chapter 16: Madara/Tobirama
celui où certains personnes peuvent voir le fil rouge de la destiné et le suivre pour qu'il les mène jusqu'à leurs âmes soeurs
L'âme sœur de Madara est un salaud entêté.
Bien entendu, Madara ne l'a jamais vraiment rencontré en personne, mais c'est une hypothèse basée sur le fait qu'il est âgé de vingt-neuf ans maintenant et que cet imbécile de fainéant n'a pas encore montré le bout de son nez.
Tu as ce que tu mérites pour agir toi-même comme une telle ordure, lui dit un jour Izuna sur un ton joyeux, et Madara repense avec nostalgie à leur maison de vacances avec son bassin rempli de koïs, parfait pour noyer les petits-frères agaçants.
Quoi qu'il en soit : un salaud entêté, parce que Madara refuse catégoriquement d'apparaître dans l'une de ces émissions d'une heure parlant de vieux bout de bois dépéris ayant finalement trouvé leurs âmes sœurs après des années de recherches. Il aimerait la rencontrer lorsqu'il est encore assez jeune pour avoir une libido, merci bien. Il mérite presque un remboursement pour toutes ces années d'attentes, après tout.
Bien entendu, c'est juste au moment où il pense ça, se sentant particulièrement grognon et frustré sachant tout le travail qui l'attend encore, que le fil rouge se décide finalement à se tendre.
Un pied dans l'ascenseur, son porte-document en main, Madara observe le fil rouge précédemment lâche qui semble se diriger vers quelque chose se trouvant plus haut. Légèrement désespéré, il se retourne le cerveau pour savoir qui peut bien se trouver dans le bureau à cette heure-ci - Hashirama n'a pas d'affaires judiciaires en cours et ils n'ont pas recruté d'internes récemment. En plus de ça, il n'est que sept heures du matin, et même en tant qu'associé, même Madara ne s'y rendrait pas à cette heure-ci sauf s'il n'avait vraiment pas le choix. Logiquement, il n'y a donc personne…
Mais Hashirama n'a-t-il pas mentionné quelque chose à propos de la venue de son petit-frère pour remplacer leur empoté d'avocat ? Madara ne l'a jamais rencontré, mais s'il était à sa place et prenait son premier jour dans un nouveau bureau où il risquerait fortement de se retrouver au milieu des regards l'accusant à tout-va de népotisme, en toute logique, lui aussi viendrait au bureau le plus tôt possible.
Le nœud de son estomac à la fois s'apaisant et se resserrant - parce que s'il est correct dans son hypothèse, il va bientôt être un parent d'Hashirama, et sûrement n'y a-t-il pas de destin plus funeste - Madara se dégage du chemin des portes insistantes de l'ascenseur et appuie sur le bouton du troisième étage, les yeux fixés sur le fil rouge tout du long.
Il n'aurait pas dû tant s'inquiéter.
Tandis que l'ascenseur arrive à destination, le fil glisse sur le sol et s'enroule autour de ses pieds.
Lentement, d'une lenteur sans pareille, les portes s'ouvrirent, et Madara roule ses doigts sur le bout de fil qu'il tient en main, près à bouger, à courir…
L'homme auquel ledit fil est relié atend dans le couloir, des yeux rouges perçant de détermination, et lorsque leurs regards se croisèrent, ces yeux rouges s'écarquillèrent brièvement.
Madara ressent exactement la même chose. Il n'a jamais vraiment pensé à quel type de personne lui plaisait auparavant, ne l'a jamais envisagé, mais…
Ouah, pense-t-il, et ce n'est qu'une vie entière passé à mesurer ses paroles qui le sauve du ridicule qu'aurait eu ces paroles à voix haute.
Bien sûr, sa modération laisse rapidement place à la colère, et Madara claque :
– Vingt-neuf années d'attentes et tu n'arrives même pas à sortir un seul "bonjour" ?
Immédiatement, les yeux rouges se plissèrent, saillant au-dessus des tatouages de la même couleur, et l'homme réplique froidement :
– Je te demande pardon ?
Une personne un tant soit peu intelligente ravalerait ses mots, Izuna quant à lui creuserait un trou plus profond. Madara débat intérieurement pendant un moment, songeant 'Tant-pis', fait un pas vers l'avant et met à contribution sa bouche.
Son âme sœur l'embrasse en retour, donc, songe-t-il : il n'a pas tout perdu après tout.
