Premièrement, merci à tous de votre fidélité. C'est toujours avec un grand plaisir que je lis vos reviews. C'est donc avec un grand plaisir que je vous présente... le nouveau chapitre! Bonne lecture à tous et à toutes.


Eyréré pesta contre le maudit capitaine. Son endroit pour invités spéciaux ressemblait plus à une cellule qu'à une chambre. Un lit de métal et une tablette pour tout mobilier, la seule ouverture étant une lourde porte fermée de l'extérieur. Si elle s'écoutait, elle aurait déjà entreprit de défoncer meuble et murs. La porte s'ouvrit et une silhouette apparu, adossée au chambranle.

-Enfermée ? C'est si triste !

-Merci de venir me délivrer.

-Comme si j'allais faire une chose pareille.

Nyri s'élança vers elle trop rapidement pour que l'autre puisse réagir et lui enfonça son poignard dans le ventre. Eyréré eut un hoquet de surprise et de douleur, qui s'intensifia quand l'adolescente commença à fouiller ses entrailles de sa lame. Elle retira violemment l'arme, laissant gicler le sang au passage, puis sortit et claqua violemment la porte avec un grand sourire Elle s'enfuit immédiatement. Derrière elle, des pas retentirent, marquant la course des pirates. Ils craignaient que l'autre ne se soit libérée. Elle dû étouffer son rire. Bien que presque adulte, elle trouvait toujours ce genre de situations amusantes. Et puis, personne ne pouvait la voir. Au détour d'un couloir, elle entendit des bruits étrange et s'écarta juste à temps pour laisser passer deux marins. Cachée dans une sorte de petit renfoncement sombre, elle ne put rien identifier de leur physique, tant ils étaient collés l'un à l'autre. En tout cas, ils étaient très occupés et coinçaient la seule issue qu'elle voyait. L'un des deux colla l'autre contre le mur et se baissa jusqu'à son pantalon.

-Pas ici, haleta l'autre, on pourrait se faire surprendre.

-J'ai envie de toi, maintenant !

Celui à genoux retira à son camarade les bas de ses vêtements et entreprit de prodiguer de douces caresses à son membre viril, ce qui ne laissa pas l'autre indifférent. Il tenta de réprimer les gémissements causés par les vas-et-viens de la main de son partenaire, mais ne put se taire quand l'autre remplaça ses doigts par sa langue. Nyri n'eut d'autre choix que celui de regarder l'homme sucer, lécher, caresser la verge tendue jusqu'à la prendre totalement en bouche. Quand l'autre vînt, quelques gouttes de liquide blanc coulèrent à la commissure de ses lèvres.

-Retourne-toi.

Encore tremblant du plaisir ressentit, celui qui semblait si réticent à l'origine s'exécuta. Son « ami proche » se releva. Avant qu'il ne s'enfonce dans son camarade, l'adolescente eut le temps de voir à quel point il était excité. Elle attendait le moment où ils seraient trop occupés pour penser à regarder derrière eux, quand main se posa son épaule, la faisant sursauter. Une voix grave et familière retentit à son oreille.

-Alors petite voyeuse ? Serait-ce une manie d'observer les gens en pleine action ?

Elle pivota lentement sur elle-même, tournant le dos aux deux homosexuels, et se retrouva face à Law. Elle le fixa de ses yeux ambrés, plongeant son regard dans les iris d'acier du chirurgien. Derrière, les grognements s'intensifièrent. Elle n'en avait cure. L'homme appuya l'une de ses mains sur le mur, juste à côté de sa tête. Il était plus grand qu'elle, à son grand dam. Elle détestait qu'on la domine de quelque façon que ce soit.

Intérieurement, le capitaine jubilait. Il avait bien fait d'écourter ses réflexions sur sa trouvaille pour venir vérifier les alentours de la cellule. Il remercia mentalement ses marins pour avoir stoppé la gamine dans sa progression. Pour une fois que leur libido intempestive servait à autre chose qu'à réveiller les autres et déclencher au passage des batailles dans les dortoirs... des fois, il se disait que ses hommes pouvaient franchement manquer de maturité. Il revînt à sa nouvelle captive. Elle le fixait toujours de ses yeux aussi froids qu'un regard pouvait l'être. Il s'aperçut brusquement qu'il avait omis de lui entraver les mains. Il y remédia assez rapidement pour empêcher la jeune femme de se servir de son poignard. Elle ne lâcha malgré tout pas ce dernier. Law lui tordit le poignet jusqu'à entendre le son caractéristique d'une lame qui tombe au sol. Aucun plainte n'était sortit des lèvres fines, au grand dam du chirurgien qui, par cette simple torsion, avait déjà extorqué à bien des gens leurs secrets. Ça ne suffisait pas avec cette gamine a priori. Qu'à cela ne tienne. Le chirurgien connaissait bien d'autres moyens de faire parler quelqu'un.

-Tu me suis et tu te la fermes.

-Et si je n'en ai pas envie ?

Peu désireux de continuer à blablater, Law appuya sur un des points stratégiques qu'il connaissait, lui faisant perdre connaissance. Vive la médecine, et youpi ! Il chargea le corps sur son dos, remarquant au passage à quel point il était frêle. Il l'emmena dans une des salles de chirurgie alentours et l'attacha sur la table de métal. Il s'installa ensuite calmement et attendit qu'elle reprenne ses esprits. Pendant ce temps, il s'amusa avec le couteau qu'elle avait voulu utiliser contre lui. Jusqu'à remarquer les gouttes rouges tombées au sol, provenant de la lame. Il ne lui fallut pas longtemps pour rassembler les pièces du puzzle. Il fonça immédiatement vers la cellule d'Eyréré.

Elle était adossée au mur, tombée à terre. Ses mains pressaient la plaie, sans parvenir à contenir le flot de liquide vital qui s'en échappait pour former une flaque rouge. Elle avait mal. Et même super mal. Mais bordel de merde des putains de burnes du putain de con qui avait eu la putain d'idée d'avoir pour gosse une psychopathe pareille ! Elle approchait de plus en plus de la fin. Elle ne pouvait même plus ouvrir les yeux. Elle qui s'était si longtemps demandé de quelle manière elle mourrait... dans son état de semi-conscience, elle entendit la porte s'ouvrir. Elle venait finir le travail ? Peu probable. Ça ne lui ressemblait pas. Elle ne voyait plus rien. Elle se sentit transportée, puis qu'on la déshabillait. Quelque chose lui brûla le ventre. Ensuite, ce fût le noir. Juste avant, Eyréré eut le temps de penser qu'en fait, elle survivrait. Dommage pour la gamine.

Law sortit de la salle d'opération. La petite n'avait pas manqué son coup. En fait, si il n'avait pas trouvé le poignard et fait le rapprochement, Eyréré y serait passée. Elle en aurait probablement pour au moins une semaine de convalescence. Il devait interroger la gamine. Savoir pourquoi elle avait fait ça. Savoir ce qu'elle était vraiment. Savoir si, oui ou non, elle avait un rapport avec la mort de ses compagnons. Et donc savoir si il devrait la punir. Savoir si il devrait la tuer.

Nyri tira sur les liens métalliques. Peine perdue. Elle s'en voulait de s'être laissée prendre comme ça. C'était la première fois que cela lui arrivait, et cela lui déplaisait sérieusement. Prudent, l'autre lui avait soigneusement lié poignets et chevilles aux quatre pieds de la table de métal. Elle ne pouvait pas atteindre la moindre de ses armes. Elle détestait être en position de faiblesse. Des pas. La porte s'ouvrit, laissant passer quelqu'un avant de se refermer. Il un son indiqua qu'il s'adossait, soit au mur soit à la porte. La voix qui s'éleva marqua clairement à qui elle avait affaire. Le capitaine.

-Tu n'as pas manqué ton coup tu sais. Elle a faillit y passer.

-Pourquoi l'avoir sauvée ?

-Pourquoi l'avoir poignardée ?

-Vous n'avez pas répondu à ma question.

-Toi non plus.

-Vous d'abord.

-J'estime que les réponses à mes interrogations sont prioritaires.

-Dans ce cas nous allons avoir un problème.

Elle sentit un sifflement dans l'air puis un liquide chaud sur son ventre.

-Il me semble que le problème est résolut. Réponds.

Elle resta silencieuse. Nouveau sifflement, nouvelle coulée. Toujours sur le ventre. Elle serra les dents. Supporter la douleur, se taire, ne pas montrer la moindre faiblesse. Elle récita plusieurs fois cette phrase mentalement, tel un mantra. L'homme là-bas n'attendait que cela. Il attendait qu'elle baisse sa garde. Elle n'avait pas prévu qu'il commencerait à raconter.

L'autre avait dû lui raconter avant leur partie de jambes en l'air de tout à l'heure. Sinon, comment aurait-il pu savoir ? Peu pouvaient le mettre au courant. Peu la reconnaîtrait, pour commencer. Ensuite, peu se souvenaient. Il n'y avait qu'elle, l'autre et les quelques rares personnes qui s'intéressaient à elle en ce temps là. Furieuse, les poings serrés, elle supporta le récit de sa propre existence. Quand le chirurgien eut terminé, elle l'aurait sans remords balancés au fond de l'océan, quitte à y perdre la jolie somme qu'il y avait sur sa tête.

Law regardait le visage inexpressif. Elle n'avait pas bronché quand il était entré, alors qu'il savait pertinemment qu'elle l'avait entendu. Elle n'avait pas bronché quand il l'avait coupée. Maintenant, elle ne montrait toujours rien. En revanche ses yeux étaient autrement plus démonstratifs. De la haine. De la rage. De la colère. Tourné contre lui ? Probablement. Contre sa tante qui avait vendu la mèche ? Certainement. Contre autre chose ? À voir. Une idée naquit soudain dans son esprit tordu.

-Est-ce que tu voudrais faire temporairement partie de mon équipage ?

-Jamais.

-Tu seras libre. Mais je conserverai tes armes.

-Vous êtes sourd ?

Le capitaine des Heart soupira. Il se doutait qu'elle serait difficile à convaincre. Il ouvrit une des armoires de verre et en sortit de l'alcool avec du coton. Elle ne put retenir un mouvement de recul quand elle le vit s'asseoir à ses côtés avec les outils. Elle ne cria pas quand la brûlure du désinfectant envahi son ventre.

Une fois soignée, Law l'avait forcée à avaler un somnifère. Profitant de son sommeil, le chirurgien explora son corps du regard. Son visage conservait quelques rondeurs enfantines. Il n'était pas désagréable à regarder, mais banal pour une habitante de Spiran, de même que la teinte cannelle de sa peau. Les lèvres fines s'entrouvraient sur des dents d'un jaune très pâle. Le plus marquant sur son visage restait ses yeux. Les paupières closes sous des sourcils noirs ne laissaient rien voir du regard ambré qui filait habituellement entre les longs cils noirs. Avec sa chevelure d'un noir de jais, épaisse et ondulée, ses yeux étaient probablement ce qu'elle avait de plus beau. Le chirurgien laissa son regard descendre le long du cou. Les lanières de cuir l'empêchaient toujours de voir. Il les dénoua délicatement, laissant voir le fin et gracieux pilier de chair. Lorsqu'il acheva de retirer les protections, son œil capta une marque blanche tranchant sur la peau. Le début d'une cicatrice. Curieux, Law se dirigea vers les autres liens de la même matière, vers les mains de l'adolescente. Il entreprit à nouveau de libérer les chairs. Les mains étaient de taille normale pour une jeune femme, avec des doigts souples. Elles étaient légèrement calleuses, comme celles de la plupart des personnes utilisant des armes. Il y avait là encore d'autres marques. Le capitaine retira la sécurité des bracelets métalliques qu'elle portait près des coudes dans un claquement sec et les déposa plus loin. Il fît remonter le tissu fluide jusqu'à l'épaule, où le débardeur de cuir qu'elle portait coinçait les manches. À plusieurs endroits ses bras avaient été coupés par des lames, les blessures laissant des cicatrices blanchâtres. Il vérifia de l'autre côté. Il en était de même. Ce qui l'inquiétait, c'était que seule une partie de ces marques semblait avoir été faite lors d'un entraînement. Les autres étaient des coups portés volontairement, dans le but de blesser, de marquer à tout jamais.

-Que me caches-tu, Nyri Rohk ?

Eyréré se retrouva là-bas, sur le navire du cirque. C'était si étrange. Elle n'y était pas revenue depuis que sa poursuite de Nyri avait commencé, deux ans auparavant. Deux ans à parcourir les océans pour retrouver cette fichue gamine, deux ans à la croiser tant de fois qu'elle ne les comptait plus, deux ans à voir l'enfant lui échapper. Deux années complètes. Elle retrouva l'ambiance colorée, les joies du passé, comme si elle n'avait jamais quitté ces lieux. Les acrobates s'exerçaient, déclenchant les rires de la galerie quand il manquaient l'une de leurs pyramides. Des jongleurs argumentaient dans un coin à propos de si les quilles étaient oui ou non plus simples à manier que les balles. Un cracheur de feu se faisait enguirlander par le maître coq pour avoir brûlé une partie du repas. Les voiles multicolores se gonflaient de vent, partout les gens s'interpellaient, discutaient, construisaient, préparaient tout pour une prochain escale et les spectacles qu'elle incluait. Des plumes multicolores tombaient du ciel. Elle voyait tout depuis son perchoir, c'était même elle qui les lançait ces plumes, les envoyant voler depuis la vigie pour annoncer l'île suivante. Il y avait aussi ces autres plumes, ces plumes qu'elle n'avait pas le droit de toucher. Ces plumes dont elle ne devait jamais approcher. Et puis... ce sourire. Ce sourire radieux. Les images commencèrent à reculer brutalement, comme s'éloignant vers un futur qu'elle n'aurait jamais. Bientôt, seul le noir l'entoura.

La voyante tenta de se relever. Elle tremblait encore. Cela faisait bien longtemps que ses souvenirs ne lui étaient pas revenus ainsi. C'était douloureux, mais aussi incroyablement heureux. Elle avait mal, mais elle se sentait si bien. Sans savoir pourquoi, elle éclata d'un rire totalement fou, le rire d'une folle. Ou tout du moins, le rire d'une personne malsaine.

Elle riait, dans une chambre, après une opération. Dans un couloir pas loin deux partenaires reprenaient leur souffle. Et dans une pièce à l'écart, un pirate commençait à réveiller des choses qui n'auraient jamais dû l'être.


Alors? Comment l'avez-vous trouvé?

Nul, comme d'habitude. *baille*

Tu pouvais pas rester dans ton lit et faire une bonne sieste?

Si, mais t'embêter est bien plus intéressant.

Tu n'as rien d'autre à faire de ta vie?

Non *grand sourire*

*déprime totale* Bon... si le coeur vous en dit, laissez une petite review... moi j'ai une déprime à alimenter...