Hey, re-bonjour ! Voici donc le chapitre 3, où la vie de notre petit Remus va prendre un tournant radicalement différent, et où ça va être assez sinistre quand même.
Je remercie tous les lecteurs, et plus particulièrement les trois revieweurs du chapitre 2, à savoir Europa Luce, Rasmeii, et Casimirette53 !
Sans plus attendre, je vous laisse lire !
Chapitre 3 : Fuite et morsure
Lorsque l'homme avait commencé à grogner, et qu'il s'était plié en deux à cause de la douleur, le petit garçon avait réagi comme on le lui avait appris.
Voyant quelqu'un en difficulté, il s'était souvenu des paroles de sa maman, et il lui avait demandé encore une fois s'il avait besoin d'aide.
Il n'avait pas songé un instant qu'il aurait dû profiter de ces quelques instants de répit pour s'enfuir le plus vite possible, courir s'enfermer dans la maison, et se réfugier sur les genoux de son papa.
Il avait vu avec une sorte de fascination morbide les os se tordre et se déplacer sous la peau de l'homme, ses ongles percer les doigts pour devenir griffes, la colonne vertébrale se plier, forçant l'homme à se mettre à quatre pattes, puis s'étendre et se couvrir de poils pour former une queue. Il avait vu l'épiderme virer d'un jaunâtre sale d'alcoolique à un brun gris plus sombre, puis se recouvrir d'une épaisse fourrure grise. Il avait vu les yeux de l'homme passer d'un blanc-jaune répugnant à deux orbes ambrés. Il avait entendu les grognements de douleur de l'homme se muer en grondements animaux.
Il avait vu, en un temps qui lui parut infini, l'homme laisser sa place au loup.
Les histoires de loups-garous que sa maman lui avait raconté lui revinrent à l'esprit, mais comme le lui avait dit son papa, c'étaient des gens normaux. Juste malades.
Alors il n'avait pas de raison d'avoir peur, non ? Les loups-garous n'étaient pas des monstres ?
Lorsqu'il vit l'animal se relever et secouer la tête, éclairé par la lumière de l'astre lunaire, Remus avait d'abord pensé une chose.
'' Il est beau… ''.
Ensuite, un souvenir était remonté à la surface. Réminiscence d'une soirée, quelques semaines auparavant.
'' Greyback, Remus… C'est... C'est un loup. Un énorme loup, très méchant, qui peut se transformer en homme. Si jamais tu le vois, tu dois fuir. Le plus vite possible, tu dois revenir auprès de maman et moi d'accord ? Si tu es trop loin de nous, essaye de grimper, le plus haut possible. Les loups ne savent pas grimper. Et surtout, surtout, Remus... ne le laisse surtout pas te mordre ! ''
Quand il avait vu le regard de la bête se tourner vers lui, et qu'il avait vu ses babines retroussées, ses crocs luisants étinceler, il avait su avec certitude qu'il venait de trouver le « Grébaque » .
Toute suite après, la partie de son cerveau consacré à l'intelligence et à la réflexion se mit en veille. Elle ne savait pas comment faire face à un loup gigantesque. A la place, ses réflexes prirent le contrôle de son corps.
Le petit garçon, sans vraiment savoir ce qu'il faisait tourna les talons, et partit en courant. Il ne réfléchissait pas, ne pensait à rien. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il devait fuir le plus vite possible. Une terreur primitive l'emplissait, lui hurlait qu'il ne devait surtout pas se laisser rattraper par le prédateur. Il l'entendait, les pattes puissantes s'étaient mises en branle, et martelaient bruyamment le sol à chaque foulée. Ce n'est pas un loup normal, parvint-il à penser. Son instinct lui criait que les vrais loups étaient plus discrets, et qu'ils chassaient en meute. Cette pensée l'électrisa, et il accéléra encore sa fuite, ignorant la douleur de ses muscles.
Lorsqu'il avait vu l'orée du bois, et les lumières de la maison, il s'était cru sauvé.
S'il avait été en état de réfléchir, il aurait compris que sa meilleure chance de s'en tirer était de grimper à un arbre et d'appeler son père.
Il aurait compris qu'une fois sortie de la forêt, la bête ne serait plus ralentie par les arbres, et qu'elle pourrait courir encore plus vite.
Il ne s'en était rendu compte qu'en s'effondrant sur le sol, lorsqu'un poids lui avait atterri sur le dos.
Avant même d'avoir pu crier de peur, il avait senti une violente douleur au bras. Il avait entendu un craquement horrible, senti ses muscles se déchirer. Il avait senti son sang ruisseler.
Avant même d'avoir pu hurler de douleur, il avait entendu un cri d'horreur. Il avait vu, au travers du brouillard qui commençait à obscurcir sa vision, un éclair de lumière rouge, puis un vert.
Il avait entendu le couinement de douleur de l'animal quand le le rayon rouge l'avait touché. Il l'avait senti détaler avant d'être frappé par le vert.
Il avait senti une main fraiche et tremblante se poser sur son front, avait entendu la voix de son père dire de ne pas le déplacer.
Pourquoi ? Il avait mal, il voulait rentrer à la maison !
Il avait aussi perçut les sanglots de sa mère. Ses supplications, ses paroles rassurantes, ses promesses.
'' Plus… plus rien… il ne sera jamais… il ne pourra plus… Pourquoi lui ?! Pourquoi… ''
Abruti par la douleur qui lui vrillait le bras, Remus n'arrivait même pas à pleurer. Il hoquetait, cherchant désespérément à respirer, mais en vain. Il s'était mordu la langue en tombant, et le sang remplissait sa bouche, encombrant sa gorge et empêchant l'air d'atteindre ses poumons.
Quand son père s'en rendit compte, il lui lança un Anapneo d'une voix chevrotante, et un observateur extérieur aurait pu apercevoir qu'il semblait avoir vieilli de vingt ans en l'espace de ces quelques secondes. Quelques secondes qui avaient, bien que Remus ne le sache pas encore, définitivement changé sa vie.
Quand sa vision s'obscurcit, ayant perdu beaucoup trop de sang pour un si petit corps, une pensée ridicule et totalement stupide traversa pour le hibou et le carnet qu'il avait perdu dans la forêt le traversa. Il tenta de demander si on pouvait chercher à le retrouver, étrangement affecté par cette idée, mais son père le prit dans ses bras, sans doute pour l'amener à l'hôpital. Le mouvement secoua son bras ensanglanté, lui arrachant finalement un sanglot de douleur, et il s'évanouit.
Question rituelle : Qu'en avez vous pensé ? C'était bien, ça faisait trop dramatique ? J'ai essayé de retranscrire la peur de Remus, le fait qu'il fuit sans réfléchir et de façon instinctive en utilisant beaucoup de verbes comme voir, sentir, entendre... J'espère que j'ai réussi mon coup...
Sinon, n'hésitez pas à laisser des reviews, n'oubliez pas que c'est mon seul salaire, et que ça me permet de savoir si mes écrits plaisent !
Du coup, je vous dis à dimanche prochain !
Chapitre 4 : Réveil et médecin
Avancée de l'écriture : 8 chapitres d'écrits, dont 7 tapés.
