Tout le groupe discutait allègrement dans la cour de récréation, enfin tout le monde sauf Tenten qui ruminait seule dans son coin.

- Hé Tenten, tu as quoi aujourd'hui tu n'as pas l'air dans ton assiette, finit par demander Sakura.

Entendant cette question tous les autres se retournèrent vers la brune qui en effet ne ressemblait qu'à l'ombre d'elle-même. En temps normal, la jeune fille de onze ans était toujours rayonnante et énergique mais c'était loin d'être le cas présentement. Pourtant aujourd'hui aurait dû être jour de fête. Ils venaient tout juste d'apprendre que leur parents avaient décidé de les inscrire dans la même école secondaire l'année prochaine, ils ne seraient pas séparés et pourtant la petite brune était bien morose.

- Ce n'est rien, dit-t-elle pour tenter de changer de sujet mais c'était bien mal connaitre ses amis.

- Et tu crois qu'on va te croire aussi facilement ? Demanda aussitôt Ino dont la curiosité maladive venait d'être piquée.

- Allez Tenten dis-nous ce qui ne vas pas, ajouta Karin en venant près d'elle pour poser une main sur son épaule. On est amis non, on pourra peut-être t'aider.

Résignée, la brune poussa un profond soupire avant de leur expliquer.

- Je fais des arts martiaux depuis que j'ai six ans, c'est mon oncle qui est allé m'inscrire puisque mes parents ne voulaient pas que j'en fasse et dernièrement mon maitre a commencé à m'apprendre le maniement du bô et j'adore ça…

- C'est quoi un bô ? La coupa Kin.

- C'est un bâton long qui sert au combat, expliqua la brune avant de reprendre. Cet été il y a un tournoi pour jeune où l'on peut utiliser des armes traditionnelles, mais quand j'ai demandé à mes parents si je pouvais participer ils ont refusé. Ils ont dit que de toute façon ce genre d'événement n'était pas pour les filles, que jamais ils me laisseraient participer à une compétition d'arts martiaux, que de toute façon se battre avec des bâtons n'était pas un jeu pour une fille et que si je voulais faire des concours, ils allaient me faire prendre des leçons de ballet… Des stupides cours de ballets, ragea-t-elle laissant couler de petites larmes de frustration et de colère.

Tristes pour leur amie, les filles vinrent aussitôt vers elle pour la consoler, même si Ino et Sakura ne voyaient pas vraiment ce qu'il y avait de mal à faire du ballet.

- Il y a un moyen de faire changer d'idée à tes parents, demanda Kiba.

- Non, ils n'arrêtent pas de dire qu'une fille ne devrait pas faire de sport de combat alors ils ne veulent rien entendre, dit la jeune fille avant de renifler bruyamment.

- Dis Tenten, intervint pour la première fois Sasuke depuis l'arbre où il était adossé. C'est quoi le pire pour toi, que tes parents ne te trouvent pas suffisamment fille, que tu ne puisses participer à ce tournois ou que tu ne puisses pas tester tes techniques de bâton ?

- Un peu tout ça, avoua la jeune fille. Pourquoi ?

- J'ai peut-être une idée que tu vas aimer, décréta le garçon en pointant la balançoire ou était assis, seul, un petit garçon blond.

Quelques minutes plus tard le petit groupe formait un cercle autour de Tenten qui faisait face, un manche de balais en bois à la main, au pauvre Naruto qui tenait une misérable ventouse à toilette.

- Pourquoi voulez-vous que je me batte contre Tenten, demanda le garçon terrifier.

- La ferme et fais-le pauvre raté, ordonna Kiba.

Sans plus attendre Tenten s'élança cinglant le blondin de plusieurs coups de bâton sans même qu'il ne tente de se protéger au grand damne de la jeune fille qui aurait voulu un peu plus de sport, ce qui n'échappa pas à Ino.

- Naruto, si tu arrives à toucher Tenten, Sakura vas te donner un bisou ! S'écria la blonde au désespoir de son amie.

- Eh, ne fait pas de promesses à ma place !

- Ne t'en fait pas Sakura, la rassura Kin. Il ne touchera jamais Tenten elle est bien trop forte, regarde.

En effet, même si le garçon s'était mis en mouvement agitant son arme de fortune devant lui, Tenten semblait danser autour de lui évitant ou contrant sans difficulté les coups maladroits. À un certain moment Tenten, consciente de parfaitement dominer son adversaire, baissa légèrement sa garde pour tenter des mouvements plus acrobatiques et c'est à cause de ça que survint l'accident. Un mouvement incontrôlé et une attaque désespérée qui frappa directement la main de la jeune fille qui lâcha son arme dans un grand cri de douleur.

Naruto qui ne comprenait même pas comment il avait pu atteindre la fille la regarda se tordre de douleur sur le sol quelques secondes avant qu'un poing ne vienne s'écraser sur son visage le jetant au sol. Profitant qu'il était par terre, pratiquement tout le groupe se jeta sur lui pour le rouer de coup de pieds et quand le lynchage prit fin, il resta gémissant sur le sol le visage couvert de sang fixant les deux seuls qui n'avait pas participé au massacre. Tenten et Karin, qui étaient plutôt venues près de Tenten pour voir sa main blessée qui, finalement, ne souffrait que d'une égratignure superficielle.

- Aide-moi, souffla la voix de la pauvre victime.

Tous voyants qui regardaient le garçon de son seul œil valide se tournèrent vers les deux filles à l'écart du groupe.

- Karin, on est cousins, aide-moi.

- C'est ton cousin ? Vous êtes de la même famille lui et toi, s'étonna Sakura en regardant son amie près de Tenten.

Maintenant au centre de l'attention la petite rousse ne savait plus du tout quoi faire alors que ses amis attendaient sa réponse. Jusqu'à maintenant, même si elle n'avait rien fait contre, elle s'était toujours assurée de ne rien faire à Naruto, qui après tout ne lui avait rien fait, mais maintenant elle allais devoir faire un choix. Soit elle restait auprès de ses amis, renonçant ainsi à la retenue qu'elle s'était toujours imposée, soit elle décidait d'aider le jeune garçon couvert de sang qui la suppliait, au risque de se retrouver seule, à nouveaux. Lentement elle se redressa pour se mettre face au corps martyrisé de son cousin et, figeant son visage dans l'expression la plus dure qu'elle pouvait faire, elle éleva la voix.

- Tu n'es pas mon cousin, tu n'es qu'un orphelin !


- Mademoiselle Hinata, votre père vous demande, veuillez me suivre, annonça Kô après être entré dans la chambre de la jeune fille sans frapper.

- Oui Kô !

Hinata ne pensa pas une seule seconde à refuser ou même à reprendre l'homme pour être entré ainsi dans son intimité. Kô était le majordome personnel d'Hyashi Hyuga, son bras droit et son homme de confiance. Tous savaient que la parole de Kô était celle d'Hyashi Hyuga et Hinata, particulièrement, savait ce qu'il en coûtait de provoquer son père… Elle l'avait appris de la manière la plus dure, il y avait de cela un an jour pour jour.

Sans perdre de temps, l'ainée de la famille la plus puissante de la région enfila un peignoir par-dessus de sa chemise de nuit et suivit l'homme de main sans un mot de plus. Il était plutôt rare que son père la convoque ainsi, en fait ce n'était plus arrivé depuis son acte de rébellion.

Depuis ce jour où elle avait tenté de fuguer pour dénoncer les actes de violence de son cousin à la police, les relations entre le père et la fille ne s'étaient plus limitées qu'au strict minimum, repas et obligations familiales, dans une atmosphère d'une froideur extrême. De ce fait, la convocation de ce soir, surtout à une heure aussi tardive, ne faisait qu'inquiéter de plus en plus la jeune fille. Que pouvait bien vouloir son puissant père à sa fille ratée ? Bien trop rapidement à son gout, ils arrivèrent devant la porte du bureau de son paternel où se tenaient déjà deux personnes qu'elle n'avait pas plus envie de voir que son père : son cousin Neiji et sa petite sœur Hanabi.

Qu'elle ne veuille pas voir son cousin qui abusait d'elle et vendait son corps à ses camarades de classe était plutôt compréhensible, mais pour ce qui était de sa sœur la situation était bien plus complexe. En fait, aux yeux de son père, Hanabi était tout ce qu'elle n'était pas et il s'assurait que cela reste ainsi. Lors de la punition publique d'Hinata aux yeux de toute la maisonnée, sa cadette de cinq ans avait été aux premières loges du spectacle et n'avait pas esquissé le moindre geste pour protéger sa grande sœur. Pire elle n'avait même jamais semblé compatir ou même être choquée par ce triste spectacle.

Pour cela même si l'ainée ne haïssait pas sa jeune sœur, elle ne pouvait pas oublier son absence de réaction alors qu'elle était rabaisser à ce point, pas plus qu'elle ne pouvait lui pardonner. Alors qu'ils passaient devant le duo qui avait probablement reçu l'ordre de rester là, Hinata ne put s'empêcher de remarquer le visage légèrement tuméfié de son cousin et une trace de griffure sur sa main. Avant qu'elle n'ait pu regarder davantage, la porte s'ouvrit et elle entra dans l'antre du monstre.

Derrière son imposant bureau, le maitre de la maisonnée semblait penché sur un quelconque document et ne prêtait aucune attention aux nouveaux arrivants jusqu'à ce que sa fille ne s'immobilise au milieu de la pièce pour lui adresser la parole.

- Vous m'avez fait demander père ?

- Oui mais je ne t'ai pas autorisée à ouvrir la bouche alors tais-toi ! Lui répondit-t-il sèchement sans même lever les yeux de son travail.

Sans bruit et mal à l'aise la jeune fille resta immobile. Kô, posté derrière elle comme pour l'empêcher de fuir, attendait qu'Hyashi en ait fini avec son document et reporte son attention sur Hinata. Finalement au bout de longue minute le regard dur du géniteur de cette dernière se leva sur elle et aussitôt une crainte à peine contenue l'envahit. Le regard de la jeune fille se perdit alors dans ses souvenirs, observant à nouveau les événements de l'année précédente, elle se voyait maintenue par Kô et son oncle, ses vêtements déchirés à même son corps, exposée et battue jusqu'as en perdre connaissance.

- Sais-tu quel jour nous sommes ? Demanda sévèrement son père.

Si terrorisée qu'elle était, la pauvre fille ne savait que répondre, que voulait demander son père ? S'ils étaient vendredi, la date, faisait-t-il référence à sa punition de l'année dernière… ? Elle ne le savait pas mais plutôt que de risquer une réponse fausse, elle se contenta de secouer la tête de droite à gauche.

- Cela fait un an aujourd'hui que tu as tenté de déshonorer le nom de la famille Hyuga, siffla son père. Je croyais pourtant que même une petite idiote comme toi saurait se souvenir de la leçon que tu as reçue.

Comme frappée par la réplique, Hinata se crispa légèrement ce qui ne fut pas raté par le regard de son père.

- Une petite chose effrayée et incapable, qu'ai-je donc fait pour mériter une fille ainé aussi inutile, marmonna l'homme de manière tout à fait audible. Enfin bon, aujourd'hui je t'ai fait venir pour savoir si tu méritais une chance de reprendre une place dans cette famille alors pour une fois dans ta misérable vie tâche de ne pas me décevoir.

Hinata ne savait pas trop que penser de cette idée, son père n'était pas du genre à donner des secondes chances ou même à reconsidérer ses propres décisions et elle savait parfaitement que si elle n'était pas à la rue ce n'était que parce que, tant qu'elle serait mineure et aux études, il était illégal de la mettre à la porte. Elle se doutait bien que ce qu'il exigerait d'elle serait peut-être de la mesure de l'impossible mais avoir la possibilité de récupérer une certaine sérénité d'esprit dans sa propre maison était une offre bien trop tentante. Ainsi, Hinata assentit doucement du chef, n'osant toujours pas élever la voix sans permission.

- D'abord je dois voir si tu en vaux vraiment la peine, Hinata ne bouge pas, Kô déshabille-la, ordonna sèchement le patriarche.

Stupéfaite à l'écoute de cet ordre, Hinata se retrouva totalement figée alors que le majordome la contournait pour détacher la ceinture de son peignoir qui tomba au sol, ensuite ce furent les bretelles de sa chemise de nuit qui furent dégagées de ses épaules avant de glisser le long de son corps et finalement sa petite culote lui fut également retirée. Faisant preuve d'un perfectionnisme près de la perversité, Kô prit le temps de bien plier chacun des vêtements confisqués à la jeune fille avant de les mettre sur son bras droit et de se replacer derrière elle.

Tremblante, paralysée par la peur et la honte, la pauvre Hinata se retrouvait totalement nue face au regard froid et méprisant de son père pour une seconde fois en exactement un an. Lentement son père se leva, contourna son bureau et se retrouva face à elle, la détaillant d'un regard dur.

Sans qu'elle n'ose rien faire pour l'en empêcher il lui empoigna un sein pour le soupeser avant d'en faire de même avec l'autre puis ce furent ses fesses qui furent tâtées, puis son ventre, ses bras, ses cuisses… Puis Hinata réalisa que, pour son géniteur, elle n'était qu'une pièce de viande qu'il évaluait, comme pour en connaitre la valeur, le plus froidement du monde.

Après avoir terminé son examen corporel dès plus humiliant, Hyashi retourna derrière son bureau en émettant un sifflement de dégout avant de s'assoir sur son fauteuil tel un monarque sur son trône.

- Faible, pathétique, aucun caractère, pas de fierté et grasse par dessue le marché, décréta-t-il comme une condamnation. Ta mère, même si elle n'a rien pu me donner d'autre que deux filles, dont une totale incapable, a au moins su garder un corps acceptable jusqu'as sa mort.

Frappée par la comparaison avec sa mère, Hinata laissa échapper une larme avant de croiser timidement ses bras devant elle en une piètre tentative de cacher ce qui avait déjà été bien trop exposé.

- Kô, fait entrer Neji et Hanabi !

Suivant les ordres sans une once d'hésitation le majordome laissa la jeune fille nue au milieu de la pièce sous les yeux de son père pour aller faire entrer son cousin et sa jeune sœur. Même si la cadette montra une légère hésitation en voyant sa grande sœur ainsi exposée, elle se reprit bien rapidement. Neji quand à lui se contenta d'apprécier le spectacle, attendant de voir ce qu'allait faire son oncle. Il n'avait jamais ressenti autre chose pour Hinata que du mépris et de la haine ; son père, rendu amère d'avoir été écarté de la succession du groupe par ses propres parents, s'en était assuré dès son plus jeune âge.

C'est pour cette raison que, dès qu'il avait atteint l'âge de ses premières pulsions, il les avait calmées via Hinata, sans aucun remords et qu'il était allé jusqu'a usé de son corps pour faire de l'argent même après s'être fait une petite amie.

Et même là, maintenant, malgré sa situation précaire, il se satisfaisait encore de la voir ainsi humiliée.

- Je t'ai donné une chance de prouver que tu n'étais pas qu'une ratée et tu l'as laissé passer, déclara le patriarche s'adressant à son ainée. Ce soir ton crétin de cousin à tenter de faire à Hanabi ce qu'il t'a fait mais ta petite sœur de dix ans lui à résister, elle l'a presque assommé avec un dictionnaire qu'elle a réussi à atteindre avant d'aller cherché Kô qui m'a averti… Toi tu t'es encore laisser faire ! Je vais régler le cas de Neji moi-même en toute discrétion et cette fâcheuse histoire restera dans la famille mais le problème n'est pas là… C'est la réaction d'Hanabi comparé à la tienne la tienne dans la même situation qui m'intéresse, elle a eu le genre de réaction que je veux voir chez mes enfants, c'est ce genre d'attitude qu'il faut avoir pour être à la tête de l'une des familles les plus riches et puissantes du pays. C'est ce genre d'attitude que tu n'as pas et que tu n'auras jamais, c'est à cause de ça que tu es une ratée et que tu le seras toujours, martela l'homme sans aucune pitié.

Hinata qui n'en menait déjà pas large finit par s'effondrer sur elle-même dans une piètre tentative de dissimuler son corps derrière ses jambes alors que les larmes coulaient maintenant sur son visage en silence.

- Regarde bien ta sœur Hanabi, regarde cette chose nue et sanglotante qui est prostrée devant toi ! Ça, ma fille, ça s'appelle de la faiblesse et en aucun cas tu ne dois tolérer quelque faiblesse ! Kô, redresse-la et fais la se tenir droit !

Sans attendre, le serviteur posa convenablement les vêtements de la pauvre victime sur le sol avant de venir près d'elle lui saisir les poignets. D'un coup Hinata, à la seule force des bras de Kô, se retrouva soulevée, le corps totalement étiré, se tenant sur la pointe des pieds et complètement à la merci de sa famille. Tandis que son homme de main agissait, Hyashi, lui, était allé chercher une longue tige de bois, comme celle qu'utilisent les enseignants pour montrer un élément au tableau, pour la remettre à la cadette.

- Maintenant, montre-moi qui tu n'as aucune faiblesse, montre-moi que tu es réellement forte Hanabi, prouve-moi que tu vaux mieux qu'elle. Frappe ta sœur ! Ordonna le père à sa fille de dix ans.

Troublée la jeune fille regarda tour à tour la tige et sa sœur tandis qu'un très mince sourire narquois venait orner les lèvres de Neji.

- Combien de fois père, demanda-t-elle.

- Frappe jusqu'à ce que la tige se brise.

Bien sûr, malgré son visage de marbre, la fillette ne voulait absolument pas en venir à frapper sa grande sœur. Elle ne comprenait même pas le comportement de son père mais il y avait une chose qu'elle voulait encore moins… Décevoir son père, alors elle s'élança et cingla la peau albâtre du dos de son ainée. Ce ne fut que près d'une heure plus tard que le massacre s'arrêta.

Le dos, les fesses et les jambes d'Hinata couvertes de marques violacées ; les bras de sa jeune sœur tremblant d'épuisement et la tige de bois qui avait enfin cédée reposant en deux morceaux sur le sol. Enfin satisfait, le maitre de la maison dit à Kô de relâcher la suppliciée avant d'ordonner à celle-ci de retourner dans sa chambre.

Sans même prendre la peine de récupérer ses vêtements, elle se retourna pour partir vers sa chambre, distançant sa petite sœur et laissant son père attelé à régler le cas de Neiji… Cependant aucun des témoins de cette soirée n'avait remarqué le plus important. A mesure que la torture s'était étirée en longueur, les larmes de la jeune fille s'étaient asséchées, son corps avait cessé de trembler et tous ses muscles s'était raidis. La peur et la honte avaient quittés ses yeux pour ne laisser qu'un vide insondable. Jamais elle n'avait émis le moindre son... c'était d'une démarche assurée qu'elle déambulait dans les couloirs du manoir, nue comme au jour de sa naissance. Cette ultime atteinte à son intégrité était venue à bout de quelque chose dans son esprit qui s'était comme cassé net en lui apportant une forme de lucidité nocive… Et maintenant elle savait ce qu'elle devait faire. Dès le lendemain, elle irait voir celui qui l'obsédait depuis des années et lui dirait tout. Et quand, enfin, la dernière personne en ce monde à qui elle accordait de l'importance la repousserait, elle reviendrait voir son père et lui montrerait ce qu'était sa force et ce de la manière qu'il le lui avait enseigné…

Dans la violence et la cruauté la plus gratuite.


Naruto ne pouvait que se méfier quant à cette fille qui l'entrainait dans les corridors de l'école.

Il y avait moins de cinq minutes, alors qu'il se dirigeait vers la sortie de l'école, une main l'avait agrippé depuis une classe supposément vide pour l'attirer dans la pièce. Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait mais contrairement à d'habitude, il ne reçut aucun coup ni ne se fit insulter. En fait il se retrouvait face à une jeune fille de son âge visiblement gêné de se retrouver face à lui.

- Naruto je… Désolée de t'avoir agrippé ainsi mais… Je devais te parler.

- Alors dit ce que tu as à dire et laisse-moi partir s'il te plait, lui répondit le garçon d'une voix morte.

- Non, pas ici v… Viens avec moi dans un endroit plus tranquille.

- Pourquoi, tu ne veux pas que tes petits copains nous voient ensemble ? Ou tu comptes m'attirer à l'écart pour qu'ils me tombent tous dessus ?

- Mais non, c'est… enfin oui mais… Tu ne comprends donc rien, quand une fille te demande de la suivre tu le fait, ne me fait pas croire que tu ne comprends pas ce dont je veux te parler, finit par s'énerver la jeune fille avant de lui prendre la main pour l'entrainer à sa suite.

Rapidement ils se retrouvèrent devant le dépôt de la salle de gymnastique et sans hésitation la jeune fille les y enferma après s'être assuré que personne ne pouvait les voir. De son côté Naruto ne cessait de regarder autour de lui cherchant à voir d'où viendrait l'attaque mais étrangement rien ne venait alors que normalement il devrait déjà se faire rouer de coups ou pire.

- Naruto, tu cherches quoi au juste, je suis ici, dit calmement la jeune fille.

- Je me demande d'où vont venir les autres ?

- Mais arrête de paranoïer un peu, tu vois bien que nous sommes seuls… Non, en fait ce dois juste être ce que je mérite, tu ne me feras sans doute jamais confiance.

Pour la première fois réellement attentif à la jeune fille qui lui faisait face le blond fut réellement surpris de croire reconnaitre dans ses yeux une réelle trace de quelque chose qui n'était pas la haine habituelle. Sans doute de la gêne mais peut-être autre chose.

- Alors, que voulais-tu me dire, finit par demander le blond résigné à lui laisser une chance de s'expliquer.

- Pourquoi tu ne peux pas être neutre et effacé comme à ton habitude, se désespéra sa vis-à-vis. Naruto si je voulais te voir c'est… Je m'excuse, je sais qu'après tout ce que nous, tout ce que je t'ai fait subir ça ne veut surement rien dire pour toi mais je devais te le dire. Je suis désolée pour l'enfer qu'on te fait vivre depuis des années, ça fait longtemps que je… Enfin que je voulais te le dire.

- Et je devrais te croire, marmonna Naruto. Pourquoi je devrais te croire ?

Semblant ne plus savoir quoi dire la jeune fille baissa les yeux en se serrant les mains pendant un long instant avant de le regarder de nouveau.

- En fait, je… Je suis amoureuse de toi… et si je n'ai jamais osé te le dire c'est que j'avais peur de ce que les autres feraient s'ils l'apprenaient, je suis désolée c'est lâche je le sais mais j'ai eu peur qu'ils me fassent les mêmes choses qu'à toi.

- Tu m'as insulté, frappé, humilié… Et maintenant tu penses que je vais vraiment gober une histoire pareille !?

Le visage totalement rouge la jeune fille poussa un soupire de résignation avant de finalement se lancer. Sous le regard effaré de Naruto, elle retira rapidement son chandail et son jean, les laissant tomber au sol. Avoir une si jolie fille de son âge offerte à lui uniquement vêtue de ses sous-vêtements eut le don de faire flancher la volonté du garçon de tout juste quinze ans qui n'avais même jamais espéré obtenir de telles faveurs. Il finit par faire un pas hésitant vers elle et aussitôt elle se jeta dans ses bras pour l'enlacer de toutes ses forces.

- Je suis désolée Naruto, je t'aime vraiment et je suis prête à faire n'importe quoi pour te le prouver alors… Dit-elle en approchant son visage du sien.

Lentement le garçon se laissa tenter et, la respiration lourde, pencha la tête pour embrasser tendrement sa camarade de classe. Tout cela lui semblait irréel, pour la première fois depuis bien trop longtemps quelqu'un lui disait l'aimer, pour la première fois quelqu'un lui demandait pardon pour tout ce qu'il avait subi, pour la première fois il embrassait une fille de son âge… Cependant le rêve prit bien vite fin car au moment où il tenta d'approfondir le baiser, Ino le repoussa violement avant de se jeter sur ses vêtements.

- Merde, ça devient trop dégueu, Kiba, j'espère que tu es satisfait ! S'exclama-t-elle en direction de la porte.

- Voyons Ino, ne sois pas aussi fâchée, ce n'est pas moi qui t'ai forcée à faire ce pari… Mais je dois avouer que je ne te croyais pas capable d'aller aussi loin pour pousser une sous-merde à t'embrasser, rigola le brun en entrant dans la remise alors que la blonde finissait de se rhabiller.

- Vas te faire foutre Kiba et n'oublie pas que tu m'en dois une, acheva la manipulatrice avant de partir en coup de vent.

Voir son amie ainsi irritée eut le don de faire sourire de l'Inuzuka qui finit par se retourner vers Naruto qui était toujours figé sur place. Il franchit les quelques pas qui les séparait et sans avertissement il lui écrasa un genou entre les deux jambes.

- Ça c'est pour m'avoir fait perdre mon pari, la petite truie disait qu'elle pouvait faire tomber amoureux d'elle n'importe quel garçon de l'école donc je l'ai mise au défi de te pousser à l'embrasser. J'aurais cru que ta tronche serait trop dégueulasse pour qu'elle accepte ou que tu ne serais pas suffisamment stupide pour te laisser embarquer dans son petit jeu. On dirait bien qu'un perdant comme toi n'a même pas assez d'orgueil pour résister à une petite chienne en sous-vêtement, déblatéra Kiba au pauvre garçon avant de lui cracher au visage pour finalement l'abandonner, prostré sous le coup de douleur.

Dans un dernier élan de méchanceté il tourna le verrou de la porte avant de quitter le gymnase.

« Les profs n'auront qu'à le faire sortir demain matin » Rigola-t-il intérieurement.


Sasuke fixait cette fille qui lui faisait face. Il la fixait avec le même désintérêt que pour toutes celles qui l'avait précédé mais celle-ci ne semblait pas être aussi facile à rejeter que toute les autres. Shion était arrivée dans cette école que quatre mois auparavant mais avait déjà acquis une sacré réputation de mangeuse d'homme.

Si Sasuke, Kiba et Neji étaient reconnus comme les trois garçons les plus convoités de cette école, Shion était sans conteste le fantasme récurrent de la quasi-totalité de la gent masculine de l'établissement.

Paradant dans les corridors, sa longue et épaisse crinière blonde flottant derrière elle comme la queux d'une comète, elle attirait irrésistiblement tous les regards. Certains garçon auraient été prêts à se damner juste pour sentir le parfum de cette blondeur et le plus beau chez elle c'est qu'elle était loin d'être hors d'atteinte, il y avait déjà un bon nombre de personnes pouvant se vanter d'avoir partagé le lit de la belle, tant chez les garçons que chez les filles. En moins de quatre mois elle était devenue la reine de l'école et c'était maintenant devant Sasuke qu'elle se tenait fièrement.

- Alors qu'en penses-tu mon beau ténébreux, ça te dis de venir faire un tour chez moi ce soir… Mes parents ne sont pas à la maison, ajouta-t-elle sur un ton qui ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination quant à ses plans pour la soirée.

L'Uchiwa se contenta d'afficher un léger demi-sourire à la jeune fille avant de se détourner.

- Alors je t'attends pour dix-neuf heures, conclut la fille, sûre d'avoir eu ce qu'elle voulait.

De son côté Sasuke garda le silence, oui il allait répondre à l'invitation mais pas pour les raisons qu'elle croyait. En fait le garçon avait compris depuis longtemps le petit jeu de cette garce arrogante. Depuis son arrivé elle accumulait les aventure d'une manière qui aurait pu paraître aléatoire, mais lui il avait compris son mode opératoire : les plus beaux, les plus intelligents, les plus populaires, les meilleurs sportifs… Tous avaient été soigneusement choisis et étaient passés par elle à mesure qu'elle rayait, les uns après les autres, les noms de sa liste de chasse. Et lui, le plus beau garçon, le plus couru, celui que personne ne pouvait avoir ; devait sans doute représenter l'ultime trophée. Il ne savait pas vraiment ce qui avait pu arriver à cette fille pour qu'elle devienne cette petite princesse enchainant les conquêtes pour se valoriser, et de toute façon il s'en fichait, mais cela pouvait lui apporter un petit côté intéressant que les autres nunuches qui lui couraient après n'avaient pas. Oui ce soir il irait la voir et dans son intérêt elle ferait mieux de mériter le déplacement sinon il allait lui enseigner à la dure qui était le véritable maitre de cette école.

La journée passa. À dix-neuf heures tapante, Sasuke arriva face à la demeure de la blonde et n'en fut guère impressionné. La façade de la maison, de construction simple, avait visiblement été fraichement rénovée, le jardin soigneusement entretenu, avec son petit sentier de pierre rose, la porte principale ornée d'un heurtoir doré… Le tout lui donnait l'impression d'une famille voulant à tout prix en mettre plein la vue

Cette maison lui faisait penser à la blonde qui y vivait, trop cosmétique. Conservant son visage de marbre le garçon s'avança, frappa à la porte et attendit mais personne ne lui ouvrit, pas plus qu'il n'entendit d'appel de l'intérieur. Sachant parfaitement qu'il était bien à l'heure, l'Uchiwa comprit immédiatement le stratagème, en le faisant attendre sur le pas de sa porte ainsi elle tentait de le déstabiliser pour prendre un certain ascendant psychologique sur lui.

- Tellement puéril, chuchota-t-il pour lui-même.

S'armant de patience il attendit sans bouger ni prendre la peine de signaler de nouveau sa présence. Il fallut encore une bonne minute avant que la porte ne s'ouvre finalement sur une Shion portant une mince robe d'été semi transparente et affichant le visage le plus innocent possible.

- Sasuke, j'espère que tu n'attends pas depuis trop longtemps ! J'étais dans ma chambre et je ne t'ai pas du tout entendu frapper.

Évidement s'était un mensonge éhonté, Sasuke avait une ouïe très fine et si elle avait réellement accouru à la porte, ou simplement marché, il l'aurait entendue. Elle avait attendu dans l'entrée pour le faire mariner. Retenant un rire méprisant il passa devant elle, la gratifiant de l'un de ces minces demi-sourires et à sa grande surprise elle ne se mit pas à rougir comme une pivoine ou à glousser comme une idiote. Il avait encore du mal à déterminé si cette fille s'avérerait un peu moins ennuyeuse que ses compères de classe, greluches ne sachant que cancaner et fantasmer sur lui, mais il serait bientôt fixé.

- Alors Shion, pourquoi cette invitation ? Demanda simplement le taciturne dos à elle.

- Pourquoi pas ? Tu es le plus beau et populaire garçon de l'école et je suis la plus belle et populaire fille de l'école… Ça devait bien finir par arriver, non, lui répondit la jeune fille en lui susurrant langoureusement les dernières paroles à l'oreille.

Sans empressement la jeune fille fit le tour de son invité, lui indiquant de la suivre, avant de prendre le chemin de sa chambre. Ce faisant, Sasuke prit bien le temps de repérer les lieux, l'emplacement de la porte arrière, du salon, de la cuisine et la décoration encore visiblement onéreuse. Décidément tout dans cette habitation, même son intérieur, montrait la valeur qu'accordait cette famille au paraître, tout était beau et fait pour être remarqué… Tout comme la chambre où il finit par entrer.

- Tu peux t'installer sur le lit si tu veux, dit la jeune fille toujours charmeuse.

Maintenant lassé de la voir jouer ce petit jeux et curieux de voir comment elle s'en sortirait Sasuke y mit fin d'une simple phrase.

- Croyais-tu vraiment réussir à m'avoir de cette façon ?

Même si la blonde parut, un instant, surprise d'un tel retournement, elle se reprit immédiatement. Abandonnant d'un haussement d'épaules son faux air d'innocente séductrice, elle se mit à le fixer du premier regard naturel qu'il lui voyait. Sans son air candide Shion paraissait à la fois beaucoup plus mature et arrogante que ce qu'elle montrait à l'école devant ses amis et prétendants. Mais le visage de Sasuke ne laissa rien paraitre de ce qu'il en pensait.

- Non, pas vraiment, mais qui n'essaie rien n'a rien non ? Déclara-t-elle simplement.

- … Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu voulais, déclara l'Uchiwa. Si tu ne m'as fait venir que pour me faire perdre mon temps dis le moi tout de suite que je reparte.

- Ne t'énerve pas Sasuke, écoute-moi, tu seras surement intéressé par ce que j'ai à te proposer.

Prenant la chaise qui faisait face au bureau de travail qui se trouvait dans la chambre de la jeune fille il s'assit confortablement face à elle lui faisant signe de poursuivre.

- Je ne vais pas passer par quatre chemins, je te veux !

- Tu n'es pas la seule, déclara Sasuke avec un sifflement méprisant. Tu ferais mieux de continuer à trainer avec les petits rigolos que tu traînes dans ce lit plutôt que de me déranger avec tes gamineries.

Ne se laissant pas démonter, la belle blonde sourit simplement à Sasuke avant de reprendre la parole.

- Pourtant avec ce que je veux te proposer tu serais gagnant, déclara simplement la blonde. J'ai tout de suite remarqué en arrivant que c'est toi qui dirige cette école, les filles sont en adoration devant toi et les garçon te respectent ou ont peur de toi… C'est plutôt compréhensible vu la façon dont tu te débrouilles pour faire martyriser le petit blond dans notre classe. Cependant ton problème c'est plutôt les filles non ? Je vois bien que ça t'écœure de les voir te tourner autour sans arrêt comme une volée de pigeon attendant que tu leur jettes des miettes de pain. Si tu acceptes de sortir officiellement avec moi tu n'auras plus ce problème, comme je l'ai dit tu es le garçon le plus demandé de cette école alors si on sort ensemble tout le monde la comprendra, ils diront même que nous faisons un couple magnifique… En plus je suis la seule fille qui ne risque pas de se faire démolir par tes groupies.

- Et j'imagine que tu accepterais de faire ce sacrifice par pure générosité, se moqua Sasuke.

- Bien sûr que non, lui répondit la blonde honnêtement. En fait j'en ai marre de sauter d'une personne à une autre et j'aimerais me caser, tu me semble être celui qui pourrait me convenir. Qui d'autre que toi pourrait être le garçon mettant fin à ma chasse perpétuelle… Mais qu'on se comprenne bien je ne recherche pas de relation amoureuse, à l'école on sort ensemble mais en dehors tu n'es obligé à rien avec moi et moi non plus ! Déclara-t-elle simplement.

Croyant avoir enfin attiré l'attention du garçon qui avait eu un mince sourire en l'entendant énoncer son offre, Shion décida de lancer son dernier argument.

- Autre petite chose, Même si je ne suis pas vraiment attirée par le côté fleur bleue d'une histoire d'amour je risque quand même d'avoir quelques « besoins » à combler et comme tu es un garçon, ce sera sans doute également ton cas, alors… Dit-elle en faisant glisser les bretelles de sa tenue sur ses épaules. Je suis toute à ta disposition !

Délaissant son vêtement au sol la jeune fille s'avança d'un pas vers lui, les bras légèrement écartés, offrant sa totale nudité à sa vue. Le visage toujours impassible, Sasuke ne se priva néanmoins pas de la détailler lentement, remarquant sa poitrine, petite mais fière et invitante, son ventre plat, sa mince toison blonde parfaitement entretenue… Mais aussi, et surtout, son visage. Ce visage à la peau parfaite ne laissait paraître aucune honte et ce regard qui ne cillait pas, se voulant volontairement provoquant et invitant. Finissant par montrer un léger sourire à son hôte, Sasuke se leva pour la rejoindre et sans avertissement l'embrassa violement sur la bouche faisant presque s'entrechoquer leurs dents. Shion avait bien dit qu'elle ne recherchait pas une tendre relation amoureuse et justement cet échange ne recelait aucune tendresse, en moins de quelques minutes ils se retrouvèrent tout deux nus sur le lit se déhanchant avec ferveur. Leurs corps couvert de sueur l'échange était empreints de frénésie à la limite de la violence alors que le garçon serrait la fille contre lui au point de lui marquer la peau tandis qu'elle scarifiait son dos de ses ongles.

Au bout de quelques minutes, sentant le rythme de son partenaire se modifier, Shion se mit à lancer de plus en plus de petits cris et gémissement avant de tout conclure dans un râle dès plus érotique au moment même où l'Uchiwa finissait par se déverser en elle. Pantelant, Sasuke se laissa tomber de côté, dans le lit, tout juste avant que son amante ne vienne se lover contre lui.

- Alors Sasuke, que penses-tu de mon offre ? Soupira la jeune fille.

- Nous verrons ça demain à l'école, se contenta-t-il de lui répondre.

- Vas-tu passer la nuit ici ?

- …

Prenant cette absence de réponse pour un assentiment, Shion se glissa sous les couvertures avant de fermer les yeux, prête à passer une bonne nuit de sommeil après cette soirée plus que satisfaisante. Jamais elle n'aurait cru que faire céder ce glaçon de Sasuke Uchiwa serait aussi facile, en fin de compte il était bien comme les autres garçons.

« Ils leurs suffit tous de voir une fille nue pour qu'ils acceptent n'importe quoi. » Se dit-elle se surprenant tout de même à être quelque peu déçu d'avoir gagné aussi facilement.

D'un autre côté s'était aussi bien ainsi, son père l'avais bien prévenue qu'il serait de nouveau transféré pour son travail et qu'ils déménageraient dans moins de trois semaines alors le temps lui aurait manqué pour mettre en place des tactiques plus élaborées.

Pratiquement personne n'était au courant pour son départ imminent et désormais qu'elle avait pu compléter sa liste de conquêtes, le seul regret qu'elle aurait en partant serait de ne pas pouvoir contempler le visage de sa dernière victime quand cette dernière comprendrait que Shion l'avait trompée… Un autre regret, ou plutôt une déception, était qu'il se soit révélé être un si mauvais amant.

« Enfin bon, j'imagine que je ne devais pas en attendre plus d'un quasi-puceau qui évite tout contact avec les filles » Pensa la blonde avant de finalement sombrer dans le sommeil.

Sasuke de son côté ne dormait pas et il en était bien loin. Une fois sûr que la jeune fille à ses côté était bien assoupie, il quitta le lit pour remettre ses vêtements silencieusement, finalement Shion ne s'était pas révélé bien différente des autres filles qui lui couraient après. Il était parfaitement conscient que son « offre » était bidon puisque Sakura, dont la mère travaillait aux ressources humaines de l'école, l'avait prévenu qu'elle devait partir d'ici peu de temps.

Même si cette idiote était l'une des plus insupportables de la bande elle savait tout de même se rendre utile de temps à autres. En repensant à la fille qui dormait à ses côté, il ne savait pas trop ce qui l'énervait le plus chez elle : qu'elle se croit moins niaise que les autres greluches qui trainaient dans son sillage sous prétexte qu'elle était une trainée ? Qu'elle ait cru qu'il ne s'était pas rendu compte qu'elle ait simulé son plaisir dans l'acte alors qu'il avait tout fait pour qu'elle n'en ait justement pas ? Ou encore qu'elle ait voulu le rouler de cette façon…?

Enfin peu importait, elle l'avait royalement énervé sans parler du temps qu'elle lui avait fait perdre, alors elle méritait bien la petite leçon d'humilité qu'il allait lui donner. En silence et sans allumer la moindre lumière il alla à la cuisine qu'il avait repérée plus tôt et après avoir fouillé de nombreux tiroirs il sourit méchamment en trouvant ce qu'il cherchait.

Le lendemain Shion ne se présenta pas à l'école, pas plus que tous les autres matins avant son déménagement… Tout ce qu'on revit d'elle fut une longue natte de cheveux blond et soyeux de près d'un mètre, épinglée au tableau d'affichage principal de l'école.

Le seul regret de Sasuke fut de ne pas avoir pu voir le visage de Shion quand elle s'était éveillée après leurs petite soirée en tête à tête.


Kiba n'était pas vraiment heureux de se retrouver là mais il avait besoin d'un service et seul Shikamaru pouvait le lui rendre, il frappa donc à la porte…

Il dû s'y reprendre à trois fois et patienter une bonne dizaine de minutes avant qu'elle ne s'ouvre sur un garçon de son âge, uniquement vêtu d'un caleçon, terriblement maigre… et aux traits fatigués. Depuis l'encadrement de la porte du petit taudis où il vivait, Shikamaru Nara ressemblait plus à un mort-vivant qu'a l'un des camarades de classe de Kiba.

- Merde mec, t'as pas dormi depuis quand au juste ? demanda l'Inuzuka.

- Depuis environs cinq minutes… Jusqu'au moment où tu m'as réveillé, ronchonna le garçon.

Malgré la plainte assez peu justifiable au vu de l'heure avancée de l'après-midi, Kiba s'excusa rapidement avant que le locataire des lieux ne le laisse entrer. L'atmosphère générale du petit appartement n'évoquait que deux mot au visiteur : foutoir total.

Même sa propre chambre, qui n'était pas un exemple de propreté, aurais pu passer pour un paradis du rangement en comparaison. L'unique fenêtre était totalement bouchée par du carton et du ruban adhésif. Le sol d'une bonne moitié de la pièce disparaissait sous un matelas posé au sol avec une couverture et un oreiller et un amoncellement de boites de repas congelés tandis que de l'autre côté on pouvait voir un impressionnant amalgame de matériel informatique et tout le câblage allant avec, sans parler d'une tonne de boites de boissons énergétiques, vides.

- Alors Inuzuka, pourquoi tu es ici au juste si ce n'est pas trop te demandé…? Je te le dit tout de suite je ne fais plus dans la modification de notes sur le serveur de l'école, trop galère les problèmes que ça entraine.

Reportant son attention sur son camarade qui était en train de mettre un vieux t-shirt, l'Inuzuka eut toutefois le temps de remarquer les multiples cicatrices qui lui marquaient le dos. Pratiquement tous les amis proches de Shikamaru avaient, au moins une fois, déjà vu ces marques qui faisaient penser à des marques de coups de fouet et des brûlures de cigarette mais, d'un accord tacite ou simplement par lâcheté, aucun n'avais jamais posé de question sur leur provenance.

- Non ce n'est pas ce que je veux, en fait ce que je voudrais c'est que tu envoies ça sur tous les ordinateurs de l'école, c'est dans tes cordes, demanda Kiba en lui tendant une carte mémoire.

- Non et oui, lui répondit son vis-à-vis en repoussant sa main tendue.

- Pardon !?

- Non je ne le ferai pas mais oui si je le voulais ce serait facile, expliqua le Nara comme s'il parlait à un jeune enfant.

Frustré de se faire refouler ainsi Kiba posa violement la carte mémoire près du clavier de Shikamaru manquant de le faire tomber au sol.

- Au moins regarde ce qu'il y a avant de m'envoyer bouler, je suis sûr que ça va t'intéresser.

Connaissant bien le garçon, avec sa propension à la violence, et sachant qu'il ne lâcherait pas le morceau le propriétaire des lieux poussa un profond soupir avant d'insérer la carte dans son ordinateur et d'ouvrir le seul fichier vidéo qui s'y trouvait.

- Comment as-tu fait pour avoir un truc pareil ? finit-il par demander une fois la vidéo terminée.

- Ça s'est passée l'année dernière, elle a parié et a gagné mais je n'ai pas tout perdu… Pour la petite histoire mon appareil photo peut très bien filmer et il est assez petit pour passer incognito à l'école.

Malgré tout impressionné par ce qu'il venait de voir, l'informaticien dût se rendre à l'évidence, Kiba n'était peut-être pas aussi stupide qu'il le croyait. Shikamaru lui-même devait l'avouer, pousser Ino à faire une déclaration d'amour enflammée, et même un strip-tease partiel, à Naruto, le tout en la filmant à son insu, relevait du grand art, mais…

- Désolé Kiba mais c'est toujours non !

- Mais pourquoi, s'exaspéra Kiba. Je sais que vous êtes amis d'enfance mais…

- Je t'arrête tout de suite, Ino n'est pas mon amie d'enfance, elle est la fille de l'ami d'enfance de ma limace de père et c'est la seule raison qui m'a poussé à supporter cette imbécile aussi longtemps…

- D'accord, d'accord, je comprends mais alors pourquoi tu ne veux pas le faire ?

Poussant un profond soupire Shikamaru fit signe à son visiteur de regarder l'écran alors qu'il ouvrait un autre fichier vidéo et un endroit que crut reconnaitre l'Inuzuka apparut à l'écran.

- C'est les douches de la piscine ? Demanda-t-il.

- C'est les douches du vestiaire des filles de la piscine, précisa l'informaticien affichant un sourire mauvais.

Kiba n'eut même pas le temps de lui demander comment il avait bien pu faire pour installer une caméra à cet endroit avant que trois personnes ne prennent place dans les douches, trois filles vêtues du maillot de bain du club de natation de leur école. Les deux plus jeunes, deux filles de leur classe plutôt commune, au point que même Kiba ne s'y était jamais intéressé, accompagné d'une troisième qui, elle, l'était beaucoup moins. Même si ses longs cheveux blonds pendaient sur ces épaules plutôt que d'être attachés en quatre ridicules couettes comme à leur habitude, Kiba reconnut immédiatement la plantureuse dernière année qui rejoignait ses deux cadettes.

Temari No Sabaku, capitaine de l'équipe de Natation, autoproclamée ennemie de tout être humain doté d'organes reproducteurs masculins. Personne ne savait vraiment pourquoi elle vouait une haine aussi viscérale envers tous les garçons qui entraient dans son champ de vision mais plusieurs en avaient déjà fait les frais, même parmi le corps enseignant. Tout le monde se souvenait encore de ce qui était arrivé au pauvre professeur Asuma l'année précédente, il avait seulement mis une main sur l'épaule de la jeune fille pour la reprendre sur son langage vulgaire en classe et avant qu'il n'eut pu dire ouf, elle lui avait disloqué l'épaule.

Si seulement tout avait pu en rester là mais suite à cet incident, la direction de l'école, qui avait refusé de prendre en compte les justifications de la jeune fille (lesquelles ne tenant qu'en une seule phrase « Il n'avait qu'à ne pas mettre ces sales pattes sur moi ce sale obsédé ! »), avait voulu la renvoyer de l'établissement et elle n'y avait échappé que parce qu'Asuma avait refusé de porter plainte.

Malheureusement pour lui cette attitude avait profondément blessé la Sabaku dans son orgueil et suite à cela ce fut une véritable marrée de jeune fille qui vinrent se plaindre du professeur à la direction. Tout y passa, des propos déplacés aux gestes abusifs, il y eut même une rumeur dans l'école disant qu'il aurait violé une élève et bien sûr toutes ces plaintes trouvèrent leurs sources dans l'équipe de natation. Même si la direction était parfaitement au courant de la situation, sous la pression des parents d'élèves, ils ne purent rien faire d'autre que de pousser le professeur à la démission.

- Très bien les filles, annonça la blonde sa voix résonnant entre les murs carrelés de la douche commune. Donc, vous savez nager, et l'entraineur semble penser que vous avez ce qu'il faut pour faire partie de l'équipe, seulement… Ce n'est pas lui qui décide de qui est pris dans l'équipe, c'est moi ! Maintenant tan que vous n'aurez pas été accepté dans l'équipe vous n'avez aucun droit de porter ses couleurs, retirez- moi ces maillots de bain immédiatement avant que je ne vous les arrache.

Très pâles, les deux filles obéirent néanmoins sans discuter et se dénudèrent devant leur ainée qui récupéra leurs maillots avant de prendre bien le temps de les détailler pour enfin reprendre la parole.

- Les anciennes vous ont-t-elles expliqué en quoi consistait l'épreuve d'entrée, demanda la blonde.

Les deux filles, visiblement de plus en plus mal à l'aise, déglutirent en un bel ensemble avant de simplement hocher la tête.

- Quand je pose une question vous y répondez clairement et de manière audible, ordonna sèchement Temari.

- Oui, elles nous ont dit, répondirent-t-elle en un bel ensemble.

- Très bien alors vous comprenez qu'il n'y a qu'une place de libre dans l'équipe. L'une d'entre vous sortira d'ici avec une place dans l'équipe de natation et tous les avantages qui viennent avec. Personne ne s'en prendras à elle, que ce soit un étudiant ou un enseignant, et si jamais ça arrive tout l'équipe l'aidera quoi qu'il faille faire… Vous vous souvenez de ce qui est arrivé à Asuma ? Souligna-t-elle avec un sourire mauvais auquel les deux filles répondirent d'un hochement de tête nerveux. Très bien, quant à la perdante elle n'aura plus qu'à partir récupérer ses vêtements… Dans le vestiaire des garçons au gymnase.

Kiba, qui avait les yeux rivés sur l'écran d'ordinateur et qui n'arrivait qu'avec peine à penser à respirer depuis que ses deux camarades de classes s'étaient mises nues, ne put tout de même s'empêcher de s'exclamer « Putain, elle est vache, le gymnase est à l'opposé du bâtiment ! »

- Et t'a encore rien vu, dit simplement le Nara.

En effet, après qu'elles eurent confirmé avoir bien compris, les deux jeunes bizuts s'approchèrent l'une de l'autre pour commencer à se caresser timidement avant que l'une d'elle ne finisse enfin par embrasser sa vis-à-vis.

- C'est une blague !

- Non, l'initiation qu'elle leur impose est un duel ou elles se masturbent entre elles et la première qui jouis a perdu, expliqua Shikamaru.

- Putain c'est mieux qu'un porno !

Ne prenant pas la peine de commenter plus, les deux garçons reprirent leur observation au moment où les deux pauvres filles, voulant sans doute en finir au plus vite, devenaient de plus en plus entreprenantes. Maintenant toutes deux au sol, elles s'affairaient chacune une main sur le sexe de l'autre et l'autre main recherchant frénétiquement toute zone érogène à leur portée tandis que la pièce s'emplissait de soupirs et autres gémissements lascifs, sous le regard impénétrable de la blonde.

Après plusieurs longues minutes d'échanges acharnés, l'une d'entre elle finit par céder, délaissant l'intimité de sa compagne pour resserrer ses mains autour de son poignet alors que son corps était pris de spasmes de plaisir. Voulant sans doute s'assurer d'une victoire indiscutable aux yeux de la grande blonde, la victorieuse continuait sans relâche ses caresses allant jusqu'à faire lâcher, à sa pauvre camarade, un cri assourdissant causer par un orgasme dévastateur.

Sans doute satisfaite du résultat, Temari s'avança et saisit la jambe de la perdante avant même qu'elle n'ait pu sortir de sa torpeur pour la trainer de force hors du champ de la caméra ne laissant que la malheureuse gagnante pleurant, soit de soulagement, soit de honte, sur le carrelage. Quelques instants plus tard, Temari revint dans la douche, seule, et lui jeta son maillot de bain négligemment.

- Habille toi et arrête de chialer, tu as gagné et tu fais partie de l'équipe de natation… Maintenant vas dans la piscine, si une nouvelle rate un entrainement elle est virée !

Les mains tremblantes, la pauvre fille remit son maillot avant de quitter la salle sans un mot, essuyant ses larmes.

- La vache, et tu…

- Attend, ce n'est pas fini, dit Shikamaru coupant Kiba qui avait pris la parole.

Sur l'écran on pouvait maintenant voir la blonde aller et venir dans le champ de la caméra sans pouvoir deviner ce qu'elle faisait au juste avant qu'elle n'aille à l'endroit où s'était « affrontées » les deux filles passant un doigt sur le sol pour le mener à son nez. Après avoir profondément reniflé les fluides qu'avaient laissés derrière elles ses deux cadettes elle abaissa les bretelles de son maillot pour le retirer complètement avant de s'installer sur le sol où s'étaient trouvées les deux autres peu de temps auparavant. Totalement nue, les jambes grandement écarté et par le plus grand des hasards parfaitement alignées avec la caméra elle baissa ses mains vers son entrejambe glabre et fit lentement coulisser un doigt entre ses lèvres intimes tout en laissant s'échapper un râle de pure plaisir. Pendant de longues minutes elle se masturba consciencieusement, se caressant la poitrine, enfonçant ces doigts en elle et titillant son clitoris gorgé de sang jusqu'à finalement s'effondrer sur le sol de la douche dans un râle marquant un plaisir intense.

- Pour la suite elle ne fait que prendre une douche avant de retourner s'entrainer avec le reste de l'équipe de natation, dit Shikamaru en arrêtant la vidéo. C'est ce fichier que je vais envoyer sur tous les ordinateurs de l'école mais il y a de bonne chance pour que la police soit impliquée par la suite, donc je ne vais pas pouvoir recommencer sans courir le risque de me faire attraper.

- Merde Shika… Tu te rends compte de ce que tu vas provoquer si cette vidéo sort ?

- Ouais, l'équipe de natation va être dans une merde noire pour avoir toléré ces petits jeux, le nom d'Asuma va enfin être lavé et cette salope de Temari va sans doute se faire virer… Peut-être même que la police va s'en mêler pour ce qu'elle a fait aux filles du club, énonça le Nara avec satisfaction.

- Je sais que t'aimes pas particulièrement les filles, mais elle tu la détestes vraiment hein ?

Plutôt que de répondre le garçon tendit une main sous son clavier pour y attraper une petite pipe, qui ne contenait certainement pas du tabac, pour la porter à sa bouche, l'allumer et en tirer une longue bouffée.

- Elle me fait penser à ma mère, répondit-il simplement tout en caressant l'une des cicatrices qu'il avait au dos de la main distraitement. Pourquoi tu veux absolument faire ce coup à Ino au juste.

- Bah… Je lui ai demandé de sortir avec moi et elle m'a dit que je puais trop le chien mouillé…

Shikamaru regarda son vis-à-vis se demandant sincèrement s'il était sérieux, après tout il avait déjà une petite amie… très proche d'Ino qui plus est… Mais finalement il décida de ne tout simplement pas tenter de trouver une logique à Kiba Inuzuka.

- Désolé mais je ne peux rien faire pour toi.

Soupirant de déception Kiba ramassa la carte mémoire avant de se diriger d'un pas rageur vers la porte du petit appartement.

- Je suis sûr que tu aurais pu envoyer les deux vidéos en même temps sans problème, dit-il avant de claquer la porte.

- Oui, mais c'est quand même la fille du meilleur ami de ma limace de père, dit le Nara dans le vide.