Bonjour à tous, voilà la suite avec un peu de retard ! (la faute à ma sœur qui m'a chouré mon ordinateur et fait plein de bruits depuis ce matin, pas moyen de me concentrer !)
Bref, bonne lecture, laissez plein de reviews et merci pour les commentaires du chapitre précédent ! :D
Chapitre 7 : Hé, les mecs, j'ai un plan ! ou La saison du ski
April était partie faire diversion à ma demande dans le grand salon (elle allait sûrement s'égosiller parce que l'un de ces crétins maléfiques avait mis ses pieds sur la table basse), et je me retrouvai seule dans le couloir des chambres d'amis. Suivant mon plan à très très court terme, je me hâtai de rejoindre la chambre de ma mère, où je trouvai ses clés de voiture dans un genre de pot de chambre démodé.
Heu, ouais, ma mère et moi avons pris l'habitude de camoufler nos affaires en territoire ennemi. Alors le manoir familial, vous pensez bien…
Bref, avec une prière mentale pour qu'elle ne m'assassine pas plus tard, je lui piquai ses clés et allai récupérer le vieux téléphone de ma pote Violet sous mon propre matelas. Si mes plus jeunes cousins savaient ce qu'était un téléphone et à quoi il servait, ce n'était pas le cas des vieilles peaux et encore moins des fantômes, d'où les précautions.
Une fois en possession de mes deux armes fétiches (outre ma baguette made in London), je retournai dans le couloir, filai un coup de pied à mes deux ex-gardiens pour faire bonne mesure, puis tentai un Oubliette au cas où. Je n'avais pas envie que Méroé et les autres apprennent l'existence des tunnels secrets qui sillonnaient la maison.
J'empruntai rapidement celui dont April m'avait parlé sans croiser personne et me retrouvai dans un genre de tunnel glauque, le genre avec les gouttes d'eau glacée intégrées, vous situez le modèle ?
J'arrivai devant un mur et me mis aussitôt à m'énerver, insultant le monde entier, y compris le mur, April et ce foutu manoir à la manque. A force de souffler et de cracher toute ma hargne, la poussière qui couvrait le foutu mur s'envola, révélant un petit texte en runes anciennes.
Ça disait :
Abaisse le levier, sorcière stupide.
Heuuu… oui ?
Nos ancêtres avaient vraiment un drôle d'humour et l'un d'entre eux devait être voyant… Quoique, vu le pourcentage de femmes dans la lignée, ils avaient neuf chances sur dix de taper juste.
J'abaissai bêtement le premier levier qui passait avant d'en voir un autre, un peu plus loin et un peu plus dégueu. J'eus à peine le temps de lire le panneau qui venait de sortir du mur, cette fois écrit en anglais :
PAS CELUI-LA !
C'est à ce moment que le sol s'ouvrit sous mes pieds, m'envoyant sûrement rejoindre soit mes ancêtres, soit les oubliettes.
Après une courte chute d'à peine cinq mètres, je sentis un genre de truc mou sous mes fesses, mais je n'eus pas le temps de m'interroger sur sa nature car un genre de toboggan hanté m'attrapa et me projeta dans un tube cradingue (et puis sombre en plus !) qui me recracha une cinquantaine de mètres plus bas sur un bon gros tas de sable.
Outrée, je fis des bruits bizarres avec la langue pour évacuer tous les grains de sable qui s'y étaient collés, puis me passai une main dans les cheveux. Ok, il étaient eux aussi plein de poussières, de toiles d'araignée, etc. Génial.
Fourbue, malmenée par un toboggan à la Tim Burton, salie par des crottes de chauve-souris ou Merlin sait quoi, je n'étais plus tellement d'humeur à rester discrète et à souffrir en silence. C'est pourquoi, sans plus me préoccuper d'être vue, je transplanai depuis la plage jusqu'à la voiture de ma mère, toujours garée devant le manoir. Jonglant avec les clés, je déverrouillai les portières et me glissai derrière le volant, plus qu'heureuse d'avoir passé le permis moldu. J'enclenchai la première vitesse et décampai loin de ce fichu manoir.
Alors que je pestai sur un énième camion plein de moutons bêlants, je vis une figure connue débouler sur le côté de la route en me faisant de grands signes.
- Tiens, Thad ! m'exclamai-je.
Avisant une place de parking sauvage un peu plus loin (qui n'en était pas une, mais qu'est-ce qu'on s'en fout), je déboîtai et dépassai le camion qui me klaxonna et allai me garer sans aucun scrupule. Sortant de la voiture, je jetai un sort Repousse-Moldus et adressai mon doigt du milieu à l'agriculteur qui fit une tronche jusque par terre.
Mon cousin m'arriva dessus comme un boulet de canon et je refermai les bras autour de lui, contente qu'il s'en soit tiré.
- Rassure-moi, tu es avec les autres, hein ? demandai-je en hâte.
- Oui, ils sont par là… Je savais que tu t'en sortirais ! Tu t'en sors toujours !
- On va écrire ça sur ma tombe, m'esclaffai-je en suivant mon cousin dans la campagne irlandaise.
Nous arrivâmes au bout de quelques minutes dans un petit campement composé d'une seule tente sans doute piquée dans un magasin moldu de la ville voisine, où étaient rassemblés les quelques rescapés du clan Nightingale. Il y avait là Yelena, qui soignait une blessure sur la jambe d'Ilda, puis Lucy qui parlait avec Benjamin. Cassie nous sauta dessus pour engueuler Thaddie, qui s'était vraisemblablement enfui pour m'intercepter sur la route. Je vais finir par croire que ce gamin voit l'avenir.
- C'est tout ce qui reste ? m'étonnai-je.
- Zoé, tu es là ! fit Yelena, soulagée. Thaddeus a dit que tu arriverais à t'échapper, mais on les a vus t'enlever tes deux baguettes…
- Ce brave mioche a fait en sorte que j'en ai une de rechange, dis-je en ébouriffant les cheveux du gamin. Vous avez appelé quelqu'un ?
- Non, le Ministère n'interviendra pas pour ça, je le crains. Techniquement, le manoir leur appartient aussi. Et les Lagrange ont leurs propres soucis, sans compter toutes les conneries que May a faites chez eux dans sa jeunesse. Ils risquent fort de nous envoyer au Diable.
- On n'a nulle part où aller, voilà, coupa Lucy en croisant les bras. Thad a dit que tu aurais un plan.
- Décidément, Thad dit beaucoup de choses en ce moment, murmurai-je. Bon, je connais des gens qui pourront nous venir en aide pour reprendre le manoir, mais il faut que vous me fassiez confiance.
- C'est pas le cas, fit Lucy.
- Roh, ferme-la un peu, la houspilla Cassie. Zoé a un plan, laisse-la parler.
- Merci Cassie. Yelena, sais-tu où vivaient tous ces connards avant de débarquer ici ?
- Dans les Alpes françaises, il me semble. Ilda ?
- Je sais juste que leur maison surplombe Chamonix, souffla ma tante la plus âgée.
- Bon, je vous laisse, j'ai des coups de fil à passer.
- Des quoi ?
Je laissai ma famille à ses questions et je sortis le téléphone de Violet de ma poche. Je choisis un numéro et attendis patiemment que mon interlocuteur décroche.
- Allo, Curtis ? J'aurais besoin de ton aide…
Une demi-heure plus tard, je transplanai jusqu'à High Wycombe, où je rassemblai les balais que ma mère et moi avions piqués à Poudlard avant de nous faire renvoyer. Il y en avait quatre, mais ce ne serait pas suffisant. Je retournai les déposer en Irlande, puis repartis directement pour Londres. Là, en train de claquer des dents devant mon magasin se trouvaient Curtis, armé de trois balais, Violet, Steve et Rachel, tous vêtus de doudounes. Comme je lui avais parlé de baston à venir, Violet avait emporté une poêle dans l'espoir que je lui insuffle un pouvoir de destruction massive.
Cette fille était indécrottable, on aurait dû l'empêcher de voir Narnia pendant l'enfance.
- Vous avez déjà visité l'Irlande ? leur demandai-je alors qu'ils s'agrippaient tous à moi pour un transplanage d'escorte.
Une seconde plus tard, nous étions de retour dans la cambrousse.
- Messieurs dames, bonjour, badina Steve en voyant toutes ces rouquines autour de lui.
- Hé, reste concentré, tu veux ? l'engueula Rachel.
- Oh, jalouse ?
- Va te mettre sous le pied d'un géant, qu'on rigole un peu.
- Zoé… est-ce que ce sont des moldus ? demanda Ilda, effarée.
- Ouaip, mais ils sont au courant pour la magie depuis déjà quelques années, et comme vous voyez je ne suis toujours pas dans un labo moldu en train d'être disséquée. On peut leur faire confiance, croyez-moi.
- Plein de rouquines ! s'extasia Violet. Et celle-là est encore plus sexy que toi !
Cassie rougit furieusement et s'approcha de mon amie moldue avec une idée très arrêtée quant à ce qui allait se passer.
- Dis donc, tes amis ont bon goût, gazouilla ma cousine en observant Violet de bas en haut.
- Dites, vous flirterez plus tard, on a une prise d'otages en cours là, les rappelai-je à l'ordre.
- Quelle est la suite des opérations, chef ? demanda Curtis avec un sourire en coin.
Je claquai des doigts devant le visage de Lucy, qui restait fixée sur le physique de MON Poufsouffle avant de rassembler tout le groupe autour de moi.
- On va manger de la fondue, répondis-je simplement en français.
Transplaner en plein cœur des Alpes avec de la neige jusqu'aux genoux n'était pas l'expérience la plus sympa de tous les temps, surtout qu'on se les gelait déjà pas mal dans la baie de Galway.
- La vache ! s'écria Rachel en esquivant un skieur.
Elle manqua de s'étaler dans la neige, mais Steve la retint galamment par le coude.
- Et il fallait, bien sûr, qu'on apparaisse au milieu d'une foutue piste de ski ! se plaignit-elle en s'écartant un peu trop vivement de Steve.
- C'est quoi le ski ? demanda Ilda.
- Ben, c'est un sport qui consiste à se laisser glisser du haut d'une montagne avec des bâtons accrochés aux pieds, expliquai-je en claquant des dents.
- Et quand on arrive en bas ?
- On remonte et on recommence.
Ma tante centenaire considéra les skieurs avec incrédulité.
- Mais c'est complètement stupide !
- Alors là, je suis bien d'accord. Bon, Yelena, tu peux nous faire disparaître ?
Mon autre tante acquiesça et nous jeta des sorts de Désillusion afin de nous camoufler aux yeux des moldus. Nous enfourchâmes les balais par groupes de deux et nous élevâmes précautionneusement dans les airs. Thad passa les bras autour de ma taille et, comme j'étais devant, je me pris tout le vent glacial dans la figure. Super cousin.
- Bon, celui qui trouve la maison aura droit à prendre son bain en premier ! beuglai-je pour couvrir le bruit du vent.
Nous nous éloignâmes des pistes vers Chamonix, et Ilda fut la première à pointer un doigt transparent vers une bulle de magie posée entre deux pics rochers. Nous nous posâmes sur un aplomb précaire et nous dirigeâmes à pieds dans l'épaisse couche de neige, suivant la vieille dame au flair exemplaire.
- Prem's à la baignoire ! s'exclama ma tante en passant à travers un rideau invisible qui la fit disparaître à nos yeux.
Nous traversâmes à notre tour, nous retrouvant face à un manoir délabré et triste. Gelés jusqu'à l'os, nous ne nous perdîmes pas en considérations architecturales et entrâmes sans tarder dans le hall, bénissant la bêtise de nos cousins qui n'avaient pas songé une seconde à ce qu'on envahisse leur chez-eux en signe de représailles.
- Bordel, c'est glauque, commenta Steve en posant son manteau sur une table qui s'effondra aussitôt.
- Quelle bande de drama queens, quand même, avec la magie ils pouvaient très bien réparer l'ameublement, les trous dans les murs et le balcon qui fout le camp au premier étage, fis-je remarquer en tâtant le plancher moisi du bout du pied pour en vérifier la solidité.
Quelques sortilèges plus tard, la vieille baraque poussiéreuse devint d'un coup beaucoup plus habitable. Ilda fila à l'étage à la recherche d'une salle de bain utilisable.
- Bravo, Zoé, on n'aura plus d'eau chaude quand elle en aura fini avec la plomberie, commenta Benjamin.
- Avec… la mer du Nord, chantonna Violet en français avec un accent immonde.
- Je vais faire un ragoût, proposa Yelena en se dirigeant vers la cuisine.
- Je viens t'aider, décréta Benjamin, qui avait l'air de vouloir rester le plus possible du reste du groupe.
- Je vais piller leurs chambres ! m'exclamai-je.
Mes amis me suivirent (sauf Violet qui avait décidé de draguer ma cousine) et nous nous éclatâmes à rassembler nounours et autres objets personnels chelous. Lucy finit par nous rejoindre et s'empara de tout un stock de produits de beauté tout en ricanant comme une vieille harpie possédée.
Thad exhuma tout un stock d'ingrédients de potion dont je m'emparai sans préavis pour les caler sous mon bras.
- Bon, on embarque tout ça, ça peut servir pour plus tard, décrétai-je en désignant toutes les possessions honteuses de nos ennemis.
Yelena nous appela pour la bouffe et nous fîmes la course dans l'escalier pour en avoir plus que les autres. Rien que l'odeur nous mit la bave aux lèvres et le ragoût de la sorcière s'avéra drôlement bon.
- J'ai trouvé de la biéraubeurre, mais elle doit être tiède, nous informa la mère de famille.
- Pas grave, on n'a qu'à la caler dix minutes dans la neige, éluda Violet en portant cinq bouteilles d'alcool à l'extérieur.
- Dis, elle est en couple ? me demanda Cassie d'un air très intéressé.
- Heu, non, je ne pense pas. Si vous pouviez attendre qu'on ait repris le manoir avant de conclure, ça m'arrangerait… répondis-je, un peu mal à l'aise.
- Je ne promets rien, ricana ma cousine.
Violet revint et Yelena la considéra avec inquiétude, inquiète pour sa fille unique.
- T'inquiète, fis-je à voix haute. Elle est folle, pas dangereuse.
Violet tourna la tête, interrogative, sans comprendre pourquoi nous arborions tous des sourires tordus.
Le plus satisfaisant fut sans doute de voler leur nourriture avant de squatter leurs canapés et ensuite leurs lits. Le lendemain matin, nous nous débrouillâmes pour préparer des œufs au plat avec les divers plateaux de charcuteries et fromages français qui se trouvaient dans les réserves.
- Le prochain qui met un camembert dans le four, je l'étrangle avec ma ceinture, ronchonna Cassie avec une grimace de dégoût.
- Par contre, on dira ce qu'on voudra des Français, mais leur saucisson est bon, déclara Thad en mâchonnant un genre de salami en forme de fleur.
- J'ai été voler des baguettes à Chamonix ce matin si vous voulez, proposa Ilda en les sortant de sa cape de voyage.
D'un seul mouvement, toute la tablée se leva de son siège pour en avoir.
- Bordel, c'est du carton ! râla Lucy en essayant de mâcher le pain.
- J'avoue, je pense que ma dent vient de craquer, flippant ! renchérit Rachel.
- On devrait peut-être le garder pour le manger avec de la soupe, proposa Yelena à sa grande sœur.
Benjamin, qui venait de tremper son bout de pain dans son thé pour le ramollir mordit dedans avant de le reposer avec précaution, comme s'il s'agissait d'une arme mortelle.
- Même mouillé, ça reste dur, on dirait que la physique n'a pas de prise sur les baguettes françaises…
- Après, j'ai déjà vu des Français manger des scones et manquer de dégobiller, plaisanta Violet en rongeant son bout de baguette.
- Rah, les Français…
Toute la tablée secoua la tête, incrédule.
Plus tard dans la journée, après avoir fait des exercices de la mâchoire afin d'en récupérer l'usage, je découvris le sous-sol, et dedans, des tas et des tas de potions plus ou moins illégales, la plupart étant des sous-produits de la magie noire.
- Jackpot ! m'exclamai-je.
Une armoire fermée à clé que je crochetai sans peine révéla trois gros chaudrons prêts à l'usage, et je remontai au rez-de-chaussée, tout excitée.
- C'est bon, j'ai un plan !
Aussitôt, toute la famille et les amis débarquèrent de tout le manoir pour se réunir autour de la table de la cuisine.
- Il était temps, critiqua Lucy, qui avait un look intéressant, comme si elle n'avait pas terminé de se maquiller d'un côté du visage.
- Tu pouvais aussi réfléchir à une stratégie de ton côté tu sais ?
- Héééé, c'est pas moi la presque-chef de clan !
- Oh, Lucy, tu me flattes, glissai-je avec un sourire hypocrite.
- Va chier. T'as intérêt de régler ce merdier !
Je levai les yeux au ciel et observai avec intérêt Violet en train de balancer des bouts de baguette à ma peste de cousine avec l'appui logistique de Cassie. Décidément, elles étaient toujours fourrées ensemble ces deux-là…
J'étalai une feuille de papier A3 où j'avais grossièrement dessiné le manoir sur la table, et aussitôt les commentaires fusèrent :
- Tu dessines comme un pied.
- Attends, c'est moi ça ? D'où j'ai des genoux en fils de fer ?
- T'as pris des cours de dessin avec Picasso ou quoi ?
- C'est qui Picasso ?
- Rassurez-moi, je ne ressemble pas à ça de dos, hein ?
- VOS GUEULES ! hurlai-je en me basant sur le style d'April pour imposer le respect. Bon. Voilà ce qu'on va faire…
À suivre…
Les sans-gêne ont encore frappé !
Pour ce qui est du pain français, je ne peux qu'être d'accord avec les Nightingale, c'est juste inmâchable ! (et j'ai inventé un mot, et je vous zute)
Des reviews ou un sort ! :D
