Vos reviews sont une grande motivation! Merci à tous. :)

Chapitre VI

Le hurlement de Jack en face d'elle la fit sortir de sa torpeur. Son cerveau se mit à fonctionner à toute vitesse. Elle était de nouveau dans cette salle de torture. Mais l'avait-elle vraiment quitté ?

— Les codes ! Ou bien il continuera de souffrir, Colonel !

Elle avait déjà entendu cette demande, des centaines de fois. Mais cette phrase, cette intonation. C'était exactement la même que dans ses souvenirs. Le hurlement que Jack tentait d'étouffer finit par la convaincre : elle avait déjà vécu ceci et se retrouvait de nouveau dans la boucle que s'amusait à lui faire revivre Ba'al.

« Ça ne finira jamais, » pensa-t-elle.

Sa gorge se serra, ses yeux se fermèrent. Elle ne pouvait plus supporter de le voir souffrir. Elle pensa alors à leur étreinte dans le vaisseau Tok'ra. L'avait-elle rêvé ? Avait-elle réellement été secourue par son père ?

Les mains des jaffas qui la maintenaient lui paraissaient bien réelles. Tout comme les bras chaleureux de son père qui l'avait accueilli à l'arrivée dans le vaisseau Tok'ra.

Elle était complètement perdue. Elle ne savait plus où elle se trouvait. Son rythme cardiaque s'accéléra, elle commença à hyperventiler. Elle essaya alors de se concentrer sur ce qui l'entourait en dehors de Jack, Ba'al et les jaffas. Son mal de tête la torturait, elle avait l'impression que ses yeux étaient prêts à sortir de leurs orbites. Elle abandonna l'idée de faire fonctionner son esprit, la douleur prenant le dessus. Étaient-ce les capteurs qui lui faisaient ainsi mal ? Ou bien les hurlements de Jack lui fendaient-ils le crâne ? Ba'al répétait inlassablement la même question. Elle avait envie de le détruire. Elle comprit ce que le Général avait pu subir lors de sa captivité. Avait-il aussi été mentalement torturé ? Si c'était le cas, il n'en avait jamais parlé. Sa vue se brouilla alors qu'elle entendit Jack lui parler :

— Tout va bien, Sam, ne dites rien !

C'était bientôt fini, elle le savait. Cette phrase était gravée au plus profond d'elle. L'intonation de détresse de Jack, sa volonté de pourtant vouloir la rassurer. Elle ne put faire autrement que de plonger son regard dans le sien.

Combien de fois l'avaient-ils déjà fait, de s'observer, de se comprendre sans se parler ? Ses yeux chocolat qui si souvent se détournaient d'elle lorsque la tension se faisait trop grande, lorsqu'ils risquaient de transmettre tous les sentiments qu'il éprouvait à son égard. Lorsque ses yeux bleus cherchaient du réconfort, un soutien, un avis… Leurs amis s'étaient habitués à leurs regards qui n'appartenaient qu'à eux, dans leur monde où personne d'autre n'existait, ni l'armée, ni le règlement militaire, ni les contraintes.

Ba'al allait lui trancher la gorge et de nouveau elle n'allait rien pouvoir faire afin de l'éviter. Cette situation la rendait malade. Elle entendit Ba'al crier, puis le bruit du poignard fendant l'air pour s'approcher dangereusement de la gorge de Jack.

Le corps inerte de ce dernier tomba dans un bruit sourd au sol et Sam lâcha les sanglots qu'elle retenait depuis son retour sur le vaisseau. Puis soudain, un flot de lumière apparu.

— Comment ça, on ne sait pas ce qui se passe ? ! Elle est sortie et tout allait bien !

Sam ouvrit les yeux immédiatement après avoir entendu cette voix. Son corps se trouvait sur un lit, au chaud. Le son des machines qui l'entouraient lui signala qu'elle se trouvait dans l'infirmerie de la base. Sa tête la faisait souffrir, ses yeux la brûlaient.

— Sam ?

Jacob arriva près de sa fille et lui caressa les cheveux.

— Papa ? !

Sam voulut se relever, mais Jacob l'en empêcha.

— Non, non, reste allongée, tu as fait un malaise et tu as perdu connaissance chez toi. Tu es à la base.

Janet s'approcha et vérifia les pupilles de son amie.

— Des douleurs ? Vous souvenez-vous de votre malaise ?

— Je…

Elle cherchait du regard Jack. Elle finit par trouver son regard. Il se tenait dans un coin de l'infirmerie, l'air grave. Elle soupira de soulagement. Il était vivant.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle finalement.

— Tu as fait un malaise chez toi. Pete a immédiatement appelé la base, complètement paniqué.

— Il n'est pas venu ?

— Il attend dans mon bureau, lui répondit Jack.

— Oh.

— Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez juste avant de perdre connaissance ? lui demanda Janet.

Sam la regarda, mais n'osa pas répondre. Elle se souvenait de la demande de Pete, puis d'avoir senti ses jambes vaciller avant de sombrer et de se réveiller dans le vaisseau de Ba'al. Elle baissa les yeux et Janet comprit que le moment de faire sortir son père et le Général était venu.

— Pourriez-vous patienter dehors, Messieurs, s'il vous plaît ? demanda-t-elle.

Jacob observa sa fille d'un air interrogateur, puis s'avança vers la sortie. Jack sortit également en jetant un dernier regard à sa subordonnée. La porte se ferma et Janet se tourna de nouveau vers Sam.

— Je vous écoute.

— Pete m'a demandé de l'épouser.

Janet ouvrit de grands yeux ronds.

— Oh, mon Dieu.

— Je crois que c'est ce que j'ai dit juste avant de tomber.

— Et vous êtes plutôt ravie ou… ? questionna Janet devant l'air gêné de son amie.

— Je ne sais pas trop. À vrai dire, ça m'a plutôt angoissée.

— Je pense que vous vous êtes cogné la tête en tombant, Pete nous a expliqué qu'il n'avait pas eu le temps de réagir pour vous rattraper.

— Je… Janet, j'étais de nouveau là-bas.

— Comment ça, là-bas ?

Janet la regardait à présent l'air grave.

— Sur le vaisseau de Ba'al. Devant le Général qui se faisait torturer.

Les yeux de Sam se remplirent de larmes en repensant à cet instant.

— Je vous fais passer un nouveau scanner.

Le docteur Fraiser ressortit de l'infirmerie, laissant Sam se reposer en attendant de passer son examen. Elle demanda à Jack de la suivre et ils trouvèrent un endroit calme afin de s'entretenir.

— Qu'est-ce qui se passe, Doc ?

— Je ne sais pas encore exactement, mais j'ai l'impression que le dispositif utilisé par Ba'al sur le colonel a fait plus de dégâts qu'il n'y paraît.

— C'est-à-dire ?

— Durant son inconscience, Sam a apparemment revécu votre torture.

— À quel point l'a-t-elle revécu ? demanda Jack l'air inquiet.

— Vraisemblablement comme si elle y était de nouveau.

Jack partit précipitamment. Il devait la retrouver. La rassurer. Lorsqu'il ouvrit la porte de l'infirmerie, Sam se réinstallait après avoir passé son scanner. Elle l'observa s'approcher d'elle. Il hésita un instant, puis finit par lui prendre la main.

— Ça va aller, dit-il simplement.

Elle ferma les yeux, rassurée par la sensation de sa main dans la sienne. Elle finit par s'endormir et Jack partit voir Janet.

— Que dit le scanner ?

— Ce n'est pas très encourageant.

— Comment ça ? demanda Jack, inquiet.

— Je crois que l'appareil de Ba'al a inséré des nanites dans le cerveau du Colonel.

— Quoi ? Mais comment est-ce possible ? !

— Elle m'a expliqué que l'appareil ressemblait à celui utilisé par les Tok'ra pour vous faire passer le test Zatarc, mais en plus douloureux. Je suppose que les nanites ont été insérés de cette manière.

— Des nanites ? demanda Sam, à présent réveillée.

Elle les regardait le visage fermé.

— C'est une blague de mauvais goût n'est-ce pas ?

Ses jambes tremblaient, les battements de son cœur pulsaient dans ses tempes. Sa vue se brouilla. Jack eut le temps de courir vers elle lorsqu'elle dit qu'elle ne se sentait pas très bien. Elle porta sa main à sa tête. Puis ce fut de nouveau l'obscurité. Elle craignait de rouvrir les yeux quelques secondes plus tard. Les mains qui maintenaient ses épaules lui confirmèrent ses craintes. Elle était de nouveau dans cette boucle infernale.

Tout recommença. Les cris. L'odeur du sang. Les regards. Les larmes. La mort.

Puis la chaleur revint, s'empreignant de tout son corps. Ses yeux se posèrent sur la personne qui se tenait près du lit dans lequel on l'avait réinstallé.

— Pete ?

— Oui, ma chérie, je suis là. Tout va bien, ne t'inquiète pas.

— Non, non tout ne va pas bien !

Sam tenta de se lever, mais sa tête lui tourna. Le haut de son corps vacilla, et Janet accourut vers elle.

— Sam, restez allongée. Pete, sortez s'il vous plaît.

Pete quitta à contrecœur la salle. Janet attendit qu'il soit sorti pour s'adresser à Sam.

— Je crois que les nanites s'activent en fonction de vous. Ou plutôt en fonction des émotions que vous ressentez. L'angoisse, le stress.

— Comment cela serait-il possible ? Les nanites n'interagissent pas avec le corps de cette manière. Ils peuvent le changer, mais pas influer avec les émotions. Comment pourraient-ils capter les échanges chimiques ?

— Je crois que Ba'al a réussi à les modifier. Mais à dire vrai, c'est plutôt votre domaine…

Sam ferma les yeux, son cerveau fonctionnant à toute allure. Elle était maintenant dans une posture très délicate, et mettait en danger le SGC tout entier…