Et voilà le chapitre 1, j'espère ne pas vous avoir fait fuir avec mon prologue ! Je suis vraiment désolée de ce retard, mais mon ordinateur a rendu l'âme et bien sûr impossible de sauver toutes les données… J'ai donc dû tout recommencer, et avec les études et le boulot, c'était pas évident de trouver assez de temps à consacrer à cette FF ! Il y aura quelques flashbacks concernant la nuit de l'accident pour que vous compreniez un peu ce qu'il s'est passé entre le moment ou Emma a renversé Hook et celui ou elle s'est réveillée dans l'ambulance et surtout, promis il y aura des flashbacks sur « l'après » le comment il a été enterré, et où, et les réactions des différents personnages. :D
Encore merci à Silk ma super bêta pour sa patience et SURTOUT pour sa rapidité et ses bons conseils! :D
Disclaimer : I still dont own OUAT… I wouldn't mind owning a Colin O'Donoghue though.
Trois semaines s'étaient écoulées depuis l'accident et Emma n'avait plus vraiment été la même depuis. Elle pensait que son masque était à toute épreuve, mais ils s'en étaient tous rendu compte. Ils avaient tous remarqué qu'elle se raidissait et palissait un peu quand on parlait du lieu de l'accident., quand on faisait allusion au pied de haricot magique, le fait qu'elle s'arrête parfois pour prendre une grande inspiration avant de continuer ce qu'elle était en train de faire. Elle était parfois perdue dans ses pensées pendant plusieurs minutes, un voile sombre couvrant ses yeux bleus verts qui avaient perdu de leur éclat, ce qui n'était jamais arrivé auparavant.
Non, Emma Swan n'avait plus jamais été la même depuis le soir où elle avait renversé Killian Jones, et rien ni personne ne semblait réussir à soulager la culpabilité qui la rongeait depuis.
- Maman ? appela Henry depuis le bas des escaliers, Grand Père demande si tu descends pour le petit déjeuner, il a fait des pancakes.
- J'arrive Petit, j'arrive, répondit-elle avec un enthousiasme feint.
Elle faisait des efforts, pour Henry. Le garçon n'avait pas à subir la tristesse de sa mère, et elle s'était fait un point d'honneur de lui épargner une compagnie peu agréable. Mais elle n'était pas dupe, Henry était un garçon intelligent pour son âge, et elle avait très bien remarqué qu'il semblait parfois marcher sur des œufs en sa compagnie afin de ne pas la heurter.
Elle soupira une dernière fois avant de se lever, faisant craquer les os de sa nuque tendue, et descendit rejoindre sa famille. Une délicieuse odeur de pancakes flottait dans le petit appartement, et elle fut accueillie par le grand sourire de son fils qui l'attendait à table.
- Bonjour, s'exclama-t-il avec enthousiasme.
- Hey, répondit-elle avec un petit sourire avant d'aller embrasser le sommet de son crâne, ça a l'air bon.
- Pas touche, rit-il en tapant sur sa main quand elle voulut lui piquer une myrtille, il y en a encore plein dans la cuisine.
- Eh bien, il semblerait qu'il ait de qui tenir, sourit Snow en sortant de la salle de bain, encore un homme dans la maison qui refuse de partager sa nourriture.
- C'est faux, protesta David, en arrivant avec un plat rempli de pancakes, la preuve, je vous convie à prendre le petit déjeuner que j'ai cuisiné…
Henry et Snow ne purent contenir leur sourire et Snow roula des yeux, mais Emma ne réagit pas vraiment, elle se força à sourire un peu, mais le cœur n'y était pas.
- Maman ? Est-ce que je peux aller chez Gracie ce soir en rentrant de l'école, si on a des devoirs on les fera ensemble… Promis ! ajouta-t-il avec un sourire angélique.
- Tu ne devais pas aller chez Régina ce soir ? demanda Emma en haussant un sourcil alors qu'elle se servait un pancake.
- Si, mais je pensais que je pouvais aller chez Gracie avant…
- D'accord, je n'y vois pas d'objection, répondit Emma en haussant les épaules et en lui souriant doucement.
Ils prirent le petit déjeuner tous ensemble, habitude qu'ils avaient pris depuis le retour de Snow et Emma, afin de rattraper le temps perdu, puis ils partirent chacun de leur côté sur leur lieu de travail. Emma remonta rapidement pour enfiler ses bottes et chercha une paire de gants en voyant que la température extérieure avait déjà nettement chuté, mais ce qu'elle vit en ouvrant le petit tiroir de sa commode l'arrêta net.
La jeune femme en avait même oublié son existence, l'ayant jeté là dès son retour. Il était roulé en boule sur son tas d'affaires, dans le même état qu'elle l'avait laissé et c'est avec une précaution inutile qu'elle tendit la main pour l'attraper, comme si elle avait peur de le briser et elle ferma les yeux.
- Donne moi ta main…
- Pardon ?!
- Tu t'es blessée à la main, laisse moi… avait-il commencé avant qu'elle se recule en lui coupant la parole.
- Mais non c'est rien ! Avait-elle assuré.
- Non Emma, ce n'est PAS rien, avait-il répondu en attrapant son poignet en l'attirant vers lui.
- Tu veux jouer les Gentlemen, avait-elle rétorqué en haussant un sourcil de manière sarcastique.
- Les géants peuvent sentir l'odeur du sang, avait-il répondu sur le même ton, et je suis toujours un Gentleman.
Le Rhum, le regard échangé quand il noua son écharpe autour de sa main, la façon dont elle lut comme dans un livre ouvert son histoire avec Rumplestilstkin, tout lui revint en tête et elle ferma les yeux, se sentant soudain très nauséeuse.
- Tu viens ? demanda David en ouvrant toquant à la portière de sa chambre, ça va ? ajouta-t-il en voyant son expression.
- Ca va, j'ai juste fait une petite chute de tension, répondit-elle.
- Qu'est-ce que c'est ? continua-t-il et elle suivit son regard pour arriver à son poing serré sur le foulard de Hook.
- Oh… C'est rien, un vieux foulard qui traînait dans mon tiroir, répondit-elle en le remettant là où elle l'avait trouvé avant de se redresser soudainement, s'étant à nouveau composé un masque impassible, je cherchais quelque chose contre le froid, mais j'ai rien là dedans. On y va ?
- On y va… répondit David après lui avoir lancé un regard qui disait clairement qu'il savait qu'elle lui mentait, mais qu'il n'essaierait pas de lui tirer les vers du nez
- Aucune trace de Cora, soupira David en se laissant tomber dans sa chaise de bureau, face à Emma, j'ai inspecté l'ensemble du port, et des environs, et aucune trace d'elle. Personne ne l'a vue nulle part.
- Je ne comprends pas, répondit Emma en fronçant les sourcils, elle est là, elle est venue avec Hook, qu'est ce qu'elle attend ?
- Je ne sais pas, admit David, mais ça n'augure certainement rien de bon.
Emma fronça les sourcils et croisa les bras, se mordillant nerveusement la lèvre.
- La magie est différente ici, peut-être qu'elle essaie de trouver un moyen pour l'exploiter au maximum ?
- C'est une possibilité. Il faudrait demander à Blue comment elle parvient à continuer à faire de la magie malgré tout. Le mécanisme entre la magie blanche et la magie noire ne doit pas être bien différent. Quoi qu'il en soit, on ne trouvera rien de plus ce soir, autant rentrer chez nous et nous reposer. S'il y a le moindre problème, on nous appellera de toute façon.
Emma acquiesça et se leva pour prendre son manteau, suivant David à l'extérieur de la station de police.
- Tu sais quoi ? déclara-t-elle finalement, je vais faire un tour, j'ai besoin de m'aérer la tête. Je te rejoins à l'appartement, d'accord ?
- Heu… Ok ? hésita David, à tout à l'heure.
- A tout à l'heure, lui assura-t-elle avec un petit sourire, ne m'attendez pas pour diner, je n'ai pas très faim de toute façon.
Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et tourna les talons, se dirigeant vers le centre-ville avec les mains dans les poches.
Emma Swan n'était pas du genre à errer comme une âme en peine, mais quand elle sortit de ses pensées, elle se demanda comment diable elle était arrivée là, et depuis combien de temps elle fixait les vagues qui se déchaînaient contre les roches.
Elle n'était pas revenue ici depuis qu'ils avaient jeté le corps de Killian au large, il y a trois semaines de ça, et ce fut presque avec hésitation qu'elle se leva pour effleurer du bout des doigts la petite croix en bois qu'Henry avait insisté de planter là afin de se souvenir qu'ici reposait le grand et terrible Captain Hook.
Les vents forts avaient fait se pencher dangereusement le bois, et l'air salé et humide l'avait fait craqueler à quelques endroits, rendant clair que l'édifice improvisé ne tiendrait plus très longtemps.
- Ce n'est pas comme si tu en avais besoin de toute façon, statua Emma à voix haute, en s'asseyant à côté de la croix, dans l'herbe humide, fixant à nouveau l'océan, c'est Henry, mon fils qui a insisté pour que David te construise quelque chose. Pour une raison que j'ignore, il aurait adoré te rencontrer. On ne sait même pas si tu étais croyant, sourit-elle tristement, ni en quoi tu croyais par ailleurs, alors si ce n'est pas de circonstance, j'en suis navrée. Mais c'est le geste qui compte, nan ?
Un coup de vent plus fort fit tournoyer ses cheveux longs et elle dut les remettre derrière les oreilles, frissonnant sous la fraîcheur qui commençait à la toucher.
- Mon dieu, que je te déteste, Hook, continua-t-elle finalement, si tu peux me voir, je veux que tu saches que je te déteste pour ce que tu me fais vivre en ce moment. Tu…Tu… T'étais obligé de te jeter sous ma voiture ? Pourquoi diable as-tu fait ça ? Parce que tu t'étais enfin vengé ? Que ta vie n'avait plus de sens ? Et ben, flash info, Belle n'est pas morte, alors on peut dire que t'as bien merdé !
La jeune femme s'arrêta de parler un moment, sa voix proche de se briser à tout moment sous la colère et la douleur qu'elle ressentait bien malgré elle.
- Tu es un abruti au fait, tu le sais ça ? Je sais qu'on n'est pas censé dire du mal des morts…Mais merde, Hook, tu es un abruti. Regina avait enfin cessé de comploter contre nous, Henry était enfin dans un environnement relativement sûr, avec une famille, et toi tu… tu… Tu ramènes Cora à Storybrooke, et tu mets tous les habitants de cette foutue ville en danger, puis tu te jettes sous une voiture, sous MA voiture et tu nous laisses dans un merdier sans nom ! Je… Je…
- Emma!
La Sauveuse se raidit subitement et se retourna vers David qui ne tarda pas à arriver auprès d'elle.
- Je savais que tu serais ici, continua-t-il.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Emma en fronçant les sourcils, essuyant rapidement les quelques larmes traitresses qui avaient coulées le long de ses joues.
- Je me faisais du souci, tu n'avais pas l'air bien quand on s'est séparés à la station, et je ne t'ai pas vu revenir, alors après quatre heures j'ai décidé d'aller te chercher, au cas où Cora te serait tombée dessus…
Quatre heures ?! s'exclama intérieurement Emma, se retenant d'écarquiller les yeux. Elle se doutait qu'elle avait été absente un moment, mais certainement pas aussi longtemps !
- Oh… désolée, marmonna-t-elle, ne laissant rien transparaître, et fixant à nouveau l'horizon, ne sachant pas très bien quoi lui dire à ce moment.
- Tu lui parlais n'est-ce pas ? demanda finalement David en s'asseyant à ses côtés. Juste assez près pour ne pas être intrusif.
- Je… commença Emma, réfléchissant à une excuse, mais rien ne lui vint, et elle se mordit la lèvre un moment avant de répondre « oui » dans un petit murmure. C'est la première fois que je reviens ici depuis… depuis l'enterrement, enfin… tu sais, depuis qu'on l'a jeté à la mer et je suis… Je suis en colère David, je suis folle de rage contre cet idiot !
Dire que David était surpris de voir Emma se confier finalement, après trois semaines de silence de marbre, était un euphémisme. Voir sa fille aussi bouleversée lui pinçait le cœur, et il ne put retenir son élan d'affection, et passa un bras autour de ses épaules, approchant sa tête pour embrasser le sommet de son crâne.
- Ce n'était pas de ta faute Emma, c'était un accident.
- Je suis censée être la foutue Sauveuse des habitants de Storybrooke et je… je ne suis même pas capable d'en protéger un seul. Cora est là, Dieu ne sait où, à préparer je ne sais quoi, et c'est à cause de lui ! C'est lui qui nous a trahis dans la Forêt Enchantée, et le pire dans tout ça, c'est que c'est de ma faute !
- Emma…
- SI David, c'est de ma faute, le coupa-t-elle, il s'était allié à nous, mais je ne lui ai pas fait confiance et l'ai trahi en premier, tout ça, c'est de MA faute.
- Même si tu l'avais emmené avec vous à Storybrooke, il aurait quand même essayé de tuer Gold. Tu n'aurais pas pu l'empêcher de faire ce qu'il a fait.
- Mais j'aurais su qu'il était là et aurais gardé un œil sur lui. Je ne l'aurais pas découvert dans ces circonstances, et surtout il ne serait pas… mort par ma faute, termina-t-elle dans un souffle, l'avouant finalement à voix haute. Je suis la Sauveuse, et j'ai tué quelqu'un. J'essaye d'être une bonne mère pour Henry, et je tue ce putain de Capitaine Crochet ! J'ai failli perdre Henry parce que je ne lui faisais pas confiance, Graham est mort parce que je n'ai pas cru tout de suite à son histoire, et maintenant… Maintenant je ne vaux pas mieux que Regina, parce que je ne lui ai pas fait confiance, et qu'il est mort par ma faute.
- Tu ne seras jamais comme Regina, Emma, répondit David, Regina tue parce qu'elle n'arrive pas à vivre avec la douleur qu'elle éprouve. Elle le fait volontairement, et est pleinement consciente de ses actes. Tu ne seras jamais comme elle.
Emme ferma les yeux un instant et reprit constance. Cela faisait trois semaines qu'elle se laissait ronger par la culpabilité, trois semaines qu'elle avait érigé des murs plus hauts que jamais pour se protéger, et pour la première fois, elle avait laissé couler, laisser David entrer et l'épauler. Elle se sentait libérer d'un poids, même si la culpabilité était toujours là, elle le serait toujours, mais peut-être qu'elle arriverait éventuellement à vivre avec.
- Merci… murmura-t-elle finalement, souriant doucement quand elle sentit David déposer un nouveau baiser sur le sommet de son crâne.
- Rentrons à la maison, ta mère nous attend, déclara-t-il.
Emma grimaça doucement, ça aussi, c'était une chose à laquelle elle devrait s'habituer, mais elle acquiesça et accepta sa main quand il l'aida à se relever. Le trajet de retour se fit dans le silence, mais pour la première fois, il n'était pas lourd de tristesse et de non-dits. Emma aimait cela chez son père, qu'ils puissent être en harmonie tout en gardant le silence. Ce n'était pas quelque chose dont elle avait l'habitude avec Snow qui comblait chaque silence, faisant constamment la conversation dans l'espoir de rattraper le temps perdu, et elle était reconnaissante envers David de la laisser venir à son rythme, quand elle se sentait prête. Elle avait peut-être le menton et la force de caractère de sa mère, mais finalement, peut-être tenait-elle plus de son père que l'on pouvait le penser ?
Une fois arrivés au loft, ils furent surpris de découvrir Snow et Henry en train de discuter avec Monsieur Gold, Snow tenant fermement Henry par les épaules en un geste protecteur qui n'échappa pas à Emma.
- Gold ? demanda-t-elle sur un ton un peu froid quoique surpris, qu'est ce que vous faites là ?
L'homme se retourna vers la sheriff de façon raide, appuyé sur sa canne, et lui sourit de façon à lui faire froid dans le dos, tandis que David se plaça à côté de Snow, lui demandant silencieusement si ça allait.
- Miss Swan, ravi de vous voir, je vous attendais justement.
- Cessons les politesses, qu'est ce que vous voulez ? Est-ce que Belle va bien ?
- Toujours dans le même état depuis que votre ami lui a tiré dessus, répondit Gold.
- Ce n'était pas mon ami, répondit froidement Emma, qu'est-ce que vous voulez réitéra-t-elle.
- Je viens réclamer le service que vous me devez. Un deal est un deal, il est temps de rendre la monnaie de ma pièce.
- Gold… Emma est… tenta d'intervenir Snow, inquiète.
- Aidez-moi à retrouver mon fils, la coupa Gold, l'ignorant totalement, son regard toujours fixé sur Emma.
- Votre fils ?! s'exclama-t-elle, et je peux savoir où je suis censée chercher ?
- New-York, vous étiez chasseuse de prime, ça ne devrait pas être trop difficile pour vous, rétorqua-t-il avec un rictus, et vous n'avez pas le choix, on ne rompt pas de contrats avec moi.
La menace était très claire, son regard s'étant instantanément posé sur Henry, faisant se raidir Emma jusqu'à la moelle.
- Très bien, répondit-elle finalement, je vous aiderais à retrouver votre fils. A une seule condition.
- Vous n'êtes pas en mesure d'exprimer des conditions très chère.
- Bien sûre que si, je suis votre seul espoir de trouver votre fils, alors vous n'avez pas le choix.
Tous deux se fixèrent un moment, se battant silencieusement pour avoir le dessus, puis Gold expira finalement, dans un rictus faussement amusé.
- Quelle est cette condition ?
- Henry vient avec nous. Il est hors de question que je le laisse seul dans une ville où se cache Cora, et aux mains de Regina.
- Marché conclu, répondit Gold quelques instants plus tard, je viendrais vous chercher à l'aube, soyez prêts tous les deux pour 6h15.
Et sur ce, il tourna les talons.
- Dans quelle histoire me suis-je encore embarquée ? se demanda Emma, avant d'entrer dans l'appartement, prête à affronter les regards courroucés de ses parents.
