Je rappelle que le mot "teme" signifie à peu de chose près "enfoiré"
chapter 28: Sakumo/Orochimaru
celui où tu ne sais pas qui est ton âme sœur avant de l'entendre prononcer ton nom
– C'est tout ce que je dis, proteste bruyamment Jiraiya directement dans l'oreille d'Orochimaru. Tu ne veux pas avoir un peu d'expérience ? Allez, tu ne voudrais pas avoir la honte devant ton âme sœur, si ?
Une veine pulse sur la tempe de Tsunade. Orochimaru pourrait bien être étonné de constater que Jiraiya ne l'a pas remarqué, mais cela fait bien longtemps qu'il n'est plus surpris par le degré de stupidité que son coéquipier atteint. Jetant un regard en direction de Tsunade et de ses poings qui commencent à être serrés de plus en plus étroitement, il ralentit légèrement l'allure pour se trouver en dehors de sa ligne de tir. Ce ne serait, bien sûr, pas la première fois qu'elle l'attrape et se sert de lui comme d'un punching-ball, mais ce n'est quand même pas une expérience qu'il souhaitait renouveler.
– Laisse-moi deviner, crache-t-elle, et les yeux d'Orochimaru s'écarquillent davantage alors qu'il ralentit encore un peu plus, car ce ton, elle ne l'utilise que lorsque Jiraiya se trouve un peu trop près des bains publics à son goût et que des os sont sur le point d'être brisés. Je parie que tu te portes volontaire pour m'aider à m'entraîner ?
– C'est ça ! affirma gaiement Jiraiya, et Orochimaru soupire et presse une main sur ses paupières, se demandant comme cet idiot a réussi à survivre jusqu'à la vingtaine. Ça doit certainement venir de ce qu'on disait à propos des divinités qui prêtaient une oreille particulièrement attentive aux idiots et aux ivrognes, car, dans le cas contraire, Jiraiya aurait sans le moindre doute expiré son dernier souffle il y a un bon moment déjà.
Il s'arrête, car, il le sait : dans une trentaine de secondes tout au plus, Tsunade va craquer, et qu'il va devoir les séparer, au risque, sinon, de voir Sarutobi-sensei lui donner ce regard lui signifiant : Je-suis-extrêmement-déçu-de-toi-mais-en-même-temps-je-te-ris-au-nez, et s'il y a bien une chose qu'Orochimaru déteste, c'est bien de le recevoir.
Une demi seconde avant que le tempérament de Tsunade n'explose, néanmoins, il y eut une bruyante exclamation un peu plus loin :
– Jiraiya !
Ils se retournèrent machinalement tous les trois, leur prise de bec oubliée, et Orochimaru toise le shinobi en approche. Il lui était familier, comme l'étaient la plupart des Jônin de haut-rangs, mais, à part ça, il ne se souvenait pas lui avoir parler ne serait-ce qu'une seule fois auparavant.
– Sakumo, retourne Jiraiya, enthousiaste, en lui faisant signe. Tu es enfin revenu de Suna !
L'homme aux cheveux argentés lui sourit en retour, ses yeux passant de Tsunade à Jiraiya, puis sur Orochimaru.
– Oui. Tout s'est bien passé, affirma-t-il. Dis-moi, ce ne serait pas ta fameuse équipe ?
– La charmante Senju Tsunade, offre-t-il et Tsunade lui envoie un regard noir, croisant les mains sur sa poitrine. Les yeux de Jiraiya tombèrent immédiatement sur celle-ci et une veine sur les tempes de la blonde recommença à pulser. Cette fois-ci, cependant, Jiraiya semble voir le danger arriver de loin, puisqu'il il relève rapidement les yeux et fait un signe de la main en direction de son coéquipier pour faire diversion. Et notre abruti de Serpent local. Mesdames, Hatake Sakumo.
Orochimaru roule les yeux, car, à ce stade, Jiraiya donne simplement une nouvelle définition au terme 'puéril', seulement, avant qu'il ne puisse corriger l'autre idiot, Sakumo lui offre un sourire chaleureux et dit :
– Ah oui, Jiraiya m'a beaucoup parlé de toi. C'est Orochimaru…
Il s'arrête net, ses yeux gris s'écarquillant, et Orochimaru cligne des yeux. Après quelques secondes durant lesquelles Sakumo ne fait rien si ce n'est l'observer, Orochimaru fronce légèrement les sourcils et incline la tête, car, lui au moins, a des manières.
– J'ai beaucoup entendu parler de vos exploits, Sakumo…
Ce fut comme s'être noyé dans de l'eau gelée, comme une décharge électrique, comme une étincelle prenant le petit bois et incendiant la forêt entière. Les mots s'entremêlent sur sa langue, impossible à différencier, et il fait un pas en arrière sous le choc silencieux.
Au même moment, Sakumo fait un pas vers l'avant, ses mains se levant pour attraper Orochimaru alors que celui-ci tente de se dégager à sa prise, et cela suffit à couper le souffle au Sannin. Il ignore la soudaine question pleine d'espoir de Tsunade, le cri offensé de Jiraiya et il tend son bras à son tour. Prenant le visage de Sakumo entre ses mains, il se presse dans les bras de l'autre, une légère avarice naissant dans sa poitrine, et pour la toute première fois, quelqu'un n'étant pas ses parents ou un membre de son équipe ne se détourne pas de lui à son toucher. Au contraire, Sakumo enroule ses bras autour de son torse dans un rire joyeux et profond, puis soulève Orochimaru et commence à tourner sur lui-même.
– Sakumo, murmure Orochimaru dans ses cheveux alors que l'allure diminue et qu'ils s'arrêtent. Sakumo ne le laisse pas partir, néanmoins, et resserre sa prise, respire tout contre sa peau alors que son nom fait de nouveau prendre conscience à Orochimaru de ce vient de se passer
– Orochimaru, répond l'homme, l'air presque émerveillé. Il rit brièvement, pressant leur joue l'une contre l'autre, et Orochimaru aime plus que tout ce sentiment, cette proximité, mais il veut plus. Il incline la tête, se dégage légèrement de l'étreinte et plante ses lèvres sur les siennes.
Sans la moindre hésitation, Sakumo l'embrasse en retour, chaudement et volontiers, s'accrochant toujours à Orochimaru comme s'il n'allait jamais le lâcher.
– Sérieusement ! proteste Jiraiya derrière eux, comme toujours bien trop bruyamment et sans le moindre raffinement social. Il faut dire que même Orochimaru est plus doué à ça qu'il ne l'est. Ici ? Au beau milieu de la rue ? Hé ! Il y a des yeux innocents qui traînent. Et… ça a intérêt à ne pas être ta langue que je viens de voir, teme, bon sang…
Roulant les yeux, Orochimaru se sépare juste assez pour pouvoir parler, et, sans pour autant détacher le regard des yeux rieurs de Sakumo, il dit :
– Tsunade, tu te souviens du jour où tu as perdu ton ensemble de sous-vêtements ?
Il peut pratiquement entendre Jiraiya transpirer à grosses gouttes en commençant à reculer discrètement.
– Ah, oui, vous savez quoi, je pense que j'ai quelque chose de très important à faire à l'autre bout du pays…
N'étant pas stupide, Tsunade se rue aussitôt sur lui, sa fureur lui tombant dessus telle une avalanche d'une montagne, mais avec deux fois plus de force destructrice.
– Quoi ?! C'était toi, espèce de pervers ?!
Jiraiya crie de terreur et détale. Avec le rugissement d'une lionne sur la trace d'une gazelle blessé, Tsunade le suit immédiatement et sur les lèvres d'Orochimaru fleurit un sourire en coin victorieux. Bien trop… bien trop facile, vraiment.
– Tu es incroyable, lui dit Sakumo, riant.
– J'essaie, répond Orochimaru, sans la moindre trace de modestie. Il passe ses doigts sur la pommette de Sakumo, puis les enfouie dans ses cheveux épais. Et toi, tu es très doué.
– J'exprime mon talent sur bien des plans.
Le sourire du plus âgé a une touche de dents pointues telles celles d'un loup et ses mains se resserrent sous les cuisses d'Orochimaru.
– Qu'est-ce que tu dirais d'en apprendre un peu plus sur moi ?
Orochimaru se met à rire à son tour, d'un rire qui vient du fond de la gorge et se penche pour l'embrasser à nouveau.
– J'ai toujours aimé découvrir de nouvelles choses, affirme-t-il.
