqué de te dire où tu vas aller, parce que tu ne me croirais pas. »
La jeune femme lui lança un regard qui voulait tout dire. Un dont les mots transparaissait dans ses iris : «Dis-moi. »
«-Les circonstances sont compliquées, mais te souviens-tu du couronnement d'il y'a, maintenant, trois ans ? »
«- Bien sur ! Le roi a été renversé, et la grande Historia Reiss a pris sa place. C'était une villageoise, qui lassée des injustices de la ville a mené une révolte, et a pris le pouvoir. Son histoire est célèbre ! »
« -Version officielle. »
« -Comment ? »
« -C'est la version officielle. Historia était la vrai souveraine du royaume, et c'est l'armée qui l'a aidée à monter sur le trône. C'était tout simplement une tactique gouvernementale. Connais-tu le Bataillon d'Exploration ? »
La danseuse ne savait plus quoi écrire, et regardait le militaire avec des yeux écarquillés. Il soupira.
« - Le Bataillon d'Exploration fait partie d'un des trois corps de l'Armée Humaine. Il existe la Garnison, ils protègent la ville et la population. Ils se mouillent pas trop, c'est ça l'avantage. La garde royale, alias les toutous des personnalités importantes. Royale est un peu un terme abusif. Et enfin, le Bataillon d'Exploration. Enquêtes, recherches, et expédition. Historia en faisait partie. D'ailleurs, moi aussi, étant donné que je suis Caporal, elle était sous mes ordres. C'est mon escouade qui l'a accompagné principalement. Quelques lettres plus tard, et quelques années passées, c'est moi qui ai besoin de son aide. Quelle ironie. Donc, voilà, chérie, je t'annonce avec un grand honneur que c'est la reine qui va te garder pendant quelque temps. Heureuse ? »
« -Je ne sais pas quoi dire. Je ne m'attendais pas à ça… » Griffonna Mikasa, néanmoins perturbée par le ton sarcastique qu'il employait. Décidément, elle restait toujours dans l'incompréhension la plus totale.
« -Sort une belle robe princesse, et repose toi bien. Les jours vont devenir chiants sans moi. »
Elle leva les yeux au ciel, et monta à l'étage. La nuit était déjà tombée, sans qu'elle n'ait pu le voir. Cette nuit-là, Livai ne monta pas. Une odeur de cigarette, une de ses odeurs âcre, et horrible dont la senteur ne voulait pas partir, emplissait la maison, et la brune se dit juste avant de s'endormir : « Il va quand même me manquer…Je commençais à l'aimer…un peu… »
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Lorsque la danseuse descendit le matin, elle trouva le brun endormit, entouré de papiers. Ses cheveux étaient en bataille, et un cendrier était rempli sur la table. C'était la première fois qu'elle le voyait dormir. D'habitude, soit il était déjà debout, soit il était réveillé et la regardait. Donnant lieu à des situations plus ou moins gênantes. Mikasa se demanda maintes et maintes fois si elle ne paraissait pas trop bizarre lorsqu'elle s'assoupissait. Et puis n'est-ce pas bizarre de se demander si on est bizarre lorsque l'on dort ? Cela veut-il dire qu'on est inquiet de ce que l'autre pense de nous ? Et d'abord pourquoi serait-on inquiet de ce qu'on peut penser de nous ? Tout ça pour dire et pour affirmer cette pensée : « Est qu'il l'a trouvait jolie ? » S'il l'avait demandé en mariage, il la trouvait jolie, non ? Un minimum quand même. Les questions s'enchainaient à présent dans sa tête et elle rougit. Recentrons-nous sur le sujet. Livai dormait. Et sa chemise était un peu entr'ouverte, de ce fait, elle repensa à la fois, où il était torse nu, et elle rougit encore plus. Il était quand même mignon. En tout cas, quand il dormait, il était mignon. Son visage était décrispé, et il semblait apaisé. Sa peau avait l'air douce aussi. C'est pour cela que lorsqu'elle appuya sur sa joue, il fronça les sourcils. Elle sourit, et lorsqu'elle s'approcha pour le regarder de plus près, il ouvrit brusquement les yeux, prononçant distinctement : « -On dirait que tes yeux me violent littéralement Mikasa. » Elle recula immédiatement, manquant de peu de trébucher. Ses pieds de chaises s'emmêlant avec ses propres pieds. Ou plutôt le contraire. Le brun la rattrapa, et elle monta rapidement dans la chambre, afin qu'il ne remarque son visage qui virait au rouge pivoine.
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Lorsqu'elle sortit, quelques heures plus tard, elle était vêtue d'une robe rose pâle. Ses épaules étaient dénudées, et un décolleté bateau était monté sur un corset lacé. Les manches se finissaient juste après le coude, et des jabots transparents enroulaient son bras fin et délicat. A la taille, un jupon léger, recouvert d'une dentelle soignée, s'étendait jusqu'à la cheville. Ses pieds étaient chaussés de petits talons, ses longs cheveux bruns ondulaient tout autour d'elle. Autour de son crâne, deux tresses étaient reliées par un ruban de soie, également rose. Le tout lui donnait une allure de princesse, et seule la coupure sur sa joue dénotait. Le militaire, la regarda descendre les escaliers, en essayant tant bien que mal, de contenir son émotion.
« -Tu es magnifique. » murmura-t-il lorsqu'elle leva timidement les yeux vers lui.
« -Finalement, il me trouve jolie. » pensa-t-elle.
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Ils traversèrent les dédales de rues et purent ainsi remarquer la différence avec les bas-fonds. En effet, les rues, étaient non seulement propres mais aussi pleines de vie, et les enfants jouaient dehors sous l'œil attentif de leurs parents, qui discutaient joyeusement avec leurs voisins. Si seulement ils savaient ce qu'il se passait plus loin. Beaucoup le savait, mais la vérité est si facile à ignorer. On préfère toujours flatter ses mœurs intérieures plutôt que de voir la véritable détresse du monde. Les humains le font avec une facilité déconcertante. Bientôt, ils arrivèrent au palais. Une fois encore, le paysage changea brusquement. Tout, absolument tout, semblait être fait d'or et de diamants. Les maisons étaient richement décorées, le sol était impeccablement propre, les pavés d'une symétrie parfaite couvaient des centaines de mètres. De loin, on pouvait déjà voir, la somptueuse demeure de la reine, soulignée par les rayons du soleil, qui était bien haut. Dans le hall, la garde royale s'affairait de-ci, de-là, à calmer les cris de gens venus pour réclamer une audience à la reine. Mais celle-ci était débordée. Bien sûr, elle avait fait de nombreuses réformes et malgré son jeune âge, son attitude se montrait exemplaire, mais le temps passait si vite.
Lorsqu'ils entrèrent, la garde royale, ainsi que quelque membres de la Garnison les dévisagèrent. Sûrement à cause de la cape verte qui flottait au vent. Les ailes de la liberté, y étaient représentées, semblables au tatouage que Livai avait dans le dos.
« -Tu aurais pu attendre avant de mettre ton uniforme du Bataillon d'Exploration, on se fait remarquer, un peu…. »
Il haussa les épaules. Le temps défila, et bientôt la luminosité baissa. Le jeune homme s'étirait, se levait, faisait les cent pas, impatient. Il prit le carnet, et écrivit : « -Je vais devoir y aller. Elle va arriver dans pas longtemps, ne t'inquiète pas, mais je dois vraiment partir. »
Il lui donna une clé.
« -La clé d'où j'habite, tu la prêteras à Historia, ils iront chez nous afin de prendre tes affaires. Quand tu récupéreras cette clé, détruit la. D'accord ? »
Elle acquiesça.
« -Et prends soin de toi, et.. »
Elle l'arrêta en posant sa main sur son avant-bras.
Alors délicatement, Livai se pencha sur Mikasa et captura ses lèvres. La jeune fille se laissa faire. La sensation de leurs lèvres se mouvant l'une contre l'autre, lui parut étrange au premier abord. C'était bien la première qu'elle embrassait, ou plutôt se faisait embrasser par quelqu'un de cette manière. C'était à la fois doux et passionné. Brutal et tendre. Et elle se surprit elle-même à penser que c'était finalement très agréable. Elle aimait que Livai pose ses mains sur ses hanches, lui faisait sentir à la fois qu'elle était sienne, tout en exerçant une pression douce afin de ne pas la briser. Lentement, et à contrecœur, il se détacha d'elle. Prenant bien soin, de déposer, une nouvelle fois, quelques légers baisers sur ses lèvres. Il parsema son cou, remonta sur ses lèvres, et la regarda dans les yeux. Il se mordait la lèvre, ses cheveux étaient décoiffés, et sa respiration était irrégulière.
« -Attends-moi, s'il te plait. » murmura-il
Ses lèvres formèrent des syllabes, bien qu'aucun sons ne sortit de sa bouche: « Livai, je.. »
Il attendit, une lueur d'espérance apparut dans son regard.
« -Je… »
Il soupira, ébouriffa ses cheveux et embrassa tendrement son front.
« -A bientôt…Mikasa »
Un souffle nouveau s'abattit violement, faisant claquer la porte d'entrée, dans son sillon. Mikasa frôla ses lèvres, et soupira. « Pas fichue, de dire quatre maudites lettres. »
Peu de temps après, une femme fluette, jeune et blonde arriva. Elle lui tendit la main, et l'entraina dans ses appartements.
Elle signa rapidement, ce qui surprit Mikasa, qui avait perdu cette habitude, alors qu'autrefois elle lui était familière.
« -Bienvenue Mikasa, je m'appelle Historia Reiss. »
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Un chapitre de fini UwU ! Ils se sont embrassés ALLELUIA ! J'ai l'impression d'avoir fait de la merde ._.
Réponses aux reviews :
Guest : Merci à toi d'avoir pris le temps de commenter :3 ! Oui, enfin pas des « monstres » comme ceux de nos cauchemars, mais des personnes plutôt atteintes de difformités. Mais je développerais cet aspect dans les chapitres à venir )
Olaya-chan : Déjà, encore merci d'avoir pris le temps de poster une review sur chacun de mes chapitres ! Je suis une banane sauvage et sadique . MOUHAHA ! Merciii
Guest : L'armée ? Aha tu verras dans les chapitres à venir Merci d'avoir commenté !
N'oubliez pas la petite review qui va bien ! Ou les tomates bien mûres c'est au choix !
