Chapitre II

Trois jours plus tard, c'est un Pete surexcité qui se trouvait en salle d'embarquement. Sam avait l'air plutôt gênée, elle préférait que sa vie privée n'interfère pas dans sa vie professionnelle. Tout du moins, c'est ce qu'elle essayait de faire malgré un père faisant partie de la Tok'ra.

— Tout va bien, Sam ? demanda Daniel Jackson, l'archéologue et linguiste de leur équipe.

— Oui, merci, Daniel. Cette mission ne devrait pas être très longue…

— Oui, d'autant plus que la population locale a déjà travaillé sur les ruines et souhaite me montrer leurs travaux.

Il marqua un temps de pause avant de poursuivre :

— Je crois que Jack est ravi de prendre l'air !

En effet, le Général O'Neill venait d'arriver à son tour en salle d'embarquement, accompagné de Teal'c.

— Ah, les enfants ! Enfin une petite mission qui me fait sortir de mon bureau. Quelle météo nous attend là-bas ?

— Nuageux avec quelques éclaircies, mon Général. Température de vingt degrés, vent neutre.

— Parfait ! s'exclama-t-il.

— Vous connaissez même la météo qu'il va faire ? Fascinant ! s'exclama à son tour Pete.

— Eh bien, il vaut mieux pour prévoir l'équipement. C'est également à ça que nous servent les sondes de reconnaissance, expliqua Sam.

La porte forma son vortex, et l'équipe commença à s'engager sur la rampe. Pete, quant à lui, restait ébahi par le spectacle qui s'offrait devant lui. Il finit par suivre SG-1 et traversa le vortex.

— Waouh ! s'exclama-t-il une fois arrivé sur place. Ça retourne l'estomac !

— Ben alors, Carter, vous n'aviez pas prévenu de ne pas prendre de petit-déjeuner ? s'amusa Jack.

— Ça a dû me sortir de la tête… lui répondit en souriant Sam.

Son Général lui avait manqué sur le terrain.

— Par où se trouvent les ruines, Daniel ? demanda Teal'c.

— Un peu plus loin au sud-ouest. Le village est à environ cinq kilomètres dans la même direction. Léana doit nous y attendre afin de me montrer leur bibliothèque sacrée où elle mène ses travaux de traduction, répondit Daniel.

L'équipe se mit donc en marche, Pete posant beaucoup de questions. Après environ deux kilomètres parcourus, Teal'c se stoppa net.

— Je crois avoir entendu quelque chose, dit-il.

SG-1 resta attentive un moment avant que Daniel n'intervienne.

— Sûrement des enfants du village, ils devaient attendre notre arri…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que l'équipe se retrouva à bord d'un vaisseau mère goa'uld, entourée de jaffas.

—… vée. Ce n'était pas prévu tout ça, termina-t-il en levant les mains.

Ils furent désarmés en quelques secondes, puis une voix familière parvint aux oreilles de Jack.

— Comment trouvez-vous mon nouvel appareil de téléportation, Colonel ?

— Ah non, c'est Général moi maintenant. Et vous, toujours Ba'al ? demanda Jack.

— Je vois que vous gardez toujours cet humour insupportable, Général. Emmenez-les, répondit sèchement Ba'al.

Ils furent amenés sans ménagement dans une cellule. C'est à cet instant que Pete commença à paniquer.

— Qu'est-ce qui se passe ? ! Que nous veulent-ils ? ! Je croyais que c'était une simple mission d'analyse.

— Nous le pensions aussi, répliqua Sam. Rien ne sert de paniquer, nous allons certainement découvrir très rapidement la raison de notre enlèvement. S'il le souhaitait, nous serions déjà morts.

— Le Colonel Carter a raison, il doit vouloir quelque chose de nous, dit Teal'c.

À cet instant, la porte de la cellule s'ouvrit, laissant apparaître Ba'al.

— Vous deux, dit-il en désignant Sam et Jack qui se faisaient déjà empoigner par quatre jaffas. Et lui aussi, dit-il en désignant d'un signe de tête Pete. Je ne le connais pas, peut-être craquera-t-il plus vite.

Ils furent tous trois emmenés dans une large salle, que Jack reconnut aussitôt. Ba'al les fit se mettre à genoux, alignés.

— On entend tellement de choses dans cette galaxie, parfois certaines informations peuvent être très intéressantes. Mais je n'ai jamais entendu parler de vous, commença-t-il en s'adressant à Pete.

— Il ne vous sera d'aucune utilité, dit Sam sèchement.

— Et pourquoi donc, chère Samantha Carter ?

— C'est un civil. Il n'a eu accès à aucune donnée confidentielle qui pourrait vous intéresser, dit Jack.

— Ah vraiment ? Et je devrais vous croire sur parole ? Vous autres de la Tau'ri êtes bien naïfs.

— De la quoi ? demanda Pete, complètement perdu et regardant Sam.

Ba'al le regarda de travers, puis son regard se posa de nouveau sur Sam et Jack.

— Peut-être dites-vous la vérité apparemment… Je risque de bien mieux m'amuser avec vous deux de toute façon, ramenez-le.

Les jaffas empoignèrent Pete afin de l'éloigner, mais il essaya de se débattre.

— Sam ! Sam ! Qu'est-ce qu'il va vous faire ? ! Sam ! Jack !

Il continua de crier alors que les jaffas l'éloignaient. Très vite, ils n'entendirent plus aucun son.

— Vous voyez, j'ai décidé de changer ma façon d'obtenir ce que je veux. J'ai appris beaucoup de choses en me promenant de chapai en chapai, mais visiblement une chose très simple ne m'était pas venue à l'esprit. Il est pourtant si facile de faire craquer quelqu'un lorsqu'on connaît son point faible. J'aurais dû y penser bien plus tôt voyez-vous.

Il s'arrêta quelques instants afin d'observer ses deux prisonniers.

— Ah je vois que votre cerveau comprend où je veux en venir, Major Carter…

— Colonel, siffla Sam entre ses dents.

— Toutes mes excuses, Colonel. Ainsi, voyez-vous, il serait préférable pour vous de me dire immédiatement ce que je veux savoir…

— Croyez-vous que nous allons vous révéler quelque chose juste à cause de votre petit discours ? Allons, Ba'al, vous n'avez aucune information et vous n'en aurez aucune, dit Jack.

— Je pense que le Colonel réfléchit bien mieux que vous, Général, répondit Ba'al.

— Ça n'est pas surprenant, c'est elle le génie.

Ba'al fit un signe de tête à ses jaffas, qui éloignèrent Jack de Sam, le mettant à environ cinq mètres d'elle, les mettant face à face. Ba'al le suivit, puis se retourna vers Sam, qui commençait à comprendre très précisément quelle information Ba'al pouvait avoir appris. Ou plutôt quelle rumeur. Une vague de terreur passa dans ses yeux bleus.

—Donc, Colonel, il serait intéressant que vous me donniez le code du boîtier ouvrant l'iris de votre porte des étoiles.

— Hors de question, dit Sam en baissant la tête.

« Ne surtout pas le regarder, » pensa-t-elle.

Ba'al sortit alors un poignard avec lequel il s'amusa à creuser l'épaule droite de Jack.

— Allons, allons, Colonel. Je pense que vous pouvez faire beaucoup mieux. REGARDEZ-LE ! hurla-t-il.

Les jaffas forcèrent Sam à lever la tête vers lui et Jack, qui commençait à hurler de douleur alors que le poignard entamait son ascension vers les nerfs de son épaule.

— Ba'al, à quoi jouez-vous exactement ? ! demanda-t-il.

Sam paraissait paralysée de le voir se faire torturer devant elle. Comment diable Ba'al avait pu être au courant de ÇA ?

— Les sentiments. Voilà bien quelque chose d'humain. Regardez-la, Jack, ne voyez-vous pas la terreur qu'elle a en elle ? La peur de vous perdre ? Alors, Colonel, je repose la question. Quels sont les codes ?

Sam se débattait afin de ne pas le regarder. Elle qui pensait ne pas avoir à vivre ça. Tout, mais pas de le voir se faire torturer. C'était trop dur, et son entraînement militaire ne pouvait rien faire contre les sentiments qu'elle éprouvait à l'égard de son supérieur, aussi enfouis soient-ils.

Ba'al continua sa torture pendant quatre heures. Sam commençait à avoir des larmes aux yeux, tandis que Jack était à présent couvert de sang lié aux différentes lacérations que lui faisait endurer Ba'al. Il disait cependant à Sam ne pas s'inquiéter et qu'il allait bien.

— Pour la dernière fois, les codes, Colonel ! s'énerva Ba'al.

— Tout va bien, Sam, ne dites rien ! lança Jack à sa subordonnée.

Sam ne répondit rien, sentant les larmes lui monter. Ils s'observèrent dans un long regard douloureux, impuissants.

— AH ! Pitoyable ! hurla de nouveau Ba'al.

Il prit son poignard et d'un coup vif trancha la gorge de Jack. Ce dernier n'eut pas le temps de réagir et s'effondra. Sam poussa un hurlement effroyable. De leur cellule, Daniel, Teal'c et Pete se relevèrent. Jamais Daniel ou Teal'c n'avaient entendu pareil hurlement de la part de Sam. Ils redoutaient le pire. Les heures sans Sam et Jack avaient été d'un silence pesant et ce hurlement venait de les prendre aux tripes.