Pression pression pression. Juste sous pression. Je n'aurais pas pensé avoir autant de petits yeux miroitants pressés d'avoir la suite de cette fic et donc... Pression, tout le monde aura compris. J'espère ne pas vous décevoir. J'ai remarqué aussi que je n'avais pas mis de disclamer, mais je pense qu'il est clair que je ne suis pas Jeff Davis. Bref. Très heureuse que vous aimiez et encore plus angoissée de ne pas réponde à vos espérances. Mais grâce à vos gentils compliments je vais mettre direct deux chapitres histoire de faire plaisir à tout le monde. Sur ce, enjoy!
Quand Stiles se réveilla, il se sentit confus un instant. La lumière matinale baignait la chambre étrangère. Prenant en compte son environnement, le jeune garçon tourna la tête vers la table de chevet attenante au lit et aperçu un cadre photo. Sur l'image, Jackson et une jeune fille souriait à l'objectif. Fronçant les sourcils, Stiles se dit qu'il ne connaissait pas la jeune femme, mais après tout, il ne savait rien de la vie de Jackson.
L'hyperactif continua à parcourir la chambre du regard et aucune trace du loup blond. Il était installé sur le lit, des couvertures recouvrant son corps. Malgré les événements de la veille, le jeune homme se sentait reposé. Il s'était endormi rapidement serré dans l'étreinte chaude du lycan.
Passant une main fatiguée sur son visage, Stiles essayait de toutes ses forces de ne pas penser à la journée d'hier. Son cœur se serra et la bile lui monta à la bouche. Il se sentait mal, vraiment mal, il était même au-delà de ce qu'il pouvait supporter. Puisant dans ces maigres forces, le corps encore endolorie par la course frénétique à travers les bois, l'hyperactif repoussa les couvertures et bascula ses jambes vers le sol. Posant un pied prudent sur le parquet, Stiles se redressa lentement et fit quelques pas hésitant dans la chambre. Il regarda une dernière fois autour de lui, comme pour s'imprégner de l'ambiance calme du lieu, puis sortit de pièce.
Arriver aux escaliers, il les descendit doucement, ne sachant à quoi s'attendre, sa conscience étonnamment en veille. Il se sentait comme dans du coton, comme si son esprit refusait de composer avec les souvenirs douloureux qui s'étaient déroulés peu de temps auparavant. Débouchant dans un grand salon lumineux, bordé d'une cuisine américaine immense, Stiles vit deux hommes perchés sur les tabourets hauts bordant l'îlot central.
A son arrivée, les deux personnes se tournèrent vers lui, l'une avec une forte inquiétude gravée sur ses traits, l'autre, plus stoïque, mais attentif. A la vue de Jackson et de son père, Stiles sentit le pseudo contrôle qui retenait ses émotions, commencer doucement à se fissurer. S'en rendant sûrement compte, le shérif se leva d'un bond, approcha rapidement de son fils et l'attira au creux de ses bras. L'étreinte était forte, presque douloureuse. Le visage caché dans le creux du cou de son père, Stiles sentit quelques larmes passé le seuil de ses paupières. Il ne voulait pas craqué, mais il n'arrivait plus à contenir les émotions qui ravageaient son esprit.
Ce fut une douce main sur son dos qui le sorti de son désarrois, se détachant légèrement de son père, le jeune garçon tourna la tête pour voir Jackson près de lui. Le blond lui souriait doucement, puis s'éloignant, il attrapa une tasse propre sur le comptoir, la rempli de café et la posa près des deux autres mug présent sur l'îlot.
Stiles desserra ses bras entourant son père et recula d'un pas. La tête baissé, il n'osait pas le regarder. Pourtant une main douce, mais ferme, lui releva gentiment le menton, forçant son regard à rencontrer celui du plus vieil homme. Trahison, douleur, perte, ses mots ne signifiaient rien face au regard de son père, l'amour présent dans les yeux du shérif était si intense, que Stiles si baignait avec bonheur.
Puisant du courage de l'affection palpable face à lui, Stiles poussa un sourire tremblant, quelques larmes finirent leurs courses le long de ses joues, mais aucunes autres ne menaçant de poindre. Accompagné par la poigne du shérif sur son épaule, Stiles se dirigea vers la cuisine et se laissa choir sur un des sièges présent. Attrapant le café devant lui, il but doucement quelques gorgées, l'esprit de plus en plus clair.
Levant la tête, il regarda Jackson, face à lui, également assis sur l'un des tabourets. Le blond avait les yeux baissés, mordant légèrement ses lèvres. Il avait l'air de réfléchir. Stiles se demanda instantanément s'il avait été un poids pour le blond. Après tout qui voudrait de lui. Il était inutile… En repensant aux mots prononcés par l'alpha, le garçon serra les dents, empêchant une vague de tristesse de déferler sur lui.
- Jackson… Je… Hum… Je… Stiles ne reconnut pas sa propre voix, elle était rauque, tremblante, faible.
- Stiles, c'est ok. Le loup lui dit cela doucement, un léger sourire sur les lèvres. Poussant un soupir tremblant, l'hyperactif reprit d'une voix chancelante :
- Non ça ne l'est pas. Stiles ne parlait pas de Jackson et de ses actions, il parlait de lui et de la trahison qui broyait son cœur. La voix du shérif interrompit ses pensées :
- Fils, que s'est-il passé ?
A la question, Stiles se recroquevilla sur lui-même. Levant la tête, il rencontra les yeux calmes du jeune loup et d'une voix étrangement stable, il raconta. Il raconta tout. Ses sentiments naissants pour l'alpha, le baiser, le « plus jamais », le whisky, l'oméga, la course dans les bois, le silence de ses amis, sa volonté d'avoir des réponses. S'arrêtant un instant pour reprendre son souffle, le garçon châtain sentit une main se poser doucement sur la sienne comme signe de soutien. Sans avoir besoin de regarder, il savait que c'était Jackson.
Prenant une forte inspiration, il acheva son histoire, sa venue à la maison Hall, la meute présente, les regards, le silence et les mots de l'alpha. Stiles savait qu'il balbutiait les derniers mots, que le désespoir s'infiltrait à nouveau en lui en disant à haute voix ce qu'il lui était arrivé dans le lieu maudit. Il termina son récit, la débandade dans les bois, Jackson à nouveau là et l'arrivée chez le jeune blond. Il expira doucement, relevant la tête vers son père, n'ayant osé croiser son regard depuis le début du récit.
Dire que le shérif était en colère était un euphémisme, il était littéralement blanc de rage. Pas contre Stiles, il le savait, mais contre la meute, contre ceux que son fils avaient protégé contre vents et marées et qui se détournaient de lui cruellement. Stiles avait menti à son propre père pour les protéger, menaçant la relation père-fils fébrile qu'il entretenait depuis la mort de sa mère. Pourtant quand il vit l'expression de l'homme, Stiles savait qu'il avait fait le bon choix de tout dire. Son père l'aimait plus que tout et c'est une des rares choses qui apportait le soutien nécessaire au jeune garçon pour ne pas flancher. Ça et la main posée sur la sienne. Tournant les yeux vers le propriétaire de la dite main, Stiles vit avec étonnement que Jackson avait l'air tout aussi énervé que son père, ces yeux étaient brûlant de rage, pourtant sa main sur celle de Stiles était toujours aussi douce, la pression calme.
- Papa, qu'est-ce que tu fais là ? Stiles posa la première question qui lui passa par la tête, essayant ainsi de calmer la tension habitant les deux hommes près de lui.
- Jackson m'a appelé. Il m'a dit t'avoir trouvé dans les bois et qu'il t'avait ramené chez lui.
Stiles dirigea ses yeux vers le loup à la réponse de son père. Jackson le regardait plus calmement que précédemment, mais en aucun cas gêné d'avoir appelé le père du jeune garçon.
- Ton père devait savoir, il se serait inquiété. Jackson avait dit cela d'une voix égal, mais légèrement hésitante comme cherchant l'approbation de Stiles. Hochant légèrement la tête, Stiles dit :
- Tu as bien fait.
- Bien sûr qu'il a bien fait. Enfin un jeune homme responsable, qui n'a pas idée de cacher des choses au shérif de la ville. S'emporta son père.
Les deux ados ne purent empêcher un sourire de fleurir sur leurs lèvres face aux paroles véhémentes de l'homme, sachant que la dernière fois qu'il fut en présence des deux jeunes garçons, une injonction d'éloignement en avait découlé. Le shérif souffla doucement, reprenant son calme et reprit :
- Stiles? Les yeux de son fils se tournèrent instantanément vers lui. Que veux-tu faire à présent ?
Stiles réfléchit un instant, mais son esprit était encore embrouillé, son cœur lui faisait mal, il sentait poindre une envie de vomir tandis que les souvenirs de la veille flashaient dans son esprit.
- Je… je ne sais pas papa. Je veux dire, la rentrée est dans deux jours, mais je… je… Inspirant en un grand coup, Stiles acheva sa pensée. Je ne sais pas si je peux y faire face, si… si je peux leur faire face. Acheva t-il d'une voix chancelante.
- Tu n'es pas obligé! La voix de Jackson claqua. Sursautant légèrement, Stiles se tourna vers le jeune loup.
- Comment ça? Je dois… je dois aller en cours. Malgré ce que tout le monde pense, j'aime les études. Bon j'avoue, je trouve les profs nuls, sauf Finstock peut être… ou pas.
A la mention de son ancien coach, Jackson sourit, puis reprenant un visage plus grave, mais sincère il dit une phrase. Juste trois mots, mais des mots qui, sans le savoir, changèrent la destinée de Stiles Stilinski de Beacon Hill.
- Pars avec moi! Aucune hésitation dans la voix du loup garou.
- Avec toi? A… A Londres? Dire que Stiles était, pardonnez l'expression, littéralement sur le cul, était en deçà de la réalité. Mais l'intervention de son père acheva de plonger Stiles dans un océan de choc.
- C'est une bonne idée! Puis se tournant vers son fils, il reprit: Ecoute Stiles, je ne dis pas que je veux t'éloigner de moi, non, jamais même. Et si je ne ressentais pas de fortes responsabilités envers cette ville plongée dans un scénario digne d'un film d'horreur, je ferais nos bagages, t'emporterais et nous partirions loin, sans nous retourner. Le shérif s'arrêta un instant, dirigeant son regard vers la vue qu'offrait la baie vitrée derrière Jackson et continua sur sa lancée:
- Tu sais Stiles, les Stilinski sont une vieille famille, mais nous sommes les deux derniers, tu es le dernier. Notre famille a vécu à Beacon Hill depuis que la ville porte ce nom. Peu importe la possessivité territoriale de certains loups garous impudents, si Beacon Hill appartient à quelqu'un, c'est aux Stilinski. Replongeant les yeux dans ceux sa propre chair, il lui dit d'une voix sage :
- Il est de mon devoir de protéger cette ville, comme shérif et comme Stilinski. Mais toi, tu peux t'éloigner. Tu dois t'éloigner Stiles. Tu dois trouver qui tu es. La pression de cette ville en ce moment est néfaste pour toi, et certaines personnes qui y vivent également. Je n'aime pas l'idée de te savoir si loin de moi, mais si cette opportunité se présente à toi, j'aimerais que tu la saisisses. Du moment qu'un Stilinski est toujours présent dans cette ville de fou, tout ira bien. Ce furent les trois derniers mots qui frappèrent le plus Stiles. Son père lui disait que tout irait bien et il le croyait, il croyait toujours son père.
Le jeune hyperactif prit un instant pour réfléchir, pendant toute la tirade du shérif, il avait imprimé les mots, les affirmations se gravant dans son esprit. Ce dernier s'était éclairci, sortant peu à peu de cocon nuageux et douloureux qui l'entourait depuis la veille. Une chose était clair, limpide. Son père avait raison, il devait partir, s'éloigner, loin de cette vie qui partait en lambeaux, loin d'eux surtout. Il ne pensait pas être lâche, il voyait cela comme de l'auto préservation, peut être un renouveau au final. Qui peut savoir ce qu'il l'attendrait une fois les limites de Beacon Hill franchit ? Personne, surtout pas lui. Il avait maudit le destin qui semblait s'acharner à lui pourrir la vie, pourtant celui-ci lui proposait une alternative imprévue, irréelle presque, mais tentante, excitante même.
Sans s'en rendre compte, le jeune garçon avait pris sa décision. Il coula un regard timide vers Jackson peu sûr de savoir quoi lui dire, mais celui-ci le surpris encore une fois en prenant les choses en main.
- Monsieur Stilinski ? A-t-il un passeport ?
- Oui, il est dans mon armoire, nous l'avons fait faire il y a trois ans. Son père répondit calmement au jeune loup.
- Bien! Dans ce cas, je n'ai que quelques appels à passer, dont un à mon père. Il va m'aider pour le visa et l'inscription au collège d'Hartford. Cela ne devrait pas poser problème.
- Connaissant votre père, je n'en doute pas! Souri le shérif, se remémorant sûrement sa dernière rencontre avec l'homme, impliquant leur deux fils et un fourgon de police volé. Enfin emprunté selon Stiles. Il reprit son sérieux et enchaîna :
- De notre côté, que devons-nous faire ?
- Juste ses bagages et passer au lycée pour prévenir de son absence, mais je pense qu'il serait mieux d'y aller le jour de la rentrée, le lendemain de notre départ. Aucunes interférences possibles.
Jackson souri, pas de la manière douce que Stiles avait appris à apprécier depuis sa rencontre dans les bois avec le loup, non, c'était le sourire breveté Jackson « Je suis un connard qui va-t'en faire baver » Witthemore. Le loup reprit alors :
- Certains ont des oreilles bien trop curieuses pour leur propre bien.
Stiles se sentit un peu confus, déjà perturbé depuis le début de la conversation entre son père et Jackson sur l'organisation de son départ, son trouble lui fit manquer le regard de connivence entre le shérif et le loup.
Ce que Stiles ne savait pas, c'est que les deux hommes avaient longuement parlé en attendant le réveil du jeune hyperactif. Jackson avait plus ou moins compris la situation avant même que Stiles n'en parle peu avant. L'hyperactif dans sa course folle avait laissé échapper quelques mots, sûrement sans s'en rendre compte. Des mots comme « pas de la meute », « plus jamais », « inutile »… Il avait saisi le désespoir du garçon, il pouvait le goûter du bout de la langue presque. Il avait fait part de ces impressions au shérif, comptant sur la déduction de l'homme de loi pour combler les trous. Ils étaient arrivés tous deux à une conclusion, la plus logique, mais la plus cruelle pour Stiles.
Ils étaient certains, qu'aucun membre de la meute Hall, ne voulait de mal à Stiles, bien au contraire. Mais ils le sous estimaient, le pensait incapable de se protéger. Le croyant toujours à s'attirer des ennuis, à se blesser, à se jeter dans des combats qu'il ne pouvait gagner. Ils l'avaient donc éloigné pour son propre bien. Certains verraient dans ce geste l'affection sincère de la meute, mais John et Jackson n'avaient pas la même opinion. Pour eux protéger quelqu'un que l'on aime ne passait pas par la souffrance, jamais, et ils avaient blessé Stiles profondément. Ils oubliaient toutes les fois où l'impétuosité du jeune homme leur avait sauvé la mise. Il donnait sans concession, était loyal, courageux et juste. Si le traiter ainsi était leur manière de le remercier pour toutes ses heures passées à les soutenir, et bien Stiles méritait mieux, beaucoup mieux.
Jackson savait pertinemment que les loups seraient présents le jour de la rentrée. Logiquement, ils seront aux aguets, surtout ne voyant pas Stiles en cours. La vue du shérif au lycée ferait bondir leur ouïe de lycanthrope et attrapant la conversation du père de Stiles avec un quelconque responsable, ils entendront le père de l'hyperactif annoncé le départ de son enfant de la ville le jour même. Mentir sur le jour du départ n'était qu'une dernière pirouette pour les faire espérer avant de sombrer. Le lycan et le shérif savaient que Scott ne pourrait s'empêcher de foncer au domicile de son meilleur ami. Trouver la chambre vide sera sûrement douloureux, mais voir les yeux ternis de Stiles ne leur donnait que plus de motivation dans leur petite vengeance.
Ils pourraient expliquer au jeune garçon leur théorie, leur certitude, quant au fait que la meute ne le détestait pas, ne souhaitait en aucun cas qu'il parte, mais la souffrance en Stiles était réel. Il avait besoin de se reconstruire. Tant pis pour la meute Hall.
Le shérif savait qu'à un moment ou l'autre, l'adolescent arriverait à la même conclusion. Son fils était intelligent et quand la douleur se sera un peu estompée, quand il prendra les choses dans leur ensemble, il comprendra à son tour. Mais pour l'instant, il devait juste guérir, s'amuser, trouver des raisons d'aller de l'avant, apprendre de ses erreurs et de celles des autres. Le shérif savait avec certitude que Jackson pouvait lui offrir ça. Le jeune homme avait changé, en bien, en très bien même. Il était calme, rassurant, comme si les démons qui le rongeait avait été complètement chassé de sa tête, laissant un esprit serein et reposé. Et si Jackson Witthemore, transformé en kanima, en abomination, pouvait se réparer ainsi, il ne pouvait qu'aider Stiles.
Stiles était resté silencieux. Les choses se déroulaient devant lui sans qu'il ne puisse réellement en saisir tous les actes. Pourtant, l'idée de son départ imminent de l'autre côté de l'océan, lui donnait de léger vertige. Il pourrait presque croire en un rêve s'il ne sentait pas la chaleur du café dans sa main.
- Jackson… Stiles appela son camarade d'une voix douce, puis levant les yeux vers le jeune loup : Tu es sûr? Je veux dire, c'est de moi qu'on parle, Stiles Stilinski, hyperactif, sarcastique, curieux… Bref, pas vraiment une sinécure, je… je ne voudrais pas m'imposer. Il abaissa son regard vers le mug dans sa main à la fin de sa phrase.
Stiles entendit un léger rire, le faisant relever les yeux sur un Jackson souriant largement. Se penchant sur le comptoir devant lui, il regarda Stiles avec affection et scella son destin:
- Ne changes jamais Stilinski! Maintenant va faire tes bagages, demain soir nous serons à Londres!
