Merci à tous pour vos reviews qui m'ont donné le sourire ! J'ai écris ce chapitre avec 39 de température, désolé d'avance si des fautes d'orthographe persistent…

Chapitre XI

Sam se dirigea vers l'ascenseur du niveau 25. Pete allait arriver d'une minute à l'autre, et elle ne savait absolument pas ce qu'elle allait lui dire. Ils ne s'étaient pas quittés en très bons termes et elle redoutait leur entrevue. Les portes s'ouvrirent sur un Pete souriant. Ce n'est pas ce qu'elle s'imaginait, mais cela la rassura un peu.

— Sam, comment vas-tu ? dit-il en lui embrassant la joue.

— Plutôt pas trop mal, je te remercie.

« Mensonge, » pensa-t-elle.

— Et toi ?

— Oh. Eh bien j'ai eu le temps de réfléchir à notre dernière discussion et je me suis comporté comme un idiot. J'en suis désolé, lui répondit-il alors qu'ils arrivaient au laboratoire de Sam.

Pete ferma la porte et lui fit face.

— Je n'aurais jamais dû te dire tout ça.

Il s'approcha et l'embrassa tendrement. Sam mit du temps à répondre à son baiser, trouvant cela un peu trop facile. Ils n'avaient pas vraiment eu beaucoup de disputes, mais celle-ci avait tout de même pris une tournure étrange. Elle mit fin au baiser et regarda Pete.

— Tu devais me le dire si c'est ce que tu penses, lui dit-elle.

— Eh bien je… Je suis désolé, Sam. Vous êtes proches et tu comprends…

— Non, je ne comprends pas, non. Je suis proche de Daniel, et de Teal'c aussi. Ce ne sont pas eux que tu as accusés, lui dit-elle sur un ton de reproche.

— Il a... cette manière de te regarder. Il te couve du regard. Tu bouges, il bouge. Vous vous comprenez sans avoir à parler.

— Pete, nous sommes militaires. Nous bougeons en faction, c'est stratégique. Et heureusement qu'avec les années le Général n'a plus besoin de me parler pour me faire comprendre des choses, ça nous a sauvés pas mal de fois. Tu dois comprendre qu'ils sont comme ma famille. M'accepter, ce sont les accepter eux.

— Est-ce que ta dernière phrase signifie un « oui » ? dit Pete dans un sourire.

— Euh je… bafouilla Sam.

Les haut-parleurs se mirent soudain en route.

« Le Colonel Carter est attendu en salle 1 niveau 37. Le Colonel Carter est attendu en salle 1 niveau 37. »

Sam ferma les yeux. Elle ne sut pas si c'était de soulagement ou bien d'agacement, ou bien un peu des deux.

— Je suis désolée, je dois y aller. Si tout se passe bien je devrais être délivrée des nanites dans peu de temps, s'excusa-t-elle auprès de Pete.

Ce dernier l'embrassa de nouveau avant de prendre la parole.

— Reviens-moi vite…

— Tu peux attendre ici si tu le souhaites. Mais tu ne te promènes pas dans les couloirs.

— Je t'attendrai… lui répondit-il d'un regard profond.

Sam quitta son labo afin de se rendre en salle 1. Thor devait y être arrivé avec son matériel. Elle souffla un bon coup avant de sortir de l'ascenseur. Lorsqu'il s'ouvrit, elle eut droit à un comité d'accueil : Daniel, Teal'c, son père et Jack l'attendaient.

— Thor est prêt, Carter, il ne manque plus que vous. Prête ? lui demanda Jack.

— Je crois, lui répondit-elle.

Elle vit au loin Kerry s'avancer vers eux.

— Colonel Carter !

— Oui ?

— Veuillez m'excuser pour tout à l'heure, j'ai manqué de tact…

— Ah, vous croyez ? répliqua Sam, cinglante.

Jack fit signe à Kerry de ne pas poursuivre la discussion avec son second. Ils avancèrent vers la salle 1, où Thor et Janet les attendaient avec un appareil de taille de moyenne.

— Colonel Carter, êtes-vous prête à commencer ? demanda Thor.

— Oui, allons-y.

Elle s'installa sur le lit tandis que Janet mettait en place le scope. Une infirmière lui posa une perfusion, « par simple précaution » lui dit Janet. Sam leva alors les yeux et vit que l'équipe s'était installée en salle d'observation.

— Mon Général ? demanda-t-elle.

Celui-ci s'approcha d'elle. Il était installé sur un fauteuil dans la salle. Il ne souhaitait pas être trop loin en cas de soucis.

— Oui, Carter ?

— Serait-il possible de faire ça à huis clos ?

Jack jeta un œil en haut, et sut ce que Sam entendait par « huis clos ».

— Agent Johnson, pourriez-vous attendre dans le couloir, s'il vous plaît ?

Kerry sembla surprise, mais s'exécuta.

— Merci, mon Général. Je ne sais pas ce que je vais dire, je préfère que cela reste entre nous tous.

— Bien entendu, Colonel. Détendez-vous, ça va bien se passer. Et n'oubliez pas que quoi que vous voyiez, c'est un souvenir.

— Oui, bien sûr, mon Général.

Sam comprit le sous-entendu. Quoi qu'elle revivrait, Jack était là à l'attendre dans un coin de cette salle. Elle souffla un coup puis dit à Thor qu'elle était prête. Il lui installa une sorte de serre-tête, puis lui indiqua qu'il allait démarrer l'appareil. Il lui conseilla de se concentrer sur la technologie qu'avait en main Ba'al.

Elle plongea dans l'obscurité. Elle rouvrit les yeux et se retrouva devant Jack, torturé. Elle commença à s'affoler, mais la voix de Thor parvient à son esprit.

— Colonel Carter, concentrez-vous sur l'appareil de Ba'al. Où est-il ?

— Le Général se fait torturer il faut l'aider !

— Colonel, vous êtes dans un souvenir, O'Neill va très bien. Détendez-vous et concentrez-vous sur l'appareil.

Sam dégagea son regard de Jack et chercha dans la pièce.

— Il est posé près de Ba'al. Il n'a pas l'air d'y toucher.

— Très bien, à quelle distance est-il de vous ?

— Je dirais six mètres.

La voix de Jack en train de hurler la prit aux tripes.

— Il faut se dépêcher il va mourir !

Dans la pièce, Jack se raidit sur sa chaise. Son second revivait des souvenirs extrêmement douloureux et il s'en voulait.

— Son rythme cardiaque augmente à 120. Tension à 167/95, dit Janet.

Thor se reconcentra sur Sam.

— Colonel, prend-il l'appareil dans la main ?

— Oui, à l'instant. Il fait glisser son doigt dix degrés vers… Aaaah !

Tous la regardaient. Sam criait en se tenant la tête entre les mains, les yeux toujours fermés.

— Pouls à 190, tension à 223/116. Il faut stopper tout de suite ! Passez une ampoule de Loxen ! dit rapidement Janet à Thor et à l'infirmière.

Jack s'était relevé de sa chaise.

Sam rouvrit les yeux, une migraine martelant son crâne. Elle regarda autour d'elle. Elle reconnut la cellule dans laquelle ils avaient été mis sur le vaisseau de Ba'al. Jack était mort, mais n'allait pas tarder à réapparaître. Soudain, un faisceau lumineux les encercla, et ils se retrouvèrent à bord du vaisseau Tok'ra, en face de Jacob.

— Tout va bien ? Sam ! dit-il en s'approchant de sa fille, recroquevillée au sol.

— Vous avez pu nous trouver, Jacob Carter ? demanda Teal'c.

— Oui, la base nous a envoyé un message, grâce à notre nouvel appareil de téléportation nous avons pu vous localiser tous les quatre… Où est Jack ? demanda Jacob.

Le cœur de Sam s'emballa. Jack aurait dû être avec eux lorsque les Tok'ra les avaient téléportés sur leur vaisseau. Teal'c regarda Jacob d'un air grave puis secoua la tête de gauche à droite.

— Je reviens immédiatement.

Il laissa l'équipe et Pete en plein milieu du vaisseau et se dirigea vers Anise. Il murmura quelques mots, puis, après quelques minutes il revint vers l'équipe.

— Venez.

Il les emmena dans un dédale de couloirs avant de s'arrêter devant une porte. Il baissa la tête et Selmak prit la parole.

— Shita'a est en train de prendre soin de votre ami. Je suis profondément désolé.

— Comment ça, prendre soin ? demanda Pete.

Sam resta stoïque derrière les quatre hommes. Elle avait sûrement dû mal comprendre. Elle allait bientôt revenir à la réalité. Elle cherchait la voix de Thor dans son esprit, mais il n'y avait pas un son. Selmak les emmena dans une pièce adjacente, où il leur donna de l'eau et quelques vivres. Sam ne toucha à rien. Un silence très pesant entourait la pièce. Au bout d'une heure, une femme se présenta devant la porte.

— Il est prêt, dit-elle simplement.

Alors de concert ils se levèrent tous pour rejoindre la pièce dans laquelle se trouvait leur ami. Daniel ouvrit la porte doucement, et vit un matelas au sol, les pieds de Jack par-dessus. À mesure qu'il ouvrit la porte, le corps de Jack se dévoila un peu plus. D'une pâleur extrême, presque couleur grise. Ses mains reposaient sur son abdomen. Son visage avait l'air paisible. Daniel déglutit. Au niveau de sa gorge, une entaille avait soigneusement été suturée. Les larmes lui montèrent aux yeux.

— Mon Dieu…

Ils entrèrent tous dans la pièce, dont Sam fixait le mur en face d'elle. Elle se refusait à regarder vers le bas.

— Je suis désolé, dit Pete.

— Partez en paix, O'Neill, dit Teal'c en se penchant vers son ami. Ça a été un honneur de combattre à vos côtés.

Daniel se tenait une main sur la bouche. La vision était dure. Cette réalité, il ne s'y était pas préparé, même si Teal'c semblait l'avoir deviné. Jacob avait la tête baissée, consterné par cette nouvelle affreuse. Pete sortit de la pièce, trouvant l'atmosphère étouffante. Il laissa la porte ouverte afin de permettre à d'autres de le suivre. Teal'c se releva, et son regard se posa sur Sam. Il s'avança vers elle.

— Je vous présente mes sincères excuses, Colonel Carter.

Elle ne réagit pas à la phrase de son ami, le regard toujours collé au mur. Jacob tourna la tête vers sa fille, et Daniel se retourna également vers eux.

— Sam… je t'en prie, dis quelque chose.

— Sam… lui dit Daniel à son tour, la voix cassée.

Alors elle prit la parole, sans vraiment les regarder.

— Sortez, dit-elle dans un souffle.

Teal'c acquiesça d'un signe de tête, et ouvrit la marche aux deux hommes. Jacob le suivit. Daniel passa près de son amie, et lui mit une main sur l'épaule. Sam ferma les yeux à ce contact et ne les rouvrit pas. Il partit vers la porte, qu'il referma derrière lui. Les quatre hommes restèrent dans le couloir. Daniel, les yeux rouges de larmes, s'assit près de Pete qui avait le visage fermé. Ils entendirent Sam tomber à genoux, mais n'entrèrent pas. Tous savaient que ce qui allait suivre leur ferait encore plus mal.

Sam se tenait devant Jack, à genoux, fixant toujours le mur. Ses jambes n'avaient plus la force de la porter. Ses yeux glissèrent peu à peu sur le visage de son supérieur. Sur ses yeux chocolat qui étaient maintenant clos. Un premier sanglot la prit aux tripes. Puis un second. Un trou béant était en train de se former dans sa poitrine, lui faisant mal, si mal. Le cri qu'elle poussa était comme une complainte, un cri qui aurait brisé le cœur de n'importe qui. Elle frappa le sol du poing, comme si elle voulait se réveiller d'un mauvais rêve. Elle se pencha alors sur lui et continua de pleurer, la douleur lui arrachant le cœur, les entrailles.

Dans le couloir, les quatre hommes l'entendaient et se sentaient inutiles. Ils entendaient leur amie pleurer un être cher à tous. Un être qui lui était indispensable. Leur amie pleurait Jack. Son Jack.

Jack O'Neill était mort.