Hey everybody. Déjà merci pour vos messages d'anniversaire, sérieux juste trop sympa! donc comme vous le constatez je ne me suis pas paumé dans les bois, ni été coursé par un loup garou, par contre une étrange affaire de camember fut le clou de la soirée... Mieux vaut ne même pas chercher à savoir croyez moi... Donc hier étant la journée où ma tête semblait s'être barré de mon corps, j'ai préféré attendre aujourd'hui pour vous mettre la suite. Donc deux chapitres, un peu plus court, mais répondant à certaines de vos attentes je pense.
Rappel:
bla bla bla: anglais
bla bla bla: français
Enjoy!
Essuyant distraitement ses mains à l'aide d'une serviette posée près de lui, Jackson s'appuya sur le comptoir de la cuisine. Surveillant du coin de l'œil la préparation frémissante dans la casserole à sa droite, il passa une main légèrement lasse sur sa nuque, frottant doucement le point névralgique, espérant apaiser ainsi les tensions qui l'habitaient. Il était dans la merde. Il le savait. Aussi sûr que Fanny était une folle furieuse, aussi sûr que Spike était un fouteur de merde, aussi sûr que Stiles était un aimant à problème. Mon dieu, qu'était devenue sa vie?
Bizarrement, la constatation du bordel monstre de son existence le fit sourire. Au final, qu'est ce qui était le mieux? Etre la star du lycée, adulé par ses pairs, réussissant toutes ses entreprises, mais seul, angoissé à l'idée qu'on le rejette, inapte à quelconques émotions heureuses? Ou être ici, près de personnes l'aimant pour ce qu'il est, ayant la possibilité de ne pas être parfait, de relâcher la pression, de savoir que s'il tombe quelqu'un sera là pour le relever? Oui, sa vie était un bordel. Mais c'était son bordel et il l'aimait ainsi.
Il entendit une voix forte retentir à l'étage, hurlant au sujet d'un certain shampoing utilisé et vidé. Riant doucement, Jackson entendit une cavalcade sur le palier supérieur. La voix se rapprochant, criant toujours au meurtre, le loup tourna la tête en direction des escaliers, à temps pour apercevoir un jeune garçon châtain presque en dégringoler, semblant courir pour sa vie. Juste derrière, une jolie blonde continuait à proférer des menaces de plus en plus imagés, poursuivant le fautif du crime honteux. Le lycan observa la lutte face à lui. Les deux jeunes gens tournant autour du canapé, attentifs quant aux mouvements du combattant adverse.
Sa meute avait un grain, il le savait. Mais la pensée ne le fit que sourire plus encore. En fait, il adorait voir Fanny et Stiles se chamailler. Les réparties entre eux étaient assez intenses, et il y avait toujours moyen de se distraire en les regardant. Fanny et Stiles. Si semblable et si différent à la fois. Mais chacun des deux avait une place privilégiée dans le cœur du blond. Bien entendu, il y a un an, si quelqu'un lui avait dit qu'il se sentirait ainsi un jour, Jackson pensait qu'il aurait peut-être assommé la personne en question. Oui, sûrement même. Mais aujourd'hui tout était différent. Sa vie était différente. Le carcan de mal être qui régissait sa vie s'était envolé à l'instant où ses yeux étaient tombés dans ceux identiques de sa jumelle.
Quand il était arrivé en Angleterre, c'est un Jackson Witthemore détruit et éreinté qui posa un pied dans la capitale. Avec juste ses valises, son cœur glacé par les récents événements, il avait fait ses premiers pas dans la vaste ville de Londres. La grande maison appartenant à ses parents adoptifs lui avait semblé froide et vide, la forêt alentour angoissante. Il était seul. Il l'était toujours.
Ce n'était qu'un couple de jours plus tard qu'il fit la rencontre de Fanny. Leur histoire était singulière il fallait l'avouer. Séparés à la naissance, cherchant tout deux des réponses, ignorant tout de l'existence de l'autre, ils avaient débarqué au même moment dans la seule ville au monde où ils trouveraient une explication à leurs interrogations. Comme si une attraction surnaturelle était en cours, les frères et sœurs avaient été réuni s'en même savoir qui ils étaient l'un pour l'autre. Dans une ruelle. La nuit. Avec Jackson au prise avec son loup qu'il ne parvenait pas à calmer. Une situation ordinaire en soi non?
A dire vrai, le côté tragique de la rencontre était son entière faute. Solitaire et associable, il n'avait adressé la parole à personne depuis des jours, essayant d'oublier l'existence même du monde autour de lui, se cloîtrant dans une chambre vide de tout souvenir, son cœur rempli de colère, teinté d'une cuisante rancœur.
Il ne sait pas ce qui changea ce soir-là, mais il ne pouvait plus se contenter d'observer les pourtours de la vaste demeure. Il était donc sorti. S'habillant avec classe, son air arrogant habituel fermement en place, attrapant les clés de la voiture de sport fourni avec la demeure, merci papa, il avait foncé à travers les rues de Londres, s'exposant aux yeux de la foule amassée près des pubs fréquentés de la ville. Et il avait bu. Beaucoup trop pour un homme. Trop peu pour un loup. Mais suffisamment pour perdre le contrôle.
Il n'a pas su, sur le moment, ce qu'il l'empêcha de déchirer la gorge de l'homme ivre qui l'avait invectivé, peut-être la main sur son bras qui l'avait fermement empoigné, l'éloignant ainsi du mort en sursis. Ce qu'il sait par contre, c'est qu'il s'était retrouvé à l'extérieur du bar, passant la sortie du fond, débouchant dans une sinistre ruelle, baigné d'une lumière faible, entendant plus loin les rires et chahuts de la jeunesse londonienne. Sa rage était profonde, le loup en lui hurlait, essayant de dominer la partie humaine du garçon, grattant dans sa tête, retournant ses entrailles, faisant le visage du jeune homme peu à peu se transformer. Accroupit au sol, le corps habité d'une extrême tension, la tête baissé, il avait senti ses griffes se planter dans les paumes de ses mains qu'il avait closes, son sang coulant des plaies formées dans une faible tentative de réprimer le monstre qui sommeillait en lui. Il ne pouvait pas le stopper. Il ne voulait plus.
Plongé dans les sensations de la rage grandissant en lui, il avait tout oblitéré de son environnement immédiat, faisant fi que quelqu'un puisse le voir. Mais une main douce s'était posé sur son visage. Jackson se souvient s'être demandé, dans un coin de son esprit encore humain, quelle personne pouvait être assez folle pour toucher un loup garou en pleine perte de contrôle. Pourtant la chaleur transmise par les doigts sur sa joue fit légèrement reculer la bête, la faisant se calmer quelque peu, aidant le jeune homme à éclaircir ses idées, lui permettant ainsi de lever les yeux vers celui ou celle qui maintenait, par sa légère touche, un ascendant tenu sur son affliction lupine. Et il la vit.
La jeune fille face à lui était belle. De longs cheveux cascadaient sur de fines épaules. Sa peau pâle brillait légèrement sous les néons de la ruelle. Et ses yeux bleus le fixaient sans faillir, ne lâchant rien, apaisant directement le loup en lui. C'était comme si une vague de sérénité s'était soudainement abattu sur lui, balayant sa rage, ne laissant qu'un esprit calme qui lui était inconnu, un calme qu'il n'avait jamais cru pouvoir avoir. Pourtant, ce soir-là, dans cette ruelle perdue de Londres, Jackson se sentit serein pour la première fois de sa vie.
Les doigts sur sa peau s'étaient délicatement mis en mouvement, caressant la joue, passant sur le menton, redessinant ses traits déformés. Son visage avait doucement changé, retrouvant son aspect humain. Il n'avait pu qu'observer l'apparence paisible de l'adolescente face à lui, ne comprenant pas comment celle-ci faisait pour ne pas avoir peur de lui, pour ne pas être dégoûté de lui. Et elle lui sourit, les dents blanches tranchant nettement dans la pénombre environnante. Et le cœur de Jackson s'emballa. Il se sentit comme si il respirait pour la première fois.
Mais le calme en lui, mêlé au trouble de l'étrange situation, s'amenuisa, retournant à la personnalité première du blond, celle dont il était maître, celle que le monde détestait. Jackson fit donc ce en quoi il était le plus doué, à savoir agir comme un crétin arrogant et imbu de lui-même. Repoussant sèchement la main de la jeune fille, il l'invectiva :
- Ne me touche pas. Va-t'en. Sa voix fut grondante mais faible.
La jeune fille perdit son sourire et, fronçant les sourcils, elle le fixa d'un regard curieux. Puis sans qu'il ne comprenne, le sourire revint, lumineux, quoique légèrement railleur.
- Et bien mon petit loup! On s'est coincé la queue dans une porte? Tu te rends compte de la merde dans laquelle tu allais te mettre ou tu t'en fous tellement qu'un bain de sang te semblait une option envisageable? Je dis ça, je dis rien, mais je crois pas que les chasseurs locaux aurait vu ça gentiment eux. Maintenant si tu le souhaite, tu peux retourner la dedans, finir ce que tu as commencé et moi je les appelle ok?
Elle avait parlé sans s'arrêter, sarcastique, effrontée, sa main se baladant devant elle, semblant appuyer le poids de ses mots. Un accent se détachait de sa prononciation. Malgré ça, malgré tout le contexte, la blonde lui fit étrangement penser à quelqu'un, sans qu'il ne puisse saisir qui.
Se redressant de toute sa hauteur, le jeune loup avait toisé l'impudente, montrant les dents, mais au fond de lui, ne souhaitant pas la blesser.
- Je ne t'ai rien demandé. Je m'en serais parfaitement sorti tout seul. Il était de mauvaise foi, il le savait.
- Tu n'es qu'un âne. Tu allais faire un carnage, je le sais, tu le sais, on le sait! Merveilleux de s'entendre si bien, hein loupinou?
- Ne m'appelle pas comme ça! Gronda le blond. Le ton badin de l'adolescente exaspéra le loup.
- Pourquoi pas? Tu préfères mon loulou ? Ou loup d'amour ? Ou peut-être…
- Tais-toi ! Il avait hurlé. Mon dieu, cette fille lui faisait penser à…
- Stilinski... Le nom avait presque été gémi, comme Jackson essayait de recadrer son esprit hors de la conversation surréaliste du moment.
- C'est une insulte? Parce que je suis française, donc je connais pas encore tous les mots tu vois? Le visage était presque innocent, les grands yeux levés vers lui brillaient d'un éclat malicieux.
- Vas au diable. Souffla-t-il, rompu par la soirée catastrophique.
- Quelle coïncidence! J'en reviens justement. D'ailleurs j'ai un message pour toi. Le grand chef cornu demande que tu lui rendes illico sa fourche, et surtout, surtout, il ne veut pas du tout savoir à quoi elle t'a servi.
C'est décidé, cette fille avait un grain. Grognant en réponse, tourmenté par les événements, Jackson avait dépassé l'inconnue, se dirigeant vers l'entrée de la ruelle. Sans se retourner, ne voulant pas voir de nouveau celle qui l'avait aidé, n'admettant même pas qu'elle ait pu avoir un quelconque contrôle sur lui, il s'était enfui.
Un bruit soudain sortit Jackson de ses pensées. Fanny avait réussi à faire basculer l'hyperactif au sol, le maintenant étendu d'une pression ferme. Celui-ci s'agitait, essayant de se dégager du poids de la jeune femme. Ce genre de scène était peut-être un peu trop fréquent pour être normale selon lui. Haussant mentalement les épaules, il posa un instant les yeux sur la cuisson en cours avant de reporter une attention légère au combat face à lui.
Tout en observant Fanny chatouiller Stiles à mort, faisant rire hystériquement celui-ci, il se souvint de sa deuxième rencontre avec la blonde. Là encore elle avait déboulé dans sa vie sans permission, sans gêne aucune, le ton bravache et le sourire aux lèvres.
Il était assis dans un café. A dire vrai, cela faisait déjà deux jours qu'il venait là. A la même table. Pendant des heures. Ce jour-là, un papier était pressé fermement dans son poing. C'était l'adresse du centre d'adoption avec laquelle ses parents avait fait affaire. Oui fait affaire, un point c'est tout. Il n'était qu'une transaction. C'était ce qu'il pensait, c'était ce qu'il avait pensé le jour même qu'il avait su la vérité sur ses origines. A présent il avait l'occasion de savoir d'où il venait, de savoir pourquoi on l'avait laissé, pourquoi on n'avait pas voulu de lui. Mais il n'arrivait pas à trouver le courage de franchir les portes qu'il voyait à quelques mètres du café dans lequel il était.
Soudainement, quelqu'un tira une chaise face à lui. Levant les yeux rapidement, il vit avec étonnement la jeune fille du weekend précèdent. Celle de la ruelle. Celle à qui il n'avait pu s'empêcher de repenser malgré lui. A la lumière du jour, elle lui parut plus jeune. Étrangement son visage lui semblait familier, comme un rêve oublié. Elle avait souri gentiment dans sa direction, ne semblant pas gênée outre mesure de s'imposer à sa table, comme si eux deux étaient des amis de longue date. Ne voulant pas traiter avec ses pensées confuses, Jackson avait gardé le silence. Et elle aussi. Ils étaient restés un moment l'un en face de l'autre, regardant les portes maudites pour Jackson, les passants qui circulaient pour la blonde. Bizarrement, le jeune loup avait ressenti à nouveau un certain calme l'envahir, comme si la jeune fille face à lui dégageait quelque chose d'apaisant, autant pour lui, que pour son loup.
Finalement, sa rêverie fut interrompue par l'adolescente lui posant une question, le faisant tourner son regard vers elle.
- Qu'est-ce que c'est? Elle désigna du menton le papier froissé dans sa main.
Il hésita à répondre. Il ne la connaissait pas. Il n'était pas le genre de personne à parler de lui, du moins, pas sur ce sujet délicat, encore moins à une inconnue. Se préparant à l'envoyer paître, son regard tomba dans celui parfaitement calme de la jeune femme. Sans comprendre réellement la situation, Jackson avait senti son cœur faire une embardée, son loup ronronnait sous le regard, semblant heureux de la présence face à lui. Alors il répondit d'une voix qu'il espérait assez froide :
- C'est une adresse. Bien. Simple, concis. Parfait.
- D'où ça?
Jackson souffla. Sans la connaitre, il était persuadé qu'elle ne lâcherait pas l'affaire. La fatigue et la rancœur qu'il avait accumulée depuis son départ de Californie explosèrent en lui. Il débita alors, d'une manière hachée, une courte phrase, espérant par sa réponse, mettre à mal le calme apparent de la blonde, essayant de la faire se sentir honteuse de son comportement trop curieux, trop envahissant.
- Du centre d'adoption où mes parents m'ont acheté si tu veux tout savoir.
Loin de la réaction à laquelle il s'attendait, il vit la jeune fille fortement sursauter. Puis, sans qu'il ne comprenne, il la vit tourner la tête, fixant à son tour les portes éloignés du centre. Retournant son regard vers lui, il la vit glisser ses yeux sur son visage, inspectant en détails ses traits. Avant qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, elle était debout à côté de lui, saisissant son bras, le tirant derrière elle. La jeune femme les mena jusqu'au fond du café ou un grand miroir traversait la pièce. Elle les planta là, face à leur reflet. Doutant de la santé mentale de la blonde près de lui, il lui jeta un regard septique. Elle se contenta de le regarder sérieusement.
- Regardes. Son ton était directif, comme sûr du bien fondé de son ordre.
- Regardez quoi? Jackson ne comprenait pas. Ou peut-être ne voulait pas comprendre.
- Nous. Elle avait dit le mot simplement, comme coulant de source.
Alors, avec une légère hésitation, pivotant sa tête face au miroir, Jackson regarda. Et son monde, déjà chamboulé, bascula.
La suite fut simple. Il beugua. Littéralement. Il n'avait plus souvenir du temps qu'il avait passé à contempler leurs deux reflets. C'était juste… impossible. L'air familier de l'adolescente était en fait le sien. Il n'avait pas vraiment de mot pour décrire son état d'esprit du moment. Il n'en aura jamais d'ailleurs. Il était sorti de sa tétanie par la sensation d'un papier fourré dans sa main. Baissant les yeux, il vit une feuille, sûrement arraché d'un calepin, entre ses doigts. Remarquant des lettres manuscrites, il déchiffra les écrits. Une adresse. La même que celle dans son autre main. Celle du centre d 'adoption.
Perdu, il avait levé les yeux vers celle qui, inconsciemment le calmait. Elle l'avait observé un instant, un air teinté d'incrédulité et d'espoir sur ses traits. Puis, doucement elle avait parlé :
- Je m'appelle Fanny Rose.
- Je suis Jackson Witthemore. Et il avait répondu.
Le reste de leur histoire fut d'une simplicité telle, qu'elle continu encore aujourd'hui à baigner leur relation. Fanny lui avait pris la main, doucement, l'avait guidé à travers la pièce vers la sortie. Arrivés dans la rue, ils s'étaient juste regarder, restant quelques instants à se contempler presque intimement. Puis, ensemble, ils avaient franchis les portes de leur destin. Un destin à deux. Enfin presque.
- A quoi tu penses?
Une voix le fit brutalement sortir de sa rêverie. Avisant sa sœur adossée également au comptoir près de lui, il eut un beau sourire :
- A toi… Répondit-il de sa voix la plus douce. Il aimait tant sa sœur en ce moment. Elle avait tout changé dans sa vie. Ce qu'il était aujourd'hui, il en était fier. Et c'était grâce à elle.
- Craches le morceau, qu'est-ce que tu veux Witthemore? Il avait dit qu'il l'aimait? Autant pour lui.
- Mais rien du tout!
- Bien sûr. Tu me prends pour une débile?
- Si tu le demandes…
- Finis cette phrase et je te castre Jax!
- Tu as tellement d'amour à m'offrir, c'est affolant.
- Tu n'es qu'un âne…
- Je suis ton âne non?
- Toujours...
