(baille) Salut tout le monde, me voilà de retour avec (regarde son réveil) DEUX SEMAINES DE RETARD? MAIS POURQUOI TU NE M'AS PAS REVEILLE?
(lève les yeux de son magazine) Tu me l'as demandé?
Bah non mais...
(replonge dans sa lecture) Alors ne t'en étonne pas.
(compte jusqu'à cent tout en répétant "on étripe pas les gens" puis s'incline devant les lecteurs) Je suis tellement désolée! Avec la reprise des cours - et donc des devoirs, gracieusement offerts par ces sadiques de professeurs - je n'ai pas vu le temps passer -enfin, quand j'étais chez moi, parce que dans la salle de classe c'est autre chose -
Tu peux te taire? Il y en a qui lisent ici.
Quelle excellente idée pour une fois! Laissons les lecteurs lire ce nouveau chapitre. Encore une fois avec toutes mes excuses.
Law n'eut pas la moindre réaction. Ça ne l'étonnait pas tant que ça. La femme qu'il avait rencontré était égoïste et intelligente. Les commentaires de Kory, ou Sork selon la manière dont on se positionnait, n'avaient fait que confirmer ce qu'il pensait de cette femme. Elle était tout à faire le genre à coucher avec son beau-frère sans se soucier de ce que ferait sa sœur si elle les trouvait. D'autant que le récit du jeune pirate amenait un éclairage nouveau sur la chose : Eyréré, jeune fille douée et dotée d'une certain intelligence, mais mise au rebut au profit de sa sœur aînée plus belle et plus douce. Un seul détail le chiffonnait.
-Quel âge avait donc Eyréré ?
-Elle ne vous l'a pas dit ?
-Elle peut avoir mentit.
-Voyons... Nylaré avait dix-sept ans à son arrivée avec l'enfant. Sa jeune sœur avait neuf ans d'écart avec elle... donc seulement huit ans. Ce qui nous amène à seize ans lors de l'incident... par conséquent elle est dans sa vingt-quatrième année.
-Hum. Continue ton récit.
-Eyréré exigea que l'on suive les coutumes de leur pays originel pour les obsèques de sa sœur. Nylaré avait vécu plus longtemps sur son île que parmi nous, personne n'y vit donc d'objection. La vie reprit son cours animé. Sauf que Nyri avait changé.
Au début, tout le monde pensait que c'était de la tristesse vis-à-vis de la perte de sa mère. Avec le temps, les autres se sont rendus compte qu'elle ne pleurait plus. Elle parlait encore moins qu'avant. Elle passait des heures à s'éclipser dans un lieu inconnu. Elle n'était plus la même.
J'avais pour coutume de m'exercer au tir dans une petite salle à l'abri des regards. Je pensais que jamais personne ne me trouverait. J'avais tort. Un jour, je trouvais Nyri tranquillement installée, en train de m'observer viser. Je fis comme si elle n'était pas là, mais elle revint. C'est comme ça que jour après jour, mois après mois, elle restait immobile telle une petite poupée à me regarder m'exercer. Elle ne me parla que bien après. À ce moment, sa mère était morte depuis déjà presque un an. Elle ne me demanda qu'une chose : « Apprend-moi ». Encore aujourd'hui je ne sais pas pourquoi j'ai accepté. J'ai donc passé des années à lui apprendre.
-Le combat ?
-Tout. Je lui ai appris la vie comme la mort. Je lui ai enseigné les arcanes du combat comme celles de la sensualité, les arts des soins comme ceux du meurtres. Nous avons entraîné nos corps et esprits ensembles, dans une continuelle lutte l'un contre l'autre. Vous m'avez demandé ce que nous étions l'un pour l'autre. Nous étions amis. Nous étions ennemis. Nous étions amants. Nous étions partenaires. Nous étions tout l'un pour l'autre, mais nous n'étions rien par-rapport à l'autre. J'ai autant appris d'elle que je lui ai enseigné.
-Si j'ai bien compris c'était une sort d'amitié sexuelle doublée d'une rivalité permanente ?
-Non, c'est encore plus complexe. C'est une relation que rien ne pourra jamais décrire, un lien plus fort que tout ce qui existe amour inclut.
-Tu comprends que dans ces circonstances je ne peux te laisser la voir.
-Je le sais. Et je m'en fiche. Je n'ai besoin de la voir pour la sentir.
-Avant que je te punisse, sais-tu d'autres choses intéressantes à son sujet ?
-Il est des choses qu'on ne peut trahir capitaine.
-En ce cas...
Kory se crispa quand Law se leva. Quand la sphère bleue se déploya à travers la pièce, le jeune pirate su qu'il était mal. Très, très mal.
Bepo trouva la captive concentrée sur un travail de nourrissage du cuir quand il arriva. Les morceaux de l'armure parfaitement remis en état avaient été installés sur le bureau tandis qu'elle prenait maintenant soin des lanières de cuir enroulées autour de son cou et de ses bras quand elle partait en mission. L'ours referma la porte et posa son imposant derrière à même le sol. Son travail effectué, Nyri releva la tête vers l'animal.
-Tu viens me surveiller ?
-Non, désolé. Je suis venu te dire que tu as le droit d'aller et venir selon tes souhaits, désolé. Et aussi que tu assisteras l'équipe de ton choix. Le capitaine fait remettre ce plan à chaque nouveau, désolé. Tu es membre temporaire de l'équipage, désolé.
-Merci pour le plan. Pourquoi t'excuses-tu ?
-Désolé.
-Laisse, ce n'est rien.
-Tu as la journée de libre. On s'en va dans moins d'une heure. Désolé. Le capitaine sera dans la cabine d'observation quand tu voudras annoncer ton choix. Désolé.
Sur ce dernier mot, le second de l'équipage sortit de la pièce. Nyri consulta le plan. Le sous-marin était organisé en plusieurs parties. À l'avant, une grande pièce d'observation. Le reste était divisé en quatre niveaux, ou ponts – A, B, C, D – eux-mêmes divisés en deux par un long couloir. D'un côté, les cabines pour l'équipage ou dortoirs. De l'autre, les réserves, la salle d'eau, les salles d'opération et de repos, les infirmeries pour les petits bobos. Le dernier niveau, le niveau E, était réservé aux machines. Pour le reste elle constata que chaque pont possédait une salle spéciale à l'arrière. Salle à manger s'étalant du niveau B au niveau C, salle d'entraînement au niveau D, espace spécial grands-blessés pour le A. Elle devait encore déterminer son équipe. D'après les horaires, la journée était divisée en six périodes de quatre heures. De deux heures du matin à six heures officiait l'équipe Bêta. L'équipe Zêta prenait la suite entre six heure et dix heures. Puis l'équipe Kappa jusqu'à quatorze heure. Ensuite l'équipe Xi, de quatorze à dix-huit heure. L'avant dernière était l'équipe de dix-huit heure-vingt-deux heure, le groupe Sigma. La toute dernière, celle qui faisait vingt-deux heure deux heures du matin, était l'équipe Oméga. C'est cette dernière qui tentait le plus la jeune femme. Au moins, ça ne perturberait pas son équilibre naturel. Depuis sa toute petite enfance elle avait préféré la nuit au jour. Elle devait encore décider si elle choisissait la section de surveillance, celle de cuisine, l'entretien ou les machines. Après une légère hésitation, elle décida d'opter pour les machines. La jeune femme se leva et ouvrit l'armoire pour fouiller dans son sac avant de se souvenir qu'elle n'avait plus d'arme. Pas le moindre petit couteau. Elle jeta un coup d'œil critique à son reflet pour la première fois depuis un moment. La situation était pire que ce à quoi elle s'attendait. Elle n'avait pas pris de bain véritable depuis une éternité. En fait, elle avait cessé de faire attention à son apparence après la prise de cet étrange pirate... elle ne se rappelait plus de son nom. Elle avait dû jouer de ses charmes pour l'approcher. En revanche, la mission achevée, elle s'était plongée à corps perdu dans la traque d'autres individus plus ou moins fréquentables sans un seul instant de répit. En cherchant bien, elle remit la main sur son nécessaire de toilette. Elle ne prenait à chaque fois que le strict minimum : une brosse à dents, une autre pour les cheveux, une paire de ciseaux, du savon. Suivant le plan, elle se rendit à l'unique salle d'eau du niveau. Elle devrait la partager avec ceux qui ronflaient dans leurs hamacs à l'heure actuelle. Une fois dans la pièce, elle se dévêtit et s'installa sous un jet froid pour commencer. Elle se frotta jusqu'à être impeccable, puis s'assit après avoir augmenté la température de l'eau. Sa lourde crinière noire se répandit en arabesques sombres sur son dos. Elle caressa doucement les cicatrices formant un motif étrange et harmonieux sur son ventre. Après une bonne dizaines de minutes à se détendre sous le jet brûlant, elle coupa l'eau et se plaça face à un miroir. Elle coupa les pointes fourchues de sa chevelure et tailla ses ongles, puis entreprit de se sécher avec l'une des serviettes mises à disposition des marins. Elle avait tout son temps. Au fond, si des gens rentraient, en quoi c'était grave ? Ça lui prit du temps avant que toute l'eau qui imbibait sa crinière ne parte. Elle commença alors à la brosser énergiquement. Une fois satisfaite du résultat, elle récupéra ses affaires et traversa le couloir pour retourner à sa cabine. Sous le regard médusé d'un pauvre marin qui cru qu'il dormait encore. En même temps, ce n'est pas tout les jours qu'on voit une jeune fille nue passer devant vous. Une fois dans la cabine elle fit une chose qu'elle n'avait pas non plus faite depuis très longtemps. Trouver des vêtements propres. Chose impensable. Heureusement que l'équipage disposait d'une laverie ! Elle enfila tout de même une brassière et un shorty, histoire de ne pas se promener totalement nue. Pendant que ses vêtements se lavaient, elle prit le parti d'aller faire part de sa décision à Law.
Le capitaine se reposait tranquillement, sa tâche accomplie. Il y avait été doucement cette fois, de peur d'abîmer le mobilier. Mine de rien, ça coûtait cher à remplacer une fois hors service ! Il avait juste malaxé un peu le cœur du jeune homme avant de lui démettre et lui remettre en placer plusieurs articulations. Il lui avait également brisé trois côtes. Rien de bien grave en somme. La porte s'ouvrit sur sa nouvelle membre d'équipage. Quand elle se planta face à lui, il se rendit compte d'un léger détail. Mais alors, très léger le détail, plus qu'une plume. Elle était en sous-vêtements.
-Oméga. Les machines.
-Si tu veux. Aurais-tu l'obligeance de ramener ton ami dans son dortoir ? Il t'indiquera la route.
Elle se dirigea vers son compagnon et l'aida à se relever. Quand elle se pencha en avant, Law admira sa chute de rein, une vue plutôt agréable. Elle l'obligea à passer un bras au-dessus de ses épaules et l'emmena. Elle ne semblait pas devoir fournir le moindre effort, mais Law la voyait trembler imperceptiblement sous la charge qu'elle soulevait. Elle n'était pas encore totalement remise. Se désintéressant momentanément de la jeune fille sous peine de vouloir lui venir en aide, ce qu'elle n'apprécierait pas, Law reporta son attention sur les menus détails. Comme la destination, ou l'état de son moyen de transport. Le sous-marin faisait route vers son objectif désormais, et si l'équipe de maintenance ne s'était plainte d'aucun souci particulier, une avarie restait à craindre en permanence.
Une fois Kory installé dans son hamac, Nyri retourna à son linge. En le pliant elle se rendit compte qu'entre sa captivité et ses crises, elle n'avait pas encore effectué le moindre entraînement en plus d'une semaine. Chose impensable pour quelqu'un dont le métier dépendait de la forme physique. Elle s'habilla plus conventionnellement avant de se rappeler qu'elle n'avait plus d'arme. Nada. Noweyn (1). Que dalle. Aujourd'hui, il faudrait se contenter d'exercices à mains nues. Se servant de son plan, la jeune femme se dirigea vers la salle d'entraînement la plus proche. Actuellement, quelques pirates s'y exerçaient. Son entrée fût saluée par des murmures auxquels elle ne prêta pas attention. Elle se demandait encore par quoi elle allait commencer quand elle aperçut un étrange engin dans un coin. C'était un bloc métallique, vissé au sol, doté de plusieurs boutons et curseurs différents. Il y avait également une fente étrange. Elle hésita à peine un instant avant de demander aux marins
-Qu'est-ce que c'est ?
L'un d'entre eux, doté d'une intéressante casquette sur laquelle était noté « Penguin » lui répondit que cela servait à diffuser de la musique durant les entraînements pour ceux qui préféraient travailler avec. Il lui en expliqua brièvement le fonctionnement, achevant son exposé par un bref « le capitaine l'a fait installer il y a peu ». Nyri était fascinée par l'engin, tant elle avait été éloignée de la technologie. Maintenant qu'elle y réfléchissait, cet endroit était bourré d'éléments nouveaux auxquels elle n'avait jamais prêté attention. Durant les deux années passées, elle s'était totalement détachée de son ancien intérêt pour la mécanique et les avancées technologiques. À présent elle voyait tout ce qu'elle avait manqué. Elle tripota la machine jusqu'à trouver une chanson qui lui convenait. Elle entama alors des mouvements de plus en plus rapides.
Penguin était fasciné par l'étrange danse de cette étonnante jeune fille. Du haut de ses dix-sept ans, elle faisait déjà preuve d'une force manifeste. Et surtout, d'une vitesse incroyable doublée d'une souplesse hors-normes. Elle avait sélectionné un morceau violent au rythme rapide, nouveau-né d'une de ces récentes vagues de musique bruyante qui peinait encore à s'installer dans un monde où beaucoup restaient enfermés dans la monotonie et la douce banalité. Malgré l'extrême rapidité de l'archère, le pirate parvint à distinguer une forme de combat dans cette danse spéciale qu'elle effectuait. Ce qui lui avait semblé un élégant mouvement de la jambe se révéla être une manœuvre d'évitement pour un coup porté en bas, ce vif lancé du bras sur le côté était en fait un violent coup de poing. Quand la musique s'arrêta et qu'elle s'immobilisa après s'être courbée vers l'arrière, les autres remarquèrent enfin qu'elle n'avait cessé de s'exercer au combat au corps à corps tout au long de ce délectable spectacle. Elle ne montrait aucune trace de fatigue, pas le moindre halètement ne s'échappait de sa bouche, pas la moindre goutte de sueur ne perlait sur son front. Ces exercices semblaient être son quotidien. Elle les sortit de le stupéfaction d'une simple phrase, avant de s'en aller.
-Je commence à rouiller.
Quand la porte claqua, Penguin prit conscience de deux choses. Premièrement, cette gamine était une adversaire redoutable. Deuxièmement, elle cachait bien son jeu. Car le pirate aurait juré l'avoir vu serrer les dents tout au long de son trajet jusqu'à la porte, comme si elle refusait de tomber à terre malgré la fatigue. Cela l'amena à une troisième conclusion : elle devait avoir une fierté au moins égale à celle du capitaine. Ce qui n'était pas peu dire.
Nyri attendit d'être de retour à sa cabine et s'effondra contre la porte close, la main contre son cœur. Elle en percevait les battements, si rapides que n'importe quel médecin aurait craint qu'il n'en vienne à stopper toute activité. Elle avait chaud, très chaud. Trop chaud. Elle chercha machinalement un élément réconfortant sur elle, comme ses poignards qui ne la quittaient que pour se planter dans le corps de quelqu'un d'autre, avant de se souvenir qu'on l'avait privée de son armement au grand complet. Elle grogna une première fois de dépit, puis une seconde de douleur. Elle n'avait pas prévu cette crise, et s'en voulait pour ça. Un peu plus et elle aurait montré aux autres cette ignoble faiblesse. Elle haletait, les poumons plus brûlants que si elle avait courut vingt fois toute la longueur de Red Line sans s'arrêter. Elle desserra rapidement les liens de cuir qu'elle avait rattaché à son cou dans l'espoir de mieux respirer et porta machinalement la main à sa gorge. Une nouvelle vague de douleur lui déchira les entrailles, remontant jusqu'à la poitrine. Il n'y avait qu'une marche à suivre dans ces cas là. Elle se traîna jusqu'à l'unique table de sa chambre, la bureau, et s'agrippa au rebord. Elle s'en aida pour se soulever et s'adossa contre le mur. Elle toussa. Plusieurs fois. À chaque quinte de toux, une nouvelle griffure la tailladait de l'intérieur. Elle sentit quelque chose remonter dans sa trachée et porta la main à sa bouche. Lorsqu'elle toussa une dernière fois, la douleur se fit plus vive avant de s'arrêter. Enfin soulagée, elle glissa le long du mur et tomba à la fois au sol et dans un profond sommeil réparateur. Quand sa main glissa sur le côté, elle s'ouvrit, révélant plusieurs gouttes d'un rouge profond.
Kory frissonna. Il l'avait sentit. Depuis le temps qu'il la connaissait, il savait exactement quand ça arrivait. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle avait pensé à verrouiller la porte avant de perdre ses forces. Il savait qu'elle s'en voudrait si quelqu'un la découvrait dans cet état. Lui-même se souvenait de la première fois où il l'avait trouvée ainsi. Au début, il croyait qu'elle dormait simplement. Il lui avait donné quelques coups de pieds pour la réveiller, mais avait commencé à se demander ce qu'il se passait face à son manque de réaction. Quand un de ses coups avait révélé la main qu'elle conservait face contre terre, il avait vu le sang. En tournant son visage, il avait également trouvé un filet de sang au niveau de ses lèvres. Il avait été impossible de relever Nyri durant les deux heures qui avaient suivis. Et quand elle avait enfin ouvert les yeux, elle avait semblé si gênée qu'il avait longtemps évité le sujet. De toute façon, c'était la meilleure manière d'agir avec Nyri. Elle était comme un petit chat sauvage. Tentez de l'attraper de vous-même et il vous griffera. Regardez-le juste dans les yeux, posez un bol de lait, soyez patient, et il se frottera contre vous. C'était ça qui lui plaisait chez elle. Cette part animale qu'elle avait. Au fond, elle était différente, et pas seulement des filles de la terre comme il les appelait. Kory professait un profond mépris pour les villageoises, qu'il estimait tout juste bonnes à ouvrir leurs cuisses. Il préférait les femmes de l'océan. Plus intrépides, plus libres, tellement plus séduisantes. C'était ce qui avait mené la plupart des cirques à se renouveler uniquement grâce à des mariages entre artistes. Il était rare que l'un d'entre eux épouse un terrien. Les enfants qui naissaient à bord promettaient d'y vivre pour toujours, peut être même d'y mourir. Certains s'en allaient à bord d'un des rares autres cirque flottant. Il arrivait aussi plus fréquemment qu'ailleurs qu'une femme donne la vie à un petit sans père. Ou, au contraire, qu'un homme ramène un enfant de l'extérieur. C'était la vie. C'était leur vie. Nyri était aussi différente des femmes de la piste, sans quoi elle ne serait jamais devenue chasseuse de prime. Le jeune homme sourit. Lui aussi devait être un peu fou, sans quoi il ne serait jamais partit à son tour. Même pour cette fille.
Eyréré avait cessé de pleurer. Les ruisseaux coulant de ses yeux s'étaient taris. Elle serrait les dents, attendant qu'on vienne la relâcher. Elle aussi avait sentit la courte onde de choc, quand la gamine avait inconsciemment appelé à l'aide. L'ancienne lanceuse de couteaux savait ce que cela impliquait, elle le savait mieux que quiconque en ce monde. Elle aussi était l'une des leurs. De quel droit un petit pirate se permettait-il de maltraiter ainsi le fier Rohk ? Un sourire mauvais étira ses lèvres. Ce capitaine de pacotille allait lui payer. Avec les intérêts. On ne défiait pas Eyréré Rohk sans y laisser des plumes. L'image la fit rire, tant elle s'approchait de la vérité. Doucement, la folle commença à rire. Lentement, elle laissait peu à peu apparaître ce qu'elle était réellement.
Une malade mentale.
1- Noweyn : les personnes du cirque ont peu à peu développé un langage propre qui se transmet d'artiste en artiste. Ces derniers pratiquent bien sûr les idiomes de différentes nations, mais connaissent tous cette langue qui leur est universelle. Cela explique que Law n'ait pas tout à fait compris la plupart des jurons d'Eyréré, puisqu'elle utilise à la fois sa langue maternelle et celles qu'elle a acquise, mais aussi que Nyri s'exprime parfois avec des termes issus de langages différents. Noweyn est l'équivalent de notre « rien du tout ».
Voilà, j'espère que ça vous a plu. Personnellement, je suis désolée de vous présenter quelque chose d'aussi peu satisfaisant après toute cette absence. Je tiens à vous pévenir que je mettrais plus de temps que pendant les vacances pour poster -logique- et que j'en suis vraiment désolée. Je vous dit à la prochaine, et si le coeur vous en dit, laissez une review à cette auteure indigne que je suis!
