Hola !

Merci pour les reviews, elles me font encore une fois extrêmement plaisir.

Voici donc une suite, que j'imaginais plus longue qu'elle ne l'est tout compte fait. Mais vous ferez avec, pas vrai ? J'espère qu'elle vous plaira quand même !

Et je tiens juste à vous prévenir que la suite ne sera pas dans une semaine, ni dans deux d'ailleurs. Je compte (enfin) commencer mes révisions pour le bac, donc je m'excuse d'avance de mon absence. Mais j'essaierai (ESSAIERAI) de poster une suite dans la semaine du 23 au 30 juin, SANS AUCUNE CERTITUDE OK ? Peut-être que vous aurez un peu de chance (enfin tout est relatif) et aurez une suite exceptionnelle la semaine prochaine à cause d'une overdose de maths et de physique... Mais entre nous, c'est peu probable. J'espère que vous m'en voulez pas trop !

Bonne lecture !


Le lendemain, lorsque Mme Hudson entra dans le salon apportant le thé matinal à Sherlock, elle ne put s'empêcher de laisser échapper un petit cri, sous l'effet de la surprise. En effet, des objets brisés jonchaient le sol, et le papier peint était partiellement décollé. Sherlock était peut-être de nature bordélique, mais jamais elle n'avait vu cette pièce dans un état pareil.

- Oh, Sherlock, qu'avez-vous fait à ce pauvre salon ? demanda-t-elle en posant le service à thé à côté de lui.

Pour toute réponse, il releva la tête vers elle. Mme Hudson put ainsi remarquer son teint cadavérique. Des cernes plus grandes que jamais contrastant avec ses yeux bien trop petits. Tout cela lui donnait un air effrayant, détraqué. Sans compter ses réguliers spasmes et son regard animé par une folie inhabituelle.

- Quelle mine épouvantable ! Buvez un peu de thé, cela vous fera du bien, s'exclama-t-elle en lui tendant une tasse.

Il la prit. L'observa sous plusieurs angles. Et la jeta finalement contre le mur, les morceaux de la tasse rejoignant les autres débris de la pièce.

- Vous croyez vraiment que du thé m'aidera ? Cela m'aidera à ne plus me sentir coupable d'un crime sur mon ami le plus cher ? Vous croyez que c'est si facile ? Vous êtes définitivement idiote.

- Mais...

- John est à l'hôpital, avoua-t-il finalement, excédé par sa présence. Il n'est pas sûr de survivre. Et tout cela est à cause de moi. A CAUSE DE MOI, VOUS COMPRENEZ ?! Maintenant, laissez-moi seul.

Dans cet état-là, Sherlock la terrifiait. Ainsi, elle obéit et sortit sans rien ajouter. Mais au fond d'elle, Mme Hudson voulait en savoir plus. Sherlock, ayant fait du mal à John ? Ce n'était pas crédible. Peut-être aurait-elle des précisions plus tard, quand la tempête sera passée ? Elle descendit chez elle, avec une idée en tête. Appeler Lestrade.


La fin de la matinée approchait. Sherlock avait passé celle-ci à réfléchir, à se poser des questions sur lui, sur John. Malgré l'intense fatigue apparente sur son visage, il avait finalement décidé d'aller voir son ami, comme il l'avait promis à Molly. Le revoir si tôt, alors que son calme était en train de revenir, n'était pas vraiment une bonne idée, mais il en avait besoin. Ainsi, il se leva finalement de son fauteuil après de longues heures sans avoir bougé, prit son manteau et se dirigea vers la sortie. Mais un obstacle était sur son chemin, l'empêchant de descendre les escaliers.

- Demi-tour Sherlock, tu as des choses à me raconter.

- Oh, Jeff...

- C'est Greg, corrigea-t-il, exaspéré.

Et Sherlock revînt dans son salon détérioré, poussé par Lestrade. Celui-ci n'eut pas l'air surpris devant l'état de la pièce du fait de la prévention de Mme Hudson. Ils s'assirent, à contre-coeur pour Sherlock, et Lestrade attendit des explications. Mais, au lieu de ça, un silence s'installa. Un silence pesant, qui dura une ou deux minutes.

- Alors ? s'impatienta Lestrade.

- Alors quoi ?

- Raconte-moi ce que tu as à me raconter.

- Je n'ai rien à te raconter, fit-il d'une voix cinglante. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai autre chose à faire.

- Comme quoi ? Aller voir John ? Je sais ce qu'il s'est passé, je suis au courant de l'accident. Je veux savoir pourquoi tu as dit à Mme Hudson que c'était de ta faute.

Comprenant qu'il ne pourrait pas sortir avant de lui avoir dit ce qu'il s'était passé, Sherlock lui avoua la vérité. Sans s'attarder sur ce qu'il ressentait bien-sûr. Juste ce qu'il avait fait. Juste qu'il était responsable. Mais d'après les objets brisés et son visage déchiré, il était facile de remarquer la puissante culpabilité qu'il éprouvait. Même Lestrade la remarqua, alors que Sherlock avait pour habitude de dire qu'il était complètement aveugle.

- Pense à autre chose.

- Comme à ton habitude, tu es très perspicace, répliqua-t-il sarcastiquement.

- Je veux dire, reprit-il en faisant mine de ne rien avoir entendu, fais quelque chose qui t'empêchera d'y penser continuellement. Tu n'as qu'à me montrer que ce n'est pas le fils qui a commis le meurtre, tiens !

- Cette affaire a mené John à l'hôpital, je ne veux plus en entendre parler.

- Tu abandonnes ? C'est une première.

- Je n'abandonne pas, marmonna-t-il. L'affaire ne m'intéresse plus. Et puis, de toutes façons, je n'ai plus d'assistant.

- Tu es le grand Sherlock Holmes, montre donc que ta réputation n'est pas un tissu de mensonges, et trouve-moi le coupable, seul.

Ils se défièrent du regard pendant quelques instants. Lestrade avait touché un point sensible : l'ego de Sherlock. Il était maintenant sûr qu'il résoudrait cette affaire. De ce fait, et ne voyant aucune autre raison de rester, il se leva. Au moment de passer l'encadrement de la porte, il se souvînt de ce que comptait faire Sherlock.

- Oh, une dernière chose. Je pense qu'aller voir John n'est pas une très bonne idée. Ça n'aidera ni toi, ni lui. Tout ce que ça fera, c'est te faire du mal.

Et il sortit, sans laisser le temps à Sherlock de le contredire.

- Peut-être que je le mérite, murmura-t-il.


Plusieurs jours passèrent. Sans surprise, Sherlock n'avait pas écouté les conseils de Lestrade et allait voir régulièrement John. Les deux premières visites avaient eu un effet négatif sur Sherlock du fait d'une très rapide dégradation de l'état de son ami. Il s'en voulait plus que jamais, et son entourage en subissait les conséquences. Mais, les suivantes se passèrent à merveille. La santé de John, après cette inquiétante chute, s'améliorait petit à petit, telle une parabole. Ainsi, Sherlock se convainquais que sa présence y était pour quelque chose, et donc que Lestrade avait tort.

Pendant près de deux semaines, ce fut sa routine. Il se levait, avançait dans « le défi de Lestrade » (tel était le nom que Sherlock avait donné à cette affaire), et allait voir son ami. Là-bas, John n'était pas le seul qui semblait apprécier sa présence, il y avait aussi Molly. Celle-ci restait toujours aux côtés de Sherlock quand il était à l'hôpital, dans la chambre de John. Elle parlait de sa vie amoureuse et racontait des blagues pas vraiment drôles avec maladresse. Cela ne dérangeait pas Sherlock. Au contraire, il la remerciait. Sa petite voix hésitante, ses manières un peu gauches et son enthousiasme donnaient à une certaine vie, une fraîcheur à cette pièce qui évoquait initialement plus la tristesse et la mort qu'autre chose. Sherlock n'écoutait pas vraiment ce qu'elle disait. Mais l'entendre suffisait.

En parallèle, « le défi de Lestrade » se révéla plutôt simple. La résolution fut très rapide étant donné que le coupable s'était finalement dénoncé quand Sherlock s'était rendu à son domicile. Mais celui-ci le garda pour lui quelques jours, ne voulant pas revoir Lestrade tout de suite et s'en attirer les foudres car il allait voir régulièrement John. Mais, un soir en revenant de l'hôpital, il envoya tout de même un message, avec un nouvel téléphone, à Lestrade, lui indiquant le coupable et son adresse en lui précisant que celui-ci n'opposerait aucune résistance. Ceci ne fut pas signé par un « SH » habituel, mais par un « Le grand SH ».

25 décembre. Sherlock avait horreur de ce jour. Encore plus que tous les autres. Cette fête qu'était Noël lui rappelait à quel point il détestait sa famille. A quel point il se portait bien sans eux. Mais en même temps, ce jour-là lui donnait l'assurance de ne recevoir aucun message ou appel de Mycroft. Et ceci était un bon point.

Sherlock prenait tranquillement son thé matinal, assis dans son habituel fauteuil à fixer le vide. Son salon était à présent rangé, mais il n'y avait aucune trace de sapin dans celui-ci, et encore moins de cadeaux. L'an passé, John lui avait imposé toutes les coutumes de Noël, allant jusqu'à inviter Lestrade et Molly. Mais cette année, il n'était pas là. Et Sherlock avait interdit à Mme Hudson de décorer cette pièce. Celle-ci n'avait osé rien dire, se rappelant encore de leur confrontation datant de quelques semaines. Mais elle l'avait mal pris, et quitte à ne pas introduire une ambiance de Noël dans l'appartement de Sherlock, elle n'avait pas pris la peine de lui acheter un cadeau. Elle lui avait juste apporté son thé.

Le journal hebdomadaire entra dans son champ de vision. Depuis « le défi de Lestrade », il ne s'était intéressé à aucune autre affaire. Mais, l'absence de John commençait à se faire longue, et son addiction à son propre travail reprenait le dessus. Il fallait qu'il résiste, qu'il attende que John revienne. C'était loin d'être facile. Les patchs de nicotine ne suffisaient plus, et le mur avait déjà assez souffert la nuit où John avait eu un accident. Son travail était une réelle drogue. Et il était en manque. Il avait besoin de sa dose, le plus vite possible. N'importe quelle affaire, n'importe quel meurtre. Mais John n'était pas là. Et il s'était promis de ne rien résoudre tant qu'il ne se réveillerait pas.

- John, toi qui aime tant Noël, tu n'as pas de cadeau pour moi ? se mit-il à penser à haute voix.

Le téléphone sonna à cet instant précis. Sherlock crut d'abord à une coïncidence. Mais il se rappela de ce que son frère disait à propos de celles-ci : l'univers est rarement si paresseux. Et lorsqu'il vit le numéro de Molly s'affichait, cette thèse fut encore une fois confirmée. Celle-ci lui ayant déjà envoyé un message avant même qu'il se soit levé pour lui souhaiter un joyeux Noël, cet appel ne pouvait concerner qu'un autre fait : John. Ainsi, il décrocha précipitamment, impatient d'entendre les nouvelles, tout en mettant son célèbre manteau et se dirigeant vers la sortie.

- Allo ?

- Sherlock ! J'ai une bonne et... une mauvaise nouvelle, avoua-t-elle.

Il s'arrêta en plein milieu de la descente de ses escaliers. Son cœur rata un battement. Il s'était sûrement réjoui trop vite. John ne s'était peut-être pas réveillé. Mais quelle était la bonne nouvelle alors ? Sherlock était pendu aux lèvres de Molly, aucun son ne sortant de sa bouche. Il était comme pétrifié par une gorgone.

- En fait, continua Molly, John s'est réveillé...

A ce moment-là, Sherlock lâcha son téléphone et se mit à courir vers la sortie, sans écouter la fin des informations de Molly. La course qu'il avait connu quelques semaines plus tôt reprit, avec encore plus de vitesse. A Noël, les taxis étaient rares, voire inexistants. Il devait se débrouiller par lui-même pour atteindre l'hôpital. Mais la motivation que lui procurait John lui effaça toute trace de fatigue ou d'épuisement. Ainsi, ce fut sans ralentissement qu'il arriva à destination.

Il n'y avait qu'une seule chose, une seule personne dans son palais mental : John. Il avançait mécaniquement vers la chambre de John, le trajet étant devenu sa routine. Cette progression se faisait en parallèle dans son palais mental. Sherlock n'entendait plus rien autour de lui, trop concentré, trop excité à l'idée de revoir son ami. Certaines personnes essayaient de l'arrêter, reconnaissant son visage, mais il les dégageait brutalement, aveuglé, assourdi par la nouvelle. Il entendit tout de même des murmures, qui se révélaient en fait des cris de Molly, mais ne prit pas la peine de se retourner. Il pouvait enfin apercevoir la porte. Cette porte qu'il avait eu du mal à ouvrir la première fois, de peur de voir l'état de John après son accident. Mais cette fois, ce n'était pas pareil. Cette fois, il voulait voir son ami, il voulait l'entendre. Cependant, il n'en oubliait tout de même pas sa culpabilité, atténuée par la nouvelle. Au moins, se disait-il, il n'avait pas sa mort sur sa conscience.

Sa main sur la poignet. Un ultime geste, et il pourrait parler à son ami. Il sentit une main sur son épaule. D'après la taille de la main et la pression, c'était Molly. Il l'ignora une énième fois, trop préoccupé par son ami, et passa le dernier obstacle le séparant de lui. Dedans, John était là. Sur son lit. Les yeux ouverts. Ecoutant ce que lui disait l'infirmière. Il ne pouvait y croire. Après deux semaines de lutte, son regard était maintenant animé. Il se retourna, suite à cette intrusion. Ils se fixèrent quelques instants. Sherlock put y voir la vie, la victoire. Il avait encore une fois surmonté une épreuve, et pas des moindres. Mais Sherlock pouvait aussi y percevoir une sorte d'interrogation d'après le haussement de sourcils. Ce n'était pas important. Il sourit. Mais ce ne fut pas le cas de John. Celui-ci arborait une expression montrant plus de la peur qu'autre chose. C'était sûrement l'état de choc et la sensation d'être perdu après le réveil.

- John, dit-il simplement, dans un souffle.

Aucune réponse. Le concerné continuait de fixer Sherlock, sans rien dire. L'infirmière, présente dans la chambre, se sentit mal à l'aise. C'était au tour de Sherlock d'être perdu. Il ne comprenait pas l'attitude de son ami. Lui qui, d'ordinaire, pouvait lire à travers les détails qui constituaient une personne, ne voyait plus rien. La vie et la victoire qu'il croyait avoir aperçu quelques secondes auparavant avaient disparu. C'était du vide. Un vide inquiétant, un vide qui semblait avoir effacé tout le vécu de John.

- John, c'est Sherlock Holmes, expliqua finalement l'infirmière.

A cette seconde, Sherlock comprit. Oui, il comprit la mauvaise nouvelle. Il comprit aussi les cris de Molly, tentant de l'arrêter dans les couloirs. Elle voulait tout simplement le prévenir, pour justement éviter cette scène. Cette déception. Ce déchirement. Les battements de son cœur, à présent accélérés, lui faisaient mal. Il voulait sortir. Il n'était pas prêt à le voir comme ça. En entrant, dans sa tête se trouvait l'idée de voir John, et pas une personne ne le reconnaissant pas. Mais il n'arrivait pas à bouger, ses pieds semblant encore une fois enracinés. Ses mains trahirent sa nervosité, se refermant de sorte à former des poings.

- Je suis désolé, je ne vous connais pas, M. Holmes.

Ce ne fut pas une gifle qu'il crut ressentir à l'entente de la confirmation de ses craintes. C'était un véritable coup de massue.