chapter 13: Mikoto/Kushina
celui où lorsqu'une chanson te reste en tête, c'est parce que ton âme sœur est en train de la chanter
– Argh !
Mikoto se cogne la tête contre la table, espérant à moitié qu'elle puisse rassembler assez de force pour se rendre inconsciente.
– Fugaku, ça ne veut pas s'arrêter !
Fugaku, étant l'abject meilleur ami qu'il a toujours été, n'essaie même pas de paraître compatissant.
– Penses-y comme à une revanche pour la fois où tu étais dans ta phase Alanis Morissette pendant deux semaines d'affilée, offre-t-il, ce qui ne l'aida en rien.
Lui jetant de sa position un regard noir depuis sous sa touffe de cheveux, Mikoto renifle.
– Alanis Morissette est un classique du rock, contre-t-elle. Ca n'a rien à voir avec… avec ça.
Fugaku semble toujours aussi peu impressionné.
– Ça étant… ?
À la fenêtre ouverte de la cuisine, elle aperçoit un éclat rougeoyant. Mikoto tourne la tête précipitamment, une réaction qui est devenu automatique ces dernières semaines, et contemple sa très jolie nouvelle voisine retourner de son jogging.
– Tu sais, commence sèchement Fugaku, si tu la regardes avec plus d'intensité, je crois qu'elle aura une bonne raison de faire appel à une injonction restrictive.
Mikoto tourne des yeux plissés vers lui, ledit regard promettant un châtiment n'annonçant rien de bon pour lui et au moment où il s'y attendra le moins, avant de retourner à sa contemplation. La femme - grande, mince mais athlétique, avec une crinière rougeoyante merveilleuse dans laquelle Mikoto aimerait perdre ses mains, et ridiculement magnifique - saute joyeusement marches après marches et retire son bandeau. Par-dessus le bruit du trafic habituel de la matinée, Mikoto réussit tout juste à l'entendre chanter faussement mais gaiement : "But I won't mind if you take me home, come on take me home. I won't mind if you take off all your clothes, come on take 'em off. 'Cause I like you so much better when you're naked, I like me so much better when you're naked."
Fugaku, son fardeau éternel, dévisage sa figure ahurie et renifle, moqueur.
– Ne te dérange pas pour moi, je sais où se trouve la porte, lui dit-il en souriant comme l'ordure qu'il est vraiment. Tu devrais te dépêcher, Mikoto… on dirait qu'elle est sur le point de rentrer chez elle.
Il n'y a rien de digne dans la façon qu'eut Mikoto de glapir, faire le tour de l'îlot en courant, et de décamper en direction de la porte d'entrée.
Parce qu'il n'est rien d'autre qu'une ordure, Fugaku rit tout du long.
