Merci encore pour vos reviews :) Je me répète mais ça me donne vraiment le sourire de vous lire !

Merci à Déborah pour sa pré-lecture, tu es au top !

Chapitre IX

Sam regarda le Général avec un sourire. L'idée d'appeler les Asgard à la rescousse lui était venue lorsque, devant son tableau blanc, son esprit ne voyait pas comment synthétiser « ce foutu appareil ». L'espace d'un instant, elle s'était dit qu'avec Thor elle avancerait plus vite, avant de penser qu'appeler les Asgard était totalement possible.

Ils envoyèrent donc le signal afin de les joindre, espérant une réponse dès le lendemain. Sam retourna à son laboratoire et recommença à plancher sur les nanites. Elle fut sortie de ses calculs par trois petits coups donnés à la porte. Elle leva la tête et aperçu Daniel dans l'embrasure de la porte.

— Sam ? On va manger au mess, vous nous accompagnez ?

Elle grimaça. Elle n'avait pas tellement envie de manger. Pas tellement envie de se retrouver avec des personnes autour d'elle plus précisément…

— Oh, ça ira pour moi, Daniel, je vous remercie, mais je n'ai pas très faim.

Il s'approcha d'elle, mains dans les poches.

— Vous n'avez pas envie que la moitié de la base vous regarde de travers.

Gagné. Elle baissa la tête, prenant l'arête de son nez entre ses pouces. Son mal de tête s'était atténué, mais était toujours présent. Daniel finit par s'asseoir près d'elle et passa son bras par-dessus ses épaules. Il attendit quelques minutes avant de lui parler.

— Sam, vous savez que vous n'êtes pas obligée de me répondre.

Elle tourna la tête vers lui le regard exprimant une incompréhension.

— Qu'est-il arrivé à Jack sur le vaisseau de Ba'al ? Ni l'un ni l'autre n'en parle, mais je vous connais. Votre cri m'a glacé d'effroi… Je sais que Jack était mort… ce que je ne comprends pas c'est comment… et ce que vous a fait Ba'al par la suite.

Sam ferma les yeux. La vision de Jack dans une mare de sang lui revint en tête.

— Ba'al l'a égorgé.

Ce fut au tour de Daniel de fermer les yeux. La manière cruelle et sadique de mettre fin à la vie d'un homme.

— Et il a utilisé son appareil sur vous par la suite ?

— Oui. J'ai expliqué ça à Janet, mais à personne d'autre. Je ne souhaite pas que le Général soit au courant. Il sait uniquement que j'ai été torturé et que les visions sont apparues au retour sur Terre.

— Oh, Sam…

Il prit son amie dans les bras. Il savait qu'elle avait vécu les dernières heures comme affreuses, mais ne se doutait pas à quel point. Après une étreinte de quelques minutes, ils se séparèrent.

— Et que vous a fait Pete ?

— Pete ? demanda-t-elle, soudain un peu perdue.

— Oui tout à l'heure il m'a semblé avoir entendu qu'il y avait eu une altercation.

— Oh. Ça. Il m'en voulait juste de le faire renvoyer chez lui alors qu'il voulait rester près de moi pour me surveiller.

— Vous surveiller ?

— Enfin, veiller sur moi. Mais je suis une grande fille, je n'ai pas besoin qu'on soit à mon chevet.

— Jack le fait.

Elle lui jeta un coup d'œil suspicieux, puis se radoucit en voyant le sourire de son ami.

— C'est exact. Mais c'est mon supérieur, je ne peux rien lui dire.

« Ou alors vous ne le voulez pas, » pensa Daniel.

Ils se tenaient la main, Daniel tentant de rassurer son amie par ce contact simple. Tout cela resterait entre eux, elle le savait.

Un nouveau cognement se fit entendre à la porte, leur faisant tourner la tête. Jack se tenait là, un grand plateau à la main suivi de Teal'c. Daniel sourit et reporta son attention sur Sam.

— Je leur ai dit que si nous n'étions pas là dans 15 minutes c'est que je n'avais pas réussi à vous convaincre d'aller au mess.

— Et donc le mess vient à vous, dit Jack en montrant le plateau plein, assez pour eux quatre.

Sam sourit et pensa qu'elle était décidément bien entourée par ses amis.

— J'ai pensé à votre Jell'o bleue, Carter ! dit Jack, fier de lui d'avoir réussi à faire sourire sa subordonnée.

—Merci, mon Général. Merci à tous c'est vraiment gentil de votre part.

Elle se détacha de Daniel et fit de la place sur bureau afin qu'ils puissent manger. La lumière aveuglante et Thor se trouvant à un mètre d'elle la firent sursauter, faisant se brouiller sa vue.

— Daniel, attention ! hurla Jack, qui comprit immédiatement que Sam retombait dans l'inconscience.

Daniel rattrapa Sam et la déposa délicatement au sol. Jack, qui avait déposé le plateau sur le bureau, contourna ce dernier afin de s'approcher de Sam.

— O'Neill. Ai-je fait quelque chose ? demanda Thor, un peu surpris par le malaise de Sam.

— Non, je crois que vous venez d'assister à notre « problème » Thor, répondit gravement le Général O'Neill.

Sam reprit connaissance après quelques minutes, regardant autour d'elle.

— Allez-y doucement, Carter. Ça va aller ?

— Je pense que oui. J'ai été surprise par votre arrivée, Thor.

— C'est la première fois que l'on s'évanouit lorsqu'on me voit.

Sam esquissa un sourire gêné.

— Oh non, ce que le Colonel veut dire c'est qu'elle a vraiment été surprise. Au point d'activer de nouveau les nanites pour atterrir dans… commença Jack, la regardant pour qu'elle puisse dire dans quel souvenir elle avait été plongée.

— Aucune importance, le coupa Sam.

Elle ne se voyait pas expliquer tous les souvenirs que les nanites lui obligeaient à revivre.

— Carter a des nanites dans le cerveau suite à une torture de Ba'al.

— Ils interagissent avec mes émotions, m'étourdissant ou me faisant perdre connaissance. Je replonge dans les souvenirs en fonction de ce que je ressens. Je soupçonne Ba'al de vouloir récupérer des informations.

— Je comprends. Je vais voir si je peux vous aider, Colonel Carter.

Ils mangèrent donc en vitesse puis Sam et Thor commencèrent à travailler de concert.

— Il utilisait un appareil, je pensais essayer de le synthétiser, mais je n'ai pas assez de connaissances…

— À quoi ressemblait cet appareil ? Était-il branché directement à la puce ?

— Non, c'était à distance.

— Oh.

— C'est un « oh » encourageant ou un « oh » comme « oh oh » ?

— Je crains que cela ne soit un « oh oh » Colonel.

Sam le regarda avec crainte. Si Thor trouvait la situation compliquée, elle pouvait commencer à s'inquiéter…

— Mais essayons tout de même de synthétiser l'appareil.

Sam expliqua alors les recherches qu'elle avait déjà effectuées.

— J'ai d'abord songé que l'appareil était le même que Hathor avait utilisé sur nous. Mais celui-ci marchait directement avec nos souvenirs et il n'y avait pas de nanites. Je me demande s'ils ne finissent pas par être autonomes, puisque ce n'est plus l'appareil qui semble les contrôler. Les échanges chimiques favorisent sûrement leur développement.

Ils travaillèrent ainsi une partie de la nuit avant d'être interrompus par Jack.

— Colonel, il faudrait aller vous reposer…

— Mon Général… il y a tant à faire je ne peux pas aller me reposer maintenant… lui dit-elle d'un air désolé.

— Carter… Ne me forcez pas à aller chercher le doc pour qu'elle vous l'ordonne… lui répondit-il simplement. Désolé, Thor, mais je pense que le Colonel n'est pas en état de poursuivre sans quelques heures de sommeil.

— Pas de problème, O'Neill. Colonel Carter, je vais poursuivre seul pour le moment, nous avons assez d'éléments. Je vais rejoindre mon vaisseau en orbite. Je vous retrouve demain matin.

Puis Thor se téléporta d'un signe de main, tandis que Jack patientait devant la porte du labo de son second. Sam fut donc obligée d'en sortir, et Jack l'accompagna jusqu'à ses quartiers.

— Bonne nuit, Carter, lui dit-il avec un sourire.

— Bonne nuit, mon Général.

Elle ouvrit la porte puis s'engouffra dans sa chambre. Elle ne le savait pas encore, mais cette nuit allait devenir la moins reposante et surtout, la pire de sa vie.

Elle s'installa dans les draps après avoir pris une douche rapide. Elle ferma les yeux, des calculs plein la tête. Son esprit finit par se détendre et elle s'endormit.

Dès les premières minutes, les nanites se mirent en action. Elle se retrouva alors à son premier jour au SGC, en face de Jack, lui proposant un bras de fer. Elle se rendit compte que quelque chose clochait, mais ne pouvait rien faire. La suite fut beaucoup moins réjouissante. La mort de Daniel la prit par les tripes. Elle voulait se réveiller, mais impossible de se sortir de cette spirale infernale. Elle se retrouva par la suite lorsqu'elle était coincée seule sur le Prométhée. Elle revit son père lui dire toutes ces choses qu'elle refusait d'entendre. Cette petite qui lui chantait la chanson de son enfance. Et Jack. Jack juste en face d'elle. Tout bascula de nouveau. Elle crut s'évanouir dans son regard lorsque, le cœur au bord des lèvres, elle le vit à genoux en face d'elle, le regard suppliant de ne rien dire. De tenir. De ne pas le regarder mourir. Elle finit par se réveiller en sursaut, complètement perdue. Sa tête la faisait souffrir le martyre. Elle se leva, perdit un peu l'équilibre et se rattrapa au mur. Elle reprit son souffle lentement, puis décida de sortir de ses quartiers. Elle se dirigea vers le seul lieu où elle savait qu'elle trouverait quelqu'un. Il était là, tranquillement installé.

— Daniel ?

Il leva la tête de son livre, et la regarda.

— Sam ? Tout va bien ? demanda-t-il avec inquiétude.

En effet, Sam présentait une pâleur effroyable, des cernes et des yeux rouges.

— Je n'arrivais plus à dormir. Je me suis dit que j'allais venir vous voir un peu avant de reprendre mes recherches.

Elle appréciait la proximité avec Daniel. Le sourire timide qu'il lui fit et sa main tendue vers elle la soulagèrent un peu. Elle prit sa main et s'assit près de lui, regardant sa lecture. Ce calme lui faisait du bien après cette nuit affreuse. La chaleur de la main de Daniel dans la sienne rendait le moment plus serein et surtout plus vrai. Elle craignait toujours de ne plus savoir où elle se trouvait et cet instant entre eux l'apaisait. Son mal de tête diminua, si bien qu'elle posa sa tête sur son épaule. Ils restèrent ainsi une bonne heure, sans parler, appréciant chacun la présence de l'autre dans la pièce. La radio de Daniel en fond sonore berçait la pièce de musiques en tous genres. Elle se mit soudain à diffuser « A thousand years » de Christina Perri et Steve Kazee. Daniel commença à fredonner l'air, mais fut stoppé dans son élan par Sam qui prit la manette afin de changer de station. Il la regarda intensément, cherchant à la comprendre.

— Pas d'émotions, vous vous souvenez ? lui dit-elle.

Il lui sourit, comprenant mieux que personne à qui la chanson faisait référence pour le cœur de son amie.