Bonjour à tous! Voici le nouveau chapitre, dont le titre est une référence à un dicton de la famille Greyjoy dans Game of Thrones, et qui signifie en français "ce qui est déjà mort ne peut plus mourir". Il y a bien sûr une référence au sous-texte de ce chapitre, mais si vous ne la trouvez pas, l'histoire s'en chargera par la suite.

J'en profite pour remercier Mama-Millie pour sa seconde review.


Chapitre 2 : What is dead may never die

Le lendemain matin, Sirius fut brutalement tiré du sommeil par un cri juvénile.

- DEBOUT TOUT LE MONDE ! Aïe ! M'man !

- Dehors !

La porte claqua et le rire d'Adèle s'estompa comme elle descendait les escaliers. Encore groggy, Sirius tourna la tête vers Luth. Elle laissa retomber son bras dans le lit sans lâcher sa baguette. L'agitation chassa vite le songe déplaisant qui était revenu hanter Sirius dans la nuit.

- Je rêve où tu viens de jeter un maléfice cuisant à notre fille ?

Luth ouvrit un œil et, agressée par la lumière, le referma aussitôt.

- Elle n'avait pas l'air traumatisé. En plus, j'ai probablement mal visé : je n'étais pas bien réveillée.

Sirius eut un sourire.

- En tout cas, tu dégaines drôlement vite…

- J'ai de bons restes.

Il se demanda si elle faisait référence à la guerre ou à quelque chose de plus trivial, mais préféra ne pas demander. Inutile de gâcher une journée qui s'annonçait aussi bien. D'ailleurs… Sirius sentit Luth se rapprocher de lui.

- Humpf, dit-il tandis qu'elle lui picorait le cou de baisers, je ne pense pas qu'on ait le temps…

- Il faut bien dix minutes pour préparer un petit déjeuner, non ?

- C'est bien ce que je disais… et puis imagine qu'elle revienne à l'improviste.

Luth s'appuya sur un coude et haussa un sourcil. L'idée qu'Adèle puisse revenir à l'improviste lui semblait hautement improbable : elle était aussi discrète que Tonks, ils seraient donc parfaitement avertis de son approche. Voyant son air, Sirius parvint à la même conclusion et l'attira encore plus près. Ils s'embrassaient avec application quand des pas délicats se firent entendre. Cette fois, Sirius repoussa précipitamment Luth. Elle pouffa.

- Tu sais, je crois qu'à son âge, elle a une vague idée de la façon dont on fait les bébés.

La mine horrifiée de son mari fit rire Luth qui, toujours aussi vive, lança soudainement un Collaporta sur la porte. Une demi-seconde plus tard, la poignée s'abaissait en vain.

- EH ! cria la voix d'Adèle. C'est de la maltraitance !

- Parfaitement ! appuya Sirius, plus bas, à l'adresse de Luth. Ce n'est pas humain de me réveiller en me disant ça de bon matin !

- Te dire quoi ? demanda Adèle derrière le battant.

- Qu'on arrive dans deux minutes !

- Je compte !

- On sait, soupira Sirius en s'asseyant.

Il affichait toujours une mine exagérément épouvantée. Alors que leur fille s'éloignait à nouveau, Luth, qui s'était levée, lança à son époux :

- Tu sais, elle rentre à Poudlard, il va falloir t'y faire… Souviens-toi de ta propre scolarité !

Sirius songea que pour le bien de son rythme cardiaque, il ne valait mieux pas.

oOoOo

Une heure plus tard, Luth transplanait au travail et Sirius déposait leur fille chez son amie moldue, après lui avoir fait promettre au moins douze fois qu'elle tiendrait sa langue. C'était sans doute une précaution inutile : Adèle était du genre responsable en dépit de son excitation – où était-ce lui qui tentait de se rassurer ?

Sirius ne resta pas longtemps chez les parents de la petite Juliet. Les Black avaient décidé d'un commun accord d'inscrire leur fille à l'école moldue, afin de lui permettre d'évoluer dans les deux mondes sans problème. Luth y avait vu une protection supplémentaire pour sa fille le jour où les lieux magiques redeviendraient trop dangereux. Pour Sirius, c'était surtout une chance que lui n'avait pas eue, une façon d'ouvrir sa fille à la tolérance. Mais, en dépit de tous ses efforts, les moldus continuaient à le considérer comme un peu étrange. Et pour cause : Mrs Wilson s'étonnait toujours de ne l'avoir jamais vu en uniforme alors qu'il était censé être policier…

Quant à sa journée de travail, elle fut calme : Tonks révisait ses épreuves théoriques avec difficulté, Kingsley était de repos et lui-même finissait le rapport sur l'arrestation du fameux trafiquant de poudre instantanée du Pérou. De toute façon, sa garde était plus courte. Les veilles de Pleine Lune, Sirius et James s'arrangeaient toujours pour alléger leur planning.

oOoOo

En fin d'après-midi, Sirius s'empressa d'aller récupérer Adèle chez les moldus. Luth arriverait tard, probablement en même temps que leurs invités, peut-être un peu avant. Cela signifiait que c'était à lui de préparer le repas. Cela ne le dérangeait pas. Luth n'était pas une grande cuisinière et, depuis qu'ils avaient emménagé ensemble, Sirius s'était découvert un intérêt pour la gastronomie. A croire que les bons plats de Poudlard et de Mrs Potter lui manquaient trop. Il sortit sa baguette et jeta un sortilège d'opacité sur les fenêtres.

Il terminait le plat préféré d'Adèle – un ragoût d'agneau – quand Luth rentra discrètement.

- Elle est en haut ? chuchota-t-elle après l'avoir embrassé.

- Collée à mon vieil exemplaire de l'histoire de Poudlard, confirma-t-il.

Luth eu un soupir faussement résigné à la pensée toutes les annotations que contenait ledit livre, mais elle s'y attendait ; aussi ne releva-t-elle pas.

- Parfait, je la mets dans le garage avec un sortilège de silence et de désillusion.

- Pauvre animal !

- Patmol compatit ? le taquina-t-elle en sortant.

oOoOo

A peine une demi-heure plus tard, la sonnette très moldue de leur porte retentit. Sirius n'eut que le temps de sortir de la cuisine pour voir Adèle qui se précipitait pour ouvrir, sautant presqu'au cou de Harry.

- Salut Harry ! Salut James ! J'ai eu ma lettre !

- C'est pour ça qu'on est là, fit remarquer Harry, un peu caustique.

Malgré ses efforts, le garçon ne parvenait pas à cacher sa mine renfrognée. James ne s'en formalisait pas, plus occupé à sourire d'un air indulgent à la pré-adolescente qui faisait des bons de cabri.

- Enfin prête à prendre la relève ! Harry commençait à avoir du mal à innover, tout seul à l'école.

Harry grogna pour toute réponse. Sirius s'avança en pensant que James devait surtout espérer que son fils n'innove plus – mais on pouvait difficilement faire une découverte plus dangereuse que la chambre des secrets, non ?

- En voilà un qui est de bonne humeur, lança-t-il en guise de salutation.

Encore une fois, Potter Junior haussa les épaules et entraina Adèle dans le salon, loin des adultes.

- Eh bien, qu'est-ce qu'il lui arrive ? demanda Luth qui arrivait à son tour. Oh, bonjour James !

James répondit à son salut en soupirant.

- Je lui ai annoncé que notre journée annuelle chez les Dursley était la semaine prochaine…

- Oh…

Le couple Black échangea un regard navré avec leur ami. Le sacrifice de Lily avait fait de la maison de Pétunia le refuge de Harry jusqu'à ses 17 ans, mais pour que la magie officie, Harry devait se rendre chez eux une fois par an. Bien sûr, le fait qu'il ne considérerait jamais la maison des Dursley comme son foyer amoindrissait la protection. Elle demeurait malgré tout, et James tenait à ce que son fils ait un endroit où aller si, un jour, les choses tournaient mal. Plus tard, Harry comprendrait pourquoi son père insistait tant, mais en attendant, il restait de mauvaise humeur.

- Harry ! appela donc Sirius pour l'apaiser. J'ai vu Neville passer, un peu plus tôt. Tu peux l'inviter à passer la soirée ici, si tu veux.

A cette proposition, le visage du jeune Potter s'illumina. Il guetta l'accord de son père. James hésita, jetant un œil à Luth qui demeurait impassible, puis finit par accepter.

- Merci Sirius ! cria Harry en filant à travers le jardin.

Adèle resta seule au milieu du salon, un peu morose.

- Pff, et moi je ne peux même pas inviter Lou et Juliet.

- Tu les vois déjà quatre fois par semaine, ma chérie, la gronda gentiment son père.

Sirius vit Luth lui adresser un regard de reproche. Il pouvait presque l'entendre le sermonner, lui disant que céder aux caprices de Harry le jour de la fête d'Adèle n'était pas une bonne idée. Ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi elle y voyait du favoritisme. Ils ne pouvaient pas inviter les amies moldues de sa fille pour fêter son entrée à l'école des sorciers. Quant à Ginny Weasley, elle était en Egypte avec sa famille. Et mieux valait que Harry soit de bonne humeur pour la soirée, non ?

- Plus pour longtemps.

Le ton était à la fois triste et amer. Ohoh, songea Sirius, en voilà une qui s'inquiétait plus qu'elle ne le montrait. Harry revint alors avec Neville, et Adèle retrouva le sourire. Elle pouvait être rancunière, mais jamais envers ceux qui ne lui avaient rien fait – et encore moins Neville, avec qui elle avait quasiment grandi. Finalement, c'était une bonne idée de l'avoir invité, décida son père. Même si les garçons avaient tendance à faire bande à part depuis un an, ils acceptaient facilement la jeune fille, car, quelque part, ils formaient une fratrie. Quant à la froideur d'Adèle envers lui, elle finirait bien par passer.

oOoOo

Les adultes suivirent les trois adolescents dans le jardin derrière la maison, plus grand que la moyenne. Le village de Tintagel était trop petit pour accueillir les innombrables maisons de brique rouges typiques des banlieues britanniques. Les Black habitaient donc un grand cottage qui n'avait pas eu à être agrandi magiquement. Quant au jardin, s'il avait subi quelques modifications, rien n'était trop flagrant. Malgré les haies qui l'entouraient, la famille évitait par précaution de faire trop usage de magie à l'extérieur.

Ils n'étaient pas assis qu'un grand bruit résonna dans la rue, leur indiquant l'arrivée de Tonks. La jeune femme, en se prenant les pieds dans les vélos qui trainaient, avait effrayé le nain de jardin censé signaler l'arrivée des invités.

- Il faut vraiment que tu te détendes, jeune fille, lui lança James lorsque, rougissante, Nymphadora les rejoignit. Tu ne passeras jamais l'épreuve de filature et tapinois dans cet état !

- C'est à peu près ce que m'a dit Luth hier, marmonna Tonks, les cheveux rouge vif.

- Et, comme chacun sait, il faut toujours écouter Luth, conclut James, philosophe.

- Ravie de te l'entendre dire, Potter !

L'intéressée revenait de la cuisine en portant un plateau débordant de rafraîchissements.

- Si mon cher mari pouvait s'en rappeler plus souvent…

- Eh ! s'indigna ledit mari sans vraiment se vexer.

- Tu veux que je note de lui dire ça tous les matins au travail ?

Luth fit mine de réfléchir.

- Bonne idée, venant de toi, je suis sûre que ça serait plus efficace !

- Mais qu'ai-je fait pour mériter ça ?

- C'est juste l'expérience qui parle, Sirius, rien que l'expérience…

James fit glisser le verre de son ami à travers la table pour conclure sa boutade. Tonks contemplait silencieusement les échanges. Elle n'était pas habituée à voir James en dehors du travail et peinait parfois à savoir ce qu'elle pouvait se permettre. Sirius lui adressa un clin d'œil rassurant en levant son verre. Il s'apprêtait à le porter à ses lèvres lorsque la voix de Remus le fit sursauter.

- Je vois que je n'étais plus attendu, remarqua ce dernier, un petit sourire aux lèvres.

- Oh, bonsoir Remus ! Tu entres sans frapper chez les gens, maintenant ? fit mine de s'offusquer Sirius.

- Je suis passé par l'ext…

- On n'est pas « des gens » ! cria Adèle depuis le fond du jardin. Ne l'écoute pas, Remus !

Le parrain fit un geste de salut envers sa filleule. Elle lui répondit, de même que Harry et Neville, et ils retournèrent à leur conversation sans rejoindre les adultes.

- En fait, Remus, tu es le seul à être ponctuel.

Juste comme Luth terminait de parler, la vieille horloge du salon annonça l'heure. Avec un sourire, la Médicomage se décala pour qu'il puisse s'installer à son aise entre elle et Tonks, qui semblait vouloir disparaître sous sa chaise.

- On te pardonne volontiers ton retard, renchérit Sirius. Tu avais bien besoin de sommeil après avoir gardé le monstre hier…

Son regard dériva sur les trois adolescents allongés dans l'herbe, plongés dans une discussion animée. Cette fois-ci, ce fut lui qui se leva pour aller chercher quelques glaçons et une boisson pour Remus.

La nuit tombait toujours tôt au Royaume-Uni, même pendant l'été. Le temps que Sirius contrôle la cuisson du ragoût et revienne avec les bouteilles, le ciel s'était paré de couleurs chatoyantes. La conversation roulait sur une certaine Dolorès Ombrage, tout juste nommée adjointe au département de contrôle et de régulation des créatures magiques, et dont la politique semblait avoir quelques siècles de retard. James s'était lancé dans un réquisitoire passionné contre la « Harpie », tant pour défendre Remus que par indignation envers la charge de travail supplémentaire qu'elle voulait infliger aux Aurors. Apparemment, il n'appréciait pas qu'on veuille lui faire perdre son temps à poursuivre des centaures.

Sirius s'installa en silence, acquiesçant de temps à autre aux propos des uns et des autres. Il s'enfonça dans sa chaise, savourant l'air de la campagne, observant sa famille et ses amis.

D'eux trois, il était celui que l'âge marquait le moins. La condition de Remus l'avait vieilli prématurément. Ses cheveux blonds avaient déjà presque disparu sous des mèches argentées et ses cernes semblaient s'être imprimés sur son visage. Dans ses yeux apparaissait encore, par moment, cette étincelle de bonheur incrédule qu'il lui avait toujours vue à Poudlard. Mais elle était fugace. S'il se tenait toujours aussi droit et dégageait une force tranquille, Sirius sentait bien plus qu'avant le poids qui pesait sur les épaules du lycanthrope. Poids qu'ils avaient, James et lui, alourdi malgré eux.

James était mieux conservé, mais à trente-deux ans, il en paraissait presque quarante. Les coins de sa bouche s'entouraient de ridules depuis la mort de Lily. S'il s'était relevé bravement après le 31 octobre 1981, les exploits de leur fils à Poudlard n'avaient fait qu'accentuer sa tension. Son front commençait à se dégarnir mais, plus que les rides qui entouraient ses yeux, c'était le regard qu'il posait à intervalles réguliers sur sa progéniture qu'on retenait : un regard inquiet et alerte. Elever le Survivant n'était pas une tâche facile, et les deux premières années de Harry à Poudlard n'avaient pas arrangé les choses. Potter Junior, comme l'appelait gentiment Sirius, était encore plus doué pour se fourrer dans les ennuis que son père.

- Je comprends mes parents, maintenant, avait faiblement avoué James lorsque Harry était rentré de l'école après avoir sauvé la pierre philosophale.

- Et il te reste six ans encore ! avait répondu Sirius, maladroit dans sa tentative de réconfort.

Maintenant qu'Adèle allait franchir à son tour les portes de l'école, Sirius espérait qu'elle serait un peu plus raisonnable que Harry, mais ne le formulait pas à voix haute. De tous les Maraudeurs, il avait eu la vie la plus facile alors qu'il était celui qui la méritait le moins. Qui était-il, alors, pour se plaindre ?

- J'ai une nouvelle à vous annoncer, se lança finalement Remus lorsqu'un blanc s'installa dans la conversation.

Les quatre adultes se tournèrent vers leur ami, attentifs. Remus semblait timide, lui qui ne l'avait pas été depuis des années.

- Dumbledore m'a proposé le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Il y eut soudain un grand silence autour de la table – perturbé seulement par le tintement de la cuillère que Tonks avait subitement lâchée. Tous fixaient Remus, bouche-bée. Luth réagit la première en voyant James et Sirius prêts à parler.

- Et ? demanda-t-elle tout en intimant aux deux hommes de se taire.

Sirius comprit où elle voulait en venir et se renfonça dans son siège. Il était un peu frustré de l'attitude de sa femme mais il savait aussi qu'elle avait raison. James fronça les sourcils mais décida finalement de calquer son attitude sur celle de son meilleur ami. Remus, quant à lui, les regardait tous les trois avec hésitation.

- Et quoi ? bafouilla-t-il, incertain devant ce manque de réaction.

Ce fut Tonks qui réagit, inconsciente de ce que sous-entendait l'attitude de Luth.

- Ben, tu as accepté ?

Ses cheveux roses virèrent au rouge comme elle posait cette question, mais elle conservait vaillamment son air tranquille.

- Je euh… j'hésite encore, marmonna le loup-garou.

Sirius sentit Luth réprimer un soupir. Encore une fois, James voulut ouvrir la bouche, mais Sirius lui fit signe de se taire. Depuis toutes ces années, après de multiples explications de Luth et le drame qui avait conduit à la mort de Lily, il avait finalement accepté que leur compréhension du Lupin n'était pas – n'était plus – parfaite. Ils avaient beau connaître les complexes du loup-garou, James et lui étaient incapables de voir à quel point ils influençaient leur amitié, incapables de voir à quel point sa loyauté était profonde, incapables de distinguer les situations où Remus leur demandait réellement leur avis de celles où il attendait leur approbation.

- Pourquoi tu hésites ? demanda Tonks en fronçant les sourcils.

Sirius autorisa un mince sourire à fleurir sur ses lèvres. Tonks était-elle réellement naïve ou était-ce sa façon de faire comprendre à Remus que son petit problème de fourrure n'en était pas un ? Dans les deux cas, Sirius commençait à entrevoir ce qui plaisait à Remus chez Tonks, et vice-versa.

- Eh bien… C'est un poste intéressant mais…

- Maudit ?

La candeur de l'aspirante fit rire Luth. Remus, lui, haussa les épaules.

- On peut difficilement être plus maudit que moi. Mais c'est justement pour ça que j'hésite…

Tonks déglutit – elle n'avait appris que très récemment la lycanthropie de Lunard, et avait réagi avec une ouverture d'esprit toute à son honneur, mais ne savait encore pas quel ton adopter lorsqu'on abordait le sujet.

- Mais si Dumbledore te propose le poste, c'est qu'il pense que ce n'est pas un souci, non ?

Et un point pour Nymphadora. Deux, même, vu son tact depuis le début de la conversation. Elle ferait vraiment une compagne parfaite pour Remus, décida Sirius in petto. Sentant cependant que son ami allait objecter que c'était plutôt qu'on manquait de volontaire, il intervint :

- Donc la question est plutôt : est-ce que tu en as envie ?

Luth lui lança un étrange regard, à la fois courroucé et attendri, tandis que James semblait enfin comprendre et reportait son attention sur Remus. Celui-ci ne se tortillait plus de malaise mais on sentait son hésitation. Sirius se souvint du Remus de première année, timide, qui n'osait rien faire sans qu'on lui en donne l'autorisation. Il y avait du progrès, mais il restait des traces.

- J'aimerais bien, oui.

Le ton était tranquille, l'expression pas du tout.

- Mais… c'est génial ! s'exclama James en sautant presque sur sa chaise. Lunard, prof !

Il tendit une main par-dessus la table et serra l'avant-bras de son ami. Tous se joignirent chaleureusement à ses félicitations.

- Lunard, prof ! reprit Sirius en riant. C'est à peine une surprise, tu me diras, de nous tous, il n'y a bien que toi qui pouvais le devenir !

James décida de leur servir une pinte de Bierraubeurre qu'ils claquèrent joyeusement pour fêter l'événement.

- Comment ça, Remus va être prof ?

Les cinq adultes tournèrent subitement la tête vers les trois adolescents qui les observaient, au pied de la terrasse. Leur expression catastrophée provoqua l'hilarité générale.

oOoOo

En raison de la nuit qui tombait, il fut décidé que le repas serait pris à l'intérieur. Chacun rentra donc son verre à la moldue. Le couple Black avait trouvé contraignant, au début, de devoir limiter l'usage de la magie, mais ils s'y étaient finalement fait, trouvant même qu'il s'agissait d'une bonne éducation pour leur fille.

Dès que la porte fenêtre fut refermée, Luth dégaina sa baguette et ordonna aux assiettes de mettre le couvert. Tandis que chacun s'installait à table, la conversation roula sur les défis qui attendaient le professeur Lupin cette année. Dumbledore avait déjà tout prévu pour qu'il puisse enseigner malgré les cycles de la lune. La potion Tue-Loup confectionnée par Luth le rendait bien moins dangereux que du temps de sa propre scolarité. Non, le problème le plus important, décida très sérieusement Sirius, serait de supporter leur cher ennemi : Severus Rogue.

Harry, en bon Potter, avait perpétué la tradition et menait contre Rogue une guerre sans merci. Bien qu'il ne soit pas, comme James, un farceur ou un frondeur – trop occupé à sauver le monde, disait Luth, pince sans rire – Rogue semblait lui faire payer ses souffrances scolaires. James avait espéré qu'il ne reporte pas sa haine sur Harry en souvenir de Lily, de laquelle il avait été proche. Mais Lily avait choisi James, Harry en était le résultatet ressemblait beaucoup trop à son père pour que Rogue ne passe outre.

La question du soir était de savoir si ce « cher vieux Servi… Severus » allait supporter d'avoir de nouveau un Potter, un Lupin et une Black dans son entourage.

- Avec un peu de chance, ses nerfs lâcheront et on en sera débarrassé, souffla Harry en avalant une bouchée.

Neville lui rendit un regard sceptique et découragé, tandis qu'Adèle fronçait les sourcils. Les diverses histoires qu'elle avait entendues sur Rogue devait évoquer chez elle des sentiments contradictoires, pensa Sirius. Comment croire que « Servilus » puisse terroriser tout le monde ? Neville en parlait avec crainte et Harry avec colère… Restait à savoir quelle attitude sa fille adopterait face à leur ancien ennemi.

- J'espère que vous ne profiterez pas de la présence de Remus pour faire des bêtises, répondit Luth en agitant sa fourchette à l'intention des futurs élèves.

- Rogue les punira quoiqu'ils fassent, contra James.

- Rogue n'a pas intérêt à s'approcher de ma fille s'il ne veut pas que je lui rappelle quelques sortilèges de mon cru.

- Oh, Papa, s'il te plait, je suis grande !

Adèle leva les yeux au ciel et Sirius eut à nouveau un sourire fier. Sa fille n'était pas facilement impressionnable – une vraie Gryffondor, il en était certain – mais elle ne mesurait sans doute pas à qui elle avait affaire.

- Je sais, tu n'as plus besoin de ton vieux père pour te materner. Mais tu veilleras quand même sur elle, hein, Remus ?

- Ne me mêle pas à ça ! rétorqua Remus qui semblait se demander si accepter le poste était vraiment une bonne idée. Ecoutez, ajouta-t-il à l'adresse des adolescents, je n'ai pas l'intention de me mêler de vos affaires plus que vos autres professeurs, ni de faire du favoritisme.

Les deux autres Maraudeurs échangèrent une moue exagérément ennuyée. Remus, habitué, ne se laissa pas émouvoir.

- Ce qui signifie que tant que vous ne vous faites pas prendre, vous êtes aussi libres qu'avant mon arrivée.

Le soulagement sur le visage de Harry était visible, et cela le poussa à s'enhardir :

- Tu pourrais quand même nous donner des points, histoire de compenser tous ceux que Rogue nous enlève injustement ?

- Je croyais que le Quidditch suffisait à les rattraper ? rétorqua tranquillement Remus.

- Si rien ne se passe cette année…

- Oh, misère, gémit James en prenant sa tête dans les mains tandis que le visage de Harry s'animait.

- … ça ne suffira pas !

- Comment ça ? demanda Tonks, surprise. Je croyais que tu étais le meilleur attrapeur depuis Charlie Weasley, pour citer certaines personnes de ma connaissance.

- Un attrapeur a besoin d'un bon balai pour…

- Non, Harry, pour la trois cent cinquante-deuxième fois, tu n'auras pas d'Eclair de feu pour ton anniversaire.

- Mais P'pa, je ne peux pas garder un balai moins bon que celui de Malefoy ! s'insurgea Harry. Sinon on ne gagnera jamais la coupe de Quidditch !

Cet argument fit son petit effet, James semblant tout de suite moins convaincu de sa position.

- Il n'y a pas à dire, James, plaisanta Luth, il sait te prendre par les sentiments !

Sirius, pour sa part, nota l'idée comme potentiel cadeau de Noël.

- Je ne vois pas pourquoi tu fais tout un foin pour un balai, dit Neville à Harry. Tu as quand même un Nimbus 2000, il ne peut pas y avoir une différence énorme avec juste un Nimbus 2001…

- Je vous ai déjà dit que j'adorais ce garçon ?

La réplique de James fit rosir le jeune Londubat.

oOoOo

Avec le dessert arriva le temps des cadeaux. La chouette achetée par Luth rencontra le succès espéré, même si leur fille ne put retenir un « j'en étais sûre » très adolescent. Elle reçut de Tonks un sac de cours extensible et des Potter un assortiment de farces et attrapes de chez Zonko.

- Fallait nous prévenir que tu allais être professeur ! se défendit James lorsque Remus prétendit être choqué par ce cadeau de mauvais goût.

- Pour que tu doubles la dose ? Certainement pas !

Le livre que le futur professeur offrit à sa filleule n'était cependant pas très scolaire non plus. Les yeux de James et Sirius brillèrent lorsqu'ils reconnurent une édition enrichie des « Cents anecdotes sur Poudlard et Pré-au-Lard ». La plupart de ces légendes loufoques sur le château recelaient un fond de vérité qu'ils avaient exploité à l'époque où ils fabriquaient leur fameuse carte. Ils n'en avaient jamais parlé à quiconque et Sirius ressentit un élan de gratitude envers Remus, qui passait à sa façon leur héritage à sa fille. Les anciens Maraudeurs se regardèrent et retrouvèrent, l'espace d'un instant, leur complicité d'antan.

oOoOo

Après le dîner, les adolescents investirent la chambre d'Adèle à l'étage, tandis que les adultes s'appropriaient les canapés du salon.

- Je t'avoue que ça me rassure de te savoir à Poudlard, confia James à Remus alors qu'ils entamaient une partie d'échecs. Avec tout ce qu'il s'est passé depuis la première année de Harry, y avoir quelqu'un de confiance… Enfin, pas que je n'aie pas confiance en Dumbledore, mais…

- Je m'en doutais, répondit Remus d'un ton serein. Pour être honnête, ça me poussait à accepter.

Sirius fit taire l'amertume que ces paroles suscitaient en lui – après tout, ce n'était pas comme si James avait expressément demandé à Dumbledore d'engager Remus. Et Cornedrue avait raison : lui aussi préférait savoir leur ami à l'école pour veiller sur leurs uniques enfants. Pourtant, il n'aurait pas dû être aussi inquiet, lui. Sirius se demandait comment James faisait pour ne pas céder à la folie. Il avait vu sa femme être assassinée sous ses yeux, s'était relevé, avait élevé son fils avec courage et abnégation. Il avait combattu son côté surprotecteur, et bien légitime, pour l'envoyer à Poudlard, cet endroit réputé le plus sûr du monde… pour qu'à chaque année consécutive, Harry y rencontre son destin. Et pourtant, il le laissait encore y retourner. Alors Sirius ne pouvait s'empêcher de se sentir ridicule et minable lorsqu'il s'inquiétait pour sa fille, elle qui ne risquait pas grand-chose en comparaison de Harry, qui avait déjà affronté Voldemort par trois fois.

Il en était là de ses réflexions lorsque Luth s'assit à ses côtés et posa une main tendre sur son genou. Elle bavardait avec Tonks et semblait heureuse de la présence de la jeune femme. Peut-être se sentait-elle moins seule. Sirius savait qu'elle s'était toujours considérée comme étrangère à leur groupe, mais il ne comprenait pas pourquoi. A Poudlard, cela était justifié, mais depuis ? Ils n'étaient plus le quatuor fermé qu'ils formaient à l'école. Il surpris le regard de James sur eux et s'éloigna d'elle, gêné d'être observé par son ami. Prétextant s'intéresser au prochain coup de Remus, il ne remarqua pas le regard agacé qu'échangèrent Luth et James.

oOoOo

Leurs invités partirent un peu avant minuit, James s'étant proposé pour déposer Neville chez sa grand-mère. Lorsque la porte se referma, la famille Black entreprit de remettre de l'ordre dans la maison. Adèle se porta volontaire pour ranger les chaises de jardin.

- Quand je pense que Lunard a gardé cette proposition tout ce temps pour lui ! glissa Sirius en ordonnant aux assiettes de léviter vers la cuisine.

- Ah, il est loin le temps de Poudlard où il n'osait rien faire sans votre approbation, répondit Luth, qui coordonnait le lavage des couverts.

Sirius émit un borborygme, prêt à lui faire remarquer que, si elle l'avait laissé faire, Remus leur aurait vraiment demandé leur avis. Mais il savait ce qu'elle répondrait : au fond de lui, il aurait plus demandé une confirmation qu'un assentiment. Luth, cependant, interpréta mal son attitude et le taquina gentiment :

- Avoue que ça te frustre de ne plus pouvoir jouer le papa poule.

Sirius s'appuya sur le plan de travail, froissant un chiffon.

- C'est sûr que maintenant que même ma fille ne sera plus là, je vais me sentir inutile.

Il avait dit ça sur le ton de la plaisanterie, mais elle suspendit son geste, laissant les fourchettes retomber dans l'évier. Ils se regardèrent un moment en silence, puis Sirius tendit le bras pour l'attirer à lui. Les époux Black s'enlacèrent, chacun plus ou moins perdu dans ses pensées.

Bien sûr, l'entrée à Poudlard d'Adèle n'était pas une surprise. Bien sûr, ils en avaient déjà parlé. Mais maintenant que la lettre était arrivée, tout prenait une autre dimension. Sirius réalisa subitement qu'ils allaient se retrouver seuls pour la première fois de leur vie. Il fut surpris de la façon dont cette réalité le frappa. Luth et lui n'avaient jamais vraiment habité ensemble avant la naissance d'Adèle. Elle venait souvent dans son appartement, mais vivait chez ses parents. Puis ils s'étaient quittés. Lorsqu'ils avaient renoué contact, après la guerre, leur relation était trop chaotique pour envisager quoique ce soit. Jusqu'à ce que Luth tombe enceinte sans qu'ils ne le prévoient vraiment, et qu'ils décident de garder l'enfant. A partir de là, les mois qui avaient suivi étaient passés à toute allure, occupés entre la recherche d'une maison et les préparatifs de la naissance. On ne pouvait pas vraiment dire qu'ils avaient été seuls.

Qu'allaient-ils faire de leurs journées ? Allaient-ils survivre à ça ? Trouveraient-ils ça reposant, pourraient-ils se retrouver, se consacrer à d'autres activités ? Ou, au contraire, s'enliseraient-ils dans un quotidien morne, n'ayant plus rien à se dire ? James s'était plongé dans le travail, lorsque Harry était entré à Poudlard, se souvint Sirius. Il avait été nommé lieutenant de la Brigade pile au bon moment. Mais James était seul, lui avait Luth…

Sirius soupira. Il était trop fatigué pour penser à tout cela. Entre son appréhension légitime de parent qui envoie son enfant à un endroit où Voldemort venait de frapper deux ans de suite, et celle de mari qui s'inquiétait pour l'avenir de son couple, pas étonnant qu'il fasse des cauchemars à répétition, ces jours-ci. Au moins, à Azkaban, il n'avait pas ce genre de problème.

Cette pensée cynique lui arracha un petit rire et Luth releva la tête, une lueur interrogatrice dans le regard.

- Rien, chérie, je pensais à des bêtises.

Elle n'eut même pas besoin de répondre tant il la connaissait. Sirius passa une main sur son visage, contemplant la femme qu'elle était devenue. Elle avait perdu sa silhouette filiforme d'adolescente pour des formes pleines qu'elle n'aimait pas, mais que lui trouvait bien plus appétissantes. Elle dut lire dans son esprit, car elle se colla un peu plus étroitement à lui. Frémissant d'envie, Sirius l'enlaça plus fermement, laissant ses mains glisser sur le corps abandonné contre lui.

- Devant les enfants, Luth ? dit-il en voyant Adèle se diriger vers la maison, sa corvée terminée. Qu'il est loin le temps de Poudlard où tu avais… comment disais-tu déjà ? « Un peu d'éducation » ?

- Puisque tu le prends comme ça…

Elle l'embrassa rapidement et s'éloigna de lui d'une démarche chaloupée pleine de promesses. Sirius attendit un instant, amusé et étourdi. Leur fille entra à ce moment dans la cuisine et il fut bien heureux que Luth soit retournée à sa tâche. Adèle lâcha un bâillement et adressa un regard implorant à sa mère.

- File au lit, répondit celle-ci, indulgente.

La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois. Elle embrassa ses parents – Sirius un peu plus froidement que Luth – et monta à l'étage. Cinq minutes plus tard, plus aucun bruit ne se faisait entendre. Cette fois-ci, Sirius n'hésita plus et, arrivant derrière Luth, qui en était à ranger les verres, l'enlaça fermement. Il picorait son coup de baisers quand elle suggéra :

- Puisqu'on en parle, il me semble que nous avions un projet, non ?

Sirius interrompit son geste. Inconsciente du trouble qu'elle venait de provoquer, Luth se retourna sans le lâcher. Elle caressait la paume de sa main tout en parlant.

- On pourrait arrêter les potions de contraception, non ?

- Mais… Adèle n'est même pas encore partie à l'école. Tu ne voudrais pas profiter de quelques mois au calme, avant qu'on se lance là-dedans ?

Luth se figea, surprise par sa réaction.

- Justement, Sirius, on ne sait pas combien de temps ça peut prendre. Je ne vais probablement pas tomber enceinte du premier coup, et un bébé, ça met un certain temps à arriver… On est probablement « tranquilles » jusqu'à l'été prochain.

- Je ne sais pas, c'est un peu tôt, je trouve…

Cette seconde phrase sembla confirmer les appréhensions de Luth, qui s'écarta, le visage fermé. Elle avait cru que la décision était prise – Merlin, Sirius en avait parlé lui-même un certain nombre de fois ! Elle inspira un bon coup, essayant de ne pas s'énerver. Peut-être avait-elle été maladroite : après tout, le départ d'Adèle approchait et Sirius pouvait tout à fait avoir autre chose en tête. Mais elle devait en être certaine.

- Sirius, ça fait quatre ans qu'on en parle. On a suffisamment attendu, non ? Adèle part à Poudlard, elle ne grandira déjà pas avec le bébé. Et si on attend qu'elle ait 18 ans, non seulement je serai trop vieille, mais en plus ils ne se fréquenteront pas du tout…

Ce fut au tour de Sirius de soupirer, se demandant pourquoi il fallait qu'elle insiste tant. Devant son mutisme, Luth s'éloigna de lui.

- Je ne comprends pas, Sirius, asséna-t-elle, amère. C'est toi qui as commencé à en parler, qui voulait un second enfant au départ ! C'est toi qui as amené la plupart des conversations, et pourtant dès qu'on peut le mettre en application, c'est toi qui trouves toujours un million d'excuses pour reculer ! Si tu ne veux pas d'enfant, dis-le une fois pour toute !

- Luth, ce n'est pas ça… tenta-t-il vainement, espérant la calmer par cette phrase.

- Ah ? C'est quoi, alors ?

Il ne répondit rien. Il voulait un deuxième enfant, vraiment, mais c'était plus compliqué que ça.

- Tu as peur d'être un père terrible ? C'est vrai que ta fille me semble très malheureuse ! Tu crains qu'on engendre un monstre ? Encore une fois, Adèle a l'air plutôt équilibrée.

- Ecoute, c'est juste que… je ne veux pas qu'Adèle se sente rejetée, ou qu'elle ait l'impression qu'on fait un bébé pour la remplacer… Ca ne serait pas sain…

- Oh, s'il te plait, tous les enfants ont des frères et sœurs et n'en sortent pas traumatisés.

- Mais qui te dit qu'on pourra gérer une ado et un nouveau-né ? Et quand Voldemort reviendra, comment on va faire ? Regarde, James, avec Harry…

C'était le mot de trop. Luth explosa, furieuse.

- Ah, on aborde enfin le cœur du problème ! James ! Toujours James ! Il faut toujours que tu fasses tout comme lui ! Quoi, tu dois lui demander l'autorisation d'avoir un deuxième enfant parce que lui n'en a pas ? Tu ne voudrais pas être veuf, non plus ?

Et sans lui laisser le temps de répondre, elle quitta la cuisine. Sirius resta immobile, les bras ballants, se demandant bien ce qu'il venait de se passer.


Le tableau parfait du premier chapitre commence à faner un peu, il le fallait bien. J'espère que cela vous a plu, n'hésitez pas à m'en faire part en review, c'est toujours encourageant d'avoir des retours sur son travail. Je vous dis à la semaine prochaine avec le chapitre 3, intitulé plus sobrement "Poison", du nom d'une chanson de Tarja Turunen.