Et le voici le voilà … le chapitre 19 ! C'est un chapitre qui m'a particulièrement tenu à cœur, je l'ai en tête depuis le début pratiquement. Il a été imaginé par mon esprit en écoutant « My name is Lincoln » de Steve Jablonsky, je ne peux que vous recommander de l'écouter durant votre lecture. :) J'espère avoir réussi à retranscrire exactement ce que je visualisais dans ma tête, et que cela vous plaira. Autant vous dire que j'ai plus que hâte de lire vos avis (Oui je me suis mis un peu la pression… ^^)
Déborah : Merci de ta bêta lecture, comme d'habitude. Cette scène t'est dédiée dans un sens, j'avais hâte que tu la découvres… Love !
Sa : Merci de nouveau pour ta review. J'ai adoré écrire l'affrontement entre Sam et Kerry alors je suis ravie que cela t'aies plu ! C'était un des chapitres les plus longs (niveau nombre de mots), j'ai été assez surprise de lire que tu l'avais trouvé court. ^^ Mais effectivement, quand on aime on trouve toujours cela trop court, cela me fait cet effet aussi pour certaines fic !
Riri : Merci de ta review. Le dénouement n'est pas loin. J'espère que ce chapitre te plaira !
Soho : Voici la suite, avec LA fameuse explication, scène Jarter à 200%. J'espère qu'elle te plaira, comme dit plus haut, elle me tenait vraiment à cœur.
ColonelCarterSG1 : Wahou ! Merci de ta review qui m'a donné un sourire jusqu'aux oreilles ! (Et pour ton follow, ton favoris, tes autres reviews sur mes autres histoires :D) Voici la suite, j'avoue avoir été impatiente de l'écrire tant je la visualise dans mon esprit. ^^
Demetra : Merci une nouvelle fois de ta review. Eh oui, le retour de Jack marque un nouveau tournant. Ça sent l'explication à plein nez. ON Y EST ! -)
Ailec : Merci pour ta review ! Je savais que revoir Jack allait te faire plaisir. :p J'aime beaucoup le ship Janet/Daniel, tu risque donc de le revoir, même si c'est vrai qu'après avoir vu toute la série il peut sembler étrange ! Je veux bien te prêter Kerry si tu veux, une ou deux flèches ne lui ferait pas de mal … :D Bonne lecture ^^
Chapitre XIX
Jack grimpa à l'échelle en ferraille. Ses genoux le faisaient souffrir, et il se demanda quelle idée avait encore eu sa subordonnée de monter par là. Le mois de novembre n'était vraiment pas le plus chaud de l'année à Colorado Springs ! Que voulait-elle faire dehors ? Si elle voulait sortir voir son frère, elle aurait pu venir le voir directement à son retour. Mais bien évidemment, Daniel ne l'aurait pas laissé sortir sans surveillance. Il savait que son ami craignait autant que lui qu'elle ne se retrouve mal, seule à la surface. Il ne restait que quelques marches à gravir et il se retrouverait à l'extérieur. Il fit basculer le socle en fer, et se prit de plein fouet la pluie glaciale sur le visage. Il faisait sombre malgré le fait qu'ils soient en plein après-midi. Les nuages noirs d'orage et les sapins rendaient l'atmosphère pesante, triste. La faible luminosité couplée avec la pluie rendait l'ensemble mystérieux, sombre. Aussi étrange que cela puisse paraître, il aima cette vision qui s'offrait devant lui. La forêt de sapins agrémentée de quelques touches de couleurs d'automne, martelée de pluie. Et elle. Cette femme en plein milieu de la nature, la tête tournée vers le ciel. Juste là sous ses yeux, le blond de ses cheveux mouillés collés à sa nuque. Durant un instant, Jack s'arrêta de respirer. Le socle en ferraille se referma soudainement avec le vent dans un bruit sourd et fit sursauter Sam, qui se retourna vers son supérieur.
— Carter ? questionna Jack.
Elle ne répondit pas. Elle le regardait de ses grands yeux bleus, sans comprendre ce qu'il faisait là. Elle allait tuer Daniel, assurément. La pluie torrentielle qui s'abattait sur les arbres avait trempé Jack en quelques secondes. Elle l'admira en retenant son souffle. Dieu qu'il était beau. Son t-shirt mouillé moulait à la perfection son torse, et elle pouvait deviner facilement que le Général n'avait rien perdu de sa musculature. Son visage trempé faisait ressortir ses yeux chocolat dans lesquels elle se perdit, avant de l'entendre hausser la voix pour lui parler une nouvelle fois. La pluie ne leur permettrait pas de s'entendre s'ils ne parlaient pas assez fort.
— Carter, mais, bon sang, qu'est-ce qui vous prend ? ! questionna de nouveau Jack.
— J'avais juste besoin de prendre l'air, mon Général, répondit-elle, à moitié en hurlant pour se faire entendre de son supérieur.
— Prendre l'air ? ! Je pense que vous avez même pris une douche là, Carter.
— Oh, je vous en prie ! Pas de plaisanteries ! Pas maintenant ! dit-elle avec colère.
La dernière chose qu'elle voulait était d'avoir une conversation avec lui, maintenant. Elle était en colère contre lui, et s'il ne partait pas maintenant, elle ne garantissait pas de pouvoir garder son calme.
— Je vous demande pardon, Carter ? ! demanda-t-il, surpris du ton qu'elle prenait.
— Je n'ai pas besoin de vos plaisanteries, mon Général !
— Contrôlez vos propos, Colonel ! répondit Jack en souhaitant rétablir la hiérarchie.
— Ah non ! Vous n'allez pas vous y mettre vous aussi avec ça, Monsieur ! Vous savez quoi, j'en ai plus qu'assez de « contrôler mes propos » ! D'abord Johnson, puis vous ! Ça suffit, j'en ai ma claque !
Jack la regarda, complètement interloqué. Sam paraissait folle de rage.
— Oh, bien sûr ça semble assez évident que vous disiez la même chose. Dans quelques secondes vous allez aussi dire qu'il faut me faire enfermer n'est-ce pas, mon Général ? !
— Mais enfin de quoi parlez-vous, Carter ? ! Je n'ai jamais demandé que vous soyez enfermée.
— Eh bien, pourtant c'est le cas, Monsieur ! Avec un frère mourant que je ne peux aller voir, car votre chère remplaçante le refuse !
— J'ai déjà réglé cette question avec l'agent Johnson.
— Je ne tiens pas à savoir ce que vous réglez avec cette femme, mon Général, dit Sam d'un ton acerbe.
Jack ferma les yeux. Elle savait. Elle devait savoir. Il ne voyait pas pourquoi elle lui aurait dit cela si elle ne savait pas. Il sentait que la suite de la conversation allait être très pénible. Et sûrement sur un sujet qu'ils évitaient particulièrement bien depuis des années.
— Oh si, vous y tenez.
— Absolument pas, Monsieur, lui répondit Sam sèchement.
— J'aurais dû vous le dire, dit Jack.
Il n'avait pas été précis dans sa phrase, mais Sam n'avait pas besoin de précision. Elle savait exactement de quoi voulait parler Jack.
— Vous ne me devez rien, Monsieur ! Je n'ai pas besoin de savoir ce qui se passe dans votre vie personnelle. Mais quand votre vie personnelle se répercute sur moi, ça me dérange !
— Vous m'en voulez, car je ne vous ai rien dit.
— Je n'en ai rien à faire, mon Général !
— Alors pourquoi êtes-vous en colère, Carter ? ! demanda-t-il.
— Vous… Vous êtes un inconscient, Monsieur ! Partir en mission suicide ! Mais qu'elle était l'idée ? ! Et sans même me prévenir ! Vous saviez que j'aurais été contre ça ! Laisser la base sous le commandement de cette femme absolument abjecte, qui ne connaît rien des protocoles militaires ! Tout ça pour quoi ? ! Aller vous faire tous tuer ? ! Je n'arrive pas à croire que mon père ait été d'accord avec cette mission ! Ça n'en valait pas la peine ! Je n'en valais pas peine !
— Vous en vaudrez toujours la peine, Carter ! se fâcha Jack.
— Eh bien, ce n'est pas ce que pense Johnson !
— Je me contrefiche de ce qu'elle pense !
— Ce n'est pas vrai ! Vous tenez à elle ! cracha Sam.
C'était dit.
— Nous y voilà ! Vous m'en voulez, car je ne vous ai rien dit.
— Non, Monsieur.
— Bien sûr que si, Carter !
— Vous ne nous avez rien dit, mon Général ! À aucun d'entre nous ! Sommes-nous à ce point des étrangers pour vous ? !
— Non bien évidemment que non, mais…
— Mais quoi, Monsieur ? !
— Je… Je ne sais pas.
— Vous ne savez pas ? ! Je vous ai tenu au courant lorsque Peter est entré dans ma vie. J'ai été honnête moi ! Je n'ai pas caché ça à mes coéquipiers, avec qui je risque ma vie presque chaque jour.
— Et ça m'a fait mal ! hurla Jack.
— Quoi ? demanda Sam, complètement perdue.
— Lorsque vous me l'avez dit, ça m'a fait mal !
La colère sur le visage de Sam s'atténua soudain. Jack la regardait avec des yeux noirs, tristes. La pluie continuait de tomber à torrents.
— Je ne vous l'ai pas dit, car vous étiez heureuse avec Pete, et que je ne voyais pas en quoi vous dire ça aurait de l'importance. La page était tournée. Ça n'avait plus d'importance pour vous.
— Ça en a toujours eu ! Pourquoi ne pas m'avoir dit que ça vous avait blessé, mon Général ? !
— Parce que l'admettre m'était impossible, Carter ! Ça me dépassait ! Ça m'a toujours dépassé ! Alors j'ai fui ! Comme un lâche, plutôt que de vous le dire. Je vous ai menti quand je vous ai dit que c'était une bonne chose pour vous. Que j'étais content pour vous ! C'était insoutenable ! Je n'ai pas songé à la gravité de ce qu'il arrivait.
Sam le regardait en retenant son souffle. Jack se livrait à elle, et ça n'était jamais arrivé auparavant. Elle ne comptait pas le test Zatarc, avouer des sentiments en y étant obligé n'était pas ce qu'elle appelait se livrer à elle. Mais là… Là, il faisait fort ! Elle était complètement interloquée.
— Je vous ai regardé vous éloigner avec lui. Vous construire une vie, en dehors de nous. En dehors de moi. Je vais vous regarder vous marier ! Alors ce qui se passait dans ma vie me semblait de piètre importance pour en parler.
— Je ne vais pas me marier, mon Général.
— Ne dites pas de bêtises, Carter.
— J'ai refusé sa demande !
— Vous n'auriez pas dû.
— Alors celle-là, c'est la meilleure ! répondit Sam.
Elle était de nouveau en colère. Comment pouvait-il lui dire ce qu'elle aurait dû faire ou non alors qu'il cachait toute sa vie personnelle ?
— Quoi donc encore, Carter ? demanda Jack.
— Êtes-vous réellement en train de me dire ce que j'aurais dû faire ou non, Monsieur ? ! Vraiment ? ! Vous ne me dites jamais rien, vous cachez des informations sur votre vie à l'extérieur de la base, vous partez en mission suicide sans même me prévenir ou même me dire au revoir, et là vous me dites que je n'aurais pas dû refuser ? ! Vous n'avez rien à me dire sur comment je dois diriger ma vie !
— Peter est quelqu'un de très bien, il est tout ce que vous avez toujours attendu ! Pourquoi le repousser maintenant ? ! Vous avez le sourire, vous êtes pétillante ! Il vous rend heureuse ! répondit Jack.
— Vous ne comprenez rien, mon Général ! Ce n'est pas possible !
— Alors, expliquez-moi!
—J'ai toujours le sourire quand je viens à la base, je ne vois pas en quoi cela a changé ! Je sais ce qu'il me faut, et Pete ne me rend pas heureuse ! Je ne peux pas l'épouser. De toute manière, je ne vois même pas pourquoi on parle de ça, je ne suis peut-être même pas dans cette réalité !
— Mais de quoi parlez-vous ? demande Jack, un peu perdu.
— Comment savoir si tout ceci est vrai hein ? Je me retrouve en face de vous, et ensuite ailleurs ! Je n'ai sûrement même pas quitté le vaisseau de Ba'al !
— Vous êtes ici, Carter, reprenez-vous !
— Vous ne pouvez pas le savoir, mon Général ! Personne ne le peut, même pas moi. Alors je suis dans cette réalité, où mon frère est en train de mourir, ou bien alors je suis dans une illusion et… et je ne peux pas retourner dans cette autre réalité ! Je ne le supporterai pas.
— Quelle autre réalité ? Carter, vous êtes ici, avec nous ! Vous n'avez pas à en douter.
— Sauf votre respect, vous ne savez pas ce que je vois, Monsieur ! Vous ne savez pas combien tout paraît réel ! Je suis fatiguée ! Fatiguée de tout ça ! hurla de colère Sam.
— Eh bien, justement je doute que de rester sous cette pluie battante vous aide spécialement à aller mieux.
— Votre satanée copine m'a enfermé dans mes quartiers, j'ai besoin de prendre l'air.
— Ma satanée copine ne l'est plus, Carter.
— Quoi ? ! Demanda Sam, ne comprenant plus rien.
— Vous étiez dans le coma !
— Je ne vois vraiment pas le rapport, mon Général, répondit Sam sèchement.
Il n'allait quand même pas lui mettre sur le dos sa rupture ! Il ne manquerait plus que ça.
— J'y ai mis fin quand vous étiez dans le coma. J'ai juste dû faire un rappel en revenant, dit Jack en grimaçant.
— Je ne veux pas le savoir, Monsieur, répondit Sam, énervée de plus belle.
— Oh, arrêtez ça, Carter !
— Arrêter quoi, Monsieur ? ! Je ne veux rien savoir de votre relation avec cette femme ! Ça ne me regarde pas. Mais il est hors de question qu'elle essaye de nouveau de me soutirer des informations ! Il est hors de question qu'elle continue de me parler tel qu'elle le fait ! Je ne vais pas réussir à me contenir très longtemps avant de lui fracasser son visage mielleux ! M'interdire de voir mon frère était la dernière chose à faire avec moi. Je ne suis pas contagieuse ni même dangereuse. Uniquement ma vie est menacée dans toute cette histoire ! Je suis peut-être un problème aux yeux de Johnson, mais ce n'est pas ma supérieure ! Je n'ai pas à l'écouter, je n'ai pas à recevoir ni suivre ses ordres ! Alors soit elle dégage très vite de mon champ d'action, soit je ne réponds plus de mes actes face à elle !
Sam reprit son souffle après cette longue tirade. Jack la regardait sans savoir s'il devait vraiment répondre à ce qu'elle venait de dire. Johnson lui en avait apparemment fait baver durant son absence, et ça, ça le mettait hors de lui.
— Que vous a-t-elle fait ? demanda-t-il sèchement.
— Aucune importance, Monsieur.
— Aucune importance ? Vous vous fichez de moi ? ! Je ne vous ai jamais vu autant en colère, Carter, pas même contre McKay !
— Elle n'a rien fait que vous n'ayez pas accepté, Monsieur, cracha Sam.
— Je n'ai rien accepté du tout, Carter ! Je ne vous ai même jamais dit de rester dans vos quartiers. Je lui avais déjà dit que cela ne vous empêcherait pas de travailler. Et à voir les murs de vos quartiers, j'avais totalement raison, répondit Jack.
— Ah, vous me connaissez si bien n'est-ce pas, Monsieur ? !
— Je pense que oui ! Assez pour savoir que votre cerveau ne cesse jamais de fonctionner, même lorsque vous dormez. C'est donc totalement aberrant d'espérer le mettre sur pause afin que Ba'al ne découvre rien. D'ailleurs, on ne sait même pas s'il découvre ou non quelque chose par ce dispositif !
— Johnson à l'air de savoir mieux que tout le monde ici ! Allez donc lui demander, Monsieur !
— Elle a certainement déjà dû quitter la base à cet instant ! dit Jack.
— Ah vraiment ? !
— Oui. Il était hors de question qu'elle reste après vous avoir mise aux arrêts.
— Vous n'y étiez pas obligé, Monsieur, dit Sam en se radoucissant.
— On ne s'attaque pas à mes hommes, Carter.
— Ah oui, bien sûr. Vos hommes, dit Sam dans un sourire sarcastique.
Elle lui tourna le dos pour la première fois depuis le début de leur conversation. Elle avait besoin de reprendre un peu ses esprits, la migraine lui martelant les tempes.
— Carter… commença Jack.
— J'ai besoin encore de quelques minutes, mon Général.
— J'aimerais que vous rentriez maintenant, que vous puissiez partir avec le doc voir votre frère.
— Juste quelques minutes.
— Vous êtes trempée, Carter. Ne m'obligez pas à vous l'ordonner. Je vous rappelle que Fraiser ne sait toujours pas à quoi est dû l'arrêt cardiaque dont vous avez été victime.
— Ce n'était rien, dit-elle.
— Pardon ? ! Rien ? ! Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
— Oui et ce n'était rien, Monsieur !
La colère revint en elle. Repenser à ce qu'elle avait vécu était trop dur et les images encore bien trop présentes dans son esprit.
— Ce n'était pas rien ! Vous ne respiriez plus ! Votre cœur ne battait plus ! Et personne ne sait pourquoi ! s'énerva Jack à son tour.
Il avait très mal vécu ce moment. Son cœur s'était arrêté en même temps que celui de Sam. Plusieurs fois, il avait cauchemardé de cet instant où tout avait failli basculer. Encore une fois, Fraiser avait fait du bon travail, elle avait sauvé la vie de Sam. Et la sienne également. Sans elle, il ne sait pas ce qu'il ferait. Comment il vivrait.
— Alors ce n'était pas juste rien. D'accord ? Vous avez failli mourir ! Alors jusqu'à ce qu'on découvre pourquoi vous…
— J'AI SAUTÉ ! J'ai sauté, d'accord ? ! le coupa-t-elle soudain en se retournant vers lui.
Ses yeux se remplirent de larmes, l'émotion la prenant à la gorge. Jack l'observa, ne comprenant pas le sens de la phrase qu'elle venait de prononcer.
— J'ai été totalement perdue. Je me suis retrouvée là-bas, sans vous. VOUS ÉTIEZ MORT ! MORT ! J'ai dû vous enterrer ! J'ai dû vivre sans vous, sans votre présence, sans votre humour, sans votre sourire, sans vos regards, sans votre voix ! Trois semaines et trois jours ! Sans plus rien ! Vous étiez mort et je ne pouvais rien y faire parce que vous n'êtes jamais revenu dans cette cellule, jamais ! Ils vous ont téléporté dans cette pièce froide et nous étions là à vous regarder, mort ! Et je ne voulais pas l'accepter ! Je ne pouvais pas l'accepter ! Et vous ne savez pas ce que ça fait ! Vous ne savez pas comme j'ai eu mal. Si mal ! Je n'ai pas pu me relever. Je n'ai simplement pas pu ! Pas une nuit sans cauchemarder, sans hurler de douleur. Pas une seule journée sans que votre souvenir me hante à m'en brûler les yeux ! Pas une seule journée sans un regard de pitié de la part de nos amis, sans que je veuille me réveiller ailleurs, avec vous. Pas une seule fois mon cœur a cessé de me faire mal au point que je veuille qu'il s'arrête de battre. Je voulais que la douleur s'en aille ! Je voulais vous retrouver. Alors je suis monté. La vue était à couper le souffle, telle que vous l'aimiez. Et j'ai sauté.
Jack ouvrait des yeux remplis de terreur en écoutant le récit de Sam. Il ne pouvait pas concevoir ce qu'elle venait de lui dire.
— J'ai sauté parce que je ne pouvais pas vivre dans un monde où vous n'étiez pas, fini par dire Sam, ses yeux azur laissant couler des larmes au souvenir de ces images.
Jack ne savait pas quoi lui répondre. Elle avait l'air si fragile, si triste. Il ne savait pas quels mots prononcer pour soulager sa peine.
— Vous êtes là maintenant, dit-il finalement. Et je suis là.
— Vous n'en savez rien… Je peux très bien revenir à cette réalité et je ne le supp…
Elle fut coupée dans sa phrase par les lèvres de Jack sur les siennes. Le temps s'arrêta soudain de tourner et plus rien ne comptait. Son cerveau cessa de réfléchir. Les mains de Jack encadraient son visage. Elle répondit à son baiser comme si sa vie en dépendait. Ses lèvres chaudes transmettaient tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui, s'oubliant complètement dans ses bras lorsque ces derniers l'entourèrent. Jack approfondit le baiser. Il était comme ils avaient pu tant de fois l'imaginer : réchauffant leurs corps entiers, passionné, avec un mélange de frustration envolée. Un baiser illustrant leur amour interdit, leur amour transcendant. Leur amour, tout simplement. Leurs corps se collaient l'un à l'autre, recherchant le maximum de contact. Ils étaient soudain seuls au monde, dans leur bulle. Sam passa sa main dans les cheveux trempés de Jack, ne laissant pas le baiser prendre fin. Jack la poussa doucement vers un arbre et laissa ses mains glisser vers ses hanches. Sam émit un petit gémissement, et le baiser devint plus passionné encore, plus érotique. Leurs langues s'entremêlaient, et aucun des deux ne souhaitait stopper leur ballet. Les mains de Sam étaient maintenant passées sous le t-shirt de Jack et caressaient son dos musclé, tandis que celles de Jack s'approchaient du ventre de la jeune femme. Ils finirent par se séparer, à bout de souffle, leurs fronts s'appuyant l'un contre l'autre, sentant qu'ils ne pouvaient pas aller plus loin à l'endroit où ils se trouvaient.
— Sam, je…
— Chut, dit-elle en lui mettant un doigt sur les lèvres.
— Ça vous suffit pour vous sentir dans cette réalité ? Ou dois-je recommencer ? dit-il avec un sourire.
Sam commença à sourire, puis ce dernier s'effaça aussitôt.
— Ma tête, dit-elle soudain.
— Oui Eh bien quoi ? lui demanda Jack, inquiet de son changement de comportement.
— Je n'ai plus mal.
— Je croyais que cette migraine ne vous quittait pas ?
— Elle ne me quittait pas.
— Se pourrait-il que… ?
— Je ne sais pas, mon Général, lui dit-elle en plongeant ses yeux dans les siens.
— Ça ne peut pas être aussi simple, n'est-ce pas ? Un baiser ? Vraiment ? Pas que ça ne me plaît pas de me sentir comme le Prince Charmant libérant sa Princesse, mais… dit Jack avec un sourire naissant.
— Sa princesse ? demanda Sam, amusée.
—Oui enfin… Ne devrions allez voir Fraiser, qu'elle vous examine. Nous allons finir par attraper une pneumonie avec ce temps, répondit Jack, un peu gêné.
— À vos ordres, mon Général.
Ils s'éloignèrent pour rejoindre l'entrée de la base. Leur descente fut aussi longue que la montée.
— La prochaine fois, on prend l'entrée principale, Carter.
— Entendu, Monsieur.
Ils arrivèrent en bas et frappèrent afin que Daniel et Teal'c leur ouvrent la porte. En les voyant, leurs amis les regardèrent d'un air interrogateur.
— On commençait à s'inquiéter ! dit Daniel. Bon sang, vous êtes complètement trempés, le temps à l'air affreux.
— Il ne fallait pas vous inquiéter, Daniel, je vous avais dit que je reviendrais, dit Sam dans un sourire.
— Bon aller, direction l'infirmerie, Carter, dit Jack.
— L'infirmerie ? Un souci, Colonel Carter ? demanda Teal'c.
— Je n'ai plus mal à la tête à vrai dire.
— Plus mal à la tête ? Mais la migraine ne vous quittait pas ?
— C'est exact, répondit Sam, souriant toujours.
— L'air pur vous a fait du bien alors ? dit Daniel.
— Ah l'air pur, Daniel, il n'y a que ça de vrai ! répondit Jack, un grand sourire aux lèvres.
— L'air pur, vraiment ? demanda Daniel, soudain suspicieux.
— Le doc nous attend, Daniel, dit Jack.
— Je vous accompagne, répondit Daniel, souhaitant en savoir un peu plus.
— Le contraire m'aurait étonné. Vous venez, Teal'c ? demanda Jack.
— Je vous accompagne.
Ils se dirigèrent tous vers l'infirmerie, et Janet fut surprise de voir arriver Sam et Jack complètement trempés.
— Mais, bon sang, ça ne va pas vous deux ? ! Aller dehors par ce temps ? ! Sam, vous deviez rester au calme ! gronda-t-elle.
— Janet, je n'ai plus mal à la tête.
Le docteur Fraiser ouvrit de grands yeux ronds.
— Au scanner. Immédiatement.
