Merci à tous pour vos reviews !
Déborah : Merci encore pour ta bêta lecture ! Love love love !
Ailec22 : Tu auras bientôt la réponse, pour l'instant nous retrouvons Sam. ;-)
Soho : Merci beaucoup ça me touche énormément ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant. :D
Demetra : Et oui Kerry se livre beaucoup sur ses sentiments, reste à voir comment Sam va réagir à ça lorsqu'elles vont de nouveau se retrouver dans la même pièce !
Jack a toujours des plans sans accroc, c'est bien connu ! Il ne veut que le bonheur de Sam… sans vraiment réfléchir !
Sa : Désolé pour la frustration ! J'ai beaucoup aimé écrire la discussion entre Jacob et Jack, je suis ravie qu'elle t'ait plu !
Velleda Rouge : Bienvenue parmi nous ! :D Voici la suite, j'espère que cela te plaira. ;-)
Gynnie : Merci pour tes reviews qui m'ont beaucoup touchées ! Voici la suite. ;-)
Chapitre XVI
Sam faisait les cent pas dans ses quartiers. Elle ne supportait pas d'être enfermée, surtout dans un moment comme celui-ci. Pete devait arriver dans quelques minutes et elle ne savait pas quoi lui dire, encore bien trop choquée par ce qu'elle venait d'entendre de la bouche de Kerry. Elle aimait Jack. Elle l'aimait. Et donc, lui aussi. Enfin, elle le supposait. Était-ce possible ? Bon sang, elle n'avait rien vu venir. Il ne semblait pas particulièrement différent les semaines avant qu'ils partent tous en mission. Il venait encore la voir à son laboratoire – lorsqu'il le pouvait – mangeait au mess avec elle, lui rappelait toujours de prendre une pause régulièrement, lui racontait des blagues pour la faire sourire. Non, vraiment, elle ne voyait pas comment elle avait pu rater ça. À quel moment ses yeux chocolat s'étaient portés sur cette femme plutôt que sur elle ? Était-ce quand Pete était entré dans sa vie ?
« Mais j'ai été honnête moi ! Je lui en ai parlé ! Je voulais qu'il réagisse, » pensa-t-elle.
La colère l'envahissait. Était-elle à ce point inexistante à ses yeux pour qu'il ne daigne même pas lui en parler ? Oh, il avait même fait pire ! Il n'en avait parlé à personne. Personne ! N'étaient-ils pas dignes de confiance pour qu'il leur cache cela ? ! Ils étaient partis en missions, avaient bravé la mort ensemble et lui, lui se permettait de leur cacher cette femme ! Vraiment, elle ne le comprenait pas. La haine grandissait en elle. Ils avaient toujours eu une relation privilégiée, même si elle s'évertuait à prouver le contraire à quiconque osait émettre cette idée. C'est pour cela qu'elle lui avait parlé de Pete. C'est aussi pour cela qu'elle lui avait parlé de la demande en mariage – qui ne semblait par ailleurs pas l'atteindre. – Et lui se permettait de garder secret le fait que cette femme – Sam grimaça à cette pensée – fasse partie intégrante de sa vie au point de l'aimer. De l'aimer ! Sam eut l'impression que son cœur était maintenant un vulgaire ballon de chiffon avec lequel Jack et Kerry jouaient. Son cœur était déchiré, défoncé, abîmé. Des larmes montèrent au coin de ses yeux azur. Jack avait toujours été dans son cœur. Quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise. Elle essuya une larme d'une main rageuse. À cet instant, cet homme la dégoûtait. Du plus profond d'elle-même, il la répugnait. Elle serra les dents tandis que sa tête la faisait souffrir. Une nouvelle fois, sa vue se brouilla, mais elle s'en ficha. Elle s'assit sur son lit avant de plonger dans le souvenir choisi par les nanites.
Elle se retrouva dans la base, quelques années auparavant. Cela faisait trois semaines que Jack était rentré d'Edora. Trois semaines également qu'il était tout simplement exécrable envers elle. Elle tenait à savoir pourquoi, puisque les deux autres membres de son équipe n'étaient pas touchés par cette humeur massacrante que lui faisait vivre son supérieur. Elle ne comptait pas le laisser un jour de plus lui parler ainsi dans une explication. Elle le trouva dans le bureau de Daniel, à regarder un vieux livre, tandis que son meilleur ami était occupé à déchiffrer une tablette. Elle frappa à la porte, faisant lever la tête des deux hommes. Jack se crispa sur sa chaise puis se leva. Il comptait sortir, pensant que Sam venait pour passer un peu de temps avec Daniel. Elle parla directement pour l'arrêter.
— J'aurais besoin de vous parler, Monsieur.
— Faites donc, Carter, dit-il sèchement.
Elle observa Daniel, puis reporta son attention sur lui.
— En privé, répondit-elle sur le même ton.
Il l'observa un moment, puis acquiesça. Ils se dirigèrent vers le laboratoire de Sam. Il ferma la porte derrière eux.
— Alors ?
— Permission de parler librement, Monsieur ?
— Accordée.
— On peut savoir ce que je vous ai fait ? Depuis votre retour d'Edora vous êtes exécrable envers moi. Qu'ai-je fait ? Est-ce parce que j'ai trouvé le moyen de vous faire revenir sur Terre ? Bon sang, je ne vous comprends pas, Monsieur ! Daniel et Teal'c n'ont pas le droit à ce traitement de faveur, donc le problème vient forcément de moi ! J'ai gâché votre retraite sur cette planète, c'est ça ?
Elle avait dit tout cela d'une traite, laissant échapper la colère qu'elle ressentait. Elle s'était même permis de laisser visibles les quelques larmes qui lui étaient montées aux yeux. Elle le regardait, attendant une réponse de sa part.
— Ce n'est pas vous, souffla-t-il.
— Alors quoi ?
— J'ai pensé que ma vie ici était perdue. Pendant trois mois, j'ai pensé que je ne rentrerais jamais sur Terre.
— Comment avez-vous pu songer que je vous aban… qu'on vous abandonnerait si facilement ! se reprit-elle.
— Il n'y avait plus de porte, Carter !
— J'ai trouvé une solution !
— Comme toujours, Carter, comme toujours ! Mais moi j'avais dû me forcer à oublier certaines choses. Et vous, vous êtes finalement arrivée avec Daniel, pour que l'on rentre tous ensemble. Vous aviez réussi. Comme toujours ! Si parfaite ! Rentrer sur Terre signifiait beaucoup pour moi, mais cela signifiait aussi qu'il fallait que je redevienne le Colonel O'Neill, et tout ce qui va avec. Et il y a certaines choses qui sont plus compliquées que d'autres ici.
— Mais quoi ? !
Elle ne le comprenait pas.
— Mais vous ! Vous, Carter !
Il l'avait saisi par les épaules, et ils avaient plongé leurs regards dans celui de l'autre. Elle comprit.
Elle ouvrit les yeux, la tête posée sur son lit.
Elle l'avait perdu. Et elle était en colère contre lui. Oui très en colère même. En colère également contre elle-même. Que croyait-elle ? Leur relation ne pouvait être autre que professionnelle. Mais combien de fois avaient-ils été si proches de dépasser cette limite ? Combien de fois l'avaient-ils dépassée, sans même s'en rendre compte ?
Ou peut-être s'était-elle imaginé tout ça. Peut-être que le Général n'avait jamais songé à elle comme elle, elle songeait à lui. Le test Zatarc lui revint soudain en mémoire comme un boomerang. Les nanites se mirent en action. Elle se retrouva aux côtés de Freya, regardant Jack assis en face d'elle et répondant à la question qui lui était posée.
— Parce que je tiens à elle, beaucoup plus que je ne suis censé le faire, dit Jack. (*)
Un frisson la parcourut. Elle rouvrit les yeux, de nouveaux dans ses quartiers. Non, elle n'avait pas imaginé les sentiments qu'il avait éprouvés pour elle. Mais visiblement, tout ceci était du passé pour lui. Elle sentit son cœur se briser. Quelques jours auparavant, elle souffrait de sa perte, ne pouvant se résoudre à vivre dans un monde dans lequel il n'était plus. Elle avait préféré mourir plutôt que de vivre sans lui. Aujourd'hui, la douleur était au même endroit. Sa poitrine était douloureuse. Elle suffoqua. Elle revit le cercueil, la rose. Son corps se mit à trembler tandis que sa gorge se serrait. Ce souvenir était encore trop présent, trop douloureux. Elle revit son visage, pâle, froid, sans vie. Cette fois-ci, les nanites n'avaient pas besoin de lui faire revivre ces images. Elles étaient ancrées dans son être. Chaque sensation qu'elle avait ressentie. Chaque pensée. Chaque douleur. Elle observa ses mains. Elle avait tapé si fort dans ce chêne. Elle avait voulu extérioriser cette douleur qui la rongeait, sans y parvenir. Elle repensa à son réveil ici, à la main si chaude de Jack dans la sienne, et son cœur se serra. Elle se frotta le front, tentant de faire disparaître la migraine qui ne la quittait jamais.
Son téléphone sonna. Elle reprit ses esprits et répondit au bout d'une minute, voyant que l'émetteur était insistant.
— Carter. Oui. Faites-le venir jusqu'à mes quartiers, je vous prie. Merci.
Elle raccrocha. Pete était là. Elle songea qu'il était gentil, attentionné. Qu'il l'aimait ! Dieu qu'elle avait besoin d'amour à cet instant ! Besoin qu'on l'entoure de bras aimants. Qu'on la couve du regard. Besoin qu'on la fasse se sentir belle. Qu'on la fasse se sentir femme. Après quelques minutes, quelqu'un frappa à la porte. Elle ouvrit et vit Pete, accompagné d'un airman.
— Merci beaucoup. Entre, Pete.
Pete se déplaça à l'intérieur des quartiers de Sam tandis qu'elle fermait la porte. Dès qu'ils furent dans l'intimité, il s'approcha d'elle et lui caressa la joue. Il l'admirait, touchant son visage si doux et chaud. Elle voyait qu'il était ému, mais n'osa rien dire. Elle avait besoin de ce regard plein d'amour. Il se pencha vers elle et l'embrassa. Elle répondit à son baiser avec ardeur. Elle avait besoin de se sentir aimée. Elle avait besoin de se sentir vivante. Sa tête la faisait souffrir, mais son cœur était malade. Malade de Jack. Alors elle allait se laisser aimer par Pete. Il savait l'aimer, et cela lui faisait du bien. Il mit fin au baiser et planta son regard dans le sien.
— Tu m'as tellement manqué… J'ai eu si peur de te perdre de nouveau.
Elle lui répondit par un faible sourire. Sa colère ne disparaissait pas. Elle était en colère contre Jack. Mais contre lui aussi. Cette colère qu'elle avait ressentie lors de l'enterrement. Pourquoi repensait-elle soudainement à ça ? Elle était si apaisée quelques secondes auparavant. Ses sentiments se mêlaient. Elle n'était plus là-bas. Mais si elle y retournait ? Et si là-bas était la réalité et ici une illusion ? Elle ne supporterait pas d'y retourner. Et pourtant, elle était pratiquement persuadée de ne pas être dans la réalité ici. La douleur qu'elle avait ressentie là-bas était trop vraie. Trop forte. Elle l'avait totalement renversée. Sa tête lui tourna un peu, et elle s'assit au bord de son lit.
— Sam, tout va bien ? s'inquiéta Pete.
— Oui, oui, tout va bien. Un peu de fatigue ce n'est rien.
La douleur à la poitrine ne voulait pas partir. Elle la ressentait depuis le départ de Jack, mais à cet instant elle était plus forte. Les larmes lui montèrent aux yeux. Sa vue se brouilla.
— Tu peux encore avoir tout ce que tu souhaites, Sam. Tu peux encore être heureuse.
—Mais je suis heureuse, papa. Vraiment.
— Sam ? Sam ?
Elle rouvrit les yeux. Elle se tenait toujours assise sur le lit et Pete la regardait, inquiet.
— Sam, tout va bien ?
— Oui.
— Tu es sûre ?
— C'était ma réponse. Oui.
Un éclair de compréhension passa dans les yeux de Pete. Un sourire se forma sur son visage, tandis que les larmes coulaient le long des joues de Sam.
— Oh, Sam ! Je suis le plus heureux des hommes ! s'écria-t-il avant de l'embrasser.
Elle l'avait fait. Elle l'avait dit. Elle avait dit oui à Pete. Mais où était ce sentiment de bonheur qu'on devait ressentir à ce moment-là ? Elle le cherchait dans tout son être. Ce n'était pas des larmes de bonheur. Elle était totalement perdue, délaissée par le Général. Et elle avait devant elle cet homme si parfait, si aimant. Alors elle avait dit oui.
(*) Épisode 5 de la saison 4 : « Diviser pour conquérir »
