NOM DE DIEU ! Serait-ce un nouveau chapitre que je vois là ? Mais oui. J'ai honte d'avoir pris autant de retard dans cette fiction. La raison de ce retard est relativement simple, pas le temps, pas d'inspiration, changement de pc, cours et participation au concours du jeune écrivain qui m'a bien occupée. Je ne sais pas si je finirais cette fiction un jour, où même si vous continuerez de la lire. Néanmoins, j'aime pas trop les choses pas terminée. Bref, bonne lecture !
Ps : La lettre d'Ymir à Historia est grandement tiré du chapitre 89 (page 9 à 17). Il constitue donc un léger spoil selon moi, libre à vous de la lire ou pas.
Rating: T
Auteur: Laura. Dickens. Les personnages de SNK ne m'appartiennent en aucun cas.
O
C. H. I. L. D. R. E. N. O. F. M. I. S. F. O. R. T. U. N. E.
Chapitre 8: Dear
O
« Je ne peux ni vivre avec toi, ni sans toi. »
Martial - (Tokyo Ghoul pour les connaisseurs)
O
« -Bienvenue Mikasa, je m'appelle Historia Reiss. »
O
La reine disparut après ses mots. Mikasa la regarda partir un peu perdue quand deux dames de chambres l'emmenèrent à ses appartements. Sa nouvelle chambre était surprenante de luxe. Tout était taillé dans le marbre, les couleurs étaient délicates, l'odeur fleurie et agréable. Elle avait cligné des yeux quand elle était entrée dans la pièce pour la première fois. Cela la changeait vraiment du confort rustre de l'appartement de Livai et à vrai dire cela lui plaisait tout aussi bien. Mais ce qui l'avait particulièrement marqué était la salle de bain. La jeune fille adorait se laver, prendre soin d'elle, se prélasser dans le bain. Lorsqu'elle était encore chez ses parents, elle passait des heures dans l'eau savonneuse du bain. Elle prit plaisir à poursuivre cette habitude presque enfantine.
La salle de bain faisait le double, voire même le triple de celle de Livai. Un lustre parcouru de cristaux et de fines lignes d'or et d'argent était suspendu au plafond, d'une blancheur parfaite. Les meubles faits d'acajou étaient surmontés d'un plateau de marbre blanc dans lequel on pouvait distinguer des sillons gris perle qui se croisaient et s'éloignaient au fur et à mesure de leurs enchevêtrements. Ces dits-meubles dont les renfoncements sculptés soulignaient la richesse de l'objet, étaient sublimés par les ombres et lumières qui s'abattaient sur eux. La baignoire pouvant en accueillir deux comme elle, était remarquable par sa propreté, chose non étonnante dans le château de la reine en personne. L'eau chaude et délicatement parfumée à la rose remua imperceptiblement dans la bassine en émail toute offerte lorsqu'elle y trempa le pied. Puis le corps tout entier. Elle se savonna vigoureusement, sentant avec délice, sous la pulpe de ses doigts, sa peau propre, parfumée et douce comme celle d'un bébé. La jeune fille resta dans l'eau au moins une bonne heure, avant de s'y extraire à regret, à cause du refroidissement inévitable de l'eau. Elle s'enroula alors dans une serviette blanche et duveteuse, avant de se vêtir de la robe de chambre mise à sa disposition. S'essuyant précautionneusement les pieds sur le tapis aux motifs royaux, afin d'éviter de rependre l'eau savonneuse sur la douce moquette de sa toute nouvelle chambre. Elle soupira. Un soupir mêlant tristesse et contentement. Ce souffle s'étrangla dans sa gorge en un cri muet quand elle vit, assise sur son lit la reine en personne. Elle s'empressa de lui adresser une courbette par laquelle la reine répondit avec un mouvement de main signifiant que le protocole n'avait pas forcément besoin d'être suivi et subit par la jeune asiatique. Elle bougea ses mains, d'une certaine façon qui ne lui était pas inconnue. Historia lui demandait si elle s'était bien installée, si elle avait tout ce qu'il fallait. Elle ne se contentait que de répondre que par des hochements de tête affirmatifs et lorsque la reine s'arrêta un instant, elle en profita pour signer:
« -Tu…tu connais le langage des signes ? » signa la jeune femme, un air stupéfait collé sur le visage.
« -J'avais une amie. On lui a coupé la langue. Elle aimait bien les filles. Ceci doit expliquer cela. J'ai bien dû apprendre pour parler avec elle. »
« -Comment s'appelait-elle ? »
« -Ymir. »
« -C'est un joli nom »
« -C'est une jolie personne. » elle se stoppa avant d'ajouter « Livai est une bonne personne, c'est aussi une jolie personne. Malgré toutes les insultes qui sortent de sa bouche. S'il t'en prend l'envie tu pourrais lui écrire. Je vais te laisser, tu devrais dormir, te reposer ça te fera du bien. »
Sur ces mots, la reine quitta la chambre de la jeune danseuse. La brune réfléchit, réfléchit puis réfléchit encore. Elle eut du mal à dormir cette nuit là, comme beaucoup d'ailleurs. Durant des jours, elle pesa le pour et le contre. Et s'il ne voulait pas être dérangé pendant son travail ? Mais justement peut-être que ça lui ferait plaisir ? Non pas d'être dérangé mais d'avoir de ses nouvelles… Mais si les lettres sont lues, cela allait le mettre dans l'embarras ? Et puis zut. Elle ne pensait jamais à elle, à ce qu'elle avait envie de faire, de voir. Elle avait toujours été enfermée dans une tour d'ivoire. Ses parents d'abord et à cette pensée son coeur se serra. Son fiancé, ensuite et la reine enfin. Elle n'était pas une princesse. Alors, elle s'installa sur la chaise du bureau, prit entre ses doigts délicats la plume, qu'elle trempa dans l'encre cobalt avant de l'apposer sur la feuille immaculée. Et là encore le même schéma s'opéra. Durant des jours, elle eut du mal à trouver les mots, à trouver ce déclic qui lui ferait écrire une lettre gentille, mais pas trop, inquiète, mais pas trop. La vérité et elle se fit cette remarque après le déchirement brusque de son vingt-quatrième brouillon, était qu'elle avait peur d'oublier. D'oublier cet homme pour qui elle ressentait une étrange attraction. D'oublier la seule personne qui semblait tenir à elle. Alors, elle voulait s'accrocher à cette bouée de secours, à ce phare qui éclairait la nuit obscure dans laquelle elle était plongée. Sa plume se posa sur le papier et elle sut alors ce qu'elle devait écrire.
Cher Livai,
Un mois est déjà passé depuis notre séparation. Peut-être, vais-je te paraître « collante » d'écrire comme cela. Sans raison. Historia m'a conseillé de le faire et tu me manques un peu. Je sais que les lettres peuvent passer de ton régiment à ici et inversement mais si tu n'as pas envie de me répondre libre à toi. Je sais que c'est un peu compliqué pour nous. Notre chère reine se dévoue à m'expliquer le monde, mais je ne sors pas beaucoup. Parfois des bribes de ta vie ressortent dans les conversations, je les vois d'un œil distrait, peu attentive, je préfère que ce soit toi qui me le dise. Je me sens un peu étouffée, elle a pris ta relève. Je suis cocoonée et esseulée à la fois. La vie de château a certains privilèges que ton appartement n'avait pas, une immense salle de bain par exemple. C'est très plaisant. Je parle de choses triviales pour éviter la vraie question que renferme cette lettre. M'aimes-tu vraiment ? Parfois, je pense que… c'est sans importance mon cerveau me dit que je ne te connais pas vraiment, pas assez. Mais mon cœur, lui, a parfois l'impression de saisir qui tu es réellement. C'était l'idée principale que je voulais faire ressortir.
Sincèrement, Mikasa.
O
Chère Mikasa,
Comme tu l'as déjà remarqué de nombreuses fois, je n'ai pas un grand intérêt pour l'écriture, mais je continuerai de t'écrire pour avoir le plaisir de te lire. Il faut parfois savoir se donner pour mieux recevoir. Cela me fait particulièrement plaisir de savoir que je te manque. Tu sais ce que mon cœur pense, même si ton crâne ne le perçoit pas. Mes lettres seront toujours plus courtes que les tiennes, je suppose. Historia te traite bien, rien de bizarre ?
Livai.
O
Cher Livai,
Je suis contente que cette conversation se poursuive. Rien de bizarre ? Que veux-tu dire par là ? La vie est calme. Historia est gentille mais son passé est trouble, j'ai l'impression qu'elle cache quelque chose. Malheureusement, je n'arrive pas à déceler ce qu'elle ne veut pas que je découvre. Les domestiques se taisent sur mon passage, leurs bouches ne murmurent plus. Ils savent que je n'entends pas. Peut-être craignent-t-ils qu'un « je ne sais quoi » dans leur attitude puisse me permettre de savoir quelque chose venant du dehors ? Je ne sais pas.
De plus, comment se passe ton travail ? Nous n'avons jamais eu l'occasion d'en parler. Je ne te demande pas de tout me raconter, un code d'honneur militaire saugrenu t'en empêche sûrement. Parfois, je me demande si je n'aurais pas été plus en sécurité avec toi. Après tout, j'aurais pu rester à l'arrière. Les femmes ne se battent pas dans vos maudites armées. Je n'en comprends pas la raison. Les femmes sont nombreuses, vous qui peinez à recruter des soldats, tout l'aide est bienvenue. Nous ne serions pas si difficiles à former, tu m'as bien appris des rudiments de combats et j'ai progressé plutôt vite. Je ne parviens pas à comprendre qu'on nous relègue au second rang comme des moins que rien. Nous n'avons jamais abordé des sujets aussi sérieux et ton avis m'intéresse grandement. Cette correspondance m'emplit de joie.
Rationnellement vôtre, Mikasa.
O
Chère Mikasa,
Je pense que le mot bizarre se suffit à lui-même. Loin de moi l'idée de donner des putains de cours d'orthographe, ou de ne je sais quoi, dont on a tous horreur. Par ailleurs, tu as bien raison. Historia cache des choses, elle est capable de tuer, elle a eu une enfance difficile. Cela doit être ça. Si tu te poses des questions on entend d'ici le royaume qui grogne. Et un royaume qui grogne ce n'est bon pour personne. Certaines mauvaises langues veulent se soulever. Les fanatiques sont les mauvaises langues et on ne sait jamais ce que l'on peut faire d'eux. Même en les égorgeant ce serait le plus cadeau parce que dans la mort ils pourront enfin revoir leur dieu adoré. Même en voulant les faire chier ils parviennent à nous jeter notre merde au visage.
Mon travail se passe bien. Je bosse bien. Comme d'habitude. Je ne peux te dire où je suis, avec qui je suis, ce que je fais ou même encore pourquoi je le fais. D'une part, comme tu l'as si justement dit : je ne peux pas et d'un autre côté je ne tiens pas à te rendre malade avec une description des plus charmantes.
Je ne sais pas combien de fois je vais devoir te le dire. Mais non, tu n'aurais pas été en sécurité avec moi. Un point c'est tout.
Si tu veux connaître le fin fond de ma pensée, je pense que les femmes sont utiles. Bien formée, avec beaucoup d'entraînement, on arrive à tout. Même des gringalets deviennent des molosses sur le terrain. C'est surtout à nos vieux qu'il faut aller se plaindre. C'est eux qui sont contents du système ça les emmerderait que leur bonne femme les ridiculise sur le champ de bataille. Parce que je suis bien sûr qu'elles les ridiculiseront, ces troufions, vu la frustration qu'elles ont de vivre avec de tels cons.
Fais attention à toi et ne fais pas de conneries.
Constamment tien, Livai.
O
Cher Livai,
Tout d'abord, je dois te dire que ta première lettre me trouble. Le ton est différent peut-être étais-tu pressé. Je ne sais point. Les choses qu'Historia serait prétendument capable de faire, ne se reflètent absolument pas dans les gestes quotidiens qu'elle effectue. Elle n'a pas l'air menaçante, elle est même au contraire, très gentille avec moi. T'ais-je dis que nous nous parlions en langue des signes. C'est son amie Ymir qui lui a appris. On dirait qu'elle a toujours été à sa place, dans ce château immense. Elle a l'air aimée de ses sujets et le vent de révolte que tu me décris n'a pas l'air de faire rage au dehors. À moins que l'on m'en tienne éloignée, encore une fois. Historia m'a dit que les chuchotements des domestiques à mon égard étaient liés à ma couleur de peau. Rien de plus, rien de moins. Je m'imagine toujours le pire. Je suis heureuse d'entendre ta position à ce sujet et d'autant plus que je partage ton point de vue. Ne te fatigues pas trop au travail. Repose toi bien.
Sincèrement Mikasa.
O
Chère Mikasa,
Je dois partir en expédition, je ne pourrais donc pas envoyer de lettres pendant un bon moment, mais sache que je suis heureux d'avoir pu lire ces mots que tu m'as adressés. Fais attention à toi et ne fais pas trop confiance aux autres, cela te perdras. N'aborde pas trop le sujet « Ymir » non plus. Le monde est plus troublé que tu ne le penses.
Ps: Le travail est par définition putain de fatiguant mais merci du conseil.
Sincèrement Livai.
O
Et il eut raison, car après cette lettre, il n'y en eut plus. Il n'y en avait pas eu beaucoup. Le temps qu'elle écrive la première lettre, lui envoie, le temps qu'il la reçoive et lui réponde. Le temps bien qu'immuable avait été long. Peut-être qu'un jour, les gens inventeraient des boîtes à lettres magiques. On placerait sa lettre dedans et en quelques secondes, celle-ci serait envoyée au destinataire. Tout ne prendrait que quelques secondes, avec cet outil de téléportation. Elle s'esclaffa à cette idée et serra la lettre contre son coeur. Sans qu'une autre pensée puisse lui embrouiller l'esprit, elle s'endormit.
O
La reine défit le bouton de sa cape et la laissa tomber sur le sol. Quitter son habit princier était une délivrance puisqu'elle quittait, ainsi, pour quelques instants seulement, ses fonctions. Beaucoup trop de pression pour ses frêles épaules. Il lui semblait parfois de ne pas être la bonne personne. Nombreux étaient ceux qui auraient pu se tenir à sa place. Mais c'était elle et pas une autre. C'est sur cette dernière pensée qu'elle s'approcha de sa commode et en sortit une lettre. Encore un peu blanche, signe qu'elle l'avait reçue il y a peu de temps. Pourtant, Historia avait l'impression de l'avoir lue pour la première fois il y a bien des années. Tout est relatif. Surtout le temps qui passe. Elle déplia le papier, maintes fois plié. Il semblait avoir été coupé en quatre, tant les rainures nerveuses s'étaient encrées telles des racines, sur la feuille parsemée de tâches indélébiles. Elle ne lit pas à haute voix. Seulement dans sa tête. Pour mieux capturer les mots, les encrer dans sa mémoire.
« Ma très chère Historia,
Je t'adresse ce petit mot doux sous le regard de Reiner qui zieute ce que j'écris. Ce gros lourdaud n'a décidément rien pour plaire. Mais il m'a donné sa parole pour te faire parvenir cette lettre. Il me doit la vie, alors c'était bien la moindre des choses. D'ailleurs je m'excuse de t'avoir abandonnée pour m'élancer à son secours. Je me dirige au-devant d'une mort certaine. Mais je ne regrette rien car à la base je n'étais personne. Ni nom, ni géniteurs, juste une crève-la-faim. Jusqu'à ce qu'un homme me recueille et fasse de moi quelqu'un. Depuis ce jour, je m'appelle Ymir. Un nom quelconque mais qui m'a conféré du prestige, les meilleurs égards, m'a offert nourriture et lit douillet. Mais pas seulement. On ne m'ignorait plus, on me vénérait. Plus j'étais au centre de l'attention, plus l'homme était ravi. Du coup, j'étais heureuse. Je n'avais qu'à jouer un rôle. Tout le monde était content, et je suis devenue le personnage que les gens voulaient que je sois. Ils m'ont traité de démone mais je pensais qu'en restant dans mon personnage, les « autres » auraient été épargnés. Inutile. Vain. J'ai découvert après cela que pour certains individus notre existence était intolérable. J'ai subi les pierres de la foule et leurs regards remplis de haine. Cela m'a fait prendre conscience que nous ne sommes que des tas de chaires qui bougent et s'articulent au bon vouloir des autres. Que tout était insignifiant et dénué de sens. Futile. Et c'est cela qui est magnifique. Quand je suis revenue à moi, je me suis aperçue que j'étais libre, sans entrave et pouvait vivre sans regrets. Hormis celui de ne pas avoir pu t'épouser.
Ymir. »
O`
Tout était calme au château, la jeune fille profitait du soleil dans les jardins intérieurs, s'amusait à danser dans les couloirs sous le regard attendri de vieilles gouvernantes, se plongeait avec délice dans le bain parfumé. Elle portait de belles robes et discutait souvent avec Historia. Pas de sujets très importants, mais de choses triviales. Le temps, le repas du soir, de robes, de danses, de poèmes. Mikasa, en sachant bien que la reine avait été dans l'armée tentait de tourner la conversation vers les combats. Mais sans succès. Alors, elle essayait tant bien que mal de se plonger dans des livres. Livres qui ne la passionnait pas vraiment, livres qui l'endormait. Cela faisait cinq mois, qu'elle vivait au château. Parfois, elle pensait à Livai. Parfois, elle se contentait de respirer l'air pur de la ville, accoudée à sa fenêtre. Elle regardait les champs qui s'étendaient à perte de vue, profitant de la paix environnante.
Mais cette paix avait été de courte durée. On n'avait pas vraiment pris le temps d'expliquer ce qu'il se passait à Mikasa. On a du mal à expliquer les conflits à une sourde. La surdité perturbe les entendants. Le peu de choses qu'elle avait pu comprendre, en lisant sur les lèvres, c'est qu'une rumeur s'était propagée au sein du peuple. Historia avait choisi tous ses conseillers avec soin. C'était une reine bonne et juste comme son rôle l'exigeait de l'être. Mais de nombreuses personnes n'étaient pas satisfaites de son autorité. Ces mêmes personnes bénéficiaient autrefois de grands privilèges, on les respectait, ils étaient riches, avaient les plus belles maisons, les plus belles femmes, les plus belles maîtresses. Ils avaient tout. « Avoir » était leur principale motivation dans la vie et le renversement de l'ancien pouvoir les avaient détruits. Bien sûr, une minorité de gens avares ne peut pas renverser un royaume, mais les rumeurs, elles, le peuvent aisément. Ces personnes après avoir connu la lumière de l'or, découvrirent le plaisir de mentir, de corrompre. Ils décidèrent que le peuple des bas-fonds pouvait être une carte maîtresse de leur plan. On procéda donc ainsi. Un ancien marchand donna un pot de vin à un mercenaire respecté (surtout craint) des bas-fonds, celui-ci s'avança dans la foule et dit : « Le gouvernement pense que les pauvres et méprisables devraient partir, afin d'embellir notre si « belle ville. » Mes amis, vous ne donnez pas une belle image. On va venir vous prendre ce que l'on ne vous a pas encore pris. »
Les cris fusèrent et immédiatement, ce peuple de l'ombre s'insurgea. Les fanatiques avaient sorti leurs banderoles et leurs cris emplissaient les rues de façon sournoise.
Cela se fit lentement et avec une douceur presque étonnante. Certaines femmes partirent se réfugier à la campagne, chez une sœur, un oncle, leurs parents, trainant avec elle une poignée de marmots braillards vêtus de loques aux aisselles jaunies. Les prostituées sentirent le filon et accumulèrent les clients. S'il venait un conflit, il valait mieux avoir prévu de quoi vivre. Et les fanatiques étaient au comble de l'extase, comme à leur habitude peut-être même pire encore. Bien des gens ne les aimaient pas et qui auraient pu croire qu'ils étaient à leur façon les investigateurs de cette grande mascarade. Eux aussi, ne reconnaissait pas l'autorité d'Historia, ni de quiconque sur cette terre.
La ville s'était apaisée. Quelques temps du moins. Désormais, la reine allait devoir calmer tout ça mais pour l'heure elle se protégeait tant bien que mal dans son château d'ivoire. Les habitants l'avaient acceptée quand elle avait pris le pouvoir. Admirant sa force aussi bien tactique et militaire que son talent à se faire bien accepter dans toute société. Il fallait qu'elle apaise. Mais comment apaiser une foule en délire ? Le mieux c'est l'attente. Pas une attente vulgaire et passive, pouvant laisser croire à ses détracteurs qu'elle se fichait de ce qui arrivait. Non. Une attente utile pour que les esprits éreintés par la virulence des propos de l'ennemi se rendent compte de leurs absurdités. Pour l'heure, il fallait qu'elle se mette à l'abri. Quitter le château serait mal vu, mais y rester serait suicidaire. Alors que faire ? Que faire. Elle devait agir en Reine. Tout d'abord, envoyer quelques serviteurs en qui elle avait pleinement confiance pour essayer d'enrayer la révolte. Si celle-ci s'immisçait même dans le château, se protéger pour, par la suite laisser agir les mots. Les discours étaient une de ses nombreuses forces. Lors du coup d'état c'était ses mots qui avaient convaincu même les plus réticents. Elle réitérerait l'exploit.
Cette occasion de reproduire ce qu'elle avait auparavant eu du mal à accomplir arriva inévitablement. Les rebelles parvinrent à entrer. Tableau noir et vert teinté de rouge, le tout dans un décor immaculé.
Elle n'eut même pas le temps de réfléchir aux mots qu'elle allait employer, puisqu'une autre pensée s'imposa à son esprit.
« Où est Mikasa ? » hurla la reine
Mais personne ne lui répondit car c'était trop tard. Mikasa était sortie de sa chambre en entendant le bruit et avait été emportée par le flot de domestiques fuyant le lieu du conflit. Ils s'échappèrent du château sanglant en courant et la jeune fille n'eut d'autres choix que de courir dans la même direction qu'eux, espérant alors trouver un endroit où se cacher, afin de revenir lorsque la panique serait retombée. Ses yeux guettaient le moindre signe.
La cité perdait de son charme à cause de la révolte. Les vitres cassées, le murmure des brigands, l'odeur du sang sur les pavés parfois brisés. La ville, d'antan d'une douceur olympienne était devenue le triste théâtre de tous les crimes. Evidemment et comme dans chaque conflit, les victimes innocentes sont nombreuses. Les enfants sont les premiers touchés. Combien de gamins avait-on vu en guenille, devenus muets par le manque de nourriture ? Combien de ces gosses avait-on vu entrer et sortir des bars, vendant, pour quelques pièces tout ce qui pouvait se vendre ? Bien trop. Mikasa continuait de courir comme si sa vie en dépendait et ma foi, sa vie en dépendait. Tout le monde semblait l'imiter, cela semblait être son impression. Ses pieds foulaient les pavés désormais noircis et ses yeux parcouraient les ruelles en quête d'un abri pour se cacher. Dans un moment d'inattention, elle percuta un ventre et se retrouva projetée en arrière. Sa bouche s'ouvrit, toujours aussi muette. Personne ne la voyait, elle était invisible. Et elle, la seule chose qu'elle pouvait voir c'était les lèvres de l'homme qui bougeaient. Elle devina les mots. Cirque. Directeur. Ma petite ? Son sourire s'agrandit et il se retourna pour crier quelque chose. Comment pouvait-il savoir pour sa surdité, son mutisme, elle ne comprenait pas. Ses bras étaient liés et puis, soudain, tout devint noir. Elle ne pouvait plus seulement ne plus entendre le monde, désormais, elle ne pouvait plus le voir. Elle se sentit ballottée de part en part, ressentait le claquement caractéristique d'une voiture, la chaleur des chevaux qui s'en dégageait à l'avant. Ces autres sens en étaient stimulés. La jeune danseuse reconnaissait le frottement du tissu contre sa jambe. Le mouvement s'arrêta. On la fit sortir, des corps se collèrent contre le sien. Des petits bras se cognèrent dans ses jambes et elle sursauta de frayeur. Des cheveux caressaient ses cheveux, des jambes touchaient ses jambes. Son cœur s'affolait au rythme du battement ambiant. Oui, elle ne savait pas où elle se trouvait mais le lieu semblait battre, pulser sous ses pas. Se sentant prise à l'intérieur d'une tempête dont elle ne pouvait pas sortir, elle trébucha. Son front heurta le sol, elle sentit du sang couler, ses membres lâchaient prise, son cerveau était entouré de coton. La jeune fille pensa à Livai, mais rien ne devint plus sombre. Elle était déjà dans le noir le plus total.
O
J'espère que ça vous a plu et encore désolée d'avoir mis des années pour un simple chapitre. Sachez que Mikasa arrive bientôt et que ce caractère enfantin va laissez place à un personnage plus proche de celui dépeint dans le manga. De même, pour Livai. Comme je l'avais expliqué en début d'histoire, pour l'instant les personnages sont comme « vierges de tout malheur ». Et c'est justement ces derniers qui vont leur donner un caractère plus proche de celui du manga.
N'hésitez pas à laisser une délicate review enrobée de Nutella délicieux.
Réponses aux reviews : (j'espère n'avoir oublié personne)
Flo Dragneel (qui est une de mes meilleures amie dans la vraie vie, je précise) : Merci, moi aussi je t'aime héhé~
Tiff : Voilà la suite !
Marion : Merci beaucoup pour ton commentaire !
Faafa : Je suis très cruelle.
Guest: Tout d'abord, bonjour, et ensuite voilà la suite, pas de quoi mon ami
