Bonsoir tout le monde! Heureuse de vous retrouver pour un nouveau chapitre! Vos reviews m'ont fait super plaisir! Je suis contente que le chapitre vous ai plu. Au passage, je tiens à préciser que je suis tout a fait d'accord avec Kyona-sama et Mufy à propos de Law. Et aussi que je l'empêche de poursuivre mon gentil petit mouton noir! Vole Shauny, vole!

Ferme-la, j'veux pioncer!

Déjà?

IL EST PRESQUE UNE HEURE DU MATIN ************************!

Bah alors qu'est ce qui te prends de crier pareilles vulgarités? Tch, aucunes manières.

... (inspire, expire)

Ouah! Tu sais respirer! Bravo!

(sérieusement en pétard) CETTE FOIS JE VAIS ME LA FAIRE ********!


Law sifflotait. Il était satisfait de lui. Pour le matériel qu'il avait en sa possession, il s'était bien débrouillé. En plus il savait que les femmes comme Eyréré vivaient de leur fierté autant que de leur réputation de femme libre et dominatrice. Si jamais elle envisageait de se rebeller, il avait de jolies preuves de la soumission de la jeune femme. Le seul problème était maintenant de ramener la jeune Rohk à la normale. Le capitaine repensa soudainement à ce qu'elle avait essayé de faire lors de leur première entrevue et se dit que, finalement, elle était mieux dans son état actuel. Non pas qu'elle puisse un jour réussir à attenter à la vie du si parfait supernova. Seulement il n'appréciait pas particulièrement d'avoir une professionnelle de la dissimulation doublée d'une archère hors pairs qui se promenait dans son sous-marin avec la ferme intention de le ramener au quartier général de la Marine. La solution s'imposa d'elle-même : il allait la mater comme il l'avait fait avec sa tante. Et la faire surveiller. C'est sur cette dernière réflexion que Trafalgar Law pénétra dans la pièce où il avait laissé son assistant en compagnie de la jeune femme. Il se figea devant la scène qui se déroulait sous ses yeux.

Kory ne se releva pas quand il entendit la porte s'ouvrir. Il ne voulait pas quitter les prunelles brûlantes de sa vieille amie. Elle ne semblait pas contre et le fixait même avec une certaine douceur. Ils ne bougeaient pas. Ils ne parlaient pas. Et pourtant ils s'étaient tout raconté.

Pour beaucoup, tout dire c'est décrire la vie qu'on a eu entre le dernier contact et les retrouvailles. Enjoliver des faits parfois, en aggraver d'autres, expliquer les différentes phases traversées, partager ce que l'on a vu durant le temps écoulé. Entre Nyri et Kory, c'était différent. Ça l'avait toujours été. Depuis le premier instant où ils s'étaient intéressés l'un à l'autre jusqu'à aujourd'hui, ils avaient toujours procédé de même. Semblables dans leur différence, ils pensaient d'une manière bien particulière. Le passé n'avait pas d'importance. Dans une simple étreinte invisible des âmes, ils effaçaient leurs actes anciens. Dans un simple regard, ils supprimaient la peine comme le bonheur, la colère comme la peur. C'était tout ce qui comptait. Chez eux, tout dire signifiait tout effacer. Comme des pans de vie qui disparaîtraient dans un néant inconnu. Pour un être extérieur, ces échanges oculaires pouvaient prêter à confusion. Remarquez néanmoins qu'ils ne s'éloignaient jamais beaucoup de la vérité. C'est ce qui arriva avec Law.

Le pauvre capitaine resta immobile face à la scène. Une part de lui ne savait pas comment réagir à ça. L'autre moitié de son être réfléchissait déjà à la meilleure manière de punir son jeune compagnons. Il en bavait d'avance (NDA : je sens que des tas de gens me lynchent de derrière leur écran pour avoir osé salir l'image de leur cher Law).

-Je ne dérange pas j'espère ?

-Capitaine, puis-je la ramener dans ses quartiers puisqu'elle est calme maintenant ?

-Vas-y. Pont C, cabine 7. Ensuite tu passeras me voir dans la cabine d'observation.

Kory se pinça les lèvres. Honnêtement, il avait un peu peur. Son capitaine n'était pas un tendre, ce n'était un secret pour personne. Lui n'avait encore jamais eu droit à une punition. Il détacha son amie, qui se releva immédiatement. Il remarqua qu'elle chancelait légèrement. Encore faible... il se prépara à la réceptionner si jamais elle tombait. Elle ne devait pas le remarquer. L'un des grands défauts de Nyri, ou l'une de ses plus grandes qualités selon le point de vue, était sans conteste sa fierté sans égale. Il en profite pour la jauger du regard. Elle avait grandit depuis la dernière fois, maigrit aussi. Ses gestes étaient plus gracieux, plus fluides qu'à l'époque de la gamine hésitante. Il ne voyait que partiellement son visage, tourné au quart vers lui, mais pouvait affirmer sans se tromper que lui aussi s'était affiné. Les longues jambes découvertes étaient musclées. Ça en revanche c'était normal. Déjà du temps du cirque elle était constituée avec le minimum syndical en graisse. Non pas que cela dérange le jeune pirate. Après tout, il avait toujours préféré les femmes fines. Elle le laissa passer devant pour qu'il lui montre le chemin.

Nyri sentait son cœur battre à cent à l'heure. Elle n'avait pas revu Kory depuis deux ans, et dieu qu'il avait changé ! Le mystérieux trapéziste s'était métamorphosé en étrange pirate. L'uniforme masquait ce corps qu'elle connaissait sur le bout des doigts, au sens propre comme au figuré. Il dégageait maintenant une aura plus forte. Il s'était longuement entraîné, elle le savait. Ses épais cheveux châtains avaient été coupés et formaient maintenant une sorte de crinière broussailleuse autour de son visage. Ce dernier s'était virilisé, et Nyri remarqua que ses joues n'étaient plus aussi imberbes qu'avant, même si il se rasait. Ses yeux aussi s'étaient durcis au contact de la piraterie. Toujours aussi noirs qu'une nuit d'orage, il observaient le monde avec indifférence. Son teint était plus hâlé que quand elle l'avait connu, sans être aussi sombre que sa peau à elle. Il n'avait pas vraiment grandit par-contre. Il ouvrit une porte de métal et la fit entrer dans une petite pièce. Le mobilier se composait d'un lit simple, d'une armoire, d'un bureau à deux tiroirs et d'une chaise. Le tout en métal et vissé au sol. Elle ouvrit les portes de l'unique rangement. L'intérieur était séparé en deux parties égales, avec un grand casier à gauche et trois tiroirs à droite. Il y avait deux étagères au-dessus du casier, autant au-dessus et en-dessous des tiroirs. Le battant de gauche comportait un miroir. Le lit n'avait rien de particulier, la chaise et le bureau non plus. Une seule lampe éclairait toute la pièce. La jeune femme remarqua également que des crochets étaient attachés à différents endroits du mur.

-Ce seront tes quartiers pour toute la durée du voyage. Tu as des affaires ?

-Un sac plus mes armes. Ton capitaine m'a tout prit.

-Tes armes. Pas ton sac.

-Où est-il ?

Son vieil ami se pencha sous le lit et en tira une grande besace de cuir brun. Il la lança à son amie, qui faillit tomber sous le choc. Pas de doute, c'était bien le sien. Elle sentait les objets à l'intérieur. Elle vérifia le contenu, et constata qu'il manquait une partie de ses affaires.

-Je t'ai pris tes armes. Question de précaution.

-Comment l'as-tu trouvé ?

-J'ai su que tu étais à bord bien avant le reste de l'équipage. Je te connais par cœur. Ça n'a pas été bien difficile.

Nyri retînt une grimace de dépit. Malgré le temps qui passait, elle était toujours aussi transparente pour lui. Il se retira. Elle entendit le son d'un loquet derrière la porte. Là-aussi, il la connaissait bien. Elle soupira et commença à faire l'inventaire de ce qu'on lui avait laissé. En premier, les vêtements. Elle n'en avait pas beaucoup, donc elle pu les ranger rapidement sur les étagères, à l'exception des sous-vêtements qu'elle dissimula dans les tiroirs. Au passage, elle retira du sac une tenue particulière. Cette dernière était constituée d'un bustier noir orné d'arabesques dorées s'achevant avec une jupe noire courte et simple, avec une fente sur le côté gauche. Un col doré s'achevait par un collier pour l'instant ouvert. Sa première tenue de scène. Avec le temps, elle l'avait agrandie pour pouvoir la conserver. Elle n'avait jamais eu le courage de s'en séparer. Elle entendis cliqueter les bracelets qui allaient avec au fond du sac. Elle prit le tout et l'isola dans un tiroir particulier qu'elle ferma soigneusement, en compagnie d'un autre objet conservé dans une boîte de bois poli qu'elle n'ouvrit même pas. Ensuite elle tomba sur deux livres qu'elle prenait pour s'occuper à l'occasion. Ces derniers trouvèrent leur place sur l'une des étagères, de même que sa pierre à aiguiser et son matériel d'entretien du cuir que Kory avait eu la délicatesse de lui laisser. Sans son arsenal, son sac pesait moins lourd. Elle tomba sur un dernier élément et remercia intérieurement le pirate. Il lui avait en effet gentiment conservé son armure complète. Elle caressa doucement le plastron et les jambières, seuls éléments qu'elle conservait en permanence afin de pouvoir se mouvoir plus facilement. Le reste se constituait d'une large ceinture censée lui recouvrir tout le ventre et de plaques trouvant normalement leur place sur ses bras et ses épaules. Elle sortit toutes les pièces, récupéra son nécessaire d'entretien et jeta le sac dans le grand casier avant de refermer l'armoire. Elle s'aperçut avec plaisir que cette dernière était dotée d'une serrure. Elle verrouilla l'armoire et s'installa sur son lit pour commencer son travail de vérification et réparation de ce qui devait la protéger. Son instinct lui soufflait qu'elle en aurait bientôt besoin.

La cabine d'observation étaient en réalité une seule pièce gigantesque située à l'avant du sous-marin. Sur les murs de métal étaient attachés de grands casiers métalliques dans lesquels étaient conservées les cartes marines, instruments de navigation inutilisés, Eternals Poses, plus quelques livres de géographie et biodiversité marine. Ceux d'en bas cachaient également des armes. Un grand bureau trônait sur une estrade, un fauteuil permettant d'accueillir l'arrière-train du travailleur prêt à recevoir ledit fessier. Seuls le capitaine et le navigateur avaient le droit de s'asseoir dans ce fauteuil.

Si l'on exceptait la partie réservée au travail, le reste avait tout d'un salon enchanteur. Le métal ne composait que le tiers des murs de la pièce. Le reste était une immense baie vitrée à sextuple vitrage et armatures d'acier, transparente grâce aux soins quotidiens dont elle faisait l'objet. Grâce à elle on pouvait distinguer tout obstacle et observer la vie sous-marine. Chaque nouvel arrivant ne pouvait s'empêcher de s'émerveiller devant pareille splendeur. Pour mieux en profiter, la part prévue pour la détente et les discussions avait été spécialement aménagée. De moelleux tapis recouvraient le sol, des fauteuils et des poufs avaient été disposés à travers cette part de la pièce autour de petites tables de bois. Les vis qui les retenaient au sol en cas de manœuvre brutale avaient été soigneusement masquées. Tout avait été fait dans des tons bleus, gris et verts. De petites lampes reposaient sur chaque table. La place d'honneur était composée de deux fauteuils face à face, une table carrée entre eux. Ces deux fauteuils surpassaient tout les autres en taille et en confort. C'était là que s'installait le capitaine quand il voulait discuter. Et par « discuter », entendez « manipuler ».

Le capitaine était d'ailleurs debout face à la grande baie quand Kory entra. Il avait congédié tous ceux se trouvant dans la pièce et patientait paisiblement, le regard perdu dans l'immensité bleue de l'océan. Toutes les lumières avaient été éteintes, et c'était tout juste si Kory pouvait distinguer les formes des objets dans la pénombre. La seule source de luminosité était la baie vitrée. Sans les lampes, la mer régnait dans la salle. Des reflets bleuâtres jouaient sur les murs et le sol, créant une atmosphère irréelle. Quand son subalterne entra, Law désigna tout simplement l'un de ces deux fameux fauteuils et attendit de l'entendre prendre place pour se retourner. Kory pensa alors que son capitaine était aussi inquiétant que beau.

Le jeune homme était hétéro. À cent pour cent. Cela ne l'empêchait pas de trouver le chirurgien de la mort absolument magnifique dans ce contre-jour. Quand Law s'assit face à Kory, la première impression de l'ancien artiste ne fît que se confirmer.

Une fois calé dans son fauteuil Law croisa les mains, posa ses coudes sur ses genoux écartés, et fia longuement la mystérieuse personne qui se trouvait devant lui. Il semblait mal à l'aise, mais calme. Une contradiction que le supernova avait déjà remarquée chez cet individu, dès le jour où il l'avait embauché. Maintenant, à cette contradiction, s'ajoutait la désagréable impression de totalement ignorer qui il était. Law fît durer cette observation silencieuse. Il savait d'expérience que cela mettait d'entrée de jeu sa victime mal à l'aise. Les règles de ce jeu, il les connaissait par cœur. Il se décida à prendre la parole.

-C'est surprenant que tu connaisses aussi bien ma prisonnière.

Kory déglutit. Pour l'instant, le capitaine ne semblait pas trop en colère. Un point positif s'ajouta au « compteur de bonne humeur du capitaine par Kory ». Peut être qu'il allait s'en tirer avec tous ses membres au final.

-Et si tu me racontais toute la vérité ? À commencer par ton nom d'ailleurs.

Le compteur retourna brutalement à zéro dès la première phrase de Law, pour finir largement dans le négatif quand il eut terminé de parler. Le jeune homme voyait ses chances de s'en tirer entier s'envoler à tire d'aile, les sales fuyardes. Le mieux restait encore de parler.

-Je n'ai pas mentis. Du moins pas totalement. Kory est mon surnom, mais Sork Eïren est bien ma véritable identité. Quand je suis arrivé, j'ai affirmé venir de West Blue. Ce n'est pas vraiment un mensonge, puisque le bateau où j'ai vu le jour se trouvait à ce moment sur une île de cet océan. Enfin, j'ai affirmé être tireur. En vérité, avant de venir ici, j'ai été dans un cirque. C'est là-bas que j'ai appris à tirer. Voilà.

-D'où connais-tu la gamine et quelle est votre relation ?

-Disons que c'est compliqué.

-Je pense pouvoir comprendre, répondit Law en souriant.

Ses yeux lançaient des éclairs. Kory sentait qu'il s'enfonçait de plus en plus. Adieu la santé, bonjour l'invalidité.

-Je voulais dire que ça serait long à raconter.

-Vas-y, j'ai tout mon temps (c'était un mensonge, mais Law n'en est plus à ça près. En plus il a vraiment envie de savoir la suite, le bougre !). Surtout, n'omet aucun – il appuya sur ce mot – détail.

Après une prière mentale à toutes les divinités existantes, y compris les démons, Kory se lança dans le récit de cette longue histoire. (quelqu'un a du pop-corn ?)

-Je suis né sur le bateau-cirque « La piste océane ». Déjà à l'époque de ma venue au monde, le navire comptait de dizaines d'artistes et d'animaux de tout poil. Les numéros étaient très appréciés des voyageurs, nous avions même des contrats avec les grandes compagnies de voyage. Pour chaque représentation, le pont entier était transformé en piste et en avant la musique ! Mes parent s'étaient rencontrés à bord. Nous étions trapézistes. J'ai toujours vécu à bord. Mes souvenirs de l'arrivée de Nyri sont très vagues. J'avais seulement trois ans à l'époque, mais on m'a tout raconté.

La mère et la tante de Nyri sont arrivées un beau matin, sans prévenir. Elle était encore un bébé transportée dans un paquet de linge. Le magicien du navire a expliqué à tous que l'enfant était de lui et que leur maison avait brûlée avec le reste de leur famille.

-Décris-moi un peu cette famille.

-Le magicien, Drayn, était un homme de haute taille très mince. Je me souviens de ses cheveux noirs toujours ébouriffés et de ses grands yeux dorés. Il avait des doigts agiles et son grand plaisir était de grimper dans les haubans. Il avait un esprit aventureux, libre et courageux. Il possédait également une astuce et un sens de l'improvisation qui permettaient de compenser son intelligence conventionnelle. Eyréré Rohk était jolie, sans plus, mais avait un certain talent pour le lancer de couteaux qui facilita son intégration. Elle était également une manipulatrice hors pairs. En revanche, elle faisait pâle figure à côté de Nylaré Rohk.

La mère de Nyri ne possédait pas de talent ou de caractère particulier. Elle n'était pas plus intelligente que n'importe qui, dansait et chantait correctement sans plus. En fait, elle était un peu plate et naïve comme femme. Les seuls choses la distinguant étaient son cœur d'or doublé d'une grande sensibilité et sa beauté. Elle était probablement l'une des plus belles personnes sur cette terre. De taille légèrement supérieure à la moyenne, elle était fine sans être maigre. Elle avait de longues jambes, des hanches pleines, une silhouette harmonieuse et un décolleté bien rempli dans lequel louchaient souvent les hommes. Sa peau de cannelle répandait des saveurs fruitées sur son passage. Son visage au bel ovale disposait de traits fins, et autour de lui ondulaient de longues mèches d'un noir de suie. Des sourcils fins et naturellement arqués surmontaient des yeux en amande du plus beau bleu qu'on ait jamais vu, des yeux dans lesquels on retrouvait toutes les mers du monde. Pour finir, personne ne pouvait la quitter du regard quand ses lèvres pulpeuses s'ouvraient dans un éclat de rire sur ses dents de perles. Et quel rire ! Une source pure et claire dans laquelle n'importe qui aurait voulu s'abreuver.

Il fût décidé qu'Eyréré irait avec les jongleurs tandis que Nylaré assisterait celui avec qui elle était maintenant mariée.

-Je ne comprend pas une chose. Pourquoi Nyri porte le nom de sa mère ?

-Nos lois ne sont pas les mêmes. Sur les navires-cirques, la loi qui règne est différente. Nous faisons justice nous-même, nous marions le plus souvent entre nous. Nos mœurs sont également différentes. La femme qui se marie conserve son nom, l'enfant choisit lui-même son patronyme.

Pour en revenir à la famille Rohk, les premiers temps furent simples. Le premier souvenir véritable que j'ai de Nyri est celui d'une petite fille presque maigre assise dans un coin, les larmes aux yeux. Elle ressemblait à ses deux parents. Elle avait son charme à sa façon. Sa peau était aussi foncée que celle de sa mère, ses cheveux également. Elle avait les lèvres et le nez de son père, ses iris, la forme des yeux et du visage de sa mère. Les bras fins et les longues jambes maternelles, la maigreur paternelle. Pour le reste, elle avait prit de son père. Aussi inventive et aventureuse que lui, elle passait beaucoup de temps à grimper seule et à explorer les moindres recoins du bateau. Malheureusement, elle avait la faiblesse d'esprit de sa mère. C'est ce que j'ai cru dans un premier temps. C'était une solitaire. Les autres ne lui parlaient pas beaucoup au début, et après c'était elle qui refusait de parler. Nous n'avions que peu d'échanges elle et moi. Je ne la considérais pas comme une amie. Des fois, j'allais lui parler puis je repartais. Et puis, quand elle avait huit ans, il y eut cet incident. Comme mentionné précédemment, Nylaré Rohk était naïve. Personne n'ignorait que Drayn allait parfois voir ailleurs le temps d'une escale ou d'une nuit, sauf elle. Un soir tout changea pourtant. Ce qui s'est passé, je l'ai appris de la bouche de Nyri.

La petite passait son temps à observer le monde. Elle parlait peu, mais voyait bien et beaucoup de choses. Cette nuit-là, Nylaré était de garde auprès des animaux. Insomniaque, Nyri était restée à ses côtés pour la veille. À un moment sa mère voulut aller chercher de quoi se couvrir, ayant froid. Après quelques instants de doute, Nyri décida de la suivre. Elle marchait moins vite et mis donc plus de temps à la rejoindre. Quand elle arriva elle vit sa mère sortir en reculant de la cabine, les larmes aux yeux et un air horrifié collé sur le visage. Pas un cri ne franchit la barrière de ses lèvres, pas un sanglot lui échappa. Nyri sentit que quelque chose s'était brisé en elle, qu'elle avait comprit un secret affreux. Sa mère s'enfuit en courant dans les méandres du navire après avoir violemment refermé la porte. Le lendemain, on retrouva le cadavre de Nylaré Rohk dans la vigie, le cœur transpercé par une plume de métal.

Nul n'a jamais su ce qui était arrivé, hormis Nyri et les acteurs de ce drame. Sa mère partie, sa curiosité naturelle avait été attirée par cette pièce qui faisait si peur à sa mère. Avant de retourner monter la garde près des bêtes, la petite jeta un coup d'œil par la fente entre la porte et le chambranle. Elle seule a vu les responsables du suicide de sa mère. Elle vit son père, nu, ronflant paisiblement sur l'oreiller. Et entre ses bras se pelotonnait tranquillement Eyréré.


(essouflée et crevée) C'est vrai qu'il se fait tard. Je crois que je vais aller dodoter. J'espère que vous avez apprécié. Juste au passage: si vous avec aimé, ou si vous n'avez pas aimé, ou que vous voulez la suite, il y a un zouli truc qui fait vachement plaisir à l'auteure: les reviews!

Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz... Rrrr... Zzzz...

(pense) En plus il ronfle... j'suis pas sortie de l'auberge. (avise un verre d'eau chaude puis le gars qui dort) Hum... en fait il y a peut être plus intéressant que dormir (petit rire diabolique).