Disclaimer : Je ne tire profit, en aucune façon, de cette histoire. Les livres The Vampire Diaries sont la propriété de L. J. Smith, de Hachette Livre, et les séries TheVampire Diaries et The Originalssont la propriété de Julie Plec et de Kevin Williamson. Elles sont produites par TheCW. Je ne retire rien de l'histoire qui suit et tous les droits de création des personnages leur appartiennent.
Rating : Pour tous ceux qui veulent / peuvent lire du TVD.
Genre : Drama / Family / Tragedy / Romance… (Mon domaine de prédilection^^)
Personnages : Elena Gilbert / Elijah Mikaelson / Autres
Situation temporelle : Paumée vers la fin de la saison 5.
Changements de situation : Elena est tombée sous le charme d'Elijah.
Autres : Je sais que c'est – encore – larmoyant, mais j'espère que ça vous plaira tout de même.
Date : 26 Aout 2014
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Elle se recula, imperceptiblement, mais l'autre vampire le sentit. Il se leva et s'approcha d'elle, augmentant le trouble de la jeune femme alors qu'il la regardait une fois encore droit dans les yeux.
« Elena ? » Souffla-t-il en fronçant les sourcils. « Qu'y a-t-il ? »
Il posa sa main – qui venait tout juste de récupérer sa mobilité – sur le bras de la vampire, qui se tendit. Il enleva prestement sa main, la laissant lentement retomber le long de son corps. Il était un peu inquiet, assez perdu et relativement blessé par la réaction de la jeune femme. N'ayant pas son masque en place, la brune put suivre le cheminement des pensées de l'Originel. Lorsqu'elle vit qu'elle l'avait blessé, elle se rendit compte de son erreur et fondit en larmes, rattrapant la main d'Elijah avant qu'elle ne soit complètement retombée. L'Originel oublia instantanément les émotions qui venaient de le traverser pour récupérer dans ses bras la jeune femme manifestement perdue.
« Je suis… désolée… désolée… » Sanglotait-elle. « J'ai… j'ai cru que tu m'avais hypnotisée… Je ne sais pas pourquoi… Pardon… J'ai confiance en toi, je te le jure… »
Le vampire resserra ses bras autour des épaules d'Elena, un sourire sur les lèvres. Il ne lui en voulait pas. Il se demandait juste ce qui l'avait poussé à se poser cette question. Elle disait ne pas savoir. Il haussa intérieurement les épaules. Ce n'était pas important. Mieux valait qu'il profite du moment. Ils restèrent silencieux un bon bout de temps, la vampire se calmant progressivement. Elle se détacha du brun pour se moucher, et se retourna vers lui.
« Je dois aller voir Bonnie, elle va finir par s'inquiéter, » murmura la jeune femme.
« Vas-y, » sourit le vampire en hochant la tête.
Il s'approcha d'elle, leurs regards – encore – ancrés l'un dans l'autre. Il caressa doucement sa joue.
« Merci encore, Elena, » murmura-t-il, la voix grave. « Merci pour tout. »
Elle posa une main sur celle de l'Originel, qui avait dérivée dans son cou.
« Essaie de dormir un peu, tu en as besoin, » ajouta-t-il en s'approchant d'elle.
Elena crut un instant qu'il allait l'embrasser. Son esprit parut s'effondrer sur lui-même, lui hurlant en même temps ‟oui !" et ‟non !" Mais Elijah se contenta d'effleurer de ses lèvres le front de la jeune femme, qui reprit – heureusement – ses esprits rapidement. Elle se recula, lui souriant, avant de disparaître à l'étage. Elle rentra dans sa chambre qu'elle trouva vide, la fenêtre ouverte, un mot sur le lit. Elle le prit et le parcourut rapidement. Il était taché par endroit, preuve des larmes versées par la sorcière en l'écrivant.
Elena,
Je ne suis pas capable de me reposer si près de Jeremy, c'est juste trop difficile. J'aurais aimé te soutenir, mais je n'ai pas le courage de rester. J'espère que tu me pardonneras.
Je sors par la fenêtre, parce que je sais que tu es en train de soigner Elijah, et je ne veux pas vous déranger. Je ne sais pas ce qui te lie à lui, mais il y a quelque chose de très fort, c'est indéniable. S'il peut t'être d'une quelconque aide, alors j'espère qu'il restera près de toi quelques temps.
Appelle-moi demain ou envoie-moi un message, je veux de tes nouvelles.
Je t'aime,
Bonnie.
La jeune vampire fondit de nouveau en larmes avant de s'admonester et de se reprendre. Elle ressortit de sa chambre pour aller aux toilettes. En passant devant la chambre de son frère, les larmes – qu'elle avait réussit à grand peine à arrêter – jaillirent de nouveau. Elle rentra dans la pièce et fut assaillie par l'odeur de putréfaction des chairs. Elle se précipita à la salle de bain pour rendre le – maigre – contenu de son estomac. Elle se laissa tomber à côté des toilettes et une seconde plus tard, elle se sentit encerclée par deux bras forts. Complètement assommée par son chagrin, elle commença à se débattre, pensant qu'elle se faisait attaquer. Elle réalisa, en entendant la voix d'Elijah, que la personne ne lui voulait aucun mal et elle se calma un peu.
Une odeur fantôme de corps en décomposition la prit de nouveau à la gorge et elle se pencha une seconde fois sur les toilettes pour vomir. Elle sentait la main d'Elijah monter et descendre dans son dos, doucement. Elle était appuyée des deux mains sur la cuvette des toilettes, agenouillée devant celle-ci. L'Originel se tenait derrière elle, à genoux lui aussi. Elle vomit une troisième fois, et gémis en ayant encore l'impression de sentir l'odeur de mort.
Pour y être passé plusieurs fois, Elijah savait ce qu'il se passait. Il se redressa alors qu'elle avait encore un haut le cœur. Il prit un gant et remplit un verre d'eau. Il se replaça derrière la jeune femme, s'asseyant cette fois près du mur. Il la tira doucement en arrière, la forçant à le regarder. Il lui tendit le verre d'eau, qu'elle prit, se rinçant la bouche avec l'énergie du désespoir. Elle se retourna vers l'Originel qui passa doucement le gant humide sur le visage de la vampire. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais elle était encore trop en état de choc pour formuler ses pensées à voix haute. Son esprit n'était que chaos. Il l'attira de nouveau contre lui, la faisant assoir entre ses jambes. Elle se laissa aller contre le dos du vampire, secouée de sanglots.
« Elle n'est pas réelle, » murmura le vampire dans son oreille. « L'odeur, elle n'est pas réelle. Tu l'as sentit en entrant dans sa chambre, mais elle est encore trop faible pour que nous la sentions d'ici. C'est ton esprit qui te joue des tours. Ta… culpabilité te torture, et tu ne dois pas la laisser gagner, Elena. »
Elle pleura encore un long moment en silence, recroquevillée contre l'Originel.
« Je n'en peux plus, c'est insupportable, » gémit la jeune femme. « Je ne peux pas ! Mes parents, Vicki, Jenna, Alaric, John, Abby… Rose, Lexie, Finn, Kol, Mikael… Je ne fais que semer la mort autour de moi ! Les gens de ta famille se battent pour m'avoir, les personnes qui me sont proches se sacrifient pour moi et meurent sous les crocs des tiens. La seule chose que j'aurais pu faire, c'est me laisser mourir, et même ça j'en ai été incapable ! Je ne suis qu'une lâche ! » Cria la jeune femme en se dégageant de l'étreinte d'Elijah et se relevant d'un bond.
Elle se dirigea à vitesse vampirique dans la chambre de son frère, se laissant tomber à genoux devant le lit. Elle prit dans ses mains une de celles de son petit frère adoré.
« Je te jure que je te vengerai, » pleura-t-elle, serrant la main déjà raide et froide. « Je te le jure ! Et après, je te partirai. Et si j'en ai le courage, je te rejoindrai, » murmura-t-elle encore sous l'œil abasourdi de l'Originel.
Elle se releva brusquement, aveuglée par les larmes et la souffrance. Elle se dirigea mécaniquement vers sa chambre, sortit un sac de son armoire et commença à y jeter des vêtements pêle-mêle. Elijah tenta d'attirer son attention, l'appela, mais elle ne l'entendait pas. Elle avait l'impression qu'un voile rouge de sang la recouvrait, la coupait du monde extérieur, l'englobait dans une sphère de vengeance pure. Il n'y avait plus de place pour rien, pas de douleur, pas de peine, pas de lien fraternel, pas de manque, pas d'amour, rien. L'Originel prit peur et se dirigea vers elle, la prenant par les épaule pour la retourner, sans douceur. Il écarquilla les yeux en découvrant le regard vide de la jeune femme.
« Non… » Souffla-t-il, abasourdi. « Elena ! Elena, je t'en prie ! Elena, ne fais pas ça ! N'abandonne pas… Ne me trahis pas » Supplia-t-il en la secouant doucement.
Une pointe de douleur fit son apparition au fond des yeux chocolat. Il eut des regrets d'avoir utilisé leur lien pour la faire revenir, mais c'était mieux que de la laisser se perdre.
« C'est ça, reviens, » l'encouragea l'Immortel, se détestant de ne pouvoir lui faire ressentir que de la douleur. « Tes amis ont besoin de toi, Elena, tu ne peux pas les abandonner, tu dois être là pour les soutenir, comme ils te soutiendront. Tu ne dois pas te couper de tes émotions, » continua le vampire, en voyant les yeux de la jeune femme se remplir progressivement de larmes.
« Je sais que c'est dur, je t'assure que je le sais, » reprit-il après quelques secondes de silence. « Mais couper tes émotions n'est pas la solution, ça… »
« Pourquoi ? » demanda-t-elle en le coupant, s'accrochant subitement à la veste du vampire.
Il prit les mains d'Elena dans les siennes et les serra, plongeant son regard dans celui de la brune.
« Parce que tu ne pourras pas le faire toute ton éternité, » expliqua le vampire. « Au bout de quelques dizaines d'années, les émotions, toutes les émotions qui n'ont pas pu s'exprimer reviendront violemment, et tu n'auras aucune maîtrise là-dessus. Et quand tes émotions reviendront, tu devras faire le deuil de ton frère alors qu'il sera mort depuis un siècle. Tu n'auras plus tes amis pour te comprendre, parce qu'ils seront soient morts, soient ils auront avancé et auront accepté la mort de Jeremy. Tu seras perdue, et tu ne pourras jamais t'en remettre complètement, » soupira l'Originel.
Elena tremblait. Elle assimila doucement ce qu'il lui avait dit. Mais elle se sentait si mal. Elle savait qu'elle n'allait pas supporter de perdre encore quelqu'un, mais elle ne pensait pas que la douleur serait si grande. Elle s'accrocha à Elijah, autant physiquement – ses mains agrippant celles du vampire – que mentalement – les yeux chocolat noyés d'eau salée vinrent accrocher ceux du brun, humide également. Il la rapprocha de lui, passa un bras autour de la jeune femme, plaçant son autre main sur la joue de la vampire.
« Ça ira, Elena, » promit-il dans un souffle à peine audible. « Tu as la force, en toi, pour surmonter la mort de Jeremy. »
« Une autre capacité des doubles Petrova ? » questionna la brune entre deux sanglots.
« Non, » réfuta le vampire dans un léger sourire face à sa tentative de plaisanterie, « Une autre capacité d'Elena Gilbert, » chuchota-t-il, posant ses mains sur les épaules de la jeune femme.
Le souffle de l'Originel caressait son visage à chaque expiration. Elle aurait bien voulu se concentrer là-dessus, mais la peine était trop grande. Elle tenta, pourtant, de s'intéresser à ce frémissement continu, tout au fond d'elle, elle voulu se noyer dans la promesse qu'elle lisait dans les yeux noirs, face à elle. Mais la souffrance annihilait tout.
« Hypnotise-moi, Elijah, » supplia la jeune femme dans un souffle. « Rend ça moins insupportable, » demanda-t-elle encore, complètement désespérée.
L'Originel aurait voulu refuser. Mais le regard implorant qui le fixait le fit flancher. Il posa ses mains de chaque côté de la tête d'Elena et captura son regard.
Et la jeune vampire, sous ce regard, réussit à faire ressortir le chaos engendré par la présence d'Elijah dans son esprit. Elle posa à son tour ses mains sur le visage de l'Originel et se rapprocha brusquement, écrasant ses lèvres sur celles du plus vieux.
L'ainé des Mikaelson se retrouva bien bête durant quelques secondes, tentant de comprendre, puis de déterminer la chose à faire. Toujours le même dilemme. Cœur ou raison ? Elle était perdue. Il n'était même pas certain qu'elle se rende compte de ce qu'elle était en train de faire. Peut-être le prenait-elle pour l'un des deux Salvatore ? Il aurait l'impression de profiter d'elle. Après, soyons honnête. Il prétendait peut-être ne pas être amoureux. Cependant, il avait un énorme faible pour elle.
Elle se détacha et recula d'un pas devant le manque de réaction du vampire. Elle se tenait devant lui, pleurant toujours, une goutte de déception au fond des yeux, perdue au milieu d'un océan déchainé de douleurs. Et une autre gouttelette, minuscule, d'espoir, qui était apparut juste avant qu'elle l'embrasse. Il sourit à peine. Elle devait garder espoir. C'était dans ses gènes. Elle devait se battre. Même inconsciemment.
« Tu ne peux pas t'en empêcher, hein ? » demanda l'Originel si bas qu'elle faillit ne pas l'entendre.
Elle ne répondit pas, mais se rapprocha à nouveau du brun, posant doucement une main sur sa joue.
« Que m'as-tu fait ? » demanda-t-elle, complètement perdue et déterminée à la fois.
Elle ne pouvait pas s'en empêcher et elle recommençait. Ce qui le faisait complètement craquer. Ce qui la rendait unique, à ses yeux, par rapport aux deux autres femmes qu'il avait plus ou moins aimé. Elles ne se battaient que pour elles. Elena ne pouvait se laisser mourir si elle avait quelqu'un pour avancer. L'Originel se sentit flatté qu'elle l'ait choisit lui, mais en même temps, il prit peur. Il n'était pas la bonne personne, pas pour elle. Pourtant, alors qu'il s'égarait dans les iris chocolat, il se dit qu'à cet instant là, il aurait signé n'importe quoi pourvu que ce soit elle qui le lui propose.
« Et c'est toi qui me demande ça ? » Souffla-t-il en posant une main dans son cou.
Il devait vraiment arrêter de craquer pour la première gentille et courageuse demoiselle en détresse. Bien qu'il devait avouer qu'il ne se sentait pas vraiment amoureux, il avait juste envie… de la prendre dans ses bras et d'enfouir sa tête dans le creux de son cou pour le reste de l'éternité. Et de l'embrasser… et… ok, ok il était fou d'elle.
« Elijah… » Lâcha-t-elle dans un souffle, approchant doucement sa tête de celle de l'Originel, qui ferma les yeux.
Il ne pouvait cautionner ça. Il ne voulait surtout pas la détruire.
« Je te laisserai le choix de t'hypnotiser ou non, » murmura le vampire, sa bouche à moins d'un centimètre de sa jumelle. « C'est toi qui décideras. J'aimerais juste que tu m'écoutes quelques minutes, » la pria-t-il en rouvrant les yeux, se reculant à peine.
Malgré les larmes qui s'échappaient encore de ses yeux, elle eut une moue plutôt… boudeuse. Un rire traversa l'Originel, qui effleura sa joue du dos de la main.
« Tu penses que tu ne peux pas supporter la souffrance, mais je sais que tu en es capable, » commença l'Originel. « Je ne dis pas ça parce que je veux que tu souffres, bien sûr. Seulement, ce n'est pas bon de minimiser tes sentiments, tes émotions, » expliqua le vampire, effleurant la peau de son cou du bout des doigts.
Il releva vers elle un regard qu'il n'avait pas eu conscience de baisser.
« Je ne veux pas te manipuler, Elena. Je ne veux pas que tu doives dépendre de moi de quelque manière que ce soit, » souffla-t-il la mâchoire crispée. « Tu es… Tu… La première fois que nous nous sommes rencontrés, je n'ai vu en toi que malheurs, » avoua-t-il en se détournant d'elle, se remémorant les mois précédents. « Je ne voyais que ma regrettée Tatia, ma fugitive Katerina. Je ne pouvait penser qu'au fait que mon imbécile de frère allait encore sacrifier des vies pour rien » cracha-t-il en arpentant la chambre, « qu'il allait déchirer une nouvelle fois la famille. »
Il s'arrêta devant la fenêtre, passant ses mains dans ses cheveux. Elena ne put s'empêcher de le trouver… sexy. Mais lorsqu'il se tourna de nouveau vers elle, la déconnectant de tout ce qui n'était pas lui au moment où leurs regards se rencontrèrent, son esprit arrêta ses divagations.
« Mais après que tu m'as libéré de la dague, chez les Salvatore, j'ai commencé à voir au-delà de mes préjugés, » marmonna-t-il. « J'ai vu à quel point tu voulais prouver que ta parole valait quelque chose. Que tu étais quelqu'un à qui on pouvait faire confiance. Puis j'ai fini par apprendre ce par quoi tu étais passé. J'ai cru qu'on en rajoutait. Mais non. Les drames te tombaient dessus les uns après les autres, et pourtant, tu es restée là, debout, et tu as tenu bon. »
Il se rapprocha à tel point que leurs poitrines se touchaient à chaque inspiration. Il l'obligea à lever les yeux pour le regarder.
« Tu étais une grande sœur, et pas seulement pour Jeremy. Tu étais le point de référence de tes amis. C'est grâce à toi qu'ils ont tenu, qu'ils se sont entraidés. Tu n'es qu'amour, espoir et compassion. Tu donnes ton cœur sans rien chercher à recevoir. Tu aimes sans compter, tu défends tes proches, tu te sacrifierais sans même prendre le temps de réfléchir si ça pouvait les sauver, » murmura-t-il en caressant sa joue. « Tu as cru en moi, tu as donné du crédit à ma parole alors même que mon but était de te sacrifier. Et tu as accepté ce marché parce que tes amis seraient saufs. »
L'Originel repoussa un peu brutalement la jeune femme.
« Et tu sais quoi ? » s'écria-t-il en tendant les bras, paumes des mains vers le ciel. « Je n'ai jamais voulu te sacrifier. Je n'ai jamais pu ne serait-ce qu'imaginer que j'allais le faire. C'était impossible ! » Siffla-t-il, en colère. « Ce n'est pas parce que tu es un doppleganger que tout se déchaîne autour de toi, Elena ! » s'exclama-t-il. « C'est parce que tu es toi. Tu es un roc, tu es celle à qui on sait qu'on peut se fier, tu es aimante et aimée. Tu es une femme exceptionnelle, et ça n'a strictement rien à voir avec quoi que ce soit de surnaturel ! »
Il revint devant elle à vitesse vampirique et prit son visage entre ses mains.
« Tu es tout ce qu'un homme peut rêver d'avoir chez une femme, » murmura-t-il. « Tu es intelligente, tu es belle, tu es forte, tu sais t'effacer mais tu sais aussi guider et montrer aux autres leurs erreurs, » ajouta-t-il en caressant sa joue. « Je sais que c'est difficile, que tu n'as envie que de te venger ou de mourir, mais tu dois continuer à vivre, tu dois te battre. Je t'en prie, » finit-il, la gorge nouée et les yeux humides.
Elena était… submergée. Ses émotions étaient à leur maximum. Elle était sur une pauvre planche en plein milieu d'un océan dans la tempête. Elle était engloutit par la souffrance de la mort de son frère, elle n'arrivait pas à éloigner cette envie de vengeance qui dévastait tout le reste à peine y pensait-elle. Et il y avait ce que l'homme devant elle lui faisait ressentir. Et ça, ça lui faisait peur. Elle ne voulait plus souffrir. Pourtant…
« Et je donne un bel exemple de maîtrise de moi-même… » Siffla-t-il soudain, réellement en colère contre lui-même.
Elena laissa échapper un léger rire en se rapprochant de lui. Les émotions tourbillonnaient toujours en elle, mais elle tenta de les ignorer. Elle ravala la boule qui obstruait sa gorge et essuya ses yeux. Elle prit une courte inspiration pour vérifier qu'elle ne craquerait pas et se décida à ouvrir la bouche, tout en continuant de se rapprocher d'Elijah.
« Je n'ai pas vingt ans, » sourit-elle, amère, « et la plupart du temps, je suis juste insignifiante face à vous autres et vos centaines d'années d'existence, d'expérience. »
L'Originel se retourna vivement mais elle l'empêcha de parler d'un regard.
« Pourtant, lorsque tu me regarde, j'ai l'impression… d'exister. J'aime croire que je ne suis pas inutile, que je sers à quelque chose, que mon but ici n'est pas de vivre quatre vingt ans et de disparaitre, sans n'avoir rien fait, » avoua-t-elle la gorge nouée.
Et puis elle frappa dans le bois de son lit qu'elle brisa en plusieurs morceaux. Elle pinça les lèvres et marcha sur l'Originel.
« Tu es imprévisible, tu es têtu, tu es calme, intelligent, gentil, » s'écria-t-elle alors que les larmes revenaient. « Tu est attentionné, tu es sensible, et loyal. Tu es volontaire, déterminé. Tu vas au bout des choses, tu ne peux pas laisser tomber quoi que ce soit. »
Elle s'approcha du brun et, comme lui l'avait fait quelques instants auparavant, elle prit le visage de l'Originel en coupe.
« Tu me parle de compassion, mais sur ce sujet, je suis juste inexistante par rapport à toi. Tu crois qu'on peut se racheter. Tu laisses les membres de ta famille te trahir de la pire des façons, tu les laisses te poignarder dans le dos, et tu leur restes fidèle. Pire encore, je suis à peu près certaine que tu leur trouves des excuses pour leurs traitrises, et que tout est de ta faute, au final. Tu es craint par tous les vampires, y compris tes frères et sœurs, mais… »
Elle hésita. Il avait l'air si fragile, là, devant elle, retenant ses larmes de toutes ses forces. Elle ne voulait pas le faire souffrir. Tout plutôt que ça. Malheureusement, elle avait commencé. Elle irait jusqu'au bout.
« Tu respectes les êtres humains comme aucun vampire ne le fait. Tu es généreux, tu es naïf, tu es vulnérable, » murmura-t-elle alors qu'il baissait la tête. « Non, relève là. Je fais la liste de tes qualités, pas de tes défauts, » chuchota-t-elle. « Tu es adorable, tu voudrais prendre sur toi toute la douleur du monde si ça pouvait soulager une seule personne. Tu fais preuve d'un contrôle de toi-même juste… incroyable, » dit-elle en souriant. « Tu te laisses manipuler par ceux que tu aimes parce que tu te dis que la dernière fois qu'ils t'ont trompé était justement la dernière… »
Elle resta quelques secondes silencieuse, intégrant tout ce qu'elle venait de dire et dont elle ne pensait pas avoir conscience. Son esprit s'exprimait dans passer par la case ‟cerveau".
Elijah, de son coté, n'osait dire un mot, de peur qu'il ne craque à nouveau. Deux fois dans la même journée était définitivement trop. Alors il garda le silence.
Bien évidemment, c'était sans compter sur les capacités de la brune pour émouvoir les gens.
« Si tu savais comme je t'admire, Elijah, » avoua-t-elle, une telle lueur de dévotion dans le regard qu'il dut se mordre les lèvres au sang pour ne pas gémir. « Je… Je tiens à toi. Et cela ne date pas d'aujourd'hui. Au premier jour, je t'ai fait confiance, et depuis, tu me prouve chaque jour un peu plus que j'avais raison, » souffla-t-elle dans un énième sanglot.
Mais ce n'était pas pour elle qu'elle pleurait à cet instant.
« Je ne remplacerai jamais l'un d'eux, et je ne cherche pas à le faire d'ailleurs, » reprit-elle, la voix hachée. « Mais je veux, j'ai besoin que tu saches que je lui là pour toi, quelle qu'en soit la raison, comme n'importe quel membre de ta famille aurait dû être là. Tu as sauvé ma vie, encore aujourd'hui. Tu me sauves de moi-même. Et je refuse de te regarder te perdre et t'écarteler pour tenter de rassembler ta famille sans faire un geste pour t'aider ! » Cria-t-elle en le secouant par les épaules. « Tu es un ami des plus chers à mon cœur Elijah Mikaelson, et au-delà de tout ce qui aurait dû faire de nous des ennemis, je t'aime, » finit-elle en souriant à travers ses larmes.
L'Originel hoqueta légèrement et attira la jeune femme contre lui en gémissant. Jamais, jamais personne ne lui avait dit une chose pareille. Il serra la brune contre lui aussi fort qu'il le pouvait, murmurant son prénom dans une litanie de remerciements. Et quoi qu'il ait pu ressentir avant cette seconde, il était pleinement conscient qu'il était désormais complètement fou d'elle. Il ne pourrait jamais la lâcher. Jamais. Il la serrait de plus en plus fort, la tête enterrée dans le cou de la jeune vampire, secoué de sanglots. Mais il pleurait son soulagement. Ce qu'elle avait compris.
« Elijah, tu n'es plus seul, tu pourras t'appuyer sur moi autant que tu le souhaiteras, » chuchota-t-elle, pleurant également. « Je ne peux pas te promettre que je serais là à jamais, parce que je peux me faire tuer n'importe quand, mais je peux te jurer que tant que je serai en capacité de me tenir à tes côtés, je serai là. Je ne te tournerai jamais le dos, peu importe ce que tu as fait, peu importe ce que tu feras, peu importe tes erreurs », assura-t-elle.
Il prit une grande et tremblante inspiration, puis releva la tête pour plonger dans les orbes chocolat.
« J'ai vraiment fait des choses dont j'ai tellement honte, » avoua-t-il en détournant la tête. « Des choses que je ne pourrai jamais me pardonner. »
« Si tu le souhaites, tu me raconteras, » lui proposa la vampire. « Mais tu sais, on fait tous des choses horribles. Le problème, c'est que quand on vit éternellement, la liste finit par devenir assez longue pour être gênante, » finit la jeune femme dans un sourire.
Les yeux dans les yeux, il sourit à son tour, et la brune le trouva juste magnifique de sensibilité. Elle ne pensait plus à Damon ou à Stefan. Elle les avait relégués dans un coin de son esprit, mais ne pouvait s'empêcher de penser que si elle n'arrivait pas à choisir entre les deux, c'était parce qu'elle n'était pas en fade des bonnes propositions de choix.
Il était là, devant elle, montrant ses larmes sans se cacher, même si elle savait qu'il les cachait de n'importe qui d'autre – peut-être même de sa famille. Encore une fois, elle caressa sa joue et se rapprocha doucement, pour lui laisser le temps de réagir. Mais il ne dit pas un mot. Leurs fronts se touchèrent et elle poussa un léger soupir. Il n'ouvrit la bouche que lorsque leurs lèvres se touchèrent presque.
« Je t'ai toujours trouvé si belle, » souffla l'Originel. « Comme Tatia et Katerina, je l'admets. Puis j'ai commencé à te respecter, et à t'admirer. Je t'ai envié, et lorsque je me suis rendu compte que tu faisais face aux même problèmes de confiance avec ta famille que ceux que j'avais avec la mienne, j'ai souhaité être présent pour toi, sans oser le faire. Mon affection pour toi à grandit sans même que je m'en rende compte. Aujourd'hui… » Il prit une légère inspiration. « Aujourd'hui, je ne sais plus trop où j'en suis. Je sais que j'ai besoin de toi, plus que de Rebekah ou de Klaus. J'ai besoin de savoir que tu es là, derrière moi, dans l'ombre, pour me soutenir, sans poser de question, parce que… Je me suis toujours battu pour réunir ma famille, mais je savais très bien que je ne pourrais pas le faire seul. J'ai essayé, encore et encore, parce que je ne pouvais juste pas abandonner… »
Il eut un rire, teinté de regrets.
« Aujourd'hui, j'ai besoin de te protéger. Je voudrais te tenir contre moi et prendre toutes tes souffrances, » murmura-t-il en caressant la joue de la brune. « Je voudrais que tu n'aies plus à souffrir. Je… te vois comme une amie, sincèrement, » avoua-t-il, parce que c'était vraiment ce qu'il ressentait. Elle était une amie avant tout.
Front contre front, la respiration hachée, les yeux fermés, elle n'en pouvait plus. S'il ne s'arrêtait pas bientôt de parler, elle allait le faire taire. Il la rapprocha encore un peu d'elle, la collant conte son corps.
« Je n'ai jamais eu d'amis qui puissent traverser le temps avec moi. Je me suis toujours arrangé pour ne m'attacher à personne parce que la perte des êtres chers était trop difficile à supporter. J'avais assez de ma famille qui passait son temps à se déchirer… mais toi… » Un rire clairement désabusé s'échappa de sa gorge. « Je dois admettre que je n'ai jamais eu autant envie d'embrasser une amie, » soupira-t-il en effleurant les lèvres d'Elena à chaque mot.
La jeune femme soupira. Enfin, on y arrivait. Elle combla le peu de distance qu'il restait entre eux avant qu'il prenne l'idée à son ami de dire encore quelques mots. Leurs lèvres se goûtèrent à nouveau, bien plus longtemps cette fois.
Le temps s'arrêta, tout fut oublié, autant pour l'un que pour l'autre. L'Originel gémit en sentant les mains de la vampire se faufiler sous son t-shirt. Il se recula le temps d'enlever le morceau de tissus qui le gênait, alors qu'Elena faisait de même avec son débardeur. Ils repartirent à l'assaut l'un de l'autre.
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Et vouala ! Et non, pas de lemon.
Vous avez apprécié malgré tout ?
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À la prochaine !
Thorïn[e]
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