chapter 15: Kakashi/Obito

celui où tu possèdes une boussole gravée sur ton corps qui t'indique la direction dans laquelle se trouve ton âme sœur

Ce serait facile, commode même, si la boussole d'Obito pointait en direction de Rin.

Il s'est assis à ses côtés à tant de reprises, les yeux rivés sur la forme élégante et étriquée, à observer la flèche se tordre et tourner sans prendre compte de la présence de la jeune fille, et parfois, ça faisait mal. Parce que Rin a toujours été la seule personne au village avec des mots gentils pour lui, et si elle n'est pas son âme sœur alors…

Ne perds pas espoir, se rappelle-t-il de temps à autre, lorsque les choses sombrent trop profondément dans les ténèbres et que le paysage se met à grisonner autour de lui. Le fait même que la boussole s'agite prouve qu'il y a quelqu'un pour lui, quelqu'un quelque part qui veut de lui, même si Rin, elle, en est incapable.

Obito ne remarque pas vraiment la direction que pointe sa boussole jusqu'à un certain jour, en fin de journée à l'Académie, lorsque tous les autres élèves sont partis et qu'il a été laissé à sa solitude, traînant derrière parce qu'il n'a pas envie de retourner dans cette maison vide. Et…

Hatake Kakashi, génie et petit prodige, s'arrête à côté de lui, faisant signe à un homme aux cheveux argentés qui s'approche de la grande porte.

Il y eut un déclic, plus ressenti qu'entendu. Une vague de chaleur et la boussole s'élève du bras d'Obito, brillant d'une lueur dorée et la flèche stoppe sa course infernale. Obito glapit, fit un bond en arrière par réflexe alors que la prise de conscience le frappa. Il se sentit un peu mieux en voyant Kakashi tituber et faire un brusque mouvement de recul.

L'autre garçon se retourne, les yeux au-dessus de son masque écarquillés et il le dévisage, le souffle court.

Sakumo les contemple un instant tandis qu'il s'arrête, puis se met à rire.

– Je suis content pour toi, dit-il à son fils immobile en ébouriffant ses cheveux avant de se tourner et de sourire en direction d'Obito. Bonjour toi. Bienvenue dans la famille.

À ce moment-là, Obito est au bord des larmes.

Papa, proteste Kakashi, néanmoins, les rougeurs sur ses joues indiquent qu'il est plus embarrassé qu'autre chose.

– Oui ? demande joyeusement Sakumo, avant que son expression ne prenne un air plus sérieux. Tu sais, j'ai toujours pensé que ce serait Gai.

Le regard de pure horreur qui se dessine sur le visage de Kakashi en dit plus long que des mots ne pourrait en exprimer. Obito pouffe avant d'avoir pu s'en empêcher, et, spontanément, il se jette vers l'avant et enlace Kakashi fermement.

– Merci ! s'exclame-t-il en prétendant que ses joues ne sont pas trempés par les larmes. C'est formidable !

Il y eut un long silence, puis Kakashi soupire, d'une patience à toutes épreuves. Ses bras s'élèvent et enlacent vaguement Obito en retour, et il répond comme s'il ne comprenait pas vraiment le sens de ce qu'il était en train de dire :

– De rien ?

Tout va bien, pense Obito en se souriant à lui-même. Il ne veut pas que Kakashi comprenne de toute façon, et il va s'assurer qu'il n'aurait jamais à le faire.