Hey !

J'ai un peu de retard, mais c'est juste que les examens approchent, alors je suis de plus en plus débordée par mes révisions, et hier, je n'ai pas vraiment eu le temps de poster.

Bwef, ce chapitre présente le réveil de Remus, et sa réaction en apprenant sa nouvelle condition.

Le style narratif vous paraîtra sûrement bizarre, j'ai essayé de l'écrire comme si c'était le Remus "adolescent" qui se souvenait de ce moment, et qui le voyait au travers du prisme cynique et désabusé qu'il a développé en grandissant face à l'intolérance des gens. Donc il se voit lui-même d'une façon plutôt négative, comme il le fait dans les romans, il se dévalorise en permanence.

Il a été tellement conditionné par les insultes, la haine, la peur... qu'il inspirait, qu'il a fini par se convaincre lui-même (les enfants sont très influençables, et ils réagissent de façon exagérée, donc je pense que c'est une réaction plutôt "normale") qu'il ne valait rien. Ce qui fait que là où certains verraient l'innocence d'un enfant, lui remarque la naïveté d'un idiot, ce qu'on qualifierait de "réaction instinctive", lui appelle ça un "réflexe animal", et ainsi de suite...

Enfin, ce n'est que "ma" conclusion, vous êtes libres d'avoir une autre théorie. Cela dit, je me demande quand même pourquoi personne n'a pensé à lui trouver un psychologue, à ce pauvre gamin...

Bon, je vous laisse lire !


Chapitre 4 : Réveil et réaction

La première chose qu'il avait remarqué en se réveillant, c'était la lumière. Blanche et violente.

Ensuite, la douleur. Une souffrance lancinante au bras. Il n'arrivait pas à le bouger.

Il avait cligné les yeux, pour essayer de les habituer à la luminosité ambiante. Il s'était redressé tant bien que mal dans son lit, jusqu'à se retrouver en position assise. Il avait aperçu le bandage qui enveloppait son bras droit.

Le médecin était rentré dans sa chambre, avant d'être bousculé par sa mère, qui l'avait poussé sur le côté avant de se précipiter sur lui, l'étreignant à l'en étouffer, le palpant sur tout le corps, comme pour s'assurer qu'il était bien là.

Son père ne pouvant le serrer dans ses bras à cause de sa femme, qui refusait toujours de le lâcher, s'était contenté de lui ébouriffer les cheveux, les yeux humides.

Il avait demandé s'il pouvait rentrer à la maison, et sa voix l'avait étonné, elle était rauque. Son père lui avait expliqué que c'est parce qu'il était resté longtemps dans le coma. Sa mère avait poursuivi en lui disant qu'il pourrait rentrer à la maison dans la journée, mais qu'avant, le médecin devait lui expliquer quelque chose.

Il se souvenait encore des explications du Médicomage de façon parfaitement claire, même après toutes ces années.

Il se souvenait aussi de son incompréhension. La douleur, le souvenir de l'énorme animal, le choc... Tout ça emplissait son crâne d'un brouillard cotonneux, et il avait beaucoup de mal à se concentrer sur ce qui l'entourait.

Le médecin avait un sourire crispé sur le visage, et n'arrêtait pas de se triturer les mains. Il avait prit la parole, essayant tant bien que mal de ne pas paraître trop gêné ou effrayé.

Il n'avait compris que longtemps après que c'était lui qui lui faisait peur. C'est vrai quoi : il avait six ans, était blessé, et se réveillait à peine d'un coma de plusieurs jours, il n'avait à priori rien d'effrayant !

Oui mais voilà. Il avait beau être un enfant, il était un monstre, même s'il l'ignorait à ce moment.

Il avait écouté sagement l'homme, qui lui avait expliqué qu'à partir de ce jour, il devrait être enfermé les nuits de pleine lune, parce qu'il n'était plus humain.

Il n'avait pas compris tout de suite. Pourquoi ne serait-il plus humain ? Pourquoi devrait-on l'enfermer ?

Il avait senti les mains de sa mère se crisper sur ses épaules, et vu les poings de son père se serrer.

L'homme, quand il avait perçu leurs regards noirs, s'était repris, et avait commencé à bafouiller.

Il lui avait expliqué, sans cesser de se tripoter les mains, qu'il se transformerait en monstre -il avait tremblé sous le grognement presque animal de sa mère, avant de reprendre et de se corriger. Le mot monstre qu'il n'avait pas eu le temps de terminer était devenu ''loup''.

Une rectification inutile. Quelques soient les excuses que ses parents inventaient, ça ne changeait rien aux faits. Un monstre. En une seule nuit, il était devenu un monstre.

Pourtant, son jeune lui -si stupide, si naïf...- avait réfléchi, avant de sourire, inconscient de l'horreur de la chose.

"Alors, ça veut dire que je suis presque comme un Animagus ?"

Il y avait eu un silence choqué dans la petite chambre aseptisée.

Voyant leur manque de réaction, il avait essayé de s'expliquer.

"Si je me transforme en loup, c'est comme un Animagus, non ? J'ai lu dans un livre qu'ils pouvaient devenir des animaux ! C'est juste que je ne peux pas contrôler la transformation, mais sinon c'est presque pareil, non ?"

Qu'est ce qu'il était con, n'empêche...

Son père le regardait, un mélange d'émotions diverses sur le visage.

Douleur. De voir l'innocence de son fils, tout en sachant pertinemment qu'elle ne tarderait pas à être piétinée par la cruauté des hommes.

Tristesse. De savoir que son fils unique venait de voir toutes ses chances d'avenir tomber en poussière, sans même s'en apercevoir.

Colère. Contre le monstre qui s'en était pris à son enfant.

Et honte. De ne pas avoir pu le protéger, de n'avoir pas envisagé que son fils sortirait ce soir, que l'Autre l'attendrait.

Tellement de honte...

A cause de lui, encore une fois. La souffrance et la peine de ses parents ces sept dernières années lui étaient majoritairement dues...

Le médecin avait essayé de le reprendre, sans réussir à cesser de bégayer, quand il s'était raidi.

Sa mère avait resserré son étreinte, et lui avait répondu, mettant au défi quiconque essaierait de la contredire.

Elle aurait dû le laisser faire, pourtant. L'homme lui aurait dit la vérité dès le début, et ça lui aurait évité de croire à ces stupidités...

Il se souvenait que l'ambiance s'était alourdie. Sa mère irradiait de colère, la colère sourde de celle qui n'avait pu protéger son enfant. Un instinct maternel primaire, presque animal.

En fait, c'était juste l'amour d'une mère. Les instincts bestiaux, il en fait quotidiennement l'amère expérience, et aucun ne concerne l'amour. Juste la violence et le goût du sang.

"C'est ça mon ange. C'est presque comme un Animagus..."

Faux. Un mensonge. Pourtant, il ne lui en voulait pas. Comment pourrait-il en vouloir à sa mère, qui ne l'avait jamais abandonné, pas un seul instant, malgré ce qu'il était devenu, qui n'avait jamais cessé de l'aimer, quelques soient les conséquences ? D'autres l'auraient abandonné en forêt, ou enfermé dans une cave...

Il avait enfoui sa tête dans le creux de son cou, respirant son odeur rassurante avec délice. Il n'avait pas fait attention au fait que son odorat s'était sensiblement développé. Il avait écouté ses paroles, les avait acceptées comme une vérité absolue, avec la confiance que les tout petits, humains ou non, placent instinctivement en leur mère.

"Ne t'inquiète pas, mon chéri, ça va aller. Ça va aller, je te le promets..."


Bon, alors j'espère avoir bien rendu les réactions et le ressenti des personnages...

La réaction d'Espérance Lupin peut paraître naïve, et même cruelle, vu que Remus va comprendre d'une façon brutale qu'elle lui a menti, mais je pense que c'est plutôt logique, dans un sens : elle est moldue, elle ne voit pas ces histoires de loup-garou, de discrimination... comme un sorcier.

Lyall Lupin, lui, sait parfaitement ce qu'il en est, puisqu'il a travaillé au Ministère, c'est pour ça qu'il est dévasté. Il l'a expliqué à Espérance, mais pour elle, ça n'est pas encore une réalité tangible, elle ne peut que se l'imaginer. Ce qu'elle voit surtout, c'est que son petit garçon a été grièvement blessé. Etant paniquée, elle ne réfléchit pas plus loin que ça : son fils a mal, il a peur, et elle veut le rassurer. Elle ne se soucie pas des conséquences à long terme, elle veut autant le réconforter que se réconforter elle-même.

Un adulte pourrait comprendre qu'il s'agit d'un pieux mensonge, de paroles en l'air, mais elle ne pense pas au fait que Remus est juste un petit garçon qui a confiance en sa mère.

Maintenant, je ne suis pas mère, et je n'ai jamais été confronté à une tragédie de ce genre avec un membre de ma famille (heureusement, d'ailleurs !), donc je ne peux pas vraiment prétendre que cette réaction est fidèle à ce qui pourrait arriver dans la réalité, mais je pense que si j'apprenais que mon fils est atteint d'une maladie grave/douloureuse/incurable, je pourrais réagir comme ça.

Après, je suis pas psy, alors ce ne sont que des théories, hein !

Bwef, j'espère que ça vous a plu, et j'en profite pour dire un truc (je me répète un peu, mais bon) : les auteurs ne sont pas payés, pour leur travail, leurs seules récompenses sont le plaisir de l'écriture, et les réactions de leurs lecteurs ! Que vous aimiez ou non, s'il vous plaît, n'hésitez pas à laisser un petit mot ! Ça fait vraiment plaisir, et ça permet de s'améliorer, alors s'il vous plaît, vraiment !

Merci d'avoir lu, et à dimanche prochain !

Chapitre 5 : Transformation et désillusion

Avancée de l'écriture : 8 chapitres d'écrits, 7 et demi de tapés.